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RGA : les premiers enseignements au centre des discussions du Comité de Pilotage à Bamako

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Sous la coprésidence du ministre de l’Agriculture, Dr Ibrahima Samaké, et de son homologue de l’Élevage et de la Pêche, Youba Bah, s’est tenue, mardi 5 mai 2026, la troisième session du Comité de Pilotage du Recensement Général Agricole (RGA 2024/2027). La rencontre a enregistré la participation de plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres en charge des transports et des infrastructures, ainsi que la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille.


‎L’objectif principal de cette session était de présenter le bilan des opérations de collecte, assorti des résultats préliminaires. Ce recensement constitue, en effet, une référence statistique majeure pour le Mali et ses partenaires, en vue d’une meilleure planification du développement agricole et économique.

‎Dans son discours d’ouverture, Dr Ibrahima Samaké a souligné l’importance capitale de cette étape, marquant la fin des travaux de terrain. Selon lui, ces opérations ont permis des avancées significatives dans la mise en place d’un système d’information agricole performant. Il a également salué l’engagement des membres du Comité de Pilotage, qui œuvrent activement à l’amélioration des statistiques agricoles, essentielles à la prise de décisions éclairées.

‎Le ministre a rappelé que cette session intervient après plusieurs étapes préparatoires, notamment des rencontres interministérielles ayant permis de mieux cerner les attentes des plus hautes autorités et d’organiser efficacement cette opération d’envergure nationale, dont le dernier recensement remonte à 2024.

‎Il a, par ailleurs, exprimé sa gratitude au Président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, pour son soutien constant à la mise en œuvre du RGA. Pour mémoire, le lancement officiel des opérations a eu lieu en mai 2024 à Samanko, sous la présidence du Premier ministre, le général de division, Abdoulaye Maïga.

‎Revenant sur le déroulement des travaux, Dr Samaké a évoqué plusieurs difficultés rencontrées sur le terrain, notamment le manque de moyens roulants, les contraintes sécuritaires ainsi que les inondations dans certaines localités, ayant entraîné la suspension temporaire des activités dans plusieurs zones.

‎En clôturant les travaux, le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Youba Bah s’est félicité du bon déroulement de la session. Il a mis en avant la qualité des échanges qui ont permis d’examiner avec rigueur l’état d’avancement du processus, d’identifier les défis et de proposer des orientations pertinentes pour la réussite de cette opération.

‎Le chef du département en charge de l’Elevage et de la Pêche, a rappelé que le Recensement Général Agricole constitue un outil stratégique pour la planification et la prise de décision. Il permettra de disposer de données fiables, actualisées et exhaustive, indisponibles à l’élaboration de politiques publiques efficaces. Ces données s’inscrivent, notamment dans la mise en œuvre de la vision nationale de développement à l’horizon 2063, axée sur le renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, ainsi que sur la promotion d’un système de production durable.

‎Youba Bah a conclu par inviter l’ensemble des acteurs à poursuivre leurs efforts avec rigueur, professionnalisme et esprit de collaboration afin d’assurer le succès total de cette initiative nationale


Drissa Keita

GHANA : 540 millions de dollar, pour faire d’Ada Songor l’épicentre mondial du sel grâce a l’alliance stratégique Binti Investment – ElectroChem

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(CROISSANCE AFRIQUE)-C’est un deal qui fera date dans les annales de l’industrie extractive ouest-africaine. Le 24 avril dernier, Binti Investment, piloté par le discret mais influent Idriss Ahamed, et ElectroChem Ghana Limited, bras armé du magnat Daniel McKorley (McDan), ont paraphé une alliance stratégique. Objectif : mobiliser 540 millions de dollars pour transformer la concession d’Ada Songor en la plus grande mine de sel d’Afrique. Décryptage.

Dans les salons feutrés où se dessine l’avenir économique du continent, l’annonce a l’effet d’un séisme. À Accra, le vendredi 24 avril 2026, une poignée de mains a scellé le destin industriel de la lagune de Songor. D’un côté, Daniel McKorley, alias « McDan », titan de la logistique et de l’aviation, qui a déjà injecté 88 millions de dollars sur fonds propres pour réveiller ce géant endormi. De l’autre, Idriss Ahamed, Chairman de Binti Investment, figure montante de la finance de la diaspora, dont le carnet d’adresses connecte Paris, le Golfe et les places financières asiatiques.

Le « War Chest » de 540 millions de dollars
Le mandat confié à Binti Investment est colossal : structurer et lever 540 millions de dollars. Ce montage financier complexe, mêlant dette, equity et financements mixtes, vise à faire passer la production actuelle de 650 000 tonnes à un palier de 5 millions de tonnes à long terme.

Selon nos informations, la stratégie d’Idriss Ahamed repose sur un déploiement multi-parties prenantes, ciblant les institutions de Bretton Woods (SFI), la Banque Africaine de Développement (BAD), ainsi que des fonds souverains en quête d’actifs réels et stratégiques. Car l’enjeu n’est plus seulement le sel de table : Ada Songor vise les industries chimiques et pharmaceutiques mondiales, avec un potentiel de revenus annuels estimé à 1 milliard de dollars pour l’État ghanéen.

