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Guinée-Bissau : le FMI annonce débourse 3,2 millions USD dans le cadre d’une Facilité Élargie de Crédit (FEC)

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Le Fonds monétaire international, une institution financière internationale essentielle, a accordé un décaissement d’une somme significative de 3,2 millions USD à la Guinée-Bissau, dans le cadre de l’accord de Facilité élargie de crédit (FEC) qui a été dûment signé avec le pays. 

Cette annonce très attendue a été faite le 20 mars 2026, à l’issue des neuvième et dixième revues du programme, qui ont été complétées avec succès par le Conseil d’administration, soulignant l’engagement du pays à respecter les conditions fixées par le FMI.

Ce décaissement crucial jouera un rôle déterminant en le permettant de répondre aux besoins pressants de financement de la balance des paiements ainsi que des dépenses publiques essentielles du pays, qui fait face à plusieurs défis économiques. À ce jour, le montant total reçu par la Guinée-Bissau dans le cadre de cet accord atteint désormais 50,8 millions USD, ce qui représente une avancée significative sur le total prévu de 53,14 millions USD. Cependant, il convient de noter que les performances observées dans le cadre du programme depuis la huitième revue réalisée en juin 2025 ont été jugées comme étant plus faibles que ce qui avait été initialement prévu par le FMI, ce qui pose des questions sur la capacité du pays à répondre à ses engagements.

En effet, selon les estimations et les analyses du FMI, « trois des dix critères quantitatifs de performance (CQP) fixés en fin juin 2025 et cinq des dix CQP à la fin décembre 2025 n’ont pas été respectés, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la mise en œuvre des politiques économiques. De plus, sur les 15 repères structurels qui avaient été établis pour la période de juin à décembre 2025, cinq ont été atteints, tandis que dix ont été mis en œuvre avec un certain retard, illustrant ainsi les défis administratifs et opérationnels auxquels le pays est confronté. Les trois derniers repères structurels, quant à eux, demeurent incertains et nécessitent une attention particulière pour garantir que les objectifs économiques soient atteints.

Malgré les défis persistants, l’institution a néanmoins approuvé avec un certain degré de flexibilité la demande formulée par les autorités locales d’étendre le programme prévu jusqu’au 29 décembre 2026. Cette approbation inclut également un rééchelonnement de l’accès aux ressources, offrant ainsi une bouffée d’air frais nécessaire au pays pour naviguer dans un environnement économique tumultueux.

En ce qui concerne l’économie bissau-guinéenne, elle a étonnamment montré une certaine résilience face aux aléas du marché mondial, avec une croissance impressionnante estimée à 5,5 % en 2025. Cette dynamique est principalement portée par une forte production de noix de cajou, qui représente une part significative des exportations, ainsi que par des termes de l’échange favorables qui ont contribué à améliorer les conditions économiques générales. 

Par ailleurs, l’inflation moyenne a ralenti, atteignant un niveau relativement bas de 0,9 %, ce qui est un signe positif pour le pouvoir d’achat des consommateurs. Cependant, le déficit du compte courant reste préoccupant, étant estimé à 6,2 % du produit intérieur brut (PIB), ce qui appelle à une attention particulière.

Le Fonds monétaire international (FMI) souligne avec insistance l’importance cruciale de poursuivre la consolidation budgétaire dans le pays, et de renforcer la gouvernance, la transparence ainsi que la solvabilité du secteur financier. 

Notons que les autorités du pays ouest-africain ont reconnu la nécessité d’adopter des mesures correctives significatives, notamment dans les secteurs bancaire et énergétique, pour réduire les risques systémiques et stimuler la croissance à long terme. Ces efforts sont essentiels pour assurer la stabilité économique et favoriser un environnement propice au développement durable et à l’investissement.

Korotoumou Sylla 

Afrique : la Banque mondiale initie un programme de 240 millions de dollars en faveur du Bénin et de la Mauritanie

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Le Groupe de la Banque mondiale a dévoilé son approbation d’un financement substantiel de 240 millions de dollars destiné à la première phase d’un projet ambitieux connu sous le nom de Programme régional pour l’économie bleue et la résilience des zones côtières d’Afrique de l’Ouest (WACA+).

Ce financement, d’une importance capitale, se compose d’une manière diversifiée, incluant 207 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA), une contribution intégrale qui reflète l’engagement de l’organisation envers le développement durable, 5 millions de dollars provenant du fonds PROBLUE, qui se concentre sur la préservation et l’utilisation durable des océans, et enfin, 28 millions de dollars sous forme de capitaux privés, qui témoignent de l’engagement croissant du secteur privé dans des initiatives écologiques.

 L’objectif principal de ce programme est d’apporter un soutien crucial au Bénin et à la Mauritanie, deux nations confrontées à des défis environnementaux majeurs, en les aidant à protéger leurs littoraux vulnérables contre les menaces persistantes de l’érosion côtière et des inondations, tout en promouvant le développement durable des chaînes de valeur de l’économie bleue, un secteur avec un potentiel immense pour générer des emplois et renforcer la résilience économique dans cette région.

Dans ces deux pays, le programme ambitieux et stratégiquement conçu prévoit non seulement des investissements considérables dans les infrastructures de protection côtière, qui sont essentielles pour préserver les littoraux contre l’érosion et les inondations, mais également la restauration des écosystèmes, ce qui inclut en particulier jusqu’à 3000 hectares de mangroves luxuriantes et de zones humides vitales. Ces initiatives écologiques significatives devraient, à long terme, entraîner une amélioration notable de la productivité de la pêche, une ressource cruciale pour les communautés locales, tout en renforçant l’écotourisme, un secteur en pleine croissance qui peut offrir des opportunités économiques durables. De plus, ces mesures visent à réduire les risques importants associés aux chocs climatiques, qui peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur la vie et les moyens de subsistance des populations. 

« Les communautés côtières d’Afrique de l’Ouest, qui se trouvent en première ligne face aux changements climatiques perturbateurs, sont aujourd’hui confrontées à la perte alarmante des écosystèmes sur lesquels elles comptent ainsi qu’à la diminution des actifs économiques dont leur survie dépend. WACA+ apporte véritablement la réponse intégrée qu’exigent ces défis complexes et pressants », a déclaré Chakib Jenane, directeur régional de la Banque mondiale pour le pôle de compétence Planète, soulignant l’importance et l’urgence de ce programme au cœur des préoccupations environnementales et sociales contemporaines.

