Mali, au sujet des attaques, Boubacar Salif Traoré « Le mieux, c’est de doter l’armée de chefs non négligents, consciencieux et proactifs.. »

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De l’armée….Dans le discours du Président de la République le passage suivant, « Dioura la surprise », a retenu mon attention.

Les secteurs de la défense et de la sécurité n’ont toujours pas réussi à revêtir le caractère grave que la situation leur impose pourtant. D’ailleurs, le Mali détient hélas le triste record de six ministres de la défense en six ans et autant de secrétaires généraux du ministère de la défense.

Comment espérer des résultats probants dans une telle instabilité ?

Il ne ne surtout pas dire que l’Etat est une continuité au Mali, car les ministres et directeurs, nommés mettent près de trois mois, à défaire tout ce que leurs prédécesseurs ont fait, du ventilateur à la moquette en passant par les dossiers.

Selon les propos du Président de la République, l’armée fut surprise à Dioura, En effet, il y a eu une surprise qui a coûté la vie à près de 30 militaires. Les surprises funestes sont trop nombreuses dans le pays, faute de capacité d’anticipation.

Le Mali a basculé dans une sorte de banalisation de la mort. Ainsi l’émotion suscitée par la tragédie de Dioura, a par exemple relégué au second plan les tueries de ces derniers jours dans le pays.

Aucune armée ne peut affirmer qu’elle n’a jamais été surprise, en temps de guerre, surtout asymétrique. Mais le cas de Dioura démontre qu’au-delà de la surprise, il y a eu une supériorité stratégique.

Cela fait la troisième ou quatrième fois après Nampala, Boulekessy et Soumpi que les groupes armés terroristes appliquent le même modus operandi. Ces attaques ne se font pas dans la précipitation, Les assaillants prennent le temps d’achever les blessés, de faire des images, de tourner dans le camp, de mettre le feu aux engins de se servir et de retourner en toute tranquillité.

En prononçant le mot