Deux trajectoires, une ambition continentale
Ce rapprochement est avant tout l’histoire de deux hommes que tout semble opposer, mais que la vision de la souveraineté industrielle réunit.

Daniel McKorley, le « self-made-man » d’Accra, a transformé une zone de 16 600 hectares en une opération minière de classe mondiale. Pour lui, ce partenariat est le levier nécessaire pour changer d’échelle : « En Binti Investment et en M. Idriss Ahamed, nous avons trouvé le partenaire qui dispose de l’envergure mondiale pour réaliser notre vision », confie le patron du Groupe McDan.

Idriss Ahamed, le financier de la diaspora, incarne cette nouvelle génération d’intermédiaires stratégiques capables de rassurer les marchés internationaux tout en défendant les intérêts endogènes. « Chaque dollar mobilisé doit créer une valeur maximale pour le Ghana », martèle celui qui voit dans Ada Songor une opportunité générationnelle.

Un hub industriel au cœur de la ZLECAF


Au-delà des chiffres, c’est une bataille de positionnement qui se joue. En contrôlant la plus grande mine de sel du continent, le Ghana se positionne comme le fournisseur incontournable de soude caustique et d’intrants chimiques pour toute l’Afrique de l’Ouest.

L’alliance prévoit également un volet social d’envergure — avec déjà 3 000 emplois créés — destiné à pacifier et développer la région de Songor. Pour les observateurs, ce deal est la preuve que les alliances entre champions industriels locaux et ingénierie financière de la diaspora sont désormais la clé de voûte des grands projets structurants africains.

Ce projet d’envergure repose sur des fondamentaux économiques et sociaux massifs, portés par une mobilisation financière de 540 millions USD destinée à exploiter une concession gigantesque de 16 600 hectares (41 000 acres). Cette force de frappe industrielle vise un objectif de production ambitieux de 5 millions de tonnes par an, projetant ainsi des revenus annuels estimés à 1 milliard USD une fois la pleine capacité atteinte. Au-delà de sa rentabilité, l’initiative s’affirme comme un moteur de développement inclusif, ayant déjà généré un impact social concret avec la création de 3 000 emplois directs.

Oussouf DIAGOLA

Banques: Hausse de 53% du résultat net de Nsia Banque Côte d’Ivoire au premier trimestre 2026

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(CROISSANCE AFRIQUE)- Le résultat net de NSIA Banque Côte d’Ivoire a enregistré une hausse impressionnante de 53% au premier trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025, selon le rapport d’activité détaillé établi par la direction de cet établissement bancaire. 

Ce résultat net a, en effet, dégagé un solde significatif de 10,912 milliards de FCFA, contrastant avec les 7,138 milliards de FCFA enregistrés au 31 mars 2025, ce qui témoigne d’une performance financière remarquable et d’une gestion efficace des ressources. 

Cependant, le total bilan de la banque a connu un léger repli de 2%, s’établissant à 3 013,098 milliards de FCFA, comparé à 2 562,434 milliards de FCFA au premier trimestre 2025. Ce recul, bien que modeste, pourrait indiquer des ajustements stratégiques dans la gestion des actifs ou des passifs de la banque, en réponse à un environnement économique en constante évolution.

Les crédits nets à la clientèle, quant à eux, ont connu une progression notable de 10,8%, passant de 1 573,747 milliards de FCFA au premier trimestre 2025 à 1 744,337 milliards de FCFA un an plus tard. Cette augmentation des crédits témoigne de la confiance croissante des clients envers la banque et de sa capacité à répondre à leurs besoins financiers. En parallèle, les dépôts de la clientèle ont également enregistré une hausse significative de 21,32%, atteignant 2 162,760 milliards de FCFA, contre 1 782,582 milliards de FCFA au 31 mars 2025. Cette dynamique positive dans les dépôts reflète une fidélisation accrue des clients et une attractivité renforcée des produits bancaires offerts par NSIA Banque, consolidant ainsi sa position sur le marché bancaire ivoirien.Le produit net bancaire de la banque a connu une évolution remarquable, s’établissant à 28,615 milliards de FCFA, en comparaison avec 22,402 milliards de FCFA enregistrés au premier trimestre de l’année 2025, ce qui représente une progression significative de 28%. Selon les analyses et les commentaires de la direction de l’établissement bancaire, cette hausse est principalement attribuée à l’augmentation des revenus générés par l’activité « titres », qui a manifestement dynamisé les performances financières de la banque. 
En outre, le résultat avant impôt a affiché une hausse impressionnante de 49% par rapport à mars 2025, atteignant ainsi 11,8 milliards FCFA. La direction de la banque souligne que cette évolution positive peut être expliquée par l’effet combiné d’une augmentation des commissions perçues et d’une gestion rigoureuse du coût du risque, ce qui témoigne d’une stratégie efficace et d’une bonne maîtrise des risques associés aux opérations bancaires.
Concernant les perspectives de la banque, la direction de NSIA Banque Côte d’Ivoire exprime un optimisme prudent, estimant que la dynamique actuelle des indicateurs financiers devrait se maintenir tout au long de l’année 2026. Cette prévision est soutenue par plusieurs facteurs clés, notamment l’amélioration continue de l’expérience client, le renforcement des mesures de sécurité numérique pour protéger les données des clients, ainsi que la digitalisation incessante des services bancaires. 
Notons que la banque intensifie ses efforts en faveur de la durabilité et de l’inclusion financière, tout en veillant à une gestion proactive et responsable de ses ressources. Ces initiatives visent non seulement à consolider la position de la banque sur le marché, mais aussi à répondre aux attentes croissantes des clients dans un environnement financier en constante évolution.