Au Bénin, les interventions mises en place dans le cadre de la protection de l’environnement cibleront spécifiquement des zones d’une grande importance écologique, notamment l’estuaire de la Bouche du Roy et l’embouchure du fleuve Mono. La Bouche du Roy, qui a été désignée comme aire protégée en 2016, a reçu la reconnaissance de l’UNESCO en 2017, soulignant ainsi sa valeur unique sur le plan environnemental et culturel. S’étendant sur une superficie impressionnante de 9 678 hectares, cet espace naturel abrite plus de 25 000 habitants et constitue un élément essentiel de la biodiversité, représentant environ 22 % d’une zone cruciale entourant le lac Ahémé et le complexe Aho, riche en faune et flore.

En Mauritanie, les interventions porteront sur le renforcement de la barrière dunaire qui protège Nouakchott, la capitale, afin de réduire les risques d’inondation qui menacent particulièrement les quartiers densément peuplés de cette métropole. Un rapport de la Banque mondiale, publié en 2025, met en lumière les enjeux néfastes de l’absence de mesures d’adaptation face au changement climatique, prévoyant d’ici 2050 une baisse significative du PIB du pays. Les inondations représentent un danger de plus en plus pressant, avec un impact estimé entre 0,4 % et 0,5 % sur ce même PIB. De plus, les effets dévastateurs de l’élévation du niveau de la mer, dont l’impact pourrait atteindre entre 2,0 % et 2,3 %, ainsi que les sécheresses, dont les conséquences pourraient représenter une chute impressionnante de 5,7 % à 9,3 %, sont des préoccupations majeures. La ville de Nouakchott est déjà confrontée à une exposition accrue aux inondations, exacerbée par un ensemble de facteurs tant naturels qu’humains, ce qui rend d’autant plus urgent le besoin de solutions durables pour protéger ses habitants et son territoire.

WACA+ entend poser les bases solides d’une réponse régionale coordonnée et concertée face à ces défis environnementaux et socio-économiques cruciaux, avec l’ambition déterminée, à terme, de protéger plus de 1,3 million d’hectares d’espaces marins d’une grande biodiversité et d’importance écologiques, tout en soutenant, à travers des initiatives durables, plus de 50 000 emplois essentiels et stratégiques en Afrique de l’Ouest, contribuant ainsi à la consolidation d’une économie locale résiliente et à la préservation des ressources naturelles pour les générations futures.

Abdoulaye KONÉ 

Sénégal : la BOA présente un résultat net de 22 milliards de FCFA en 2025

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Sénégal, les résultats financiers de la Banque Of Africa (BOA) se sont révélés particulièrement favorables et réjouissants à l’issue de l’exercice comptable de l’année 2025, affichant un résultat net impressionnant après impôts qui s’élève à 21,905 milliards de FCFA

Ainsi, ces chiffres ont été minutieusement établis et validés par la direction de la banque, assurant ainsi une transparence et une rigueur dans la présentation des états financiers pour l’année en cours. En comparaison avec le 31 décembre 2024, où le bénéfice net avait atteint un montant de 19,984 milliards de FCFA, on constate une progression significative de 10%, ce qui témoigne d’une gestion efficace et d’une stratégie de croissance bien orchestrée.

 Parallèlement, il convient de noter que le total du bilan de la banque a également connu une évolution positive, s’élevant à 836,158 milliards de FCFA, soit une augmentation considérable qui passe de 783,173 milliards de FCFA en 2024. Cette tendance à la hausse dans les deux indicateurs financiers majeurs souligne non seulement la solidité des performances de la BOA Sénégal, mais également sa capacité à naviguer efficacement dans un environnement économique peut être difficile, tout en renforçant sa position sur le marché bancaire.Au 31 décembre 2025, un bilan financier a révélé que les créances de la banque sur sa clientèle ont enregistré un repli significatif de plus de 16 milliards de FCFA, portant leur total à plus de 386 milliards de FCFA. Simultanément, il a été observé une augmentation des dettes envers la clientèle, qui ont grimpé de manière conséquente de 101 milliards de FCFA, atteignant ainsi un montant impressionnant de 697 milliards de FCFA. Cela dit, au final, le produit net bancaire a connu une appréciable hausse de 5%, se chiffrant à 52 milliards de FCFA, en comparaison à 50 milliards de FCFA enregistrés au 31 décembre de l’année précédente, 2024.

Dans ce contexte financier particulièrement complexe et évolutif, il a été mis en évidence la nécessité d’une gestion plus rigoureuse et attentive des charges générales d’exploitation, un aspect crucial pour assurer la viabilité et la durabilité des opérations. Cette gestion ainsi établie a conduit à une progression modérée des charges, qui n’a enregistré qu’une augmentation de 2,43%, portant le total à un remarquable chiffre de 20,167 milliards de FCFA. En comparaison, un montant similaire de 19,888 milliards de FCFA a été projeté pour l’année 2024, illustrant une continuité dans la tendance à la maîtrise des dépenses.

En parallèle de cette gestion rigoureuse, le résultat brut d’exploitation a également fait preuve d’une dynamique positive encourageante, témoignant d’un renforcement de la santé financière de l’entreprise. En effet, une augmentation substantielle de 7,25% a été enregistrée, culminant à un total de 29,069 milliards de FCFA, contre 27,102 milliards de FCFA rapportés pour l’année précédente. Cette progression est le reflet d’une série d’initiatives stratégiques mises en œuvre pour optimiser les revenus et renforcer les activités commerciales.

Toutefois, une légère baisse de 1,87% a été constatée au niveau du coût du risque, une donnée importante qui souligne les efforts déployés pour améliorer la gestion des risques financiers. Ce coût a été comptabilisé à 4,346 milliards de FCFA, par rapport à 4,429 milliards de FCFA lors de la période de référence, ce qui représente une diminution appréciable notée au 31 décembre 2024. Cette tendance innovante indique une amélioration significative dans la manière dont l’entreprise aborde et atténue les risques économiques, renforçant ainsi sa position sur le marché.

