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Le Ghana, avec l’initiative Accra Reset, vise à redéfinir la gouvernance mondiale de la santé

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Ghana, le président du Ghana, John Dramani Mahama, a annoncé avec une grande détermination, le lundi 6 avril, la mise en place d’un panel international composé de 18 membres éminents dans le cadre de l’initiative ambitieuse intitulée « Accra Reset ». 

Cette initiative vise à réformer en profondeur l’architecture et la gouvernance du système mondial de santé, un domaine qui a souvent été critiqué pour son incapacité à répondre efficacement aux besoins variés des populations à travers le monde. 

Le groupe sera coprésidé par quatre figures de proue du secteur de la santé mondiale, chacun apportant une expertise précieuse et une perspective unique. Peter Piot, ancien directeur exécutif de l’UNAIDS, reconnu pour son engagement indéfectible dans la lutte contre le VIH/SIDA, El Hadj As Sy, président de la Kofi Annan Foundation, dont le travail se concentre sur la promotion de la paix et du développement durable, Nisia Trindade, ministre de la Santé du Brésil, qui a joué un rôle clé dans la mise en œuvre de politiques de santé publique innovantes, et Budi Gunadi Sadikin, ministre de la Santé de l’Indonésie, qui a été à l’avant-garde des efforts de santé en Asie du Sud-Est. 

Le panel aura pour mission cruciale d’élaborer des propositions concrètes et pragmatiques pour restructurer la gouvernance mondiale de la santé, un système qui a historiquement été dominé par les pays du Nord, laissant souvent les États du Sud dans un rôle de bénéficiaires passifs plutôt que d’acteurs souverains capables de façonner leur propre avenir. Cette dynamique inégale a suscité des appels à une réforme significative, et le panel se propose de répondre à ces préoccupations en proposant des solutions qui favorisent une approche plus équitable et inclusive.

« Cette initiative marque une refonte en profondeur du fonctionnement de la gouvernance mondiale en matière de santé au XXIe siècle », a déclaré Felix Kwakye Ofosu, un acteur clé dans ce processus, soulignant l’importance de cette démarche pour garantir que chaque nation, indépendamment de sa situation géographique ou économique, puisse jouer un rôle actif et déterminant dans la définition des politiques de santé qui les concernent. Cette annonce a été accueillie avec un mélange d’espoir et d’anticipation, tant au Ghana qu’à l’échelle internationale, alors que le monde continue de faire face à des défis de santé publique sans précédent.

Les pays du Sud, souvent en proie à des défis économiques et sociaux considérables, demeurent largement tributaires de l’aide extérieure et des structures de gouvernance qui sont souvent dominées par les nations les plus riches du monde. Cette dynamique de dépendance a été mise en lumière de manière frappante par la pandémie de covid-19, qui a révélé les failles et les inégalités criantes de ce système mondial. L’un des aspects les plus préoccupants de cette crise sanitaire a été l’accès équitable aux ressources médicales, un enjeu qui a exacerbé les disparités existantes entre les pays développés et ceux en développement.

L’exemple le plus marquant de cette inégalité réside dans la distribution des vaccins contre le covid-19. Selon les Nations Unies, au 16 mai 2022, sur les 12 milliards de doses administrées dans le monde, seulement 502 millions, soit environ 4,1 %, avaient été injectées en Afrique. Ce chiffre est d’autant plus alarmant lorsque l’on considère que le continent africain représente près de 17 % de la population mondiale. Cette situation soulève des questions fondamentales sur la justice sociale et la responsabilité des nations riches envers leurs homologues moins favorisés.

Au-delà de l’accès aux vaccins, les critiques se concentrent également sur le financement de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui reste largement dépendant des contributions volontaires des pays les plus riches. En 2025, la décision des États-Unis de se retirer du financement de l’organisation a créé un déficit significatif pour le cycle budgétaire 2026-2027. Face à un manque de 660 millions de dollars, l’OMS a été contrainte de réduire son budget biennal, le faisant passer de 5,3 milliards à 4,2 milliards de dollars. Cette réduction budgétaire a des implications profondes sur la capacité de l’organisation à mener à bien ses missions essentielles, notamment en matière de prévention des épidémies, de recherche et de réponse aux crises sanitaires. Dans ce contexte, il est impératif de repenser les mécanismes de financement et de gouvernance mondiale pour garantir un accès équitable aux soins de santé et renforcer la résilience des systèmes de santé dans les pays du Sud.

Parallèlement, les institutions africaines s’efforcent d’accélérer la transformation des systèmes de santé du continent, un défi d’une ampleur considérable mais essentiel pour l’avenir de millions de personnes. L’Union africaine, en collaboration avec Africa CDC, a engagé plusieurs initiatives novatrices visant à renforcer la résilience sanitaire à travers tout le continent. Parmi ces initiatives, la digitalisation des soins de santé primaires se démarque, car elle représente plus de 80 % des interactions médicales en Afrique, soulignant l’importance cruciale d’une approche moderne et accessible pour répondre aux besoins de santé de la population.

Récemment, un cadre continental ambitieux a été adopté, visant à connecter de manière efficace les communautés, les professionnels de santé et les décideurs via des systèmes numériques interopérables. Ce cadre a pour objectif d’améliorer non seulement la qualité des services de santé, mais aussi la capacité de réponse aux crises sanitaires, un aspect particulièrement pertinent dans le contexte des pandémies récentes. Africa CDC aspire à numériser 90 % des systèmes de soins de santé primaires d’ici 2035, une vision qui renforcerait considérablement la capacité du continent à produire, gérer et analyser ses propres données de santé, permettant ainsi une prise de décision éclairée et rapide.