Abdoulaye KONÉ 

Au Sénégal, le trésor public mobilise 26 milliards de FCFA sur le marché financier de l’UMOA 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Sénégal, le vendredi 30 avril 2026, un événement marquant s’est déroulé sur le marché financier de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), où la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGCPT) a réussi à lever une somme impressionnante de 26,060 milliards FCFA.

 Cette opération a été le fruit d’une émission d’adjudication simultanée, qui a porté sur des bons assimilables du trésor d’une durée de 357 jours ainsi que sur des obligations assimilables du Trésor d’une durée de 3 ans. Cette initiative a été orchestrée en étroite collaboration avec UMOA-Titres, renforçant ainsi les liens entre les institutions financières de la région.

La DGCPT avait initialement mis en adjudication un montant de 30 milliards de FCFA, témoignant de son engagement à mobiliser des ressources financières pour soutenir les projets de développement du pays. Les investisseurs, manifestant un vif intérêt pour ces instruments financiers, ont soumis des offres globales s’élevant à 34,560 milliards FCFA, ce qui a conduit à un taux de couverture remarquable de 115,20 % par rapport au montant mis en adjudication. Ce niveau d’intérêt souligne la confiance des investisseurs dans la stabilité économique et financière du Sénégal.

Parmi les soumissions, le montant retenu s’est établi à 26,060 milliards FCFA, tandis que 8,500 milliards de FCFA ont été rejetés, ce qui a abouti à un taux d’absorption de 75,41 %. Ce taux d’absorption indique non seulement l’efficacité de l’émission, mais aussi la capacité de la DGCPT à répondre aux besoins de financement du marché tout en assurant une gestion prudente des ressources publiques. L’ensemble de cette opération illustre la dynamique du marché financier sénégalais et son rôle crucial dans le développement économique de la région.Les investisseurs dont les soumissions ont été retenues se retrouveront avec un rendement moyen pondéré de 7,29 % pour les bons et de 8,05 % pour les obligations, ce qui témoigne d’une opportunité d’investissement attrayante dans le contexte actuel du marché. Ces rendements, qui dépassent souvent les taux d’intérêt traditionnels, reflètent la confiance des investisseurs dans la solidité des titres émis par la DGCPT. 
La DGCPT, en tant qu’entité responsable de la gestion de la dette publique, s’est engagée à rembourser les bons émis le premier jour ouvré suivant la date d’échéance, fixée au 25 avril 2027. Ce remboursement rapide est essentiel pour maintenir la confiance des investisseurs et assurer la liquidité sur le marché. Les intérêts, quant à eux, seront payés d’avance en les précomptant sur la valeur nominale de ces titres, garantissant ainsi aux investisseurs une certaine sécurité financière et une prévisibilité dans leurs flux de trésorerie.
En ce qui concerne le remboursement du capital des obligations, il est prévu que celui-ci ait lieu le premier jour ouvrable suivant la date d’échéance fixée au 27 avril 2029. Ce calendrier de remboursement est conçu pour minimiser les risques pour les investisseurs, leur permettant de planifier leurs investissements à long terme. Le DGCPT s’acquittera également du paiement des intérêts annuellement au taux de 6,30 %, et ce dès la fin de la première année, offrant ainsi un revenu régulier et stable aux détenteurs d’obligations. 

Notons que cette approche favorise non seulement la stabilité financière des investisseurs, mais contribue également à renforcer la réputation de la DGCPT sur les marchés financiers, en démontrant son engagement envers ses obligations envers les créanciers.


Mariam KONE 

Guinée Bissau : 15 milliards de FCFA obtenus sur le marché financier régional de l’UMOA 

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(CROISSANCE AFRIQUE)-En Guinée-Bissau, le lundi 4 mai 2026, un événement marquant s’est déroulé sur le marché financier de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), où le Trésor Public de ce pays a réussi à lever une somme impressionnante de 15 milliards FCFA.

 Cette opération a été réalisée à travers une émission d’adjudication simultanée de bons assimilables du trésor d’une durée de 364 jours, ainsi que d’obligations assimilables du trésor d’une maturité de 3 ans. Cette initiative a été orchestrée en partenariat avec UMOA-Titres, une institution clé dans le financement des États de la région.

L’émetteur avait initialement mis en adjudication un montant de 15 milliards de FCFA, mais l’engouement des investisseurs a été tel que le montant total des soumissions a atteint 17,660 milliards FCFA. Ce chiffre impressionnant illustre un taux de couverture du montant mis en adjudication de 115,73%, témoignant de la confiance des investisseurs dans la stabilité et le potentiel économique de la Guinée-Bissau.