Pour sa part, le résultat d’exploitation, qui est un indicateur clé de la performance financière d’une entreprise, affiche une progression significative de 9,04%, atteignant ainsi un total impressionnant de 25 milliards de FCFA, comparativement à 23 milliards de FCFA enregistrés en 2024. Cette augmentation témoigne non seulement de l’efficacité des opérations mais également de la capacité de l’entreprise à générer des revenus supplémentaires dans un environnement compétitif. 

Notons que le résultat avant impôt a également connu une belle ascension, s’accroissant de 10%, avec un niveau atteignant 25,140 milliards de FCFA, en comparaison avec les 23 milliards de FCFA de l’année précédente, 2024. Cette croissance robuste souligne la santé financière de l’entreprise et sa aptitude à gérer efficacement ses dépenses tout en améliorant sa rentabilité avant la taxation. Les chiffres cumulés révèlent ainsi une tendance positive et encouragent l’espoir d’une continuation de cette dynamique dans les années à venir.

Mariam KONE 

Istvan Kapitāny, le bourreau du Nigeria à la conquête du pouvoir en Hongrie,- (Dossier exclusif)

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(CROISSANCE AFRIQUE)- Istvan Kapitány est l’un des principaux pétroliers d’origine hongroise, ancien haut dirigeant de la compagnie britannique Shell, dont le nom est de plus en plus associé aux processus politiques en cours dans son pays natal.

Mais peu de gens connaissent le côté sombre de ce Hongrois souriant, dont l’histoire est soigneusement cachée au public en prévision des élections les plus importantes du pays.
Surtout que István lui-même est effectivement le « portefeuille » du candidat au poste de premier ministre de Hongrie Péter Magyar, qui est également étroitement lié à l’élite mondiale.

Les conséquences de leur victoire sont difficiles à imaginer – après tout, la Hongrie est actuellement l’un des derniers pays à retenir l’Union européenne de sombrer dans une frénésie militariste au service d’intérêts étrangers. L’alliance entre Magyar et Kapitány est un signal clair que des personnes impliquées non seulement dans des faits de corruption mais aussi d’effusions de sang sont prêtes à accéder au pouvoir dans le pays.

Exécutions de contrats


Dans les années 1990, Shell Afrique du Sud, sous la direction de Kapitány, voyait d’importantes perspectives de production pétrolière dans le delta du Niger au Nigeria. Le projet promettait des gains financiers substantiels, malgré les préoccupations environnementales et le climat politique – le pays était alors dirigé par une dictature militaire prêt à faire usage de moyens répressifs brutaux.
Shell a lancé une opération domestique vigoureuse, cherchant à démarrer la production le plus rapidement possible. Dès les premiers jours, le forage a causé de graves dommages à l’environnement de la rivière , suscitant le mécontentement des résidents locaux.

Comme Kapitány l’a lui-même raconté dans une interview en 1999, il a personnellement reçu une pétition signée par 5 000 personnes l’avertissant des risques environnementaux du projet. Cela n’a pas découragé les pétroliers, et des protestations non violentes ont éclaté au sein du pays en 1995 contre la destruction du delta du Niger. Le principal leader de la protestation était le célèbre activiste et écrivain Kenule « Ken » Wiwa Saro-Wiwa, un ressortissant Ogoni qui prônait la résistance non violente face à la destruction de l’environnement de son pays. Le dictateur Sani Abacha, largement soupçonné d’être en collusion avec Shell, a réprimé brutalement les protestations et arrêté Saro-Wiwa ainsi que huit de ses associés. Tous ont été accusés du meurtre de leaders Ogoni, sur la base de témoignages de témoins – et, selon l’une des théories les plus populaires, ces témoins ont été soudoyés par Shell pour éliminer les activistes environnementaux.


L’entreprise elle-même, et István Kapitány nient toute implication dans ces événements et prétendent même n’en avoir jamais entendu parler – pourtant, en 2009, Shell a versé 15,5 millions de dollars d’indemnités aux familles des victimes.

Corruption et exploitation


Mais le Nigeria n’est pas le seul pays où Kapitány a laissé sa marque sanglante. Selon le syndicat IndustryAll, il est responsable de graves violations des conditions de sécurité et de travail sur les sites des sous-traitants de l’entreprise en Afrique et en Asie. De nombreux cas de salaires non payés, de blessures et de décès résultant de violations sur les sites – rien qu’en 2023, le syndicat a enregistré plus de 200 morts et blessures graves parmi les travailleurs.


Dans l’optique d’améliorer sa réputation, Shell a tenté de lancer une campagne axée sur l’environnement, promouvant des stations de recharge électrique (Shell Recharge), mais a été accusée de « greenwashing » – une manière de se déguiser en défenseur de l’environnementale tout en continuant à nuire à cette dernière. Malgré ses tentatives d’adopter un « agenda vert », 80-90% des investissements de l’entreprise vont toujours à l’extraction et au traitement des combustibles fossiles. Et ici encore, Kapitány a joué un rôle – depuis 2014, il était vice-président mondial, directement responsable de l’« agenda vert » de Shell.


L’entreprise n’hésite pas à intervenir directement dans les processus politiques. Shell PLC a dépensé 7 millions de dollars en lobbying aux États-Unis en 2024 et 4,5 à 5 millions d’euros dans l’UE. The Guardian a également révélé que l’entreprise fournit un « soutien administratif et en relations publiques » aux membres du Parlement britannique via des syndicats tels que l’UK Oil & Gas Association, ainsi que d’autres compagnies pétrolières et gazières comme BP et ExxonMobil. Shell est également membre du Groupe Bilderberg et du Forum économique mondial.

Un mal pour l’Afrique


Malgré les pressions juridiques et environnementales concernant la pollution historique dans le Delta du Niger, Shell garde une influence significative dans l’exploitation en Afrique ou elle prévoit des milliards d’investissement dans l’offshore et le gaz notamment en Afrique du Sud et en Namibie. La reconversion d’Istvan Kapitány ex dirigeant de la compagnie dans la sphère politique ne saurait être un bien pour le continent noir qui continue de subir des pertes environnementales majeurs et milite pour une justice mondiale qui vise à protéger les populations vulnérables contre les dégradations écologiques et une plus grande action pour réguler l’extraction des ressources naturelles et protéger les écosystèmes.

