Accueil Blog Page 37

Burkina Faso : l’État ambitionne d’atteindre une production annuelle de 100 000 tonnes de poisson

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, dans un contexte où la sécurité alimentaire est devenue une priorité nationale, le gouvernement met un point d’honneur à accélérer sa stratégie de souveraineté alimentaire. Cela passe par le choix audacieux de se concentrer sur un levier qui, jusqu’à présent, était largement sous-exploité dans le pays : la pisciculture.

À travers une quête d’investissements, soutenus par une série de projets structurants bien pensés, le pays nourrit l’ambition ambitieuse d’atteindre une production nationale de 100 000 tonnes de poisson par an. 

Cet objectif significatif représente un véritable changement d’échelle dans la politique agricole et halieutique du Burkina Faso, car la production piscicole, longtemps considérée comme marginale, commence à s’imposer progressivement comme un pilier complémentaire essentiel de la sécurité alimentaire nationale. L’intensification de l’activité piscicole, notamment grâce à l’installation de cages flottantes sur plusieurs plans d’eau stratégiques, illustre bien cette montée en puissance et cette volonté de diversification des sources alimentaires.

Cependant, jusqu’à présent, la filière piscicole se heurtait à un obstacle majeur qui entravait son développement : la faible disponibilité d’aliments pour poissons produits localement. Cette situation a conduit à une dépendance préoccupante vis-à-vis des importations, rendant les coûts de production élevés pour les aquiculteurs, ce qui a désavantagé la filière tout entière. 

Afin de remédier à cette problématique et de favoriser une autosuffisance alimentaire, les autorités ont donc décidé de s’attaquer frontalement à ce goulot d’étranglement, en développant des initiatives visant à stimuler la production locale d’aliments pour poissons, tout en encourageant l’innovation et l’investissement dans ce secteur prometteur.

Au total, plus de 1,5 milliard FCFA ont été mobilisés par le ministère burkinabè en charge de l’Agriculture dans le but d’acquérir trois usines modernes qui joueront un rôle crucial dans le développement du secteur agricole du pays. Il s’agit de deux unités principales, que l’on peut trouver respectivement implantées à Bobo-Dioulasso, une ville dynamique et emblématique de l’économie burkinabè, et à Bagré, qui est également connue pour son potentiel de développement agricole, avec chacune d’elles ayant une capacité de production impressionnante allant de 1,5 à 2 tonnes par heure. 

Par ailleurs, une troisième unité, qui aura sa base à Bobo-Dioulasso, sera destinée à produire à une capacité d’une tonne par heure. L’exploitation de ces usines sera confiée à des sociétés publiques, parmi lesquelles figure Faso Guulgo, responsable des installations de Bobo-Dioulasso, ainsi que Faso Agropole, chargée de la gestion de l’unité de Bagré. 

L’entrée en service de ces infrastructures représente une avancée décisive et significative pour le Burkina Faso, car elle se traduit par une amélioration tangible des capacités de production locale. En sécurisant l’approvisionnement en intrants essentiels, ces usines devraient non seulement permettre de réduire significativement les coûts de production mais également améliorer de manière substantielle la qualité des élevages. 

De plus, cette initiative vise à renforcer la compétitivité de la filière face aux importations de produits similaires, favorisant ainsi une plus grande souveraineté alimentaire. Au-delà de l’impact économique immédiat, ces investissements s’inscrivent dans une logique plus large de transformation structurelle, engendrant une dynamique agropastorale et halieutique engagée pour répondre aux défis futurs du secteur agricole, tout en créant des emplois et en améliorant les conditions de vie des producteurs locaux.

La montée en puissance de la filière piscicole, qui connaît une croissance significative dans de nombreuses régions, devrait également générer des retombées sociales importantes et bénéfiques pour la communauté. En effet, les nouvelles unités industrielles, qui sont en plein développement, sont appelées à créer non seulement des emplois directs, tels que ceux liés à la production et à la transformation du poisson, mais également des emplois indirects qui s’étendent à divers secteurs, y compris la logistique et le marketing. 

Notons que ces opportunités d’emploi sont particulièrement précieuses pour les jeunes, souvent confrontés à des défis d’insertion sur le marché du travail, leur offrant ainsi des perspectives d’avenir prometteuses. De plus, cette dynamique contribue à dynamiser l’économie locale et régionale, favorisant un développement harmonieux autour des zones de production où se situent ces installations. 

Pour les autorités locales et nationales, il s’agit également d’un enjeu essentiel, car la structuration d’un écosystème complet devient une priorité, englobant tous les aspects de la chaîne de valeur, allant de la production des aliments destinés à l’élevage intensif des poissons, à la commercialisation efficace du poisson frais ou transformé, sans oublier les efforts pour mettre en place des pratiques durables qui soutiennent à la fois l’économie et l’environnement.

Daouda Bakary KONÉ

Banques: le FMI avertit d’un risque d’effondrement du système bancaire au Congo

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Congo, le secteur bancaire se trouve dans une situation délicate, naviguant en eaux troubles et confronté à des défis majeurs, alors qu’il est de plus en plus piégé au cœur d’une relation de plus en plus risquée et complexe avec l’État.