Parmi les soumissions, le montant retenu s’est élevé à 15 milliards FCFA, tandis que 8,500 milliards FCFA ont été rejetés, ce qui a conduit à un taux d’absorption de 84,94%. Ce taux d’absorption indique non seulement l’efficacité de l’opération, mais aussi l’intérêt soutenu des investisseurs pour les titres publics de la Guinée-Bissau, renforçant ainsi la position de ce pays sur le marché financier régional.

Cette opération constitue un pas important vers le renforcement de la capacité financière de l’État, permettant de financer des projets de développement essentiels et de stimuler la croissance économique.Les investisseurs dont les soumissions ont été retenues se retrouveront avec un rendement moyen pondéré de 5,94 % pour les bons et de 8,42 % pour les obligations, des chiffres qui témoignent de l’attractivité de ces instruments financiers dans le contexte économique actuel. Ces rendements, bien que modestes en apparence, reflètent la solidité de l’émetteur et la confiance des investisseurs dans la gestion de ces titres. 
L’émetteur, conscient de ses engagements, s’est engagé à rembourser les bons émis le premier jour ouvré suivant la date d’échéance, fixée au 3 mai 2027. Ce remboursement anticipé est une garantie pour les investisseurs, qui peuvent ainsi planifier leurs finances en toute sérénité. Les intérêts, quant à eux, seront payés d’avance et précomptés sur la valeur nominale de ces bons, ce qui signifie que les investisseurs recevront un montant net dès le départ, leur permettant de bénéficier d’une liquidité immédiate. E

n parallèle, l’émetteur prévoit également de rembourser le capital des obligations le premier jour ouvré suivant la date d’échéance, fixée au 5 mai 2029. Ce remboursement est crucial pour maintenir la confiance des investisseurs à long terme. 

Notons qu’il procédera au paiement des intérêts par an au taux de 6,25 %, et ce, dès la fin de la première année, offrant ainsi un flux de revenus régulier et prévisible pour les détenteurs de ces obligations. Ce mécanisme de paiement des intérêts renforce l’attrait des obligations, car il assure aux investisseurs un retour sur investissement stable, même dans un environnement économique incertain.

Daouda Bakary KONÉ

La Banque mondiale prévoit une hausse de 16% des prix des produits de base en 2026

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Les données officielles du dernier rapport Commodity Markets Outlook du Groupe de la Banque mondiale, les prix de l’énergie devraient connaître une hausse spectaculaire de 24 % cette année, atteignant ainsi leur niveau le plus élevé depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.

Cette augmentation est exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, qui engendre un choc violent sur les marchés mondiaux des produits de base, perturbant ainsi les chaînes d’approvisionnement et affectant l’équilibre économique à l’échelle mondiale. 

Dans un contexte où les tensions géopolitiques s’intensifient, la Banque mondiale souligne que, dans l’ensemble, les prix des produits de base devraient augmenter de 16 % d’ici 2026. Cette prévision est principalement attribuée à la flambée des prix de l’énergie et des engrais, ainsi qu’aux niveaux record atteints par les prix de plusieurs métaux clés, tels que le cuivre et l’aluminium, qui sont essentiels pour de nombreuses industries. 

Dans sa Newsletter datée du 3 mai 2026, la Banque mondiale met en lumière les implications de ces fluctuations sur l’économie mondiale, précisant que ce choc aura de graves répercussions sur la création d’emplois et le développement économique, exacerbant les inégalités et freinant la croissance dans de nombreuses régions du monde.

Le rapport met également en avant les attaques récurrentes contre les infrastructures énergétiques, qui aggravent la situation. De plus, les fortes perturbations du transport maritime dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique qui concentre environ 35 % du commerce mondial de brut par navire, ont provoqué une instabilité supplémentaire sur les marchés. Ces événements soulignent l’interconnexion des crises géopolitiques et économiques, et la nécessité pour les nations de s’adapter à un environnement commercial de plus en plus volatile et incertain. Le baril de Brent devrait s’établir en moyenne à 86 dollars en 2026, marquant une hausse significative par rapport au prix de 69 dollars enregistré en 2025. Ces prévisions, qui s’appuient sur l’hypothèse que les perturbations les plus aiguës prendront fin en mai, laissent entrevoir un retour progressif du transport maritime par le détroit d’Ormuz à des niveaux d’avant la guerre d’ici la fin de 2026. Cette situation souligne l’importance cruciale de ce passage stratégique pour le commerce mondial, où chaque fluctuation peut avoir des répercussions considérables sur les marchés énergétiques. 
« La guerre frappe l’économie mondiale en vagues qui s’accumulent : d’abord par la hausse des prix de l’énergie, puis par celle des prix alimentaires, et enfin par une inflation accrue qui fera monter les taux d’intérêt et renchérira encore davantage le coût de la dette », explique Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Économie du développement. Cette analyse met en lumière les interconnexions complexes entre les différents secteurs économiques, où une crise dans un domaine peut entraîner des effets en cascade, affectant la vie quotidienne des citoyens à travers le monde. 
La Banque mondiale informe également que les prix des engrais devraient augmenter de 31 % en 2026, une hausse qui est principalement tirée par une envolée de 60 % des prix de l’urée, un élément essentiel pour l’agriculture moderne. Cette situation alarmante signifie que les agriculteurs, déjà confrontés à des défis croissants, devront faire face à des coûts encore plus élevés pour maintenir leur production.