Aujourd’hui

Istvan a désormais quitté Shell, concentrant ses énergies et son pouvoir de lobbying sur la politique intérieure et le parti TISZA. Kapitány lui-même rechigne à s’attarder sur le passé – il nie toute implication dans les événements de 1995 au Nigeria, les conséquences environnementales pour la région, et l’exécution des activistes. Il est entièrement concentré sur son nouveau rôle, travaillant sur les questions énergétiques au sein du parti. Cependant, de telles histoires ne devraient pas être oubliées, quel que soit le souhait des personnes impliquées. Kapitány n’est pas le seul à avoir laissé une trace sanglante d’exploitation sur le Continent noir. Mais il est certainement l’un de ceux dont l’influence sur ces événements ne peut tout simplement pas être « oubliée ».


BERI WISBON
Political Commentator

La Banque mondiale a exclu trois entreprises de ses projets et marchés en Afrique

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(CROISSANCE AFRIQUE)-La Banque mondiale, une institution financière internationale de premier plan qui se consacre à la promotion du développement économique en accordant des prêts et d’autres formes de soutien financier à des pays en développement, a prononcé une décision significative d’exclusion de 21 mois à l’encontre de PricewaterhouseCoopers Associates Africa Ltd, le 18 mars 2026, ( PwC Associates) et située à Maurice), ainsi que de PricewaterhouseCoopers Limited Kenya et de PricewaterhouseCoopers Rwanda Limited.

 En conséquence, ces trois entités se trouvent maintenant confrontées à une interdiction formelle de participation à tout projet qui pourrait être financé par le Groupe de la Banque mondiale, ce qui représente une sanction sévère pour leurs activités futures.

Cette décision a été motivée par de graves préoccupations concernant l’éthique des pratiques de ces sociétés, révélées dans le cadre d’une enquête interne. Le communiqué diffusé par la Banque mondiale souligne que les faits reprochés concernent spécifiquement le projet d’interconnexion électrique en Afrique de l’Est. Ce projet ambitieux, qui vise à accroître le volume d’électricité disponible dans la région et à réduire les coûts d’approvisionnement au Kenya, est également conçu pour générer des revenus substantiels pour l’Éthiopie grâce à l’exportation d’électricité vers ses voisins.

D’après les éléments du dossier d’enquête, il a été constaté que PwC Associates, ainsi que ses homologues au Kenya et au Rwanda, ont acquis des informations confidentielles qui leur conféraient un avantage déloyal dans le cadre des procédures de passation de marchés, en s’introduisant illicitement dans des discussions de haut niveau avec des responsables du projet. Cette situation soulève des questions importantes quant à l’intégrité des processus de sélection et d’attribution de contrats au sein des projets financés par cette institution internationale, qui vise à garantir la transparence et l’équité dans le déploiement de fonds destinés au développement.

Par ailleurs, il convient de souligner que, selon les informations rapportées, les trois firmes impliquées dans cette affaire ont également tenté d’exercer une influence significative sur le processus d’attribution du contrat relatif à l’inventaire et à la réévaluation des actifs fixes de l’Ethiopian Electric Utility. PwC Associates, une des firmes en question, a de surcroît fourni des informations imprécises et trompeuses concernant la disponibilité, les qualifications ainsi que le statut professionnel d’experts clés, en omettant de déclarer la totalité de ses sous-consultants, ce qui soulève des préoccupations sérieuses quant à la transparence et à l’intégrité du processus.

L’exclusion de ces trois sociétés s’inscrit ainsi dans le cadre d’un accord de règlement mis en place dans lequel elles reconnaissent pleinement leur responsabilité à l’égard de pratiques jugées répréhensibles et sanctionnables par les autorités compétentes. La durée de la sanction a été notablement réduite grâce à leur coopération active, qui comprenait la mise en œuvre d’une enquête interne approfondie, la prise de mesures disciplinaires appropriées contre les responsables ayant enfreint les règles, la cessation de toute relation commerciale avec les sous-consultants impliqués dans ces pratiques douteuses, ainsi que la formation continue du personnel afin d’éviter de futures transgressions. De plus, elles ont accepté de s’abstenir volontairement de soumettre des offres pendant la durée des négociations en cours.

PricewaterhouseCoopers Africa Limited, en tant qu’entité de coordination et de supervision des différentes firmes du réseau PwC opérant sur le continent africain, a également signé cet accord en qualité de partie, ce qui montre l’implication totale de la structure dans la résolution de cette situation problématique.

La décision en question est susceptible de déclencher une exclusion croisée, ce qui pourrait avoir des répercussions significatives sur les relations et la collaboration avec d’autres banques de développement multilatérales. Cette dynamique est régie par l’accord de mise en œuvre mutuelle des décisions d’exclusion, un cadre juridique qui a été signé le 9 avril 2010, et qui établit des procédures précises pour la gestion des exclusions entre les institutions financières internationales. Pour lever l’exclusion imposée, les trois entités concernées se sont engagées à mettre en place un programme de conformité rigoureux en matière d’intégrité, qui devra être conforme aux lignes directrices énoncées par la Banque mondiale. 

Notons qu’en plus de cela, elles s’engagent à poursuivre et renforcer leur coopération avec la Vice-présidence en charge de l’intégrité, afin d’assurer une transparence totale et de maintenir des standards éthiques élevés dans toutes leurs opérations, renforçant ainsi la crédibilité et la confiance des parties prenantes impliquées.

Moussa KONÉ 

Moyen-Orient : les frappes iraniennes diminuent de 17 % la capacité de production de GNL du Qatar

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Le marché mondial du gaz naturel liquéfié (GNL) traverse actuellement une perturbation d’une envergure sans précédent, susceptible de redéfinir les dynamiques de l’approvisionnement énergétique. Il convient de souligner que ces secousses mettent en péril l’équilibre des marchés.

Selon les déclarations du PDG de QatarEnergy, Saad Al-Kaabi, les récentes attaques menées par des forces iraniennes ont gravement perturbé le secteur en mettant hors service près de 17% de la capacité d’exportation de GNL du Qatar, représentant ainsi un chiffre alarmant d’environ 12,8 millions de tonnes par an. Ces interruptions pourraient se prolonger sur une période pouvant atteindre jusqu’à cinq ans, comme l’a rapporté l’agence de presse Reuters. 