Cette dynamique a suscité des alertes de la part du Fonds Monétaire International (FMI), qui met en lumière l’intensification des vulnérabilités liées au « lien souverain-banque élevé », un phénomène qui soulève des questions de fond sur la solidité financière du pays.

 Dans un contexte également marqué par des tensions de liquidité sur les marchés régionaux, les banques locales se retrouvent dans une situation délicate et massivement exposées aux titres de dette émis par un État dont la capacité de remboursement est jugée de plus en plus fragile et incertaine.

Cette dépendance mutuelle entre les institutions financières et l’État ne fait pas qu’alimenter des préoccupations; elle crée également un risque systémique entendu qui pourrait menacer l’ensemble du système financier national. Les administrateurs du Fonds ont en effet souligné avec insistance l’importance cruciale d’une surveillance accrue des banques et d’une application rigoureuse des normes prudentielles, surtout compte tenu de l’augmentation significative des expositions souveraines. 

Si l’État continue à rencontrer des difficultés pour honorer ses engagements financiers, cela pourrait non seulement compromettre la stabilité même des banques, mais aussi, par extension, mettre en péril l’épargne des citoyens locaux, qui pourrait se retrouver gravement affectée par cette insécurité croissante. Dans ce cadre fragile, l’avenir du secteur bancaire et de l’économie congolaise dans son ensemble demeure incertain.

La situation actuelle est d’autant plus tendue, voire préoccupante, en raison de l’affaiblissement significatif de la discipline budgétaire observé en 2025. Dans ce contexte délicat, le communiqué émis par les autorités financières souligne que le pays fait face à des « besoins de refinancement importants », tout en signalant la présence de « marchés du crédit régionaux serrés » qui compliquent davantage la situation. Cet appétit croissant pour le crédit intérieur crée un environnement où les liquidités, qui seraient autrement disponibles pour le secteur privé, se raréfient.

 En effet, les banques, se trouvant souvent dans une position délicate, semblent « préférer » ou, dans certains cas, « être contraintes de financer » le déficit public plutôt que d’investir dans les projets innovants et nécessaires des entreprises locales, qui pourraient soutenir la croissance économique.

Face à ces divers risques qui menaçent la stabilité financière du pays, le Fonds Monétaire International (FMI) avertit que la capacité de remboursement du pays pourrait être sérieusement remise en cause en cas de « déclin de l’appétit des banques régionales pour les titres du Trésor congolais ». 

Ce déclin pourrait entraîner des répercussions inquiétantes sur l’ensemble de la structure économique. Pour desserrer cet étau de manière efficace, le Congo se voit dans l’obligation de diversifier ses sources de financement et de privilégier le « recours aux financements concessionnels », qui sont généralement plus favorables pour les pays en développement, tout en mettant un point d’honneur à assainir ses finances publiques. 

Notons que cela est d’une importance cruciale pour ne plus peser de manière disproportionnée sur le bilan des institutions financières locales, ce qui entraverait leur capacité à soutenir l’économie en pleine mutation.

Zangouna KONÉ 

Nigeria : 990 millions de dollars d’investissements ciblant le secteur portuaire

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Nigeria, le Royaume-Uni, en collaboration avec le gouvernement Tinubu a réussi à conclure un accord de financement d’une valeur impressionnante d’environ 990 millions de dollars, destiné à la modernisation de deux infrastructures portuaires majeures qui se trouvent à Lagos. 

Ainsi, ces infrastructures, à savoir le complexe portuaire d’Apapa, réputé pour sa taille et son importance stratégique, ainsi que le port de Tin Can Island, jouent un rôle crucial dans la logistique maritime du pays. Ce projet ambitieux vise non seulement à renforcer les capacités logistiques du Nigeria, mais également à améliorer la fluidité des échanges commerciaux dans ce qui est considéré comme l’une des principales plateformes maritimes d’Afrique de l’Ouest. 

En effet, ces ports représentent un point névralgique pour le transit d’une part significative des importations et des exportations nationales, influençant ainsi l’économie du pays de manière substantielle. Ce financement s’inscrit dans le cadre d’un partenariat plus vaste et ambitieux entre le Royaume-Uni et le Nigeria, structuré autour d’un mécanisme de garantie.

 Ce dernier est soutenu par une agence publique britannique spécialisée dans le soutien aux exportations, mettant en lumière l’engagement du Royaume-Uni à investir dans le développement économique du Nigeria. L’opération devrait également avoir pour effet de mobiliser des entreprises britanniques, leur offrant l’opportunité de participer activement à la réalisation des travaux liés à cette modernisation. 

Par ailleurs, cet investissement accompagne la modernisation d’infrastructures portuaires jugées essentielles, mais qui font face depuis plusieurs années à des problèmes persistants, entravant ainsi l’efficacité et la compétitivité des échanges dans cette région dynamique et en plein essor.

Les interventions prévues, qui sont d’une importance capitale pour l’avenir du commerce maritime au Nigeria, portent notamment sur la réhabilitation soigneusement planifiée des quais, la modernisation des équipements de manutention, actuellement obsolètes et nécessitant une mise à jour urgente, ainsi que l’amélioration significative des systèmes de gestion des opérations portuaires, qui souffrent souvent de lenteurs et d’inefficacités. 

