L’industrie américaine du whisky Bourbon menacée par l’incertitude liée aux conflits commerciaux

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Afin de contrer les droits de douane imposés par les Etats-Unis, l’UE, le Mexique, le Canada et la Chine ont annoncé des tarifs punitifs sur le whisky Bourbon, l’une des boissons alcoolisées américaines les plus symboliques. Les producteurs et l’association attendent avec impatience la fin des incertitudes liées aux tarifs, car elles pourraient apporter une série d’effets négatifs tels qu’une baisse de production et des licenciements. Voici un reportage réalisé par le correspondant de RCI aux Etats-Unis, Zhao Xinyu.

De 1997 à l’été de cette année, l’Europe n’a pas imposé de tarifs douaniers sur les spiritueux importés des États-Unis. Le libre-échange a propulsé l’industrie américaine du whisky, dont 95% de la production provient de l’Etat du Kentucky. Dans cet Etat situé dans le centre-est des Etats-Unis, la valeur de la production annuelle est estimée à environ 8,5 milliards de dollars tandis que l’industrie contribue également à l’emploi, de 4 000 postes il y a 10 ans à 17 500 aujourd’hui. Les conflits commerciaux nuancent les perspectives du secteur.

Le représentant républicain du Kentucky à la Chambre des représentants des États-Unis Andy Barr avait déclaré lors d’une audition au Congrès: «En tant que région productrice du bourbon américain, mon Etat, le Kentucky, représente un volume d’exportation de 450 millions de dollars en 2017, dont 200 millions sont destinés aux pays européens. Ces dernières années, le marché du whisky Bourbon connaît une croissance record. Une guerre commerciale élargie nuit non seulement à cette industrie emblématique du Kentucky, mais aussi aux familles agricoles, aux fournisseurs et au tourisme local. »

L’industrie américaine du whisky Bourbon menacée par l’incertitude liée aux conflits commerciaux

Le Congrès américain a adopté une loi en 1964 pour établir les normes du Bourbon. Seul le whisky brassé aux États-Unis peut être nommé Bourbon et 95% de la production de Bourbon provient du Kentucky. Le président de la Kentucky Brewing Association Eric Gregory a flairé que le Bourbon serait l’une des cibles de riposte des pays étrangers, qui font l’objet des tarifs imposés par les Etats-Unis.

« Regardez, nous sommes coincés dans cette guerre commerciale déclenchée par d’autres, pas nous. Nous essayons de trouver un moyen de régler le problème. Cela nous frustre. Parce que la décision de droits de douane a été prise à haut niveau. Nous avons appelé tous nos sénateurs, nous avons rendu visite au Sénateur Mitch McConnell et au vice-président pour leur exprimer nos inquiétudes. Pourtant nous ne sommes qu’une petite partie dans ces négociations mondiales en cours. Nous craignons vraiment que cela ne cause des dommages à long terme à l’industrie du Bourbon. »

Ces dernières années, le marché chinois est devenu important pour les exportations de spiritueux des États-Unis. Selon les chiffres fournis par le Distilled Spirits Council des États-Unis, en moins de 20 ans, les spiritueux américains exportés vers la Chine ont augmenté d’environ 1200%. L’année dernière, les exportations de whisky Bourbon vers la Chine ont atteint près de 9 millions de dollars. L’augmentation des ventes whisky Bourbon a favorisé le développement de la chaîne des fournisseurs et le tourisme dans le Kentucky.

Selon Eric Gregory, président de la Kentucky Brewing Association, l’incertitude engendrée par la guerre commerciale est le pire ennemi. Les grands producteurs tiendront bons pendant un certain temps, mais les petits distillateurs ne survivront pas. Le gouvernement a adopté des réductions d’impôt l’année dernière, dont celle sur des produits d’alcool. Cette mesure devrait être favorable aux petits distillateurs. Mais l’ombre des droits de douane nuancera leur projet d’investissement.

« Le Bourbon qu’on boit maintenant a été fabriqué il y a 10 ans. Quand les experts prévoient grâce aux boules de cristal, la production dans 5 ans, 6 ans ou 10 ans, ils voient un marché mondial incertain. Ils deviendront conservateurs. Ils n’ont pas le courage d’élargir la production. C’est le pire scénario qu’on puisse attendre. Si la solution reste introuvable sur le problème des tarifs, des conséquences nous tomberont dessus bientôt. Pour nous, c’est très clair qu’il n’y a pas de gagnant dans cette guerre commerciale. »

Les consultations vice-ministérielles sur les questions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis se tiendront cette semaine à Washington. Sur invitation des Etats-Unis, Wang Fuwen, vice-ministre du ministère chinois du Commerce, conduira une délégation aux Etats-Unis pour ces consultations. Selon les analyses parues de la chaîne économique CNBC, si l’on pouvait réduire les conflits commerciaux entre les Etats-Unis et la Chine au cours des prochains mois, le marché s’améliorera progressivement, car les relations économiques et commerciales entre les États-Unis et la Chine constituent l’une des principales préoccupations des investisseurs depuis un certain temps.

source: Radio chine internationale

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