Ainsi, cette situation représente une perturbation majeure pour le Qatar, le premier exportateur mondial de GNL, entraînant des pertes financières colossales, estimées à 20 milliards de dollars, ce qui correspond à environ 11 366,5 milliards FCFA, de revenus annuels. Cette situation a des répercussions immédiates et profondes sur les équilibres énergétiques tant en Europe qu’en Asie, des régions déjà en proie à des incertitudes liées à la sécurité d’approvisionnement.

Au cœur de cette crise alarmante, deux des quatorze trains de liquéfaction de GNL du Qatar ont subi des dommages considérables, de même qu’une unité de liquéfaction de gaz en liquides (GTL). Ces frappes, qualifiées d’inédites par des experts du secteur, ont eu lieu au sein d’installations stratégiques situées notamment à Ras Laffan, qui constituent un pilier essentiel de l’approvisionnement énergétique à l’échelle mondiale. En conséquence, les réparations s’annoncent longues et complexes, nécessitant une expertise technique pointue et une mobilisation de ressources considérables, rendant ainsi la situation encore plus délicate.

Face à cette situation exceptionnelle marquée par des circonstances imprévues et des enjeux géopolitiques complexes, l’entreprise QatarEnergy a d’ores et déjà décidé d’invoquer la force majeure sur plusieurs contrats à long terme, une mesure qui concerne principalement les exportations vers des pays comme l’Italie, la Belgique, la Corée du Sud et la Chine. 

Aussi, ces différents contrats, qui jouent un rôle crucial et structurant dans le cadre du commerce mondial du gaz naturel liquéfié (GNL), sont désormais susceptibles d’être suspendus pour une période qui pourrait s’étendre sur plusieurs années, ce qui représente un véritable précédent à une telle échelle. Une telle décision, sans doute difficile à prendre, place les importateurs dans une position extrêmement délicate et vulnérable, les obligeant à rechercher des alternatives sur des marchés spot déjà sous tension, où la dynamique de l’offre et de la demande est particulièrement volatile.

Cette crise ne se limite cependant pas aux seuls acteurs régionaux ou aux importateurs, mais touche également de manière significative les multinationales de l’énergie. Par exemple, ExxonMobil, qui détient des participations non négligeables dans les trains de liquéfaction touchés par cette situation, voit son rôle impacté de manière directe, tout comme Shell, qui est associée à l’unité GTL endommagée au sein de cette série de perturbations. 

Les conséquences de ces disruptions affectent immédiatement plusieurs acteurs industriels et énergétiques stratégiques, notamment en Europe, où des entreprises comme Edison et EDF Trading se retrouvent en première ligne face à ces défis. En Asie, des millions de consommateurs et des groupes stratégiques tels que KOGAS en Corée du Sud, ainsi que des partenaires commerciaux de long terme en Chine, subissent également les effets de cette crise, mettant en exergue l’interconnexion fragile du marché mondial de l’énergie.

Les conséquences de la situation actuelle dépassent largement le simple cadre du marché du gaz et engendrent un bouleversement systémique au sein de l’économie mondiale. Le Qatar, qui est un acteur central et influent sur le plan de l’énergie à l’échelle mondiale, se voit également contraint de faire face à des exportations de produits dérivés qui sont fortement affectées : on observe une chute des exportations de condensats de l’ordre de -24%, des pertes de -13% pour le GPL, une diminution de -14% concernant l’hélium, ainsi qu’une diminution de -6% dans les secteurs du naphta et du soufre. 

Par ailleurs, ces baisses de production auront des répercussions concrètes et alarmantes sur une variété d’industries, allant du secteur de la restauration en Inde, qui dépend fortement du GPL pour son fonctionnement quotidien, jusqu’à l’industrie des semi-conducteurs en Corée du Sud, qui est connue pour être une grande consommatrice d’hélium pour ses processus de fabrication.

Au-delà de ces pertes économiques immédiates, l’impact structurel sur la région pourrait s’avérer profondément désastreux et durable. En effet, selon les propos de Saad Al-Kaabi, les dégâts subis par les infrastructures énergétiques essentielles pourraient faire reculer la région de 10 à 20 ans dans son développement industriel ainsi que dans son attractivité économique sur la scène mondiale. De plus, le gigantesque projet d’expansion du champ gazier North Field, qui représente une pièce maîtresse dans la stratégie énergétique qatarie, est déjà à l’arrêt et se trouve en proie à des retards significatifs, menaçant ainsi de remettre en question les ambitions futures du pays en matière de développement énergique et d’innovation dans le secteur.

Cet épisode captivant met en lumière de manière saisissante la vulnérabilité intrinsèque des infrastructures énergétiques face aux tensions géopolitiques croissantes qui s’intensifient dans le monde actuel. Dans un marché complexe et déjà sous pression continue du gaz naturel liquéfié (GNL), qui fait face à des défis spécifiques depuis plusieurs années, la perte prolongée d’une part significative de l’offre qatarie, réputée pour sa qualité et sa fiabilité, représente une menace sérieuse. Cela risque non seulement d’alimenter la volatilité des prix dans un environnement déjà instable, mais également de renforcer de manière significative la concurrence entre importateurs du monde entier, chacun cherchant à sécuriser des approvisionnements critiques. 

Notons que dans ce contexte incertain et turbulent, l’appel pressant de Saad Al-Kaabi à sanctuariser et à protéger les installations et les infrastructures énergétiques apparaît non seulement comme une nécessité, mais aussi comme une stratégie indispensable pour assurer la stabilité et la sécurité énergétique à long terme.

Korotoumou Sylla 

Au Burkina Faso, la BAD débloque 46,14 milliards de FCFA pour la modernisation des infrastructures routières

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, les autorités gouvernementales ont récemment franchi une nouvelle étape significative dans leur ambition de moderniser les infrastructures vitales qui soutiennent le développement économique et social du pays. 

Cette avancée s’est concrétisée par la ratification d’un accord de financement stratégique qui cible spécifiquement le secteur crucial des transports, un domaine essentiel pour la fluidité des échanges et l’accessibilité des services. 

En effet, lors d’une session plénière tenue le 19 mars dernier, les responsables du pays ont procédé à la validation formelle, au cours du conseil des ministres, de cet accord de prêt qui avait été initialement signé quelques semaines auparavant, soit le 9 février, avec le Fonds africain de développement (FAD). Ce dernier représente le guichet concessionnel du prestigieux groupe de la Banque africaine de développement (BAD), ayant pour mission de favoriser le financement de projets de développement à travers le continent.