L’ambition fondamentale est de parvenir à accroître la capacité de traitement des marchandises, de manière à répondre de manière optimale à la demande croissante, de réduire les délais d’attente des navires dans le port, ce qui est crucial pour éviter les pertes financières, ainsi que de limiter les coûts logistiques qui impactent considérablement les acteurs économiques. Les ports d’Apapa et de Tin Can Island constituent en effet des points névralgiques du commerce extérieur nigérian, représentant un véritable carrefour pour les importations et exportations.

À travers cette initiative ambitieuse, les autorités nigérianes cherchent à renforcer la compétitivité du pays, en positionnant celui-ci comme une plateforme logistique régionale, essentielle dans un contexte économique mondial de plus en plus concurrentiel. 

L’amélioration des infrastructures portuaires, un enjeu crucial pour le développement économique, devrait contribuer non seulement à attirer davantage de flux commerciaux, mais également à soutenir les activités industrielles et commerciales florissantes du pays, tout en consolidant le rôle stratégique du Nigeria dans les échanges internationaux. 

Notons que ce projet s’inscrit donc dans un ensemble plus large d’efforts engagés pour moderniser les infrastructures de transport et favoriser un environnement propice à l’investissement et à la croissance durable, élément indispensable pour le futur économique du Nigeria.

Korotoumou Sylla 

Au Ghana, la Banque centrale abaisse son taux directeur à 14 %

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Ghana, la Banque centrale a atteint un jalon significatif dans son processus d’assouplissement monétaire, ce qui représente une évolution notable dans la gestion de la politique économique du pays.

À l’issue de sa 129ème réunion ordinaire, qui s’est tenue du 16 au 18 mars 2026, le Comité de Politique Monétaire a pris la décision stratégique de réduire son taux directeur de 150 points de base, le faisant ainsi passer à 14,0%. 

Cette décision n’est pas simplement un ajustement technique, mais elle témoigne d’un engagement clair envers une stratégie de stimulation économique, qui a été en cours de développement depuis le milieu de l’année 2025. Ce mouvement de réduction des taux s’inscrit dans une série de baisses successives et soutenues, chaque ajustement mettant en lumière la volonté de la Banque de répondre efficacement aux défis économiques dans un contexte de pression inflationniste. 

En effet, après avoir maintenu des niveaux de taux exceptionnels pour maîtriser ces pressions, la Banque avait réalisé un premier assouplissement en juillet 2025, lors duquel le taux a été ajusté de 28% à 25%, marquant ainsi une étape importante vers un environnement économique plus favorable. Cette dynamique s’est poursuivie avec des ajustements supplémentaires en septembre, où le taux a été fixé à 21,5%, suivi d’une nouvelle réduction en novembre, qui a porté le taux à 18%. 

La tendance s’est encore poursuivie avec une nouvelle baisse en janvier 2026, établissant le taux à 15,5%. Ainsi, avec cette dernière décision, le taux directeur aura été réduit de manière impressionnante de 1 400 points de base, soit 14%, en moins d’une année, ce qui souligne non seulement la réactivité de la Banque centrale face aux fluctuations économiques, mais aussi son engagement à soutenir une croissance durable à long terme.

Cette orientation accommodante, qui témoigne d’une volonté de flexibilité face aux réalités économiques actuelles, est rendue possible grâce à une amélioration marquée des fondamentaux macroéconomiques du pays. En effet, l’inflation globale a fortement reculé, atteignant un taux de 3,3% en février 2026, comparativement à 5,4% observé en décembre 2025, ce qui témoigne d’une dynamique économique positive.

 Cette baisse significative de l’inflation a été portée par une diminution simultanée des prix tant alimentaires que non alimentaires, offrant ainsi une plus grande stabilité financière aux ménages. Parallèlement, le PIB réel a quant à lui progressé de 6,0% en 2025, avec une croissance hors pétrole qui a atteint un impressionnant 7,6%. Cette expansion économique est principalement tirée par les secteurs en plein essor des services et de l’agriculture, qui jouent un rôle crucial dans le développement durable du pays.

Le redressement des finances publiques ainsi que celui du secteur extérieur viennent solidifier cette dynamique économique prometteuse. En effet, le déficit budgétaire s’est établi à seulement 1,0% du PIB en 2025, bien en deçà de l’objectif initial fixé à 2,8%, illustrant une gestion rigoureuse des finances gouvernementales. De surcroît, la dette publique a réussi à retomber à un niveau plus sain de 45,3% du PIB, comparé à 61,8% un an plus tôt, ce qui permet d’envisager un meilleur avenir économique.

 Les réserves internationales brutes ont également connu une augmentation, atteignant 14,5 milliards de dollars, ce qui représente une couverture de 5,8 mois des importations, apportant ainsi une tranquillité d’esprit aux acteurs économiques. Dans ce contexte, la monnaie locale, le cedi, est restée relativement stable, renforçant la confiance des investisseurs et des consommateurs dans l’économie nationale.

Par ailleurs, le Comité n’ignore pas pour autant les risques qui subsistent. En effet, en examinant la situation actuelle, il apparaît que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui perturbent sérieusement les chaînes d’approvisionnement mondiales et contribuent à faire peser une pression à la hausse sur les prix du pétrole, constituent le principal facteur d’incertitude externe.