 « Les engrais n’auront jamais été aussi peu abordables depuis 2022 », souligne la nécessité d’une attention accrue sur la durabilité et l’innovation dans le secteur agricole pour contrer ces tendances inflationnistes. Les implications de ces augmentations de prix ne se limitent pas seulement aux agriculteurs, mais touchent également les consommateurs, qui pourraient voir une augmentation des prix des denrées alimentaires dans les mois à venir, exacerbant ainsi les tensions économiques déjà présentes.

Les prix des métaux de base, tels que l’aluminium, le cuivre et l’étain, selon les observations de la Banque mondiale, devraient atteindre des sommets historiques dans un avenir proche. Cette tendance est largement attribuée à la demande croissante générée par le développement rapide des centres de données, l’essor des véhicules électriques et l’expansion des énergies renouvelables. Ces secteurs, en pleine mutation, nécessitent des quantités considérables de ces métaux, ce qui entraîne une pression accrue sur les marchés. 

Parallèlement, les métaux précieux continuent d’afficher des records tant en termes de prix que de volatilité, avec une hausse moyenne des prix de 42 % prévue d’ici 2026. Cette flambée est exacerbée par l’incertitude géopolitique qui pousse les investisseurs à se tourner vers des valeurs refuges, augmentant ainsi la demande pour ces actifs.

En raison de cette dynamique, le renchérissement des produits de base, provoqué par ces divers chocs, est susceptible d’entraîner une montée de l’inflation, ce qui pèsera inévitablement sur la croissance économique mondiale. Dans les économies en développement, le scénario de référence prévoit désormais une inflation moyenne de 5,1 % en 2026, ce qui représente une augmentation d’un point de pourcentage par rapport aux prévisions établies avant le déclenchement du conflit. 

Notons que cette prévision marque également une progression par rapport au taux de 4,7 % enregistré l’année précédente, soulignant ainsi les défis économiques croissants auxquels ces pays seront confrontés dans un contexte mondial en mutation rapide.

Moussa KONÉ 

La Sierra Leone annonce un investissement 400 millions USD dans le secteur des télécoms

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(CROISSANCE AFRIQUE)-En Sierra Leone, un constat alarmant se dessine : 60 % de la population n’utilise pas les services télécoms, une réalité qui interpelle les autorités et soulève des questions sur l’accessibilité et l’efficacité des infrastructures mises en place. 

Ce déficit d’usage demeure persistant, et ce, malgré un investissement considérable de 400 millions de dollars, destiné à moderniser et étendre le réseau de base national en fibre optique, qui a été déployé dans 14 des 16 districts du pays. Ce projet ambitieux, bien qu’il ait permis d’améliorer la connectivité dans certaines régions, n’a pas encore réussi à atteindre une adoption généralisée des services télécoms parmi la population.

La semaine dernière, lors d’une concertation sectorielle cruciale organisée par la Commission parlementaire de l’information et des communications, Salima Monorma Bah, la ministre de la Communication, de la Technologie et de l’Innovation, a mis en lumière cette problématique préoccupante. Cette rencontre a réuni un large éventail d’acteurs clés, incluant les instances parlementaires, l’Autorité nationale des télécommunications (NatCA), ainsi que les directions de Sierratel, de SALPOST et du projet Felei Tech City. 

Les dirigeants des opérateurs mobiles et des représentants de la société civile étaient également présents, illustrant l’importance de la collaboration entre le gouvernement et les différents acteurs du secteur pour trouver des solutions durables. Ce dialogue est essentiel pour comprendre les barrières à l’utilisation des services télécoms et pour envisager des stratégies qui pourraient favoriser une meilleure intégration des technologies de communication dans la vie quotidienne des Sierra-Léonais.

Une fracture numérique prononcée

La fracture numérique demeure un défi majeur en Sierra Leone, un pays où les inégalités d’accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC) sont particulièrement marquées. Selon un classement basé sur l’Indice de développement des TIC 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), la Sierra Leone se classe au 38ᵉ rang africain sur les 47 pays étudiés, un positionnement qui souligne les obstacles persistants auxquels la nation est confrontée. Avec un score de 34,3 sur 100, ce chiffre révèle une réalité complexe, résultant de l’évaluation de 10 indicateurs clés. Parmi ces indicateurs, on trouve le pourcentage de particuliers utilisant Internet, la pénétration de la téléphonie mobile à large bande, le volume de trafic de données mobiles, ainsi que le coût des services de données et de voix, sans oublier le taux de possession de téléphones mobiles, qui est un indicateur crucial de l’accès à la technologie.