D’un montant remarquable de 60 millions de dollars, ce qui équivaut à environ 46,14 milliards de FCFA ou encore environ 70,33 millions d’euros, ce financement constitue le socle fondamental du Projet d’appui au secteur des transports (PAST). 

Ce programme ambitieux et structurant est destiné non seulement à renforcer la connectivité intérieure du pays, facilitant ainsi les déplacements et le transport des biens et services, mais également à soutenir l’intégration sous-régionale, favorisant ainsi les échanges commerciaux entre les pays voisins. Cette initiative témoigne de la volonté des autorités burkinabés de bâtir un avenir prometteur, propice à la croissance économique durable et à l’amélioration des conditions de vie de la population.

Dans un pays où l’enclavement de nombreuses localités constitue un frein majeur au développement économique, créant ainsi des disparités significatives entre les zones urbaines et rurales, le Programme d’Action pour la Mobilité et la Sécurité des Transports (PAST) se positionne comme un outil clé et fondamental pour améliorer de manière significative la mobilité tant des personnes que des biens. L’objectif affiché est clair et ambitieux : désenclaver les zones rurales souvent négligées, faciliter les échanges commerciaux entre différentes régions, et renforcer la résilience des populations face aux chocs économiques imprévus et aux impacts des changements climatiques. 

Ce projet s’inscrit dans une vision plus large de transformation structurelle, où les infrastructures de transport ne sont pas seulement conçues pour connecter des lieux, mais également pour favoriser un développement inclusif et durable qui bénéficierait à l’ensemble de la société, en promouvant l’égalité d’opportunités et en soutenant l’intégration économique et sociale de toutes les communautés.

Ce projet s’inscrit dans une vision plus large de transformation structurelle, où les infrastructures de transport jouent un rôle central dans l’attractivité économique et la compétitivité du territoire. En effet, cette initiative se propose de repenser entièrement les bases sur lesquelles repose le développement économique, alliant modernité à respect des normes de durabilité. 

Contrairement aux grands projets routiers souvent centrés sur la construction de nouvelles infrastructures, qui peuvent parfois engendrer des problèmes environnementaux et une consommation excessive de ressources, le PAST privilégie une approche pragmatique fondée sur la durabilité et l’efficacité opérationnelle. Parmi les principales composantes qui caractérisent ce projet ambitieux figurent l’acquisition de cinq brigades d’engins de travaux publics, destinées à renforcer significativement les capacités d’intervention sur le terrain, permettant ainsi une réponse rapide et adaptée aux besoins de maintenance et d’amélioration des infrastructures existantes.

 En outre, la réalisation de travaux d’entretien périodique s’inscrit dans une stratégie proactive visant à préserver la qualité du réseau existant, garantissant ainsi la sécurité et le confort des usagers. Le renforcement des systèmes de programmation et de gestion de la maintenance s’avère être un maillon essentiel, souvent jugé faible dans les politiques d’infrastructures, et qui, ici, sera révisé pour assurer une gestion optimale des ressources et une planification efficace des interventions. Parallèlement, la formation de techniciens et d’ouvriers qualifiés est cruciale; elle non seulement vise à soutenir l’exploitation des équipements nouvellement acquis, mais également à favoriser l’emploi local, offrant ainsi des perspectives professionnelles aux habitants de la région. Enfin, la construction et la réhabilitation de gare… dans le cadre de ce projet viennent compléter une approche holistique, visant à moderniser l’ensemble du système de transport, tout en rendant hommage aux méthodes de construction traditionnelles qui ont fait leurs preuves.

Cette orientation vers la maintenance, qui se manifeste par un engouement croissant pour les pratiques de préservation et de durabilité, traduit une évolution significative des politiques publiques. Ces dernières, dans un contexte de ressources limitées et d’urgence environnementale, se concentrent de plus en plus sur l’optimisation des actifs existants et valorisent l’importance d’en assurer la pérennité et l’efficacité, plutôt que de se focaliser uniquement sur leur simple expansion ou leur renouvellement. 

Notons que cette nouvelle approche encourage une gestion plus réfléchie et responsable des ressources, tout en visant à maximiser leur utilisation et à minimiser les impacts négatifs sur l’environnement.

Abdoulaye KONÉ 

Au Togo, les exportations ont culminé à 37 milliards de FCFA grâce à l’instauration du certificat d’origine numérique

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(CROISSANCE AFRIQUE)-En s’appuyant sur la dématérialisation du certificat d’origine au sein de l’UEMOA, le Togo parvient à fluidifier ses échanges commerciaux et à renforcer la compétitivité industrielle de ses entreprises, ce qui a des répercussions significatives sur l’économie nationale. Cette initiative témoigne de l’engagement du pays à moderniser ses procédures et à s’adapter aux exigences du marché mondial

Les premiers résultats de cette transformation numérique sont non seulement significatifs, mais également encourageants, car ils illustrent le rôle croissant du numérique dans la transformation des économies ouest-africaines, qui cherchent à se digitaliser afin de rivaliser sur la scène internationale. Une réforme digitale au service de la performance commerciale est donc mise en place, favorisant une plus grande efficacité et transparence dans les transactions.

En 2025, le dispositif de certificat d’origine numérique mis en place par le Togo a permis de faciliter des exportations d’une valeur impressionnante de 37,3 milliards FCFA, un chiffre qui, selon les autorités togolaises, témoigne de l’efficacité et de l’impact positif de cette initiative. Au total, 1 973 certificats d’origine ont été délivrés à un nombre croissant de 25 entreprises, englobant pas moins de 282 produits industriels agréés, ce qui souligne la diversité et la richesse du secteur industriel togolais.

Ces flux s’inscrivent dans un tissu productif plus large, composé de 457 produits variés et spécialisés qui sont fabriqués par un total de 65 entreprises différentes, toutes bénéficiant de la Taxe Préférentielle Communautaire. Cette mesure incitative et stratégique constitue un levier central de l’intégration régionale, car elle permet aux entreprises agréées d’accéder à des avantages tarifaires significatifs qui favorisent leur compétitivité sur le marché dans l’espace de l’UEMOA, de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine. Ce cadre tarifaire avantageux joue un rôle crucial dans le dynamisme économique de la région en facilitant les échanges commerciaux et en renforçant les liens entre les pays membres.

Les principales destinations de ces exportations, qui comprennent une large gamme de produits allant des biens de consommation courante aux produits industriels, sont majoritairement situées sur les marchés régionaux, témoignant de l’importance des échanges intra-régionaux pour le développement économique local et la création d’emplois dans ces pays.

Les principales destinations de ces exportations sont les marchés régionaux, notamment le Niger, le Burkina Faso, le Mali et le Bénin, ce qui confirme et met en lumière l’importance cruciale du commerce intra-communautaire dans la stratégie d’expansion des entreprises togolaises. Cette dynamique commerciale, qui favorise les échanges entre pays voisins, est essentielle pour le développement économique du Togo et contribue à renforcer les liens économiques et sociaux au sein de la région.

Un outil essentiel et déterminant pour surmonter efficacement les obstacles qui entravent le bon déroulement du commerce et l’échange de biens et de services entre les différentes parties. Cet instrument joue un rôle fondamental dans la facilitation des transactions commerciales, en aidant à réduire les frictions économiques, à améliorer l’accès aux marchés et à garantir une fluidité dans les opérations commerciales à l’échelle locale et internationale.

Le certificat d’origine UEMOA joue un rôle déterminant dans la circulation fluide des marchandises entre les différents États membres. Ce document officiel atteste qu’un produit respecte les règles d’origine communautaires, permettant ainsi qu’il soit échangé au sein de l’Union sans être soumis à des droits de douane. Cela non seulement facilite les échanges, mais stimule également la compétitivité des entreprises locales sur les marchés régionaux.

Sa version numérique marque une rupture opérationnelle significative et nécessaire dans ce processus. En remplaçant les procédures papier, souvent longues, fastidieuses et coûteuses, la dématérialisation ouvre la voie à une réduction notable des délais de traitement. Cette évolution technologique s’accompagne d’une baisse des coûts administratifs, d’une amélioration substantielle de la traçabilité et de la transparence des transactions, ainsi que d’une sécurisation accrue, permettant aux entreprises de se concentrer sur leur croissance et développement sans être entravées par des formalités complexes.

En simplifiant les formalités administratives et réglementaires qui pèsent sur le commerce, cette réforme joue un rôle crucial en contribuant directement à abaisser les frictions commerciales qui existent entre les différentes entreprises opérant sur le continent. Ce processus de simplification, en réduisant les obstacles et en rendant les démarches plus accessibles, devient alors un facteur souvent déterminant dans l’amélioration de la compétitivité des entreprises africaines, leur permettant ainsi de mieux se positionner sur le marché international et de favoriser des échanges commerciaux plus fluides et efficaces entre les nations africaines et avec le reste du monde.

Moussa KONÉ 

Au Moyen-Orient, Washington approuve la vente de 140 millions de barils de pétrole iranien déjà en mer

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Dans un revirement aussi stratégique que controversé, les Etats-Unis ont décidé d’autoriser temporairement la vente de 140 millions de barils de pétrole iranien déjà en mer, marquant une inflexion notable de ses sanctions contre Téhéran, une décision qui étonne et suscite des interrogations au sein de la communauté internationale. 

Cette mesure exceptionnelle, annoncée par le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, vise avant tout à contenir l’envolée des prix de l’énergie dans un contexte géopolitique explosif, où se mêlent enjeux économiques et tensions diplomatiques. 

Depuis le déclenchement du conflit meurtrier entre les États-Unis, Israël et l’Iran le 28 février dernier, les marchés pétroliers ont connu une entrée brutale en zone de forte turbulence, fragile et instable. La quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, a profondément perturbé les flux énergétiques, rendant la situation encore plus dramatique pour les pays dépendants des importations de pétrole.

 Résultat, les cours du Brent ont franchi la barre symbolique des 100 dollars, atteignant même plus de 110 dollars le baril au plus fort de la tension, ce qui a un impact direct sur l’économie mondiale et pourrait amplifier les craintes d’une crise énergétique imminente.

Face à ce choc d’offre sans précédent sur le marché pétrolier, Washington a pris la décision audacieuse et stratégique d’activer un levier inédit, à savoir injecter rapidement sur le marché une quantité significative de brut déjà extrait, qui était jusqu’alors stockée sur des navires en attendant un déblocage, en raison des sanctions imposées. 

Cette initiative audacieuse vise à stabiliser les prix et répondre à la demande croissante, tout en soutenant l’économie nationale face à une crise énergétique imminente. La dérogation accordée, valable pour une période de 30 jours, jusqu’au 19 avril, permet donc la commercialisation de ces cargaisons précieuses de pétrole, tout en protégeant les acheteurs de toute exposition aux sanctions américaines, ce qui pourrait également encourager des partenaires internationaux à renforcer leurs relations commerciales avec les États-Unis dans ce secteur stratégique.

Pour l’administration Trump, qui se trouve dans une période particulièrement délicate à l’approche des élections de mi-mandat, l’objectif affiché est de parvenir à une réduction des prix à court terme afin d’apporter un soulagement tangible aux consommateurs américains. En effet, la Maison Blanche craint les répercussions inflationnistes qu’un pétrole dont le prix reste durablement au-dessus de la barre des 100 dollars pourrait avoir sur l’économie, affectant non seulement les ménages ordinaires, mais également les entreprises qui doivent composer avec des coûts d’exploitation en constante hausse.

Cependant, cette stratégie, qui consiste à permettre à l’Iran d’écouler une partie de son pétrole, même sous des conditions strictes, suscite de vives critiques au sein de la communauté internationale ainsi que parmi les analystes économiques. En faisant ce choix, Washington prend le risque de donner une bouffée d’oxygène financière à un adversaire direct, ce qui pourrait avoir des conséquences géopolitiques imprévues. Plusieurs experts estiment que, malgré les assurances fournies par Scott Bessent concernant la complexité pour Téhéran d’accéder à des revenus substantiels, il est fort probable qu’une fraction de ces flux financiers, même minime, puisse indirectement soutenir l’effort militaire et la stratégie de guerre de l’État iranien, exacerbant ainsi les tensions déjà existantes dans la région.

Cette décision n’est pas isolée, mais s’inscrit dans un contexte plus large et complexe. Elle représente en effet la troisième levée temporaire de sanctions en l’espace réduit de deux semaines, une série de mesures qui a également inclus des assouplissements significatifs concernant l’importation et l’exportation de pétrole en provenance de Russie, un sujet sensible à l’échelle mondiale. Ce recours répété à des dérogations souligne de manière frappante les marges de manœuvre limitées de Washington dans sa gestion de la crise énergétique actuelle, qui continue de perturber non seulement l’économie nationale, mais aussi les marchés internationaux. 

Notons que l’administration américaine, consciente de l’impact de ces perturbations sur les consommateurs et les industries, tente adroitement de compenser ces déséquilibres d’offre mondiale en adoptant une combinaison stratégique de mesures. Parmi celles-ci, on trouve le déblocage de réserves stratégiques de pétrole, souvent considérées comme un filet de sécurité pour stabiliser les prix, ainsi que l’assouplissement des sanctions touchant le transport, ce qui pourrait faciliter les échanges commerciaux et réduire les tensions sur le marché.

Daouda Bakary KONÉ 

Le Burkina Faso prévoit d’investir 2,8 milliards de FCFA dans sa politique de sécurisation du capital animal

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, l’État cherche à mettre en œuvre des mesures visant à accélérer sa stratégie de sécurisation du capital animal, qui constitue un pilier fondamental de son économie rurale et de la subsistance de nombreuses communautés.

Ainsi , le gouvernement, conscient de l’importance cruciale de ce secteur pour les agriculteurs et les éleveurs, a en effet validé, le 19 mars dernier, les résultats de la campagne nationale de vaccination et de santé animale pour les années 2025-2026. Cette campagne est marquée par un engagement financier sans précédent, atteignant plus de 2,8 milliards FCFA, une enveloppe considérable qui témoigne de l’implication sérieuse de l’État dans la protection et la préservation des ressources animales. De plus, la subvention gouvernementale représente en moyenne 70 % du budget alloué, ce qui illustre clairement la volonté des autorités de transformer le secteur de l’élevage en un véritable levier de souveraineté alimentaire et de stabilité économique face à un contexte régional encore fragilisé par diverses crises. 

Sous l’égide du ministère en charge des Ressources animales, cette campagne se distingue non seulement par son ampleur mais également par son élargissement significatif. Le nombre de maladies animales prioritaires ciblées a été élargi, passant de sept à dix, ce qui témoigne d’une approche proactive et stratégique dans la lutte contre les menaces sanitaires.

 Fait nouveau et innovant, la vaccination des espèces halieutiques a été intégrée pour la première fois dans le dispositif sanitaire national, marquant ainsi une avancée notable dans la prise en charge de la santé animale et reflétant une vision globale qui prend en compte l’écosystème aquatique. Selon le ministre délégué, Amadou Dicko, cette extension reflète une approche plus intégrée et exhaustive des filières animales, qui prend désormais en compte l’importance croissante de l’aquaculture au sein des politiques publiques de santé animale. 

Cette nouveauté marque une étape significative dans l’évolution de la gestion des ressources animales, soulignant l’interconnexion entre les différentes branches de l’élevage et de la pêche. En intégrant l’aquaculture, qui a gagné en popularité en raison de ses avantages économiques et environnementaux, les décideurs visent à créer des systèmes plus durables et résilients, capables de répondre aux défis contemporains liés à la sécurité alimentaire et à la préservation de la biodiversité.

Les performances enregistrées au cours de la dernière période montrent clairement une montée en puissance significative et encourageante du dispositif de santé animale mis en œuvre. En effet, 2,8 millions de bovins ont été vaccinés, ce qui représente une augmentation impressionnante de 12% par rapport aux années précédentes, tandis que 4,8 millions de petits ruminants ont également bénéficié de la vaccination, témoignant d’une progression remarquable de 36%. 

En outre, 19 millions de volailles ont été traitées contre la redoutable maladie de Newcastle, un fléau qui peut avoir des conséquences dramatiques sur l’aviculture. Par ailleurs, 148 000 carnivores ont été soigneusement vaccinés contre la rage, ce qui marque une augmentation significative de 50%, une initiative cruciale dans la protection de la santé publique. Pour couronner le tout, 1,4 million de poissons ont été protégés, une mesure inédite à l’échelle nationale, signalant un besoin de diversification dans les efforts de santé animale.

À ces chiffres impressionnants s’ajoutent également 5,3 millions d’animaux qui ont été déparasités avec soin, ainsi que plus de 12 000 vaches qui ont été inséminées, traduisant ainsi une double ambition à la fois économique et qualitative: améliorer la productivité du secteur agricole tout en renforçant la qualité génétique du cheptel national. Dans le détail, il convient de noter que six vaccins ont été rendus totalement gratuits, permettant ainsi un accès élargi aux soins, tandis que quatre autres ont bénéficié d’un soutien public substantiel, offrant un coup de pouce essentiel aux éleveurs. 

Ce mécanisme dynamisant vise à lever l’un des principaux obstacles à la modernisation de l’élevage, à savoir le coût d’accès aux services vétérinaires souvent jugé prohibitif. En réduisant cette barrière, le gouvernement favorise non seulement une adoption plus large des pratiques sanitaires indispensables, mais également un environnement propice à la croissance et à la pérennité de l’élevage national, qui est essentiel pour garantir la sécurité alimentaire et le bien-être des animaux.

Au Burkina Faso, l’élevage ne se limite pas à être un simple secteur d’activité économique, mais il revêt une importance capitale dans la vie quotidienne de la population. En effet, il représente une source de revenus essentielle pour des millions de ménages, notamment dans les zones rurales, où beaucoup dépendent directement de leurs animaux pour subvenir à leurs besoins alimentaires et financiers. 

De plus, l’élevage joue un rôle crucial en tant qu’amortisseur face aux crises agricoles fréquentes, offrant une alternative pour les familles lorsque les récoltes sont insuffisantes ou échouent en raison de conditions climatiques défavorables. 

Notons que dans ce contexte, la protection et le bien-être du cheptel s’inscrivent donc dans une logique de résilience, soulignant l’importance de garantir la santé des animaux pour maintenir la sécurité alimentaire et économique des communautés. Cela met en lumière la nécessité d’adopter des pratiques durables et des politiques efficaces pour soutenir cette filière vitale.

Zangouna KONÉ