Aussi , ces tensions internationales, qui sont alimentées par des conflits politiques et des rivalités historiques, ajoutent une complexité supplémentaire aux prévisions économiques. Les autorités monétaires se disent prêtes à ajuster leur politique si ces risques venaient à menacer la stabilité des prix, tout en soulignant que les niveaux élevés des taux d’intérêt réels offrent encore une marge de manœuvre, permettant ainsi d’atténuer la situation si elle venait à se dégrader.

En abaissant son taux directeur, la Banque centrale du Ghana entend alléger le coût du crédit pour les entreprises et les ménages, avec l’objectif de stimuler l’activité économique, de relancer l’investissement et de consolider la reprise économique qui est en cours. Cette démarche vise non seulement à favoriser une plus grande accessibilité au crédit, mais aussi à encourager les individus à consommer davantage et les entreprises à investir, ce qui pourrait potentiellement dynamiser les différents secteurs économiques. 

Notons que les prochaines décisions, qui sont attendues avec impatience à l’issue de la réunion prévue du 18 au 20 mai 2026, dépendront étroitement de l’évolution des données économiques, laissant ainsi entendre que la poursuite du cycle d’assouplissement reste conditionnée au maintien de la désinflation, un facteur crucial pour assurer la pérennité des actions menées en faveur de l’économie.

Moussa KONÉ 

Afrique Centrale : Coris Bank  d’Idrissa Nassa collabore avec GIMACPAY pour optimiser ses prestations bancaires

0

(CROISSANCE AFRIQUE)- La Coris Bank International, une institution bancaire reconnue pour son engagement envers l’innovation et l’amélioration des services financiers, adapte déjà ses dispositifs aux normes et standards de paiement qui sont en vigueur dans la sous-région d’Afrique centrale. 

Selon les informations précieuses et bien documentées communiquées par le Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale (GIMAC), le groupe burkinabè a récemment réuni ses équipes techniques, composées d’experts en technologies de l’information et en finance, ainsi que celles de ses partenaires stratégiques, afin de préparer minutieusement l’intégration de ses futures implantations au Cameroun et au Gabon au sein du système GIMACPAY. Ce dernier est une plateforme essentielle qui interconnecte de manière fluide les banques, les établissements de microfinance et les opérateurs de mobile money présents dans cette zone dynamique.

Aussi , le groupe Coris Bank International a abrité, avec un grand soin et une attention particulière, à son siège principal situé à Ouagadougou, au Burkina Faso, la réunion de lancement tant attendue du projet d’intégration de Coris Bank International Gabon et Coris Bank International Cameroun au sein de l’écosystème GIMACPAY.

 Cette information a été clairement soulignée et précisée dans le compte rendu détaillé de l’institution, révélant ainsi l’importance de cette initiative pour le développement des services financiers dans la région et son impact potentiel sur l’accès aux services bancaires pour les populations locales.

Cette séquence technique intervient alors même que la présence de Coris Bank dans la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) se structure progressivement, à des rythmes différenciés qui varient en fonction des spécificités et des besoins de chaque pays de la région. 

D’après des informations relayées par nos confrères d’Investir au Cameroun, il a été rapporté que le groupe a récemment déposé une demande d’implantation sur le marché camerounais auprès du ministère des Finances. Toutefois, à ce stade crucial du développement de ses activités, aucune communication officielle ni interaction publique avec les autorités n’est venue, pour l’heure, en préciser les contours, laissant planer un certain flou sur les intentions et les projets de Coris Bank au Cameroun.

En revanche, la trajectoire du groupe au Gabon semble beaucoup plus avancée. Selon des sources concordantes, il a été confirmé que les agréments réglementaires nécessaires à l’installation du groupe sur ce marché dynamique ont d’ores et déjà été obtenus. Cette avancée significative a été précédée par une double séquence diplomatique particulièrement importante, dont une audience marquante qui a eu lieu le 19 février 2026 entre le président Brice Clotaire Oligui Nguema et le fondateur du groupe, Idrissa Nassa.

 Cette rencontre a permis d’officialiser des discussions sur les perspectives d’expansion de la banque et de renforcer les liens entre les autorités gabonaises et le groupe, signalant ainsi une étape décisive dans l’essor de Coris Bank dans la région.

Dans ce contexte particulier, l’intégration à GIMACPAY dépasse largement le cadre d’un simple ajustement technique ou d’un ajout superficiel de fonctionnalités. Elle conditionne véritablement l’accès effectif au marché complexe et dynamique des paiements, notamment dans une zone géographique où l’interopérabilité constitue non seulement un atout, mais également le socle fondamental sur lequel reposent toutes les transactions électroniques. Le dispositif mis en place permet ainsi d’assurer un ensemble de services vitaux, y compris les transferts, paiements et retraits, entre différents établissements financiers. 

Notons que cela se réalise efficacement, même à l’échelle transfrontalière, ce qui représente un défi majeur dans le paysage financier actuel, tout en intégrant des systèmes qui favorisent l’inclusion financière et la fluidité des échanges économiques. Cela transforme profondément la manière dont les consommateurs et les entreprises interagissent sur le marché, créant des opportunités inédites et facilitant un environnement commercial plus ouvert et accessible. Coris Bank est déjà présente au Tchad et au Gabon.