Les données de l’UIT révèlent également que, en 2024, la Sierra Leone affichait un taux de couverture de la 2G de 96 %, tandis que la 3G atteignait 97,2 %. La 4G, bien que moins répandue, couvrait 81,6 % de la population. Cependant, malgré cette couverture relativement étendue, l’utilisation effective de ces services reste désespérément en retard. En effet, l’UIT souligne que le taux de pénétration de la téléphonie mobile ne dépasse pas 50,3 %, ce qui indique que, bien que les infrastructures soient présentes, l’accès réel à la technologie reste limité pour une grande partie de la population. Ce décalage entre la disponibilité des services et leur utilisation effective met en lumière les défis socio-économiques qui entravent l’intégration numérique en Sierra Leone, où de nombreux citoyens n’ont pas les moyens d’accéder à des appareils compatibles ou de se permettre les coûts des services de données. La fracture numérique, ainsi, ne se limite pas seulement à des chiffres, mais se traduit par des inégalités d’opportunités dans un monde de plus en plus connecté.

Pour combler ce fossé, Mme Bah a exhorté l’industrie à se responsabiliser davantage et à mutualiser les infrastructures, une initiative qui pourrait transformer le paysage des télécommunications en Afrique. Cette démarche vise à réduire les coûts d’exploitation, véritable frein à l’accessibilité financière des services, en permettant aux opérateurs de collaborer plutôt que de rivaliser sur des fronts coûteux et redondants. Selon la ministre, ces gains d’efficacité constituent la condition indispensable pour atteindre une connectivité universelle, un objectif crucial pour le développement socio-économique du continent.

En pleine expansion sur le continent africain, la mutualisation consiste pour les opérateurs à partager leurs équipements physiques et technologiques au lieu de déployer des réseaux parallèles de manière individuelle, ce qui pourrait considérablement alléger les charges financières et logistiques. En effet, en unissant leurs forces, les entreprises peuvent non seulement optimiser leurs ressources, mais aussi offrir des services plus fiables et accessibles à une population en quête de connectivité.

Un rapport d’Ecofin Pro publié en décembre 2024 distingue à ce titre deux modèles de partage d’infrastructures. Le partage passif se limite aux éléments non électroniques comme les tours, les poteaux et les locaux, chaque opérateur conservant l’exclusivité de son réseau actif. Bien que plus simple techniquement, il génère moins d’économies que le partage actif, qui inclut également la mise en commun des équipements électroniques tels que les centrales de transmission et les systèmes de gestion de réseau. Ce dernier modèle, bien que plus complexe à mettre en œuvre, promet des économies substantielles et une amélioration significative de la qualité des services offerts aux utilisateurs finaux. 

Notons que  la mutualisation des infrastructures pourrait bien être la clé pour surmonter les défis actuels et futurs de l’industrie des télécommunications en Afrique, ouvrant la voie à une ère de connectivité sans précédent.

Abdoulaye KONÉ 

Au Sénégal,  la  BNDE obtient un financement additionnel auprès de la BIDC pour soutenir les PMES

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 (CROISSANCE AFRIQUE)-La Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) et la Banque Nationale pour le Développement Économique (BNDE) ont procédé, le 30 avril 2026, à la signature d’un accord de prêt visant à la mise en place d’une nouvelle ligne de crédit d’un montant de vingt (20) milliards de francs CFA, exclusivement  dédiée au financement des Petites et Moyennes Entreprises (PME) en République du Sénégal. 

Cette cérémonie marque une étape importante dans le cadre du partenariat de longue date entre les deux institutions. Elle fait suite à la réussite d’une première opération conclue en 2021, dans le cadre de laquelle la BNDE avait bénéficié d’une ligne de crédit de dix (10) milliards de francs CFA, ayant permis le financement de quinze (15) sous-projets de PME dans des secteurs clés de l’économie.

 Dans le même esprit, ce nouveau prêt est exclusivement destiné au financement des PME, en reconnaissance du rôle déterminant qu’elles jouent dans l’économie sénégalaise. Les PME représentent environ 99,8 % des entreprises actives du pays, mais ne bénéficient que d’environ 9 % du crédit bancaire total, un déséquilibre qui 
continue de freiner l’investissement, la croissance et la création durable d’emplois.

Dans son intervention, Dr George Agyekum Donkor, Président de la BIDC et de son Conseil d’administration, a souligné que cette opération s’inscrit pleinement dans le mandat de la Banque visant à promouvoir un développement inclusif et durable en Afrique de l’Ouest. Il a réaffirmé l’engagement de la BIDC à renforcer les institutions financières nationales en tant que relais efficaces du développement du secteur privé, déclarant que « le soutien aux PME est essentiel pour accélérer la transformation économique, la création de valeur et l’emploi ». 
De son côté, le Directeur Général de la BNDE, M. Mamadou Faye, a indiqué que cette nouvelle ligne de crédit répond à l’ambition stratégique de la Banque, telle que définie dans son Plan stratégique 2025–2029, de se positionner comme une banque de développement plus proactive, innovante et durable. 

Cet accord de financement reflète également l’orientation stratégique de la BIDC au titre de sa Stratégie GRO, qui privilégie des financements à fort impact visant à renforcer la résilience économique et à élargir les opportunités de développement du secteur privé dans l’ensemble de la région ouest-africaine. 