Lors du sommet de l’Union africaine en février 2026, les États membres ont également fixé plusieurs priorités stratégiques qui sont essentielles pour l’avenir de la santé publique en Afrique. Parmi ces priorités, on trouve le renforcement des institutions publiques de santé, qui est fondamental pour garantir une réponse efficace aux défis sanitaires. De plus, le développement de la production régionale de médicaments et de vaccins est devenu une nécessité pressante, afin de réduire la dépendance vis-à-vis des importations et d’assurer une autonomie sanitaire. Ces efforts collectifs témoignent d’une volonté commune de bâtir un système de santé robuste et durable, capable de faire face aux défis actuels et futurs, tout en plaçant la santé des populations africaines au cœur des préoccupations politiques et économiques.

Côte d’Ivoire : vers le lancement d’une activité d’assurance vie par Schiba Holding 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-En Côte d’Ivoire, la holding diversifiée Schiba, qui s’est imposée comme un acteur majeur à travers neuf filiales et dans toute l’Afrique de l’Ouest, s’apprête à franchir une nouvelle étape significative avec le lancement imminent de Schiba Assurance Vie. 

Dans une note publiée à la fin du mois de mars, le groupe a souligné que cette nouvelle entité a pour ambition de jouer un rôle clé dans le financement de la protection sociale, tout en mobilisant l’épargne des Ivoiriens grâce à une gamme de produits spécifiquement dédiés à cet effet. 

Fondé en 2008, le groupe Schiba s’est rapidement diversifié et est désormais actif dans plusieurs secteurs stratégiques tels que le bâtiment, les travaux publics, l’immobilier, l’énergie, les hydrocarbures et le transport. En parallèle, il a déjà établi sa présence dans le secteur de l’assurance non-vie à travers sa filiale Schiba Assurances. Créée en 2022, cette entité a pour mission de couvrir les risques variés auxquels font face tant les particuliers que les entreprises, tout en s’attaquant à la distribution de produits d’assurance adaptés aux besoins du marché.

Le lancement d’une activité en assurance vie s’inscrit dans une logique de structuration du pôle financier du groupe, visant à renforcer ses relais de croissance et à diversifier encore davantage ses offres. En effet, le marché de l’assurance vie en Côte d’Ivoire est en pleine expansion, offrant des opportunités considérables pour les acteurs qui souhaitent s’y engager. Selon des données provisoires de l’Association des sociétaires, ce secteur est en pleine mutation, avec une demande croissante pour des produits d’assurance qui garantissent sécurité et prévoyance. Schiba Assurance Vie se positionne donc comme un acteur prometteur dans ce contexte dynamique, prêt à répondre aux attentes d’une clientèle de plus en plus consciente de l’importance de la protection sociale et de la gestion de son épargne.

Le segment non-vie du marché de l’assurance enregistre une performance remarquable, générant un chiffre d’affaires impressionnant de 386,7 milliards FCFA, ce qui représente une augmentation significative de 7,5 % par rapport à l’année précédente. Cette croissance témoigne d’une dynamique positive dans le secteur, où les consommateurs semblent de plus en plus enclins à souscrire des polices d’assurance pour se protéger contre divers risques. Parallèlement, les souscriptions en assurance vie atteignent également des sommets, s’élevant à 302 milliards FCFA, avec une hausse encore plus marquée de 13 % sur un an. Cette tendance à la hausse dans le segment vie peut être attribuée à une sensibilisation accrue des assurés sur l’importance de la prévoyance et de la sécurité financière à long terme.

Dans ce contexte, le marché non-vie demeure largement dominé par deux acteurs majeurs, SanlamAllianz et GNA, qui détiennent ensemble une part de marché significative en matière de primes. Leur position de leader est renforcée par une offre diversifiée et des services adaptés aux besoins variés des clients, allant des assurances automobiles aux couvertures santé. En parallèle, le segment vie, bien qu’il compte dix compagnies, bénéficie également d’une évolution favorable, avec une progression des volumes de souscriptions et un élargissement de l’offre. 

Notons que les compagnies d’assurance rivalisent d’innovation pour proposer des produits attractifs, allant des assurances vie classiques aux solutions d’épargne et de retraite, répondant ainsi aux attentes d’une clientèle de plus en plus exigeante et informée. Cette évolution du marché souligne l’importance croissante de l’assurance dans la gestion des risques personnels et professionnels, tout en ouvrant la voie à de nouvelles opportunités pour les acteurs du secteur.

Moussa KONÉ 

Niger:  14 accords de coopération signés avec le Maroc en faveur des secteurs stratégiques 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Niger, le gouvernement et le Maroc ont signé, le mercredi 8 avril, un ensemble significatif de 14 conventions et mémorandums d’entente (MoU) qui touchent à des secteurs clés de développement et de coopération bilatérale. 

Cette annonce a été relayée par une publication officielle de la Diplomatie marocaine sur la plateforme X (anciennement connue sous le nom de Twitter), soulignant l’importance de ces accords pour renforcer les liens entre les deux nations. 

Ces accords ambitieux englobent des domaines variés et essentiels, tels que la sécurité routière, qui vise à améliorer la sécurité des usagers de la route et à réduire le nombre d’accidents, un enjeu crucial dans de nombreux pays africains. En matière de logistique, les deux pays s’engagent à optimiser les chaînes d’approvisionnement et à faciliter le transport des marchandises, ce qui pourrait stimuler le commerce régional. Les infrastructures, un pilier fondamental du développement économique, seront également au cœur de cette coopération, avec des projets visant à moderniser les routes, les ponts et les installations publiques.

Le commerce et l’industrie sont d’autres domaines d’intérêt, où les deux pays cherchent à dynamiser leurs échanges commerciaux et à encourager les investissements dans des secteurs stratégiques. L’agriculture, essentielle pour la sécurité alimentaire, sera soutenue par des initiatives visant à améliorer les techniques agricoles et à favoriser l’accès aux marchés pour les agriculteurs locaux. L’aménagement du territoire et l’habitat, qui touchent à la planification urbaine et à la construction de logements durables, sont également des priorités, reflétant une volonté de développement harmonieux et durable.

La coopération judiciaire, quant à elle, vise à renforcer les systèmes juridiques des deux pays, facilitant ainsi la lutte contre la criminalité transfrontalière et le renforcement de l’état de droit. Enfin, la formation académique et professionnelle est un axe crucial pour le développement des compétences, permettant aux jeunes et aux professionnels d’acquérir les connaissances nécessaires pour s’engager dans le marché du travail et contribuer à l’économie de leurs pays respectifs. Ces accords, en somme, représentent une avancée significative vers une collaboration plus étroite et bénéfique entre le Niger et le Maroc, avec des implications positives pour le développement socio-économique des deux nations.

La signature de cet accord significatif a eu lieu à l’issue de la cinquième session de la commission mixte de coopération entre le Niger et le Maroc, qui s’est tenue dans la capitale nigérienne, Niamey. Cette rencontre a été coprésidée par deux figures clés de la diplomatie : le ministre nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, Bakary Yaou Sangaré, et son homologue marocain, Nasser Bourita. Ensemble, ils ont conduit des discussions approfondies sur les enjeux cruciaux qui unissent leurs nations.

Selon les déclarations du ministère nigérien, cette session a été une occasion précieuse pour les deux parties de passer en revue l’état actuel de la coopération bilatérale, tout en explorant de nouvelles perspectives de partenariat. Les discussions ont porté sur des secteurs stratégiques tels que le commerce, où des initiatives visant à renforcer les échanges commerciaux ont été envisagées, l’éducation, avec un accent sur l’amélioration des systèmes éducatifs dans les deux pays, la formation professionnelle, qui est essentielle pour préparer les jeunes aux défis du marché du travail, ainsi que l’énergie et les infrastructures, domaines dans lesquels des projets communs pourraient être développés pour favoriser la croissance économique.

En outre, il est à noter que les deux pays ont signé, en décembre dernier, un protocole d’accord (MoU) relatif à l’ouverture à Niamey de l’Institut national des études diplomatiques et stratégiques. Cet institut a pour objectif de fournir une formation initiale et continue aux cadres du ministère des Affaires étrangères, garantissant ainsi que les diplomates nigériens soient bien préparés à naviguer dans le monde complexe des relations internationales. De plus, il prévoit le renforcement des capacités des ministères sectoriels en matière de négociation, un aspect crucial pour améliorer l’efficacité des échanges et des collaborations entre le Niger et le Maroc, tout en consolidant les liens historiques et culturels qui unissent ces deux nations.

Le coût global est estimés à 13,9 millions de dollars selon l’International Trade Center. Ainsi, les échanges commerciaux entre les deux pays demeurent modestes, mais ils portent en eux un potentiel de croissance significatif. Malgré cette évaluation, les deux nations ont reconnu l’importance de renforcer leurs relations économiques et ont ainsi mis en place une commission mixte de coopération en avril 1982. Cette commission, qui a tenu quatre sessions à ce jour, a permis d’établir un cadre formel pour le dialogue et la collaboration, comme l’a souligné le ministre Sangaré, cité par l’Agence nigérienne de presse. 

Ces dernières années, Rabat et Niamey ont multiplié les initiatives pour intensifier leurs échanges, témoignant d’une volonté politique forte de part et d’autre. Les deux gouvernements ont également réitéré leur détermination à dynamiser et à diversifier la coopération bilatérale, notamment dans les domaines économique et commercial. Ils aspirent à développer un partenariat public-privé (PPP) innovant et mutuellement bénéfique, qui pourrait servir de modèle en matière de coopération Sud-Sud sur le continent africain. 

Notons que ce partenariat pourrait non seulement stimuler les investissements et les échanges, mais aussi favoriser le transfert de compétences et de technologies, renforçant ainsi la résilience économique des deux pays face aux défis globaux.

Abdoulaye KONÉ 

Au Bénin, Gisèle Mélanie Houngue épouse Zegoua prend la tête de la BGFIBANK 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Gisèle Mélanie Houngue épouse Zegoua a été nommée nouvelle directrice générale de BGFIBank Bénin, une annonce marquante faite ce jeudi 9 avril, qui marque un tournant significatif pour la banque. Elle succède à Alexis Louéké, un homme qui a consacré près de quatre années à diriger cette institution, apportant sa vision et son expertise.

Mme Zegoua, avec son parcours impressionnant et sa connaissance approfondie du secteur bancaire, prend les rênes de la première filiale du groupe BGFIBank au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Son mandat est clairement défini : soutenir le développement des activités de la banque tout en renforçant sa performance opérationnelle, un défi qu’elle est bien équipée pour relever.

Le parcours de Mme Zegoua est riche et diversifié, construit au sein du groupe BGFIBank et dans le domaine de l’audit. Elle a intégré BGFIBank en février 2011 en tant que directrice administrative et financière de BGFIBank Côte d’Ivoire, un rôle qu’elle a occupé avec brio pendant plus de douze années. Son expertise dans la gestion financière et son sens aigu des affaires lui ont permis de gravir les échelons, et en mars 2023, elle a été promue au poste de directrice générale adjointe de la banque. Cette ascension rapide témoigne de ses compétences exceptionnelles et de son engagement envers l’excellence. 

Aujourd’hui, alors qu’elle se prépare à diriger la filiale béninoise, elle s’appuie sur une solide expérience et une vision claire pour guider BGFIBank Bénin vers de nouveaux sommets, tout en continuant à bâtir sur les fondations solides établies par son prédécesseur.

Titulaire d’un diplôme de second cycle des études comptables supérieures obtenu à l’Institut national polytechnique Houphouët-Boigny, Gisèle Mélanie Houngue a débuté sa carrière en octobre 2003 au sein de Mazars Bénin en tant qu’auditeur financier, puis à Mazars Côte d’Ivoire à partir de septembre 2006. Ce parcours dans l’audit et la gestion financière constitue une base pour l’exercice de ses fonctions de direction.

Performances en progression pour le groupe BGFIBank

Selon les résultats financiers du groupe pour l’exercice clos le 31 décembre 2025, le total du bilan consolidé atteint un impressionnant montant de 7428 milliards FCFA, équivalant à environ 13,22 milliards de dollars américains. Cette performance remarquable représente une progression significative de 25 % par rapport à l’exercice précédent, témoignant d’une solide croissance et d’une gestion efficace des ressources. Les encours de crédits à la clientèle, qui s’établissent à 3787 milliards FCFA, affichent une hausse de 6 %, indiquant une confiance accrue des clients dans les services offerts par la banque et une volonté d’investir dans des projets variés. Parallèlement, les dépôts de la clientèle s’élèvent à 4263 milliards FCFA, soit une augmentation de 10 %, ce qui souligne la fidélité des clients et leur satisfaction vis-à-vis des produits bancaires proposés.

Le produit net bancaire, un indicateur clé de la performance financière, atteint 414 milliards FCFA, marquant une progression de 26 %. Cette hausse est soutenue par l’augmentation de la marge nette d’intérêts, qui reflète la capacité du groupe à gérer efficacement ses actifs et passifs. Les commissions nettes, quant à elles, se maintiennent à un niveau stable de 121 milliards FCFA, ce qui témoigne de la résilience des activités de services bancaires et de la diversification des sources de revenus. Enfin, le produit global d’exploitation s’inscrit à 432 milliards FCFA, en hausse de 24 %, illustrant ainsi la dynamique positive du groupe et sa capacité à générer des résultats solides dans un environnement économique en constante évolution. 

Notons que ces résultats mettent en lumière non seulement la robustesse de BGFIBank, mais aussi son engagement envers ses clients et son rôle essentiel dans le développement économique de la région.

Mariam KONE 

La croissance de l’Afrique subsaharienne se maintient, mais les risques de dégradation s’accumulent

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(CROISSANCE AFRIQUE)-– Selon l’État des lieux de l’économie africaine (anciennement Africa’s Pulse), la reprise de l’Afrique subsaharienne après une décennie de chocs mondiaux montre des signes d’essoufflement, avec des prévisions de croissance pour 2026 révisées à la baisse de 0,3 point de pourcentage par rapport aux estimations publiées par le Groupe de la Banque mondiale en octobre 2025.

Les risques géopolitiques — notamment le conflit au Moyen-Orient —, le poids élevé du service de la dette et des contraintes structurelles de longue date continuent de peser sur la capacité de la région à accélérer sa croissance et à créer des emplois.

Le dernier bulletin semestriel du Groupe de la Banque mondiale sur la situation économique en Afrique subsaharienne prévoit que la croissance se maintiendra à 4,1 % en 2026 (soit le même rythme qu’en 2025), tout en constatant une intensification des risques de dégradation. Le renchérissement des combustibles, des denrées alimentaires et des engrais, conjugué au durcissement des conditions financières, risque fortement de tirer l’inflation à la hausse, de perturber l’activité économique et de toucher plus durement les ménages les plus vulnérables, qui consacrent une part plus importante de leurs revenus à l’alimentation et à l’énergie.

« À court terme, les gouvernements doivent concentrer leurs ressources limitées sur la protection des foyers les plus vulnérables. Parallèlement, le maintien de la stabilité macroéconomique — par la maîtrise de l’inflation et une gestion budgétaire prudente — sera crucial pour traverser le choc actuel et permettre aux pays africains de rebondir plus rapidement au sortir de la crise », souligne Andrew Dabalen, économiste en chef du Groupe de la Banque mondiale pour la Région Afrique.

Le niveau élevé d’endettement public et le poids croissant du service de la dette continuent de restreindre la capacité des pays à financer leurs priorités de développement et à investir dans les infrastructures de base nécessaires à la création d’emplois en plus grand nombre et de meilleure qualité. Dans l’ensemble, les investissements publics en capital restent inférieurs d’environ 20 % à leur niveau de 2014, tandis que le ratio du service de la dette publique extérieure rapporté aux recettes a doublé au cours des huit dernières années, passant de 9 % en 2017 à 18 % en 2025. En outre, l’inflation devrait atteindre 4,8 % en 2026, sous l’effet principalement des répercussions du conflit au Moyen-Orient. La baisse des financements extérieurs, et en particulier la réduction de l’aide au développement, accentue les pressions pour les pays à faible revenu.

Alors que plus de 620 millions de personnes rejoindront le marché du travail africain d’ici 2050, les pays du continent doivent évoluer vers une croissance plus productive, plus diversifiée et davantage portée par le secteur privé, qui sera créatrice d’emplois. Cela nécessitera une action coordonnée aux niveaux régional, national et sectoriel, appuyée par des investissements dans les infrastructures, les compétences et les institutions, de manière à abaisser les coûts pour les entreprises et à attirer les investissements privés.

Ce numéro de l’État des lieux de l’économie africaine consacre sa section thématique à la politique industrielle en tant qu’instrument de croissance économique et de création d’emplois. Les pays y ont recours pour développer des secteurs spécifiques et se positionner de manière à tirer parti de la demande croissante dont la production africaine fait l’objet, des minerais indispensables aux technologies émergentes aux produits pharmaceutiques. Le rapport souligne que les pays devraient adopter des politiques qui favorisent un apprentissage rapide et orientent stratégiquement l’économie vers des biens et services à plus haute valeur ajoutée, susceptibles de créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité. Des politiques industrielles bien conçues peuvent contribuer à déverrouiller les gains de productivité et la création d’emploi, dans la mesure seulement où elles reposent sur une appréciation réaliste des possibilités et des contraintes propres à chaque pays et sont utilisées avec modération. Ces politiques doivent pouvoir s’appuyer sur de solides capacités de mise en œuvre et s’inscrire dans des écosystèmes plus larges, à savoir des infrastructures fiables, une main-d’œuvre qualifiée, un accès au financement et une intégration régionale des marchés.

La réussite des politiques industrielles en Afrique reposera sur une mise en œuvre rigoureuse, un soutien axé sur les activités économiques et non sur les entreprises, des critères de performance clairs, des stratégies de sortie crédibles, et une intégration régionale plus poussée, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Sans ces fondements, la politique industrielle risque de déboucher sur des enclaves isolées et inefficaces plutôt que d’impulser une transformation économique générale.

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SAHEL : Le Groupe de la Banque mondiale engage un nouveau cadre de partenariat avec le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad axé sur l’emploi, la croissance et la résilience

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WASHINGTON, 7 avril 2026 — Le Groupe de la Banque mondiale a soutenu les nouveaux Cadres de partenariat pays (CPFs) avec le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad pour la période 2026‑2031.

Ces cadres visent à stimuler la création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, en renforçant le capital humain, les infrastructures et la productivité agricole, tout en appuyant des réformes ciblées et le développement du secteur privé. Fondés sur la stratégie relative à la fragilité, aux conflits et à la violence (FCV), et reposant sur un engagement flexible adapté à chaque contexte national, les CPF répondent aux défis communs du Sahel tout en tirant parti des opportunités transfrontalières.

Ce nouveau partenariat inédit renforce la collaboration entre les quatre pays du Sahel et le Groupe de la Banque mondiale, grâce à une approche intégrée d’« Un seul Groupe de la Banque mondiale ». Il mobilise les atouts complémentaires de l’Association internationale de développement (IDA), de la Société financière internationale (IFC) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) afin d’élargir l’accès des micros, petites et moyennes entreprises (MPME) au financement, de renforcer les chaînes d’approvisionnement et de créer davantage d’emplois de meilleure qualité.

«Les CPF placeront les populations au cœur de laction, appuieront les leviers indispensables à laccélération de la croissance et du progrès, et renforceront lintégration transfrontalière afin de promouvoir un développement équilibré dans le Sahel», a déclaré Clara de Sousa, directrice de division du Groupe de la Banque mondiale pour le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad« Ils cibleront des secteurs à fort potentiel d’emplois, soutiendront des programmes régionaux et des projets transfrontaliers à fort impact. Soutenant les initiatives clés du Groupe de la Banque mondiale en santé (Couverture santé universelle), électricité (Mission 300) et agriculture (Agriconnect), ils accompagnent la vision d’un Sahel pacifié et réconcilié, offrant des perspectives économiques durables aux millions de jeunes sahéliens. »

Les nouveaux CPF sont étroitement alignés sur les priorités nationales de développement des pays du Sahel central : le Programme de refondation de la République (PRR) du Niger, le Plan national de développement Tchad Connexion 2030, la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024‑2033) du Mali, ainsi que le Plan national de développement (PND) 2026‑2030 – RELANCE du Burkina Faso. Ces cadres stratégiques mettent l’accent sur le renforcement de la gouvernance, la diversification économique et l’accélération d’une croissance inclusive et résiliente portée par le secteur privé. Axés sur les résultats, les CPF visent à traiter les causes profondes de la fragilité, des conflits et de la violence, notamment en améliorant l’accès aux services sociaux essentiels et en favorisant de meilleures opportunités économiques, avec une attention particulière aux populations vulnérables, y compris les réfugiés et les personnes déplacées internes.

« Un secteur privé fort et innovant est primordial pour attirer l’investissement, accroître la productivité,  créer des emplois et renforcer la résilience économique face aux chocs exogènes et endogènes» a précisé Olivier Buyoya, directeur de division d’IFC pour l’Afrique de l’Ouest  « Dans les pays du Sahel central, un écosystème dynamique de petites et moyennes entreprises, appuyé par des investissements privés et des réformes incitatives, notamment dans l’énergie et l’agro-industrie, est essentiel pour convertir le potentiel économique de la région en progrès socio-économiques tangibles. »

Dans un contexte contraignant du Sahel Central, marqué par l’insécurité, l’enclavement, les défis liés à la gouvernance, et les obstacles à l’investissement, « la MIGA compte jouer un rôle clé en capitalisant sur les points d’entrée créés par les interventions de l’IDA et de l’IFC ainsi que par l’opérationnalisation de la Plateforme de garanties du Groupe de la Banque mondiale, tout en maintenant une collaboration étroite avec les investisseurs actifs afin de soutenir durablement les flux d’investissement au bénéfice des MPME », a annoncé Muhamet Bamba Fall, directeur Industries, MIGA.

Mali: 83,4 milliards de FCFA de l’AID  visant à garantir la continuité et la qualité des services de santé

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, dans un contexte marqué par des défis socio-économiques importants, le conseil des ministres s’est réuni pour examiner des questions cruciales pour le développement du pays.

 Sur la base d’un rapport détaillé présenté par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de financement du Projet d’Accès d’Urgence aux Services essentiels au Mali. 

Cet accord, qui a été signé à Bamako le 1er avril 2026, représente une collaboration significative entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Association internationale de Développement, une institution financière clé dans le soutien aux pays en développement.

Cet Accord, d’une importance capitale, permet à l’Association internationale de Développement d’octroyer au Gouvernement malien un prêt substantiel d’un montant de 83,4 milliards de francs CFA, une somme qui sera déterminante pour la mise en œuvre de projets essentiels. 

Ainsi, lee projet, qui est l’objet du présent financement, vise à garantir la continuité et la qualité des services de santé, un secteur vital pour le bien-être de la population. Il se concentre particulièrement sur l’instauration d’un programme de gratuité des soins de santé pour les femmes et les enfants, un pas essentiel vers l’amélioration de l’accès aux soins dans un pays où de nombreux défis persistent.

Par ailleurs, les fonds alloués serviront également à couvrir les dépenses courantes et de fonctionnement des hôpitaux et des agences de santé spécialisées, garantissant ainsi que ces établissements puissent fonctionner efficacement. Cela inclut la fourniture de vaccins et de médicaments essentiels, qui sont cruciaux pour la prévention et le traitement des maladies, ainsi que la maintenance des équipements médicaux, afin d’assurer que les infrastructures de santé soient en bon état de fonctionnement. 

Notons que ce projet représente non seulement une réponse immédiate aux besoins de santé publique, mais aussi un investissement dans l’avenir du Mali, visant à renforcer le système de santé et à améliorer la qualité de vie de ses citoyens.

Mariam KONE 

La Côte d’Ivoire et le Sénégal dominent les exportations de l’UEMOA au quatrième trimestre 2025

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au quatrième trimestre de l’année 2025, la Côte d’Ivoire et le Sénégal se sont affirmés comme les principaux exportateurs au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), une organisation qui regroupe huit pays de la région. 

Cette information a été révélée dans le dernier rapport sur la politique monétaire de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), publié à la mi-mars 2026, et qui met en lumière les dynamiques économiques de cette zone. En effet, la Côte d’Ivoire a cumulé un impressionnant 35,8 % des exportations totales de l’UEMOA, tandis que le Sénégal a réalisé 19,5 %, ce qui signifie qu’ensemble, ces deux nations représentent à elles seules 55,3 % des exportations des huit pays membres de l’union, soulignant ainsi leur rôle prépondérant dans le commerce régional.

Cette domination économique ne se limite pas à un phénomène ponctuel, mais s’inscrit dans une continuité remarquable. Un rapport publié en février 2024 par Ecofin Pro a révélé que la Côte d’Ivoire et le Sénégal ont maintenu leur leadership en matière d’exportations au sein de l’UEMOA entre 2017 et 2021, témoignant de la solidité de leurs économies respectives et de leur capacité à s’imposer sur le marché international. De plus, ces deux pays se distinguent également par leur engagement dans la mise en œuvre des réformes communautaires, essentielles pour le développement économique et l’intégration régionale. En 2023, le Sénégal a atteint un taux de mise en œuvre des réformes de 77,5 %, en hausse par rapport à 74,5 % en 2022, tandis que la Côte d’Ivoire a enregistré un taux encore plus élevé de 87,78 % en 2024, contre 85,45 % en 2023, selon les chiffres officiels. Ces résultats illustrent non seulement l’efficacité des politiques économiques mises en place, mais aussi la volonté des gouvernements de ces pays de renforcer leur position sur la scène économique régionale et internationale.

Le Mali et le Burkina Faso, au cœur des échanges intra-communautaires, jouent un rôle crucial dans le paysage économique de la région de l’UEMOA. En effet, ces deux pays concentrent à eux seuls 44,8 % des flux échangés, ce qui les positionne comme les principaux partenaires commerciaux au sein de cette union économique. Cette dynamique commerciale s’inscrit dans un contexte particulier, où le Mali et le Burkina Faso, bien qu’ayant quitté la CEDEAO, continuent de bénéficier des avantages offerts par l’UEMOA. Cette appartenance leur permet non seulement de préserver des mécanismes d’intégration économique essentiels, mais aussi de maintenir des flux commerciaux vitaux avec leurs partenaires régionaux, renforçant ainsi leur interconnexion économique.

En 2024, les données fournies par le bulletin mensuel de décembre de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) du Sénégal révèlent que le Mali s’est imposé comme le principal client des exportations sénégalaises, témoignant de l’importance des relations commerciales entre ces nations. Ce lien se renforce davantage lorsque l’on considère qu’un rapport de janvier 2025 de l’Agence nationale de la statistique de Côte d’Ivoire (Anstat) souligne que le Mali et le Burkina Faso continuent d’être les principaux partenaires de la Côte d’Ivoire au sein de l’Union, représentant respectivement 57,2 % et 21,5 % des échanges. Ces chiffres illustrent non seulement la solidité des relations commerciales entre ces pays, mais aussi leur rôle stratégique dans la promotion de la coopération économique au sein de la région, favorisant ainsi un développement mutuel et une prospérité partagée.

Dans ce contexte dynamique et en constante évolution, la Côte d’Ivoire a pris une initiative significative en annonçant, dans une circulaire datée du 31 mars 2026, la suppression des visas requis pour les représentations des douanes du Mali et du Burkina Faso sur les déclarations détaillées de marchandises destinées à ces deux pays. Cette décision audacieuse pourrait avoir des répercussions profondes sur les échanges commerciaux régionaux, en permettant non seulement d’accroître les flux d’échanges avec ses voisins immédiats, mais aussi en réduisant considérablement les contraintes administratives qui entravent souvent le commerce transfrontalier. En facilitant une meilleure fluidité commerciale au sein de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), cette mesure vise à renforcer la compétitivité des opérateurs économiques ivoiriens ainsi que celle de leurs homologues régionaux. 

Les chiffres témoignent de cette dynamique positive : au quatrième trimestre de l’année 2025, les échanges intra-UEMOA ont enregistré une hausse impressionnante de 12,1 %, atteignant un total de 1276,3 milliards de francs CFA, soit environ 2,25 milliards de dollars. Ce montant représente 16,0 % des échanges globaux, une proportion qui reste stable par rapport au quatrième trimestre de 2024, comme l’indique le rapport de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). 

Notons que cette tendance à la hausse souligne non seulement la résilience des économies de la région, mais aussi l’importance croissante de l’intégration économique et de la coopération entre les États membres de l’UEMOA, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles opportunités de développement et de prospérité partagée.

Mariam KONE 

Moyen-Orient : l’or est traditionnellement considéré comme une valeur refuge en période de conflit à partir du lundi 6 Avril 2026

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Les prix de l’or ont entamé la semaine en repli, tombant à 4 600 USD l’once sur les marchés, soit une baisse d’environ 12 % depuis fin février. Cette chute des prix s’inscrit dans un contexte économique et géopolitique complexe, contrastant fortement avec la dynamique haussière observée un an plus tôt.

À cette époque, le marché de l’or avait connu une envolée spectaculaire, soutenue par un climat d’incertitude mondiale, où les investisseurs cherchaient désespérément des refuges sûrs pour protéger leur capital. Aujourd’hui, la situation est marquée par la persistance du conflit en Iran, qui, bien que préoccupant, n’a pas suscité le même engouement pour l’or que par le passé.

En 2025, le métal jaune avait en effet pleinement bénéficié de son statut de valeur refuge, attirant les investisseurs soucieux de se prémunir contre les tensions commerciales sino-américaines et la guerre en Ukraine. Cette demande soutenue avait propulsé les cours à des niveaux records, avec 53 sommets historiques enregistrés sur l’année et une progression annuelle de plus de 60 %. Les investisseurs, galvanisés par la volatilité des marchés et les incertitudes géopolitiques, avaient afflué vers l’or, le considérant comme une protection contre l’inflation et les fluctuations économiques.

Cependant, cette fois-ci, la persistance des tensions géopolitiques, notamment avec le conflit impliquant les États-Unis et Israël face à l’Iran, semble toutefois produire un effet inverse. En cause, la hausse des prix du pétrole, liée aux perturbations d’approvisionnement dues à ce même conflit, a engendré une inflation croissante qui pèse sur les marchés. Les investisseurs, au lieu de se tourner vers l’or, semblent privilégier d’autres actifs, espérant des rendements plus immédiats dans un environnement économique en mutation rapide. Cette dynamique souligne la complexité des marchés financiers, où les réactions des investisseurs peuvent être influencées par une multitude de facteurs, allant des conflits internationaux aux fluctuations des matières premières.

En principe , l’or est traditionnellement perçu comme une protection contre l’inflation, la remontée des taux d’intérêt tend à en réduire l’attrait au profit d’actifs plus rémunérateurs, comme les obligations, qui offrent des rendements plus élevés dans un environnement de taux croissants. Cette dynamique est également renforcée par la solidité des indicateurs macroéconomiques américains, tels que la croissance du PIB, le taux de chômage en baisse et une consommation des ménages robuste, qui soutiennent à la fois les rendements des bons du Trésor et la force du dollar sur les marchés internationaux.

« Lundi, l’or a chuté vers les 4 600 dollars l’once, accentuant ses pertes de la veille après que le président Donald Trump a lancé un nouvel ultimatum à l’Iran, exacerbant ainsi les tensions géopolitiques dans la région. Cette annonce a provoqué une réaction immédiate sur les marchés, les investisseurs cherchant à se repositionner face à l’incertitude croissante. L’or reste en baisse d’environ 12 % depuis le début du conflit, la flambée des prix de l’énergie ayant alimenté les craintes d’inflation et renforcé les anticipations de hausse des taux d’intérêt. Le métal précieux a également peiné à remplir son rôle traditionnel de valeur refuge, sous la pression de liquidations forcées, les investisseurs cherchant à couvrir leurs pertes dans un climat d’incertitude. En effet, de nombreux analystes soulignent que cette situation met en lumière la vulnérabilité de l’or face aux fluctuations du marché et aux décisions politiques. » explique Trading Economics.

Dans ce contexte, les perspectives à court et moyen terme pour l’or semblent incertaines, avec des prévisions qui varient considérablement selon les analystes. Certains estiment que si les tensions géopolitiques persistent, l’or pourrait retrouver un certain attrait en tant qu’actif refuge, tandis que d’autres prévoient une poursuite de la baisse en raison de la hausse des taux d’intérêt et de la solidité persistante du dollar. Les investisseurs doivent donc naviguer prudemment dans ce paysage complexe, en tenant compte des multiples facteurs qui influencent le marché de l’or et en ajustant leurs stratégies d’investissement en conséquence.

Moussa KONÉ 

En Ouganda, les dirigeants finalisent l’oléoduc EACOP  à 82 % visant sa mise en service 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-L’East African Crude Oil Pipeline (EACOP), un projet ambitieux d’oléoduc s’étendant sur 1 443 kilomètres, est conçu pour acheminer le pétrole brut ougandais vers les marchés internationaux, et il a récemment atteint un impressionnant taux d’exécution de 82 %, comme l’a rapporté Upstream Online le jeudi 2 avril. 

Cette avancée significative rapproche l’installation, qui relie les riches champs pétroliers situés autour du lac Albert en Ouganda au port stratégique de Tanga en Tanzanie, de sa phase opérationnelle tant attendue. En février dernier, lors d’une réunion cruciale entre les parties prenantes, il a été annoncé que l’objectif était de réaliser le premier chargement de pétrole d’ici juillet 2026, marquant ainsi une étape décisive dans le développement de ce projet. 

Au cours d’une inspection minutieuse menée par la ministre ougandaise de l’Énergie, Ruth Nankabirwa, au début de février 2026, il a été révélé que la société EACOP, responsable du développement, du financement, de la construction et de l’exploitation de l’oléoduc, avait déjà achevé plus de 75 % des travaux. Cette inspection a non seulement permis de vérifier l’avancement des travaux, mais a également souligné l’importance stratégique de l’oléoduc pour l’économie ougandaise, qui aspire à devenir un acteur majeur sur le marché pétrolier mondial. L’EACOP est perçu comme un catalyseur de développement, promettant de générer des emplois, d’attirer des investissements étrangers et de favoriser la croissance économique dans toute la région.

À terme, l’infrastructure ambitieuse du pipeline EACOP doit transporter environ 216 000 barils par jour de brut ougandais, un pétrole reconnu pour sa forte viscosité et sa nature cireuse, qui pose des défis uniques en matière de transport. Pour répondre à ces exigences, le pipeline est conçu pour être entièrement isolé thermiquement, garantissant ainsi que la chaleur soit maintenue tout au long de son parcours. De plus, des stations de chauffage stratégiquement placées le long de son tracé sont intégrées pour s’assurer que le brut conserve une fluidité optimale, essentielle pour éviter les blocages et les interruptions dans le flux.

En plus des stations de chauffage, l’EACOP comprend également des stations de pompage, cruciales pour maintenir la pression nécessaire au transport du pétrole sur de longues distances. À l’extrémité du pipeline, un terminal d’exportation à Tanga est prévu, facilitant ainsi l’exportation du brut vers les marchés internationaux. Les travaux de construction ont été engagés après la décision finale d’investissement, annoncée en 2022 par la multinationale française TotalEnergies, qui agit en tant qu’opérateur du projet, en collaboration avec ses partenaires, renforçant ainsi l’importance stratégique de ce projet pour la région.

Bien que, selon EACOP Company, la mise en service du pipeline, présenté comme l’un des plus longs du continent africain, soit attendue d’ici quelques mois, ce calendrier reste soumis à l’achèvement des travaux restants et aux tests techniques rigoureux prévus avant le démarrage des opérations. Ces tests sont essentiels pour garantir la sécurité et l’efficacité du pipeline, qui doit faire face à des défis environnementaux et techniques significatifs.

Cependant, malgré son évolution notable et les avancées réalisées, le projet EACOP continue de faire face à des contestations persistantes. Selon des groupes environnementaux et des communautés locales, des préoccupations majeures subsistent concernant l’impact environnemental du pipeline, notamment en ce qui concerne la biodiversité et les moyens de subsistance des populations riveraines. Ces contestations soulignent la complexité des enjeux liés à ce projet, qui, quatre ans après son lancement, reste au cœur d’un débat intense sur le développement durable et la responsabilité sociale des entreprises.

Selon l’IPS, les plaignants, qui représentent une communauté touchée par le projet, dénoncent des impacts dévastateurs sur leurs terres ancestrales et leurs conditions de vie déjà précaires. Ils expriment des inquiétudes profondes concernant la dégradation de l’environnement, la perte de terres cultivables et les menaces sur leur mode de vie traditionnel. Pour l’ONG Business & Human Rights Resource Centre, cette initiative de contestation s’inscrit dans une opposition persistante et croissante à la construction du pipeline, un projet soutenu par les autorités ougandaises et tanzaniennes, qui semble ignorer les voix des populations locales et les conséquences néfastes sur leur existence.

Des perspectives économiques questionnées

Cette contestation intervient dans un contexte économique où les perspectives de rentabilité du projet EACOP sont elles-mêmes remises en question. En effet, selon des informations rapportées par l’Agence Ecofin en février 2026, les surcoûts associés à la construction du pipeline EACOP menacent sérieusement les projections de recettes pétrolières de l’Ouganda, un pays qui espérait tirer des bénéfices significatifs de ses ressources naturelles. S’appuyant sur une analyse approfondie de l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA), le média indique que le coût total du projet atteint désormais environ 5,6 milliards de dollars, ce qui représente une hausse alarmante d’environ 55 % par rapport aux estimations initiales. Ces dépassements de coûts risquent de réduire de manière significative les revenus attendus par l’État ougandais, en raison du mécanisme de récupération des investissements qui pourrait ne pas être viable dans un contexte de dépenses croissantes. 

Notons que les implications de cette situation sont vastes, non seulement pour l’économie nationale, mais aussi pour les communautés qui dépendent de ces ressources pour leur survie.

Zangouna KONÉ