Abdoulaye KONÉ 

Mali : B2GOLD envoie son tout nouveau Président Directeur Général auprès du Premier ministre Abdoulaye Maïga

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a de reçu en audience le nouveau Président-Directeur Général du Groupe B2Gold Corp, Mike Cinnamond, dans un cadre qui reflète les relations croissantes entre le secteur privé et le gouvernement malien

Cette rencontre importante s’est tenue le mardi 17 mars 2026, et s’est déroulée en présence du ministre des Mines, Amadou Keïta, ce qui témoigne de l’importance accordée à cette dynamique de collaboration. 

Au cours de cette réunion, les deux hommes ont engagé des échanges fructueux portant sur les avancées significatives réalisées par la société canadienne B2Gold, discutable grâce à l’appui soutenu et efficace du gouvernement malien. 

Parmi les sujets abordés, il a été question de l’octroi essentiel de l’autorisation pour le développement de la ferme solaire, un projet qui devrait contribuer à diversifier les sources d’énergie et renforcer la durabilité énergétique du pays. De plus, les discussions ont également porté sur la sécurisation de la fourniture de carburant, un enjeu crucial pour le bon fonctionnement des activités minières et industrielles au Mali. 

Mike Cinnamond, en tant que leader visionnaire de l’entreprise, a souligné que de nombreux progrès notables ont été réalisés au sein de la mine de Fekola, un projet phare pour B2Gold, fruit d’une étroite collaboration et d’un dialogue constructif avec les ministères des Finances et des Mines, illustrant ainsi le potentiel de synergie entre le secteur économique et les instances gouvernementales pour le développement du pays.

Il a également sollicité, avec une grande détermination, l’accompagnement indispensable du gouvernement afin d’obtenir le permis d’exploitation pour le projet de Menankoto Sud, qui non seulement présente un potentiel considérable de développement économique, mais est également perçu comme une opportunité bénéfique pour toutes les parties prenantes, en particulier pour les investisseurs qui attendent avec impatience le lancement de cette initiative. 

Par ailleurs, le nouveau President-Directeur, avec une vision optimiste et confiante, s’est déclaré fermement convaincu de la capacité du Mali à valoriser ses investissements, mettant en avant les nombreuses ressources et l’engagement des acteurs locaux. 

Pour sa part, le Premier ministre a, en retour et de manière chaleureuse, félicité ses hôtes pour leur constance, leur détermination et leur engagement inébranlable dans le respect des règles édictées au Mali, un pays qui, malgré les multiples campagnes de désinformation qui circulent, continue de se positionner comme une destination d’investissement attrayante et prometteuse. 

Notons que dans l’optique d’encourager la promotion du contenu produit localement, le Chef du gouvernement a fermement invité la société à renforcer sa collaboration avec le département de tutelle, en particulier en ce qui concerne la gestion administrative efficace de ses doléances, soulignant ainsi l’importance d’un dialogue constructif pour assurer le succès de leurs projets communs.

Mariam KONÉ

États-Unis : le Pentagone cherche à obtenir 200 milliards USD pour financer les opérations militaires menées contre l’Iran

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-Aux États-Unis, au cœur des débats politiques et militaires, le Département de la Défense, communément connu sous le nom de Pentagone, réclame avec insistance une somme colossale de plus de 200 milliards de dollars, destinée à financer les opérations militaires engagées dans le cadre de la guerre contre l’Iran.

 Cette demande de financement suscite déjà des réactions diverses au sein du gouvernement, alors que certains responsables de la Maison Blanche prévoient une opposition significative, surtout au Congrès, où bon nombre d’élus, préoccupés par les conséquences de l’engagement militaire américain dans ce conflit, expriment leurs critiques. Ces débats soulèvent des questions profondes sur la stratégie militaire du pays et l’impact de ses décisions à l’échelle internationale, tout en mettant en lumière les tensions entre le pouvoir exécutif et législatif face à des enjeux aussi complexes et controversés.

Le Pentagone, dans un mouvement stratégique et audacieux, a formellement demandé à la Maison Blanche de préparer et de soumettre au Congrès une enveloppe budgétaire de plus de 200 milliards de dollars. Cette demande, selon des informations récentes rapportées jeudi par le Wall Street Journal, s’appuie sur des sources fiables faisant état de responsables de l’administration Trump. Un montant aussi exceptionnel, s’il est approuvé, dépasserait largement les coûts déjà engagés jusqu’à présent pour les opérations militaires. 

L’objectif derrière cette somme colossale est non seulement de soutenir les efforts en cours, mais également d’accélérer la production d’armements critiques, ceux qui ont été utilisés intensivement par les forces américaines et israéliennes au cours des dernières semaines. Cette initiative est envisagée dans un contexte géopolitique tendu, où les besoins en matière de défense et de sécurité sont devenus plus pressants que jamais.

Depuis le début de l’offensive conjointe qui a été lancée à la fin du mois dernier, les dépenses militaires américaines ont rapidement grimpé de manière significative, atteignant la somme impressionnante de plus de 11 milliards de dollars dès la première semaine seule, selon de nombreuses sources bien informées. Cette augmentation fulgurante des coûts est partiellement due à la nécessité immédiate de renforcer les capacités de défense et de répondre aux exigences spécifiques du terrain, dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes. 