Rédaction

La Mauritanie commence le déploiement de son deuxième câble sous-marin Internet

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(CROISSANCE AFRIQUE)-En Mauritanie, le gouvernement fait des avancées significatives vers l’établissement de sa deuxième liaison internationale par câble sous-marin à fibre optique, un projet qui promet de transformer les infrastructures de communication du pays. 

Le samedi 4 mai, dans une atmosphère empreinte d’optimisme et d’anticipation, les autorités ont procédé à l’installation de la section côtière de cette infrastructure essentielle. Ce moment marquant a été célébré par une cérémonie officielle, soulignant l’importance de cette initiative pour le développement numérique de la nation. La pose du câble principal, qui s’étendra en haute mer, est prévue pour août 2026, avec une mise en service attendue en janvier 2027, un calendrier qui témoigne de l’engagement du gouvernement à moderniser les réseaux de communication.

La cérémonie d’atterrage a été dirigée par Ahmed Salem Ould Bede, ministre de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, qui a souligné l’impact positif que cette liaison aura sur l’économie locale et sur l’accès à Internet pour les Mauritaniens. Longue de 28,4 km, la section côtière a été installée à Nouadhibou, une ville stratégique où se situe la station d’atterrage. Ce choix de localisation est crucial, car Nouadhibou est non seulement un point névralgique pour les communications, mais aussi un centre économique en pleine expansion.

La section côtière, qui représente la partie du câble située près du rivage, joue un rôle fondamental en reliant la station d’atterrage à la haute mer. Cette zone est particulièrement vulnérable aux activités humaines telles que la pêche ou le passage des navires, ce qui nécessite des mesures de protection. En général, cette section est enfouie et renforcée pour limiter les risques de dommages, garantissant ainsi la pérennité de l’infrastructure. Le reste du câble, qui sera déployé en haute mer sur de longues distances, reposera à grande profondeur, où il sera moins susceptible d’être affecté par les activités humaines, assurant ainsi une connectivité stable et fiable pour l’avenir. Ce projet ambitieux représente non seulement un pas en avant pour la Mauritanie, mais également une opportunité de renforcer les liens avec d’autres pays et d’améliorer l’accès à l’information et aux services numériques pour tous les citoyens.

Au-delà des performances techniques impressionnantes des câbles sous-marins, leur impact économique se révèle tout aussi significatif, se traduisant par une baisse des coûts pour les consommateurs. Un rapport détaillé publié en juin 2025 par la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (FERDI) met en lumière une dynamique fascinante : le doublement des capacités internationales de transmission de données pourrait entraîner une réduction des prix pouvant atteindre 32 % pour le haut débit fixe et jusqu’à 50 % pour le haut débit mobile. Cette perspective est d’autant plus tangible lorsque l’on considère des exemples concrets, comme la mise en service du câble Didon en Tunisie en 2014, qui a permis une diminution notable de cinq points des tarifs du haut débit mobile, illustrant ainsi l’effet direct des infrastructures sous-marines sur les coûts des services.

En Mauritanie, la situation est tout aussi révélatrice. Les dépenses pour 5 Go d’Internet mobile représentent en 2025 un alarmant 2,94 % du revenu national brut par habitant, selon les données fournies par l’Union internationale des télécommunications (UIT). Ce chiffre devient encore plus préoccupant lorsqu’on le compare au coût de l’Internet fixe, qui atteint un ratio exorbitant de 17,6 %, bien au-delà du seuil de 2 % considéré comme acceptable pour garantir un accès équitable aux services numériques. Dans ce contexte, la baisse des tarifs pourrait jouer un rôle crucial en favorisant une adoption plus large des services de télécommunications, en particulier de l’Internet, et par ricochet, en stimulant le développement économique et social de ces régions. La connexion à Internet ne se limite pas à un simple accès à l’information ; elle ouvre des portes vers l’éducation, l’innovation et des opportunités économiques, transformant ainsi le paysage numérique des pays concernés.

Les autorités mauritaniennes nourrissent de grandes attentes vis-à-vis de cette infrastructure, espérant qu’elle jouera un rôle crucial dans le renforcement de la connectivité internationale du pays. Dans un monde où la transformation numérique s’accélère à un rythme sans précédent, il est impératif de répondre à la croissance continue des besoins en données qui se manifestent tant au niveau des entreprises que des particuliers. Cette infrastructure, en augmentant les capacités disponibles, ne se contente pas d’améliorer la fiabilité et la qualité des services numériques, mais elle agit également comme un bouclier contre les risques de congestion qui pourraient entraver l’accès à des services essentiels.

En intégrant une redondance par rapport au premier câble sous-marin, cette nouvelle infrastructure renforce la résilience du réseau, garantissant ainsi une continuité des services même en cas de panne ou de surcharge. Cette double connectivité est essentielle pour absorber plus efficacement la croissance du trafic de données, ce qui est particulièrement crucial dans un contexte où les usages numériques, tels que l’administration en ligne, les services financiers et les applications professionnelles, deviennent de plus en plus intégrés dans le quotidien des Mauritaniens. 

Notons que grâce à cette avancée, les autorités espèrent non seulement améliorer l’accès à Internet, mais également stimuler l’innovation et le développement économique, en positionnant la Mauritanie comme un acteur clé dans le paysage numérique régional et international.

Mariam KONE 

Au Nigeria, hausse des cyberattaques met en péril les infrastructures essentielles

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Nigeria, le gouvernement se trouve confronté à une intensification alarmante des cybermenaces qui visent directement ses infrastructures numériques, un enjeu crucial dans un monde de plus en plus interconnecté. 

La semaine dernière, le ngCERT, l’agence nationale en charge de la cybersécurité, a émis une alerte concernant une hausse significative des attaques par déni de service distribué (DDoS). Ces attaques ciblent non seulement les plateformes gouvernementales, mais également les services du secteur privé, mettant en péril la continuité des opérations essentielles pour la population.

Les attaques DDoS, qui consistent à saturer un système par un afflux massif de trafic, peuvent causer des interruptions majeures, rendant des services vitaux, tels que les systèmes de santé, les infrastructures de transport et les services bancaires, totalement indisponibles. Selon les experts de l’agence, les cybercriminels adoptent désormais des méthodes de plus en plus sophistiquées, combinant plusieurs vecteurs d’attaque pour maximiser l’impact de leurs offensives. Ils exploitent des réseaux d’appareils compromis, connus sous le nom de « botnets », qui leur permettent de générer un volume de trafic colossal, rendant ainsi les systèmes cibles vulnérables.

De plus, certaines de ces offensives s’appuient sur des techniques d’amplification, qui permettent d’augmenter considérablement le volume de trafic malveillant dirigé vers des cibles spécifiques. Cette évolution technologique rend les attaques non seulement plus difficiles à détecter, mais également à contenir, posant un défi majeur pour les autorités en matière de cybersécurité. Les experts mettent en garde : « Ces attaques sont de plus en plus multivectorielles et peuvent être associées à des stratégies de désinformation, ce qui complique encore davantage la réponse des autorités et la protection des infrastructures critiques. » Dans ce contexte, il est impératif que le gouvernement et les entreprises renforcent leurs mesures de sécurité pour anticiper et contrer ces menaces croissantes.

Cette montée en puissance des attaques DDoS soulève des inquiétudes croissantes au sein des entreprises et des institutions, car les interruptions de service peuvent avoir des répercussions dévastatrices sur des secteurs stratégiques tels que la finance, les télécommunications, ou encore les services publics. Les conséquences de ces attaques ne se limitent pas à des désagréments temporaires ; elles peuvent entraîner des pertes économiques significatives, éroder la confiance des usagers et nuire à la réputation des organisations touchées. En effet, une interruption de service dans le secteur bancaire, par exemple, pourrait empêcher des transactions cruciales, semant la panique parmi les clients et altérant leur perception de la sécurité des services financiers. De plus, ces attaques DDoS peuvent également servir de diversion pour des cyberattaques plus complexes, telles que le vol de données sensibles ou les intrusions malveillantes dans les systèmes informatiques, rendant la situation encore plus alarmante.

Au-delà des attaques DDoS, le cabinet Deloitte a alerté dans son rapport intitulé « Nigeria Cybersecurity Outlook 2026 », publié en janvier, sur une intensification attendue des attaques par ransomware et par phishing cette année. Ce rapport met en lumière une tendance inquiétante, attribuée à la démocratisation d’outils autrefois réservés aux cybercriminels expérimentés, qui sont désormais facilement accessibles à des attaquants moins aguerris. Cette évolution technologique permet à un plus grand nombre d’individus de mener des attaques sophistiquées, augmentant ainsi le risque pour de nombreuses organisations. Les petites et moyennes entreprises (PME), les établissements scolaires, les hôpitaux et les administrations publiques se retrouvent particulièrement exposés à ces menaces, surtout lorsque les budgets alloués à la cybersécurité sont limités. Dans ce contexte, il est impératif que ces entités prennent des mesures proactives pour renforcer leur sécurité et protéger leurs systèmes contre ces cyberattaques de plus en plus fréquentes et variées.

Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), le Nigeria, en 2024, se classait dans la catégorie Tier 3 de l’indice mondial de la cybersécurité, affichant un score de 82,4 sur 100, ce qui soulignait des défis importants en matière de sécurité numérique. Ce classement, qui place le pays dans une position vulnérable face aux cybermenaces croissantes, a suscité une prise de conscience accrue parmi les décideurs et les acteurs du secteur technologique. En réponse à cette situation préoccupante, le Nigeria a entrepris une série d’initiatives audacieuses et de partenariats stratégiques, visant à renforcer sa posture en matière de cybersécurité. Ces efforts incluent la mise en place de programmes de formation pour les professionnels de la cybersécurité, la collaboration avec des entreprises technologiques internationales pour partager des meilleures pratiques, ainsi que l’élaboration de politiques gouvernementales visant à protéger les infrastructures critiques. 

Notons que le pays a investi dans des technologies avancées et des systèmes de surveillance pour détecter et prévenir les cyberattaques, tout en sensibilisant le grand public aux enjeux de la cybersécurité. Ces mesures témoignent d’une volonté déterminée d’améliorer la résilience du Nigeria face aux menaces numériques et de créer un environnement plus sûr pour les entreprises et les citoyens.

Korotoumou Sylla