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Bourses et Marchés : Coris Bank International réalise la meilleure performance du marché des actions le jeudi 2 avril 2026

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au terme de la séance de cotation de ce jeudi 2 avril 2026 de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), un événement marquant a eu lieu dans le paysage financier, avec le titre de Coris Bank International Burkina Faso qui s’est distingué en réalisant la meilleure performance du marché des actions

En effet, le cours de cette action a connu une hausse significative de 7,47%, captivant l’attention des investisseurs et analystes. Le prix de l’action, qui était de 13 850 FCFA la veille, a grimpé pour atteindre 14 885 FCFA ce jour-là, ce qui représente une augmentation nette de 1 035 FCFA. Cette progression est d’autant plus remarquable lorsqu’on la compare à la cotation du mercredi 31 mars 2026, où le titre était évalué à 13 800 FCFA, marquant ainsi une hausse cumulative de 1 085 FCFA en seulement quelques jours. 

Cette dynamique positive témoigne de la confiance croissante des investisseurs envers Coris Bank International et pourrait également refléter des développements favorables au sein de l’institution ou dans le secteur bancaire burkinabé en général. Les analystes de marché scrutent de près ces fluctuations, cherchant à comprendre les facteurs sous-jacents qui ont contribué à cette ascension, tout en anticipant les prochaines tendances qui pourraient influencer la performance de l’action à l’avenir.Le Conseil d’administration de Coris Bank International (CBI) a convoqué les actionnaires en Assemblée Générale Ordinaire (AGO) pour le 16 avril 2026, un événement marquant qui promet d’être riche en discussions et en décisions cruciales. Parmi les nombreux sujets à l’ordre du jour, l’examen et l’approbation des comptes de l’exercice clos le 31 décembre 2025 occupent une place centrale. Dans un souci de transparence et de respect envers ses actionnaires, le Conseil a choisi de réserver la primeur du résultat de l’exercice à ces derniers, soulignant ainsi l’importance de leur engagement et de leur confiance dans la gestion de la banque. 
Au cours du troisième trimestre de l’année 2025, CBI a enregistré un résultat net bénéficiaire impressionnant de 52,9 milliards FCFA, marquant une progression significative de 6,30% par rapport au même trimestre de l’année précédente, en 2024. Cette performance remarquable est le fruit d’une excellente gestion opérationnelle et d’une maîtrise rigoureuse du coût du risque, des facteurs déterminants qui témoignent de la solidité et de la résilience de la banque dans un environnement économique parfois incertain. De plus, d’autres indicateurs financiers de la banque ont également affiché une évolution positive, à l’image du produit net bancaire qui s’est établi à 101,3 milliards FCFA, enregistrant une hausse de 9,7% par rapport au 30 septembre 2024, ce qui reflète une dynamique de croissance soutenue et une confiance renouvelée des clients.
Les dirigeants de la banque, optimistes quant à l’avenir, estiment que cette dynamique positive devrait se maintenir au cours du dernier trimestre de 2025. Ils s’appuient sur la mise en œuvre des actions stratégiques identifiées lors de leur récente retraite stratégique, actions qui visent à renforcer encore davantage la position de CBI sur le marché et à garantir une croissance durable. Les perspectives sont donc prometteuses, et les actionnaires peuvent s’attendre à des résultats encourageants qui pourraient renforcer leur engagement envers la banque.Tous ces aspects sont de nature à rassurer les investisseurs qui sanctionnent positivement CBI en acquérant ses actions dans la perspective des futurs dividendes au titre de l’exercice 2025. Pour rappel, cette banque avait versé le 7 juillet 2025, au titre de l’exercice 2024, un dividende net par action de 555 FCFA.

Tous ces aspects, soigneusement analysés et mis en perspective, sont de nature à rassurer les investisseurs, qui, en réponse à ces signaux positifs, sanctionnent favorablement CBI en acquérant ses actions avec l’espoir de bénéficier de futurs dividendes au titre de l’exercice 2025. Pour rappel, cette banque avait généreusement versé, le 7 juillet 2025, un dividende net par action de 555 FCFA, témoignant ainsi de sa solidité financière et de son engagement envers ses actionnaires.

Dans le paysage boursier actuel, le Top 5 des plus fortes hausses de cours est dominé par des titres prometteurs. En tête, on trouve Coris Banque International Burkina Faso, affichant une augmentation impressionnante de 7,47%, atteignant un cours de 14 885 FCFA. Juste derrière, SETAO Côte d’Ivoire a enregistré une hausse de 7,35%, se chiffrant à 3 140 FCFA, tandis que Sicable Côte d’Ivoire a également connu une belle performance avec une augmentation de 6,29%, portant son action à 3 885 FCFA. Sucrivoire Côte d’Ivoire, avec une hausse de 4,62%, voit son action s’établir à 1 810 FCFA, et enfin, TotalEnergies Marketing Sénégal, bien que légèrement en retrait, a tout de même progressé de 3,08%, atteignant 3 350 FCFA.

À l’inverse, le Flop 5 des plus fortes baisses de cours présente un tableau moins reluisant. En tête de ce classement, les titres d’Eviosys Packaging SIEM Côte d’Ivoire affichent une chute de 3,80%, se stabilisant à 1 900 FCFA. AGL Côte d’Ivoire suit de près avec une baisse de 3,64%, son action étant désormais à 1 855 FCFA. Tractafric Motors Côte d’Ivoire, quant à elle, a enregistré une diminution de 2,36%, avec un cours à 4 765 FCFA. La Loterie Nationale du Bénin, avec une baisse de 1,79%, se retrouve à 3 850 FCFA, et enfin, BOA Mali, avec une légère chute de 1,71%, voit son action se négocier à un prix qui reste à préciser. Ces fluctuations témoignent de la dynamique volatile du marché, où chaque mouvement peut avoir des répercussions significatives sur les décisions d’investissement.

La valeur totale des transactions sur le marché boursier s’est repliée à 998,182 millions FCFA, marquant une diminution significative par rapport à 1,157 milliard FCFA enregistré le 1er avril 2026. Cette baisse pourrait être interprétée comme un signe de prudence de la part des investisseurs, qui semblent hésiter à s’engager dans de nouvelles transactions dans un environnement économique incertain. En revanche, la capitalisation du marché des actions a connu une évolution positive, passant de 15 757,410 milliards FCFA la veille à 15 793,082 milliards FCFA ce jeudi 2 avril 2026, ce qui représente une augmentation de 35,672 milliards FCFA. Cette hausse pourrait être attribuée à une confiance renouvelée des investisseurs dans certaines entreprises, malgré la contraction des volumes de transactions.

Du côté du marché obligataire, la situation est moins favorable, avec une baisse de 2,195 milliards FCFA, portant la capitalisation à 11 956,863 milliards FCFA, contre 11 959,058 milliards FCFA la veille. Cette diminution pourrait refléter des préoccupations concernant les taux d’intérêt ou des changements dans la perception du risque associé aux obligations émises.

Les indices boursiers ont affiché des évolutions disparates, témoignant de la volatilité du marché. L’indice BRVM composite a progressé de 0,23%, atteignant 409,62 points, en hausse par rapport à 408,69 points la veille, ce qui indique une légère tendance à la hausse dans le secteur. De son côté, l’indice BRVM 30 a également enregistré une hausse de 0,21%, s’établissant à 191,90 points contre 191,49 points précédemment. Cependant, l’indice BRVM Prestige a connu une légère baisse de 0,03%, se chiffrant à 159,56 points, par rapport à 159,61 points précédemment, ce qui pourrait signaler une prise de bénéfices ou une correction dans ce segment spécifique du marché. Enfin, l’indice BRVM Principal a progressé de 0,64%, atteignant 286,65 points, en hausse par rapport à 284,82 points la veille, ce qui pourrait être le résultat d’un regain d’intérêt pour les actions de grande capitalisation. 

Notons que ces mouvements des indices et des valeurs de marché illustrent une dynamique complexe, où certains segments connaissent une croissance tandis que d’autres subissent des pressions, reflétant les sentiments variés des investisseurs face aux conditions économiques actuelles.

Mariam KONE 

RISQUE FINANCIER : LE MALI PASSE À L’OFFENSIVE ET CONSOLIDE SON DISPOSITIF DE GOUVERNANCE

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Le Mali a franchi une étape importante avec le lancement, début avril 2026, de la 3ᵉ Évaluation nationale des risques (ENR) en matière de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme et de prolifération.

Cet exercice, à la fois technique et stratégique, s’inscrit dans la volonté des plus hautes autorités de renforcer durablement la gouvernance financière et de consolider les mécanismes de prévention et de gestion des risques.

Dans un contexte international marqué par des exigences accrues en matière de transparence et de conformité, la maîtrise des risques financiers constitue désormais un levier essentiel de crédibilité et de stabilité économique.

  • Une dynamique de réformes consolidée.

Le lancement de cette évaluation intervient dans la continuité des efforts engagés ces dernières années, qui ont permis au Mali d’enregistrer des avancées significatives, notamment sa sortie de la liste grise du GAFI en juin 2025.

Cette nouvelle étape traduit la volonté de consolider ces acquis et de renforcer l’efficacité du dispositif national, en parfaite cohérence avec les standards internationaux.

  • Un outil structurant pour l’action publique.

L’Évaluation nationale des risques constitue un outil central d’aide à la décision. Elle permettra d’identifier les principales vulnérabilités, d’analyser les menaces et de hiérarchiser les priorités d’intervention.

Les résultats attendus serviront de base à l’actualisation de la stratégie nationale de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, ainsi qu’à la définition d’un plan d’action adapté et ciblé.

Cette approche permettra une meilleure allocation des ressources et un renforcement des mécanismes de contrôle dans les secteurs les plus exposés.

  • Une mobilisation institutionnelle renforcée.

La conduite de cet exercice repose sur une forte mobilisation des institutions nationales, notamment la CENTIF et la CONAC-LBC/FT, en coordination avec les ministères concernés et les autorités de régulation.

Cette dynamique traduit une approche intégrée et transversale de la lutte contre les flux financiers illicites, impliquant l’ensemble des acteurs publics et privés.

  • Une stratégie globale et proactive.

En parallèle, les autorités poursuivent le renforcement des dispositifs de lutte contre le financement du terrorisme, notamment à travers la mise en œuvre de mesures de gel des avoirs et le suivi des circuits financiers sensibles.

Cette approche globale illustre la détermination de l’État à agir de manière préventive et coordonnée, en intégrant pleinement la dimension financière dans les politiques de sécurité.

  • Un enjeu de crédibilité et d’attractivité.

Au-delà de ses dimensions techniques, l’ENR contribue à renforcer la crédibilité du Mali auprès de ses partenaires, des institutions financières et des investisseurs.

Elle participe à la construction d’un environnement économique plus sécurisé, plus transparent et plus attractif.

  • Une vision tournée vers l’avenir.

À travers cette initiative, le Mali affirme sa volonté de consolider ses acquis, d’anticiper les risques et de renforcer sa souveraineté économique.

Car aujourd’hui, une gestion efficace des risques constitue un facteur clé de stabilité, de confiance et de développement durable.

Mahamet TRAORÉ.
Expert communication stratégique , spécialiste des questions économiques et financières.

Côte d’Ivoire: l’UE va injecter 118 millions USD dans  la mobilité urbaine à Bouaké

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Alignés sur les priorités stratégiques du Plan national de développement de la Côte d’Ivoire, ces nouveaux financements, d’une ampleur significative, viendront soutenir une série de projets ambitieux visant à accélérer la transformation urbaine de la ville dynamique de Bouaké, tout en favorisant le développement territorial des régions du nord du pays

Ce soutien financier est particulièrement crucial dans un contexte où la Côte d’Ivoire cherche à renforcer son infrastructure et à améliorer la qualité de vie de ses citoyens.

Le lundi 30 mars, un moment marquant pour la coopération entre la Côte d’Ivoire et l’Union européenne (UE), a été signé un accord de financement qui s’élève à un montant total impressionnant d’environ 67 milliards FCFA, soit l’équivalent de 118 millions de dollars. Ces fonds seront alloués à des initiatives qui visent non seulement à moderniser les infrastructures existantes, mais aussi à encourager l’innovation et la durabilité dans le développement urbain.

Les accords ont été paraphés par le ministre de l’Économie et des Finances, Adama Coulibaly, un acteur clé dans la mise en œuvre de ces projets, et Myriam Ferran, directrice générale adjointe aux partenariats internationaux à la Commission européenne, symbolisant ainsi un engagement fort et une volonté de collaboration entre les deux entités. 

Notons que ce partenariat stratégique est un pas important vers la réalisation des objectifs de développement durable, en mettant l’accent sur la croissance inclusive et le bien-être des populations locales.

Afrique: le Kenya explore des opportunités numériques avec la Thaïlande

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Kenya, le gouvernement intensifie ses efforts pour renforcer ses partenariats internationaux dans le domaine numérique, un secteur en pleine expansion qui joue un rôle crucial dans le développement économique du pays.

 Lors d’une conférence de presse tenue le samedi 4 avril, William Kabogo Gitau, le ministre de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique, a annoncé avec enthousiasme le lancement d’une initiative innovante visant à établir des liens solides entre les entreprises technologiques kényanes et thaïlandaises. Cette initiative ne se limite pas simplement à un échange commercial, mais elle représente également une nouvelle étape significative dans la coopération bilatérale entre le Kenya et la Thaïlande, deux nations qui, bien que géographiquement éloignées, partagent une vision commune d’un avenir numérique prospère. En facilitant des rencontres et des collaborations, cette initiative permettra aux entreprises des deux pays d’échanger des idées, de partager des technologies de pointe et de développer des solutions adaptées aux défis contemporains. Les perspectives de croissance sont prometteuses, car cette collaboration pourrait également ouvrir la voie à des investissements étrangers, à l’innovation locale et à la création d’emplois, renforçant ainsi l’écosystème technologique du Kenya tout en favorisant une intégration plus profonde dans le marché mondial.

Organisé à Nairobi, l’événement a rassemblé une délégation dynamique de 14 entreprises opérant dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) venues de Thaïlande, ainsi que plus de 50 entreprises locales kényanes, créant ainsi une atmosphère d’échange et de collaboration. L’objectif affiché de cette rencontre est de favoriser des collaborations concrètes à travers des sessions de « business matching », où les acteurs des deux écosystèmes peuvent se rencontrer, échanger des idées et identifier des opportunités d’investissement, de partenariats technologiques ou de co-développement de solutions numériques innovantes. Ces sessions sont conçues pour briser les barrières et encourager des synergies fructueuses entre les entreprises thaïlandaises et kényanes, ouvrant la voie à des projets ambitieux qui pourraient transformer le paysage technologique de la région.

« En marge de cette rencontre, nous avons tenu une réunion bilatérale afin d’explorer les principaux domaines de coopération, notamment le développement des TIC, en particulier dans les quartiers, la promotion du commerce et des investissements, le tourisme, l’économie créative et l’agriculture », a indiqué le ministre, soulignant l’importance d’une approche intégrée pour stimuler la croissance économique. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie des autorités kényanes de soutenir l’économie numérique du pays, avec l’appui des départements en charge des TIC et du commerce, ainsi que du ministère des Affaires étrangères, démontrant ainsi un engagement fort envers l’innovation et le développement durable. En favorisant un environnement propice aux échanges et à la coopération, cet événement pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère de prospérité pour les deux nations, tout en renforçant les liens économiques et culturels entre la Thaïlande et le Kenya.

Mariam KONE 

Le Nigeria a mobilisé 2,4 millions de dollars pour régler les dettes du secteur électrique

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Nigeria, le président Bola Ahmed Tinubu a approuvé, dimanche 5 avril, un plan ambitieux de paiement d’un montant de 3,3 milliards de nairas, soit environ 2,4 millions de dollars, destiné à apurer les dettes accumulées dans le secteur énergétique, un domaine crucial pour le développement économique du pays.

 Ce programme, qui a suscité l’espoir parmi les acteurs du secteur, ne se limite pas simplement au règlement des dettes héritées, mais vise également à restaurer la confiance dans l’ensemble du secteur de l’énergie. « Il s’agit de restaurer la confiance dans l’ensemble du secteur de l’énergie — en veillant à ce que les fournisseurs de gaz soient payés, que les centrales électriques puissent fonctionner et que le système devienne plus fiable », a expliqué Olu Arowolo Verheijen, conseillère spéciale à l’énergie auprès du président Tinubu. Cette initiative est perçue comme un pas décisif vers la stabilisation d’un secteur qui a longtemps souffert de dysfonctionnements et de retards de paiement, entravant ainsi le développement industriel et la vie quotidienne des citoyens. Les experts estiment que, si elle est mise en œuvre efficacement, cette mesure pourrait non seulement améliorer la fiabilité de l’approvisionnement en électricité, mais aussi stimuler les investissements étrangers et locaux dans le secteur énergétique, créant ainsi des emplois et favorisant une croissance durable. Les attentes sont donc élevées, et le succès de ce programme sera scruté de près par les citoyens et les investisseurs, qui espèrent un avenir énergétique plus stable et prometteur pour le Nigeria.

La mise en œuvre de ce programme crucial a déjà débuté, marquant une étape significative dans la transformation du secteur énergétique du Nigeria. Quinze centrales électriques ont signé des accords de règlement pour un montant impressionnant de 2,3 milliards de nairas, une somme qui témoigne de l’ampleur des efforts déployés pour résoudre les problèmes financiers qui affligent ce secteur vital. Ces dettes, qui se sont accumulées entre février 2015 et mars 2025, illustrent les défis persistants auxquels le pays est confronté dans sa quête d’une solution durable à la crise énergétique.

Ce programme intervient à un moment critique, alors que le pays reste confronté à un important déficit d’accès à l’électricité. Selon les données alarmantes fournies par la Banque mondiale, 38,8 % de la population nigériane ne disposait toujours pas d’électricité en 2023, ce qui place le Nigeria parmi les pays avec les taux d’accès les plus élevés au monde. Cette situation désastreuse a des répercussions profondes sur le développement économique et social, limitant les opportunités pour des millions de Nigérians.

Le secteur électrique nigérian est en proie à des défis structurels persistants qui entravent son développement. Parmi ces défis, on trouve un réseau de transmission vieillissant, qui nécessite des investissements urgents pour moderniser les infrastructures. De plus, les pénuries de gaz, essentielles pour alimenter les centrales électriques, exacerbent la crise énergétique. L’endettement croissant des entreprises de production et de distribution complique davantage la situation, rendant difficile leur capacité à investir dans des solutions innovantes et durables. Parallèlement, les actes récurrents de vandalisme sur les infrastructures électriques aggravent encore la situation, entraînant des pertes financières considérables et une détérioration de la confiance du public.

Bien que la capacité installée du pays soit estimée à 13 000 mégawatts, il est tragique de constater que seule une partie de cette puissance est réellement disponible pour répondre aux besoins croissants de la population. En conséquence, une grande partie des ménages et des entreprises continue de dépendre de générateurs au diesel, une solution coûteuse et polluante qui ne fait qu’ajouter à la crise environnementale et économique du pays. 

Notons que cette dépendance souligne l’urgence d’une réforme systémique et d’une approche intégrée pour revitaliser le secteur électrique nigérian, afin de garantir un accès fiable et durable à l’électricité pour tous les Nigérians.

Zangouna KONÉ 

En RDC, les entreprises chinoises Zijin et CMOC s’intéressent à un corridor d’exportation concurrent de Lobito 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Zijin Mining et CMOC, deux géants miniers chinois, se positionnent comme des acteurs clés dans l’industrie minière mondiale, contrôlant une part significative de la production de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo, un pays riche en ressources naturelles. 

Dans un mouvement stratégique, ces deux groupes ont décidé de s’engager dans la modernisation du corridor ferroviaire de TAZARA, un projet ambitieux qui bénéficie du soutien actif du gouvernement chinois. Ce corridor, qui relie la Tanzanie à la Zambie, est essentiel pour le transport des minerais, et plusieurs analystes le considèrent déjà comme un « concurrent sérieux » au corridor de Lobito, qui est également en cours de développement avec l’appui des États-Unis, soulignant ainsi la compétition croissante entre les puissances économiques pour influencer les infrastructures en Afrique.

Le projet de rénovation du corridor de TAZARA, évalué à un impressionnant 1,24 milliard USD, a pour objectif principal de désengorger les routes surchargées qui relient la Zambie et le sud de la RDC. Ces routes sont cruciales, car elles constituent les principales voies d’acheminement des cargaisons de minerais vers le port stratégique de Dar es Salaam en Tanzanie, un point névralgique pour l’exportation des ressources. La modernisation de ce corridor ferroviaire pourrait non seulement améliorer l’efficacité du transport, mais également réduire les coûts logistiques, ce qui est essentiel pour les entreprises minières opérant dans la région.

Des informations récemment divulguées révèlent que les deux groupes miniers, en collaboration avec Jiayou International Logistics et COSCO Shipping Holdings, s’associent à China Civil Engineering Construction (CCECC) pour investir dans ce projet d’envergure. Selon les termes du partenariat, le projet sera détenu à parts égales par les différentes entités impliquées, ce qui témoigne d’une volonté collective de transformer le paysage logistique de la région. Cette initiative pourrait également avoir des répercussions positives sur l’économie locale, en créant des emplois et en stimulant le développement des infrastructures, tout en renforçant les liens économiques entre la Chine et les pays africains.

Concurrence autour des voies d’exportation de cuivre

La dynamique actuelle autour des voies d’exportation de cuivre est marquée par une intensification de la concurrence, notamment avec la modernisation du corridor de TAZARA. En s’engageant dans ce projet, les deux compagnies minières, d’origine chinoise, jouent un rôle crucial dans le renforcement des positions de la Chine sur le marché mondial, particulièrement dans un contexte où les grandes puissances rivalisent pour contrôler les routes d’exportation de minéraux critiques, essentiels pour les technologies modernes et les infrastructures. 

D’un autre côté, les États-Unis et l’Union européenne ne restent pas inactifs. Ils accélèrent leurs initiatives concernant le corridor de Lobito, qui est présenté comme un axe concurrent potentiel à TAZARA. Ce corridor ambitieux a pour but de relier les riches zones minières de la République Démocratique du Congo et de la Zambie au port de Lobito, en Angola, situé sur la côte atlantique. Pour ce faire, des efforts considérables sont déployés pour réhabiliter les infrastructures ferroviaires et logistiques, permettant ainsi d’améliorer l’efficacité du transport. L’objectif principal de cette initiative est de créer une voie d’exportation plus rapide et plus économique pour les minerais stratégiques, ce qui contribuera à réduire les coûts et les délais d’acheminement tout en désenclavant la Copperbelt, une région riche en ressources.

Pour Washington et ses partenaires européens, ce projet représente un levier stratégique pour orienter un volume croissant de flux miniers vers les marchés occidentaux, renforçant ainsi leur influence économique dans la région. Cette orientation est perceptible dans les discussions diplomatiques et les accords commerciaux en cours, où l’accent est mis sur la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement en minéraux critiques, tout en s’assurant que les pays africains bénéficient également de cette dynamique.

Notons que la compétition pour les voies d’exportation de cuivre ne se limite pas seulement à des enjeux économiques, mais englobe également des considérations géopolitiques, où chaque acteur cherche à maximiser ses intérêts tout en naviguant dans un paysage complexe de partenariats et de rivalités.

Korotoumou Sylla 

Au Maroc, la BOA prévoit d’augmenter son capital de 116,5 millions de dollars par incorporation de réserves

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Maroc, le conseil d’administration du groupe bancaire marocain Bank of Africa (BOA) a récemment pris une décision stratégique significative en proposant d’augmenter le capital du groupe de 1,091 milliard de dirhams, ce qui équivaut à environ 116,5 millions de dollars.

 Cette proposition a été annoncée lors d’une réunion tenue le vendredi 27 mars 2026, marquant une étape importante dans l’évolution de la banque. L’opération d’augmentation de capital se fera par le biais d’une « incorporation de réserves donnant lieu à l’attribution d’actions gratuites », une méthode qui permet de renforcer les fonds propres de l’établissement sans nécessiter d’apport en numéraire de la part des actionnaires. Cette initiative sera soumise à l’approbation des actionnaires lors de la prochaine assemblée générale extraordinaire, où ils auront l’opportunité de discuter des implications et des avantages de cette augmentation de capital.

Il est important de noter que cette augmentation ne nécessitera pas d’investissement financier direct de la part des actionnaires, car elle consistera à convertir une partie des réserves accumulées en capital social. En parallèle, le conseil d’administration a également proposé une distribution d’un dividende brut de 5 dirhams par action, en hausse par rapport aux 4 dirhams distribués au titre de l’exercice précédent, ce qui témoigne de la volonté de la banque de récompenser ses actionnaires tout en consolidant sa position sur le marché.

Ces décisions audacieuses s’appuient sur des performances financières solides et encourageantes. En effet, pour l’année 2025, le résultat net part du groupe a atteint un impressionnant 3,8 milliards de dirhams, marquant une hausse significative de 11 % par rapport à l’année précédente. De plus, le produit net bancaire (PNB) consolidé s’est établi à des niveaux qui témoignent de la robustesse et de la résilience de la banque face aux défis économiques. Cette dynamique positive renforce la confiance des investisseurs et des parties prenantes dans la stratégie de croissance à long terme de Bank of Africa, tout en positionnant le groupe comme un acteur clé dans le paysage bancaire marocain.

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Les capitaux propres de l’institution financière ont enregistré une progression significative de 9 %, atteignant ainsi un impressionnant total de 32 milliards de dirhams. Cette amélioration s’accompagne d’une optimisation du coefficient d’exploitation, qui a connu une baisse favorable, passant de 46,4 % à 45,8 %. Parallèlement, les crédits accordés par la banque ont augmenté de 5 %, portant leur montant à 233 milliards de dirhams, tandis que les dépôts ont également connu une belle hausse de 7 %, atteignant 275 milliards de dirhams. 

Dans le cadre de sa stratégie d’innovation, le groupe ne cesse de renforcer sa transformation digitale. En effet, 93 % des opérations simples sont désormais effectuées par le biais de canaux numériques, témoignant d’une adaptation réussie aux nouvelles attentes des clients. De plus, la production de crédits à la consommation en ligne a explosé, affichant une augmentation remarquable de 177 %, ce qui souligne l’engagement de la banque à moderniser ses services et à répondre aux besoins croissants de ses clients à l’ère numérique.

Présente dans 32 pays à travers le monde, la banque envisage de capitaliser sur cette dynamique positive pour consolider sa position sur le continent africain et poursuivre son expansion. Selon des informations relayées par la presse, le groupe s’apprête à renforcer son réseau, allant de Djibouti à Dakar, avec l’ouverture imminente de deux nouvelles succursales dans la zone CEMAC. Cette initiative stratégique vise à accroître la présence de la banque dans des marchés clés, tout en offrant des services financiers adaptés aux besoins locaux et en soutenant le développement économique de la région.

Moussa KONÉ 

Bourses et Marchés: la BRVM se prépare à lancer ses premiers ETF et produits dérivés

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(CROISSANCE AFRIQUE)-La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) s’apprête à franchir une étape majeure en introduisant, pour la première fois, des Fonds Négociés en Bourse (ETF) ainsi que des produits dérivés sur le marché financier régional de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).

 Cette initiative promet de dynamiser le paysage financier de la région, offrant aux investisseurs de nouvelles opportunités pour diversifier leurs portefeuilles et optimiser leurs rendements. Dans cette perspective ambitieuse, une délégation de la BRVM, dirigée par son directeur général, le Dr Edoh Kossi Amenounve, a entrepris une visite de travail le jeudi 2 avril auprès du Nigerian Exchange Group (NGX Group). 

Ce déplacement stratégique vise à capitaliser sur l’expérience éprouvée de la Bourse du Nigeria, reconnue pour son expertise en matière de produits dérivés et d’ETFs. « Cette visite a essentiellement eu pour objectif de s’enrichir de l’expérience de la Bourse du Nigeria en matière de produits dérivés et d’ETFs en vue du lancement prochain de ces produits sur le Marché Financier Régional de l’UEMOA », a souligné la BRVM sur sa page Facebook, témoignant ainsi de son engagement à apprendre des meilleures pratiques et à s’inspirer des succès de ses homologues.

 Ce partage de connaissances est crucial pour garantir que l’introduction de ces nouveaux instruments financiers se fasse dans les meilleures conditions possibles, favorisant ainsi un environnement d’investissement plus robuste et attractif pour les acteurs économiques de la région.

Un ETF, ou fonds d’investissement coté en bourse, est un véhicule financier particulièrement intéressant qui vise à reproduire la performance d’un indice boursier spécifique. En optant pour l’achat d’un seul ETF, un investisseur a la possibilité de diversifier son portefeuille en investissant simultanément dans un large éventail d’entreprises cotées. Cette approche offre une méthode efficace pour réduire les risques associés à l’investissement, car elle permet de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. De plus, les ETF se distinguent par leur simplicité d’utilisation et leurs frais généralement inférieurs à ceux des fonds d’investissement traditionnels, ce qui les rend accessibles à un plus grand nombre d’investisseurs.

D’autre part, un produit dérivé représente un instrument financier dont la valeur est intrinsèquement liée à celle d’un autre actif, désigné comme actif sous-jacent. Cet actif peut revêtir différentes formes, allant des actions et matières premières telles que le pétrole ou l’or, aux devises et indices boursiers. Les produits dérivés offrent aux investisseurs la possibilité de spéculer sur les fluctuations de prix, que ce soit à la hausse ou à la baisse, tout en leur permettant également de se protéger contre des risques financiers potentiels. De plus, ces instruments peuvent être utilisés pour investir avec un capital initial réduit, rendant ainsi les marchés financiers plus accessibles.

Dans le cadre des échanges avec le NGX, les discussions ont principalement porté sur les paramètres essentiels au déploiement des ETF et des produits dérivés sur la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM). NGX a partagé son expérience précieuse concernant les choix technologiques à adopter, ainsi que la sélection des produits à coter, qu’il s’agisse de contrats à terme ou d’options sur les indices, ou encore d’actions individuelles. Ces échanges ont permis d’identifier les meilleures pratiques et d’établir une feuille de route claire pour l’intégration réussie de ces instruments financiers sur le marché régional, favorisant ainsi une plus grande liquidité et une diversification accrue pour les investisseurs locaux.

Une évolution attendue du marché financier régional

L’introduction prochaine des fonds négociés en bourse (ETF) et des produits dérivés sur la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) marquera une évolution significative et tant attendue du marché financier régional. Ce développement promet d’élargir considérablement la base des investisseurs, attirant non seulement des acteurs locaux mais également des investisseurs internationaux, ce qui devrait renforcer les volumes d’échanges de manière substantielle. En effet, cette initiative rapproche la BRVM des pratiques observées sur d’autres places financières, telles que la Nigerian Exchange Group (NGX), où ces instruments financiers sophistiqués sont déjà utilisés avec succès, apportant une plus grande liquidité et diversifiant les options d’investissement.

Cette dynamique ne se limite pas seulement à l’augmentation des volumes d’échanges; elle favorisera également l’émergence de nouvelles activités liées à la gestion d’actifs et aux opérations de marché, stimulant ainsi l’innovation et la compétitivité au sein du secteur financier. Les institutions financières locales, telles que les banques et les sociétés de gestion, auront l’opportunité de développer de nouveaux produits et services, répondant ainsi aux besoins variés des investisseurs. Par ailleurs, cette évolution renforcera le positionnement de la BRVM dans l’environnement financier régional, consolidant son rôle en tant que plaque tournante pour les investissements en Afrique de l’Ouest et accompagnant les efforts d’intégration au sein de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).

Cependant, la réussite de ce projet ambitieux nécessite un cadre opérationnel et réglementaire adapté, garantissant ainsi le bon fonctionnement du marché et la participation efficace de tous les acteurs impliqués. Il est essentiel que les régulateurs mettent en place des normes claires et des mécanismes de surveillance robustes pour assurer la transparence et la confiance des investisseurs. 

Notons qu’en parallèle, des initiatives de formation et de sensibilisation seront nécessaires pour familiariser les acteurs du marché avec ces nouveaux instruments, afin de maximiser leur potentiel et d’encourager une adoption généralisée.

Abdoulaye KONÉ 

Guinée Équatoriale : Alibaba dépose ses valises à Malabo, manquant ainsi une nouvelle étape significative pour l’Afrique 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Alibaba, le géant chinois de la vente en ligne, a exprimé son désir de s’implanter en Guinée Équatoriale, marquant ainsi une étape significative dans son expansion en Afrique. Lors d’une réunion de travail qui s’est tenue le 3 avril 2026 à Malabo, la capitale dynamique du pays, cette intention a été dévoilée sous la présidence du Vice-Président de la République équato-guinéenne, Nguema Obiang Mangue. 

Au cours de cette rencontre, le groupe Alibaba a partagé sa vision ambitieuse de développer un système de commerce électronique et de paiement numérique qui transformerait la manière dont les citoyens équato-guinéens achètent et vendent des produits en ligne. Cette initiative vise à rendre ces transactions non seulement plus rapides, mais également plus sécurisées, répondant ainsi aux besoins croissants d’une population de plus en plus connectée. 

La réunion a également rassemblé des représentants du secteur bancaire national ainsi que des créateurs de contenu numérique locaux, tous conviés pour discuter des opportunités que ce modèle économique pourrait offrir. L’objectif affiché par Alibaba est clair : faire de la Guinée Équatoriale un point de référence stratégique pour un marché potentiel dépassant les 160 millions de personnes, englobant non seulement les pays de la CEMAC, mais aussi la République Démocratique du Congo. 

En centralisant les opérations commerciales dans cette nation équatoriale, Alibaba espère non seulement stimuler l’économie locale, mais aussi établir un hub commercial qui pourrait influencer positivement le paysage économique régional. Cette initiative pourrait également favoriser l’innovation technologique et la création d’emplois, tout en renforçant les infrastructures numériques du pays, ce qui est essentiel pour soutenir la croissance du commerce en ligne dans cette partie du monde.

Pour le gouvernement de Malabo, l’arrivée d’Alibaba en Guinée équatoriale représente une véritable révolution dans le paysage commercial du pays, offrant un éventail d’opportunités sans précédent aux commerçants locaux. En effet, cette collaboration pourrait permettre aux entrepreneurs équato-guinéens de toucher un public beaucoup plus large, tant au niveau national qu’international. Les artisans et producteurs locaux auraient ainsi la possibilité de vendre leurs produits, qu’il s’agisse de textiles colorés, d’artisanat traditionnel ou de spécialités culinaires, à une clientèle diversifiée, augmentant ainsi leur visibilité et leurs ventes. 

De plus, l’intégration de plateformes numériques comme Alibaba pourrait considérablement réduire les coûts opérationnels, en simplifiant les processus de vente et de distribution, tout en modernisant les pratiques commerciales. Cela pourrait également stimuler l’esprit d’entrepreneuriat parmi les jeunes, leur offrant les outils nécessaires pour lancer de nouvelles activités économiques via Internet. En facilitant l’accès à des ressources et à des marchés globaux, cette initiative pourrait transformer la dynamique économique de la nation équatoriale, encourageant l’innovation et la création d’emplois. Le gouvernement a souligné ces avantages sur le portail de son site Web, mettant en avant sa vision d’un avenir où la technologie et le commerce se rejoignent pour propulser le développement économique du pays.

Cette destination, en réalité, représente une addition fascinante à une liste qui s’est progressivement étoffée au fil des années en Afrique. En 2024, le Maroc a été le théâtre d’une initiative marquante lorsque le géant chinois Alibaba a lancé une plateforme électronique innovante, reposant sur un système d’abonnement fixe. Cette plateforme a été conçue pour offrir aux entreprises locales un accès sans précédent à des services de visibilité et de marketing, tout en facilitant la mise en relation avec des partenaires étrangers. Cela a permis d’optimiser les opérations en ligne, ouvrant ainsi de nouvelles avenues pour le commerce électronique dans la région. 

Avant cette avancée marocaine, Alibaba avait déjà amorcé son déploiement en Afrique de l’Est, avec des incursions notables au Rwanda en 2018 et en Éthiopie en 2019. Cette stratégie d’expansion semble sans aucun doute liée à la croissance progressive et prometteuse du commerce en ligne sur le continent africain. Selon le rapport Payments and E-Commerce in Africa 2024, le nombre d’Africains effectuant des achats en ligne aurait connu une augmentation significative de 17 % entre 2020 et 2025, atteignant ainsi le chiffre impressionnant de 500 millions de personnes. Ce phénomène témoigne d’un changement de paradigme dans les habitudes de consommation, où de plus en plus de personnes se tournent vers le numérique pour satisfaire leurs besoins.

Cependant, il faudra encore patienter avant de voir la Guinée Équatoriale rejoindre les rangs des pays actifs sur la plateforme d’Alibaba. Les négociations en cours, qui ont déjà reçu l’approbation des autorités compétentes, sont essentielles pour établir les bases d’une collaboration fructueuse. Ce processus de négociation, bien que complexe, est crucial pour garantir que les intérêts des entreprises locales soient pris en compte et que les bénéfices de cette expansion soient partagés équitablement. 

Notons que la dynamique actuelle du commerce électronique en Afrique, couplée à l’engagement d’Alibaba, pourrait transformer le paysage économique de la région, offrant des opportunités sans précédent pour les entrepreneurs et les consommateurs.

Mariam KONE 

TRIBUNE : « Comptabilité, audit et entreprises cotées : la révolution silencieuse que le Mali doit engager »

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(CROISSANCE AFRIQUE)- L’Afrique parle beaucoup d’industrialisation, de souveraineté économique, de transformation locale et de mobilisation de l’épargne. Mais elle parle encore trop peu d’un levier fondamental : la qualité de la comptabilité et la rigueur de l’audit.

Pourtant, il faut le dire clairement :
aucune économie moderne ne peut se développer durablement dans l’opacité.

Cette réalité apparaît avec une acuité particulière lorsqu’on observe la situation du Mali au sein de la BRVM.

Alors que cette bourse régionale compte plusieurs dizaines de sociétés cotées, le Mali y est très faiblement représenté. Cette situation n’est pas un simple retard technique. Elle révèle un problème plus profond : l’insuffisante structuration financière et organisationnelle de notre tissu entrepreneurial.

Car pour accéder à la bourse, une entreprise doit remplir des exigences précises :
• produire des états financiers fiables ;
• être auditée de manière indépendante ;
• disposer d’une gouvernance transparente ;
• inspirer confiance aux investisseurs.

Autrement dit, la bourse n’est pas un point de départ.
Elle est l’aboutissement d’un processus de crédibilisation.

Le problème est que, dans notre contexte, beaucoup d’entreprises ne disposent pas encore de ces fondations. Les comptes sont parfois incomplets, insuffisamment structurés ou peu exploitables. L’audit, lorsqu’il existe, n’est pas toujours perçu comme un outil stratégique, mais comme une contrainte administrative.

Dans ces conditions, il devient extrêmement difficile de valoriser les entreprises, d’ouvrir leur capital et d’attirer des investisseurs.

Le résultat est connu :
les entreprises restent petites, fragmentées et fortement dépendantes du crédit bancaire. Or, le crédit bancaire, par nature, finance surtout le court et le moyen terme. Il ne permet pas toujours de soutenir les investissements lourds nécessaires à l’industrialisation.

À l’inverse, les économies qui réussissent ont su construire un écosystème dans lequel :
• la comptabilité est fiable ;
• l’audit est rigoureux ;
• les entreprises sont structurées ;
• la bourse joue un rôle actif dans le financement de la croissance.

Il existe donc un lien direct entre la qualité des comptes et la capacité d’un pays à faire émerger des grandes entreprises cotées qui sont dirigées par des champions d’industrie.

Sans états financiers crédibles, il n’y a pas de confiance.
Sans confiance, il n’y a pas d’investisseurs.
Sans investisseurs, il n’y a pas de marché financier dynamique.

Le Mali doit donc engager une transformation profonde.

D’abord, en généralisant la tenue d’une comptabilité rigoureuse, notamment au niveau des PME, à travers des mécanismes adaptés comme les Centres de Gestion Agréés.

Ensuite, en renforçant la profession d’audit, en élevant les standards et en veillant à l’indépendance et à la qualité des contrôles.

Parallèlement, il est nécessaire de préparer activement les entreprises à l’ouverture du capital, en développant une culture de gouvernance moderne et de transparence.

Enfin, une stratégie nationale pourrait être mise en place pour accompagner progressivement un noyau d’entreprises vers la cotation à la BRVM.

Cette stratégie ne viserait pas seulement à augmenter le nombre d’entreprises cotées. Elle permettrait surtout :
• de mobiliser l’épargne nationale ;
• de promouvoir l’actionnariat populaire ;
• de créer des champions nationaux capables de se positionner à l’échelle régionale et internationale.

Au fond, la question est simple :
voulons-nous une économie dominée par de petites entreprises isolées, ou une économie structurée autour de groupes solides, transparents et capables de lever des capitaux ?

La réponse passe par une révolution silencieuse :
celle de la vérité des comptes et de la crédibilité financière.

Harouna Niang
Économiste / Ancien ministre

Bamako, Avril 2026