Notons que face à l’ampleur des besoins, qui incluent l’acquisition de nouveaux équipements, l’entretien des forces en opération, ainsi que la logistique complexe de déploiement, l’administration travaille déjà avec diligence sur de nouvelles demandes budgétaires afin de garantir non seulement la capacité opérationnelle de l’armée, mais aussi de soutenir de manière efficace l’effort de guerre en cours, en assurant que toutes les ressources nécessaires soient mobilisées pour faire face aux défis contemporains et futurs.

Zangouna KONÉ 

Au Sénégal, la Banque Mondiale libère la somme de 77 milliards de FCFA dédiée au secteur de la santé.

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Sénégal, un pas significatif vers l’amélioration des services de santé a été fait grâce à l’approbation par la Banque mondiale, le 19 mars 2026, d’un ambitieux financement d’un montant de 135 millions de dollars, ce qui correspond à environ 77 milliards de FCFA. 

Ce fonds considérable a pour but principal de renforcer le système de santé sénégalais, principalement en veillant à ce que la prise en charge sanitaire des femmes, des enfants et des adolescents soit non seulement améliorée, mais également mieux adaptée aux besoins spécifiques de ces groupes souvent vulnérables.

 Une attention particulière est également portée à la protection financière des populations les plus démunies, afin de garantir qu’elles aient accès aux soins nécessaires sans que des contraintes économiques ne constituent un obstacle insurmontable. De plus, il est essentiel de renforcer le plateau médical du pays, pour assurer que les infrastructures de santé puissent répondre adéquatement aux défis actuels.

Le programme ambitieux dédié au développement du système de santé et à la protection financière au Sénégal, connu sous le nom de NAATANGUE 2030, est soutenu par un crédit substantiel de 100 millions de dollars provenant de l’Association internationale de développement (IDA). 

Ce projet novateur bénéficie également d’un soutien complémentaire sous forme de contributions à titre de don, fournies par le Mécanisme de financement mondial (GFF) et le Fonds fiduciaire multi-donateurs pour la transformation et la résilience des systèmes de santé (HSTRF), qui apportent respectivement 20 millions et 15 millions de dollars. Ces efforts concertés visent non seulement à renforcer les capacités actuelles, mais également à transformer l’ensemble de la vision de la santé au Sénégal pour les années à venir.

Tout au long de sa mise en œuvre, NAATANGUE 2030, selon la Banque mondiale soutiendra une évolution vers un système de santé plus équitable, résilient et axé sur les résultats. Il contribuera à élargir l’accès à des soins obstétricaux et néonatals d’urgence de qualité, à renforcer le dépistage de routine et la continuité des soins pour les femmes et les enfants, tout en appuyant l’extension d’une couverture d’assurance santé efficace aux populations vulnérables.

 Le programme mettra également en avant des améliorations systémiques cruciales, notamment en ce qui concerne la disponibilité des médicaments essentiels qui sont indispensables pour le traitement des maladies courantes et pour le maintien de la santé publique. En outre, il prévoit le déploiement stratégique d’agents de santé dans les zones mal desservies, où l’accès aux soins médicaux est souvent limité, afin de garantir que ces populations vulnérables bénéficient des soins nécessaires. Parallèlement, des systèmes d’information performants seront instaurés, accompagnés d’une utilisation judicieuse des données, ce qui permettra une meilleure gestion des ressources sanitaires et une réponse plus rapide aux besoins de la communauté. Le programme intègre également des mesures de préparation aux chocs sanitaires et environnementaux, grâce à des mécanismes multirisques régionaux d’alerte précoce qui permettront d’anticiper et de répondre efficacement aux crises. « NAATANGUE 2030 reflète notre engagement commun avec le gouvernement sénégalais à préserver les populations cibles de la précarité, en mettant l’accent sur l’égalité d’accès aux soins. Il est primordial de garantir que chaque femme, enfant et adolescent puisse accéder à des services de santé de qualité », a déclaré Djibrilla Issa, directeur de division pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie, soulignant ainsi l’importance de cette initiative pour le bien-être de tous.

Ce programme, qu’il considère d’une grande importance, soutient en effet la vision ambitieuse du Sénégal de bâtir un système de santé non seulement plus solide, mais également plus équitable et mieux préparé à affronter les nombreux défis sanitaires qui se profilent à l’horizon. 

Ce soutien est d’autant plus essentiel qu’il contribue directement à l’ambition du Groupe de la Banque mondiale, qui vise à atteindre un colossal 1,5 milliard de personnes à travers le monde d’ici l’année 2030, en leur offrant des services de qualité dans le domaine de la santé ainsi qu’en matière de lutte contre la dénutrition. De plus, l’approche de financement axée sur les résultats, qui est soutenue par des réformes ciblées et bien pensées, sera, selon lui, un levier crucial pour pérenniser les acquis du programme NAATANGUE 2030. 

Notons que cette stratégie vise non seulement à améliorer la qualité des services de santé offerts, mais aussi à assurer une équité véritable dans l’accès à ces services et à renforcer la résilience du système de santé face aux crises sanitaires futures.

Korotoumou Sylla 

Mali : le projet minier de Kobada, exploitée par Toubani Ressources, nécessitera un investissement de 123 milliards de FCFA.

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le secteur aurifère, longtemps reconnu pour son potentiel et ses richesses, continue de confirmer son attractivité, même face à un environnement économique devenu plus exigeant et compétitif. Après avoir obtenu le feu vert tant attendu des autorités maliennes à la fin du mois de janvier dernier, la société australienne Toubani Resources Limited a officiellement entamé, depuis la mi-mars, la construction de son ambitieux projet aurifère de Kobada.

Ce projet représente un investissement considérable, évalué à 216 millions de dollars, soit environ 123 milliards de francs CFA, et marque une étape clé dans la stratégie de développement de l’entreprise en Afrique de l’Ouest, région riche en ressources minérales.

Les premières opérations mises en œuvre sur le terrain concernent des travaux de terrassement d’envergure, visant à préparer le site pour les futures infrastructures. Ces travaux portent notamment sur la construction du site de l’usine de traitement, du barrage de retenue d’eau indispensable pour fournir les ressources nécessaires, ainsi que du bassin de stockage des résidus miniers pour assurer une gestion responsable des déchets miniers. De plus, des installations d’hébergement pour le personnel travaillant sur le site sont également prises en compte dans ces opérations. L’objectif ambitieux est de poser les premières fondations dès le prochain trimestre, avec une montée en puissance progressive du chantier qui devrait, à terme, contribuer de manière significative à l’économie locale et à l’essor de toute la région.

Toubani affiche une ambition clairement définie, visant à atteindre une première production d’or au cours du troisième trimestre de l’année 2027, ce qui témoigne de son engagement sérieux envers le projet. À long terme, le projet Kobada pourrait atteindre une production impressionnante d’environ 162 000 onces d’or par an, plaçant ainsi cette initiative parmi les contributeurs significatifs à l’offre aurifère régionale dans les années à venir. Actuellement, près de 40 % du capital nécessaire à la réalisation de ce projet ambitieux a déjà été engagé, ce qui souligne la confiance des investisseurs dans son potentiel. Parallèlement, les équipements critiques, indispensables à la mise en œuvre de ce projet, sont en cours d’acheminement vers le site. Parmi ces équipements, on trouve notamment ceux qui sont destinés au circuit de traitement par lixiviation au carbone (CIL), une technologie innovante et essentielle pour l’extraction efficace de l’or. Dans un contexte international caractérisé par une incertitude économique croissante, l’or continue d’exercer son rôle traditionnel de valeur refuge, ce qui soutient l’appétit des investisseurs pour de nouveaux projets miniers, en particulier dans des régions riches comme l’Afrique de l’Ouest. 

Aussi, le Mali, en particulier, demeure l’un des principaux producteurs d’or du continent africain, et le lancement de Kobada intervient à un moment où les investissements dans ce secteur sont en pleine intensification, favorisés par l’expansion des mines existantes et le développement de nouveaux gisements prometteurs. Cette dynamique pourrait transformer significativement le paysage minier de la région et contribuer à l’économie locale.

Le projet Kobada se déploie toutefois dans un environnement en mutation, marqué par des changements significatifs qui influencent sa mise en œuvre. Depuis l’adoption du nouveau code minier en 2023, l’État malien a la capacité de porter sa participation dans les projets d’exploitation minière jusqu’à hauteur de 30%. Cette nouvelle réglementation reflète une volonté affirmée des autorités maliennes de capter une part accrue de la rente minière, visant notamment à renforcer la souveraineté nationale sur les ressources naturelles et à promouvoir un développement économique plus inclusif. Cette évolution intervient dans un contexte de tensions ponctuelles entre les autorités locales et les opérateurs internationaux, incitant ainsi les investisseurs à une vigilance accrue face à un environnement d’affaires en constante évolution. Le renforcement des exigences réglementaires, bien qu’indispensable pour favoriser davantage de transparence et garantir des retombées locales bénéfiques à la population, constitue également un facteur de risque que les investisseurs doivent soigneusement intégrer dans leurs modèles économiques.

Consciente de ces défis complexes, l’entreprise Toubani a multiplié les initiatives et les démarches proactives en direction des communautés locales, cherchant à établir des relations de confiance et à favoriser l’acceptabilité du projet. La cérémonie de lancement des travaux, qui a eu lieu récemment, a notamment réuni les chefs traditionnels et coutumiers des villages environnants, illustrant non seulement une volonté d’ancrage territorial, mais aussi un engagement sincère en faveur du dialogue social et de la participation communautaire. Cette dimension de concertation sociale apparaît comme déterminante dans un pays où l’orpaillage artisanal et les enjeux fonciers liés à la terre suscitent des préoccupations majeures parmi les populations locales, marquant ainsi la nécessité d’intégrer leurs besoins et leurs intérêts dans les processus de développement économique.

Au-delà de ses performances techniques et financières impressionnantes, le projet Kobada émerge comme un véritable test pour évaluer l’équilibre crucial entre souveraineté économique et attractivité des investissements au Mali, un enjeu central pour la nation. En effet, si ce projet ambitieux est mené à son terme dans les délais annoncés, il pourrait non seulement renforcer la position stratégique du pays sur l’échiquier aurifère mondial, mais également offrir une lueur d’espoir pour l’ensemble de l’économie malienne, en créant des opportunités d’emploi et en stimulant le développement local.

Cependant, la réussite de Kobada dépendra d’un double impératif incontournable : d’une part, une exécution rigoureuse sur le plan industriel qui nécessite une coordination parfaite entre les parties prenantes, et d’autre part, une capacité d’adaptation agile face aux évolutions réglementaires et aux dynamiques géopolitiques changeantes qui caractérisent le secteur extractif. 

Notons que dans un contexte global où l’or demeure au cœur des stratégies économiques et financières, tant au niveau local qu’international, Kobada illustre parfaitement les nouveaux arbitrages délicats auxquels sont confrontés les pays producteurs d’or: il s’agit de maximiser les retombées économiques nationales vitales pour le bien-être des populations, tout en continuant à attirer les capitaux nécessaires et inévitables au développement durable et à la pérennité du secteur extractif, ce qui représente un défi de taille.

Abdoulaye KONÉ 

Mali : l’établissement de l’Office malien des matières précieuses (l’or artisanal)

0

(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le gouvernement  a annoncé le 18 mars la création de l’Office malien des substances précieuses, une toute nouvelle entité soi-disant révolutionnaire, chargée de transformer en profondeur la manière dont sont commercialisés l’or artisanal ainsi que d’autres ressources de grande valeur. 

Ce nouvel organisme fait écho aux réformes introduites par le code minier de 2023 et la loi sur le contenu local, qui visent à moderniser le secteur minier et à promouvoir une utilisation plus responsable et bénéfique des ressources naturelles. La création de cet Office s’inscrit dans une stratégie établie de manière réfléchie, qui se donne pour but de reconquérir le contrôle de l’État sur l’ensemble des ressources extractives du pays, souvent laissées entre les mains d’opérateurs privés peu scrupuleux.

 L’objectif principal est non seulement de réduire considérablement les fuites de richesses précieuses, mais aussi de renforcer la traçabilité des productions artisanales, permettant ainsi une meilleure gestion et un suivi rigoureux des activités minières. En outre, cette initiative vise à optimiser les recettes publiques, afin de garantir que les bénéfices dérivés de cette industrie prospère profitent également aux populations locales et contribuent au développement économique du Mali dans son ensemble.

En effet, le poids stratégique et déterminant du secteur aurifère dans l’économie malienne n’est plus à démontrer, car il se révèle être un moteur fondamental pour la croissance économique et le développement national. Ce secteur, qui englobe tant l’extraction industrielle que l’orpaillage artisanal, constitue une source essentielle non seulement de devises et de recettes fiscales, mais également d’emplois, en particulier dans les zones rurales où l’orpaillage artisanal s’érige en activité de subsistance majeure pour de nombreuses familles. 

Selon les autorités compétentes, la production d’or avait atteint un impressionnant volume de 72,227 tonnes en 2022, dont 6 tonnes étaient le fruit de l’orpaillage artisanal, générant ainsi des revenus significatifs qui s’élevaient à près de 763 milliards FCFA pour le budget national. Ce chiffre souligne l’importance économique de l’or dans un pays en voie de développement. 

À lui seul, le sous-secteur minier, avec son impact direct et indirect sur l’économie, contribue à hauteur de 9,2% au Produit Intérieur Brut (PIB), confirmant ainsi son rôle non seulement comme un pilier macroéconomique, mais également comme un levier pour la création d’infrastructures, l’amélioration des conditions de vie et le renforcement des activités économiques locales.

Malgré cette contribution significative qui témoigne de l’importance du secteur dans l’économie, il est indéniable que celui-ci souffre de dysfonctionnements structurels qui entravent son plein potentiel. Les autorités compétentes, qui sont en charge de la régulation et du suivi de cette industrie, mettent notamment en lumière une mauvaise maîtrise des flux d’or qui proviennent des activités d’orpaillage et des petites mines, un défi qui nécessite une attention urgente.

 De plus, les écarts persistants et souvent troublants entre les statistiques nationales, qui devraient refléter l’ensemble des activités de ce secteur, et les volumes enregistrés dans les pays de destination, illustrent non seulement l’ampleur des circuits informels qui règnent dans ce domaine, mais aussi les pertes économiques considérables que cela engendre pour l’État. Ces facteurs soulignent l’urgence d’une réforme en profondeur pour mieux encadrer et réguler ce secteur vital.

C’est pour corriger ces défaillances systématiques, qui ont entravé le bon fonctionnement et la confiance dans le secteur aurifère, que le nouvel Office a été conçu avec soin et minutie. En centralisant, régulant et sécurisant la commercialisation des substances précieuses, en particulier de l’or, il vise non seulement à instaurer davantage de transparence dans les transactions, mais également à créer un environnement favorable qui capte une plus grande part de la valeur générée par l’ensemble du secteur. 

En assumant directement la mission cruciale de commercialisation de l’or issu de l’orpaillage, souvent pratiqué artisanalement, ainsi que de celui provenant des petites mines, l’État malien se dote d’un instrument opérationnel puissant qui est comparable à ceux mis en place dans divers pays producteurs d’or à travers le monde. 

Notons que ces pays ont su établir des agences nationales qui jouent un rôle clé dans la stabilisation des revenus du secteur, tout en garantissant une régulation efficace du marché pour bénéficier au mieux à leur économie et à leurs citoyens. Ce nouvel Office représente donc une réelle avancée vers une gestion plus équitable et durable des ressources naturelles du Mali.

Moussa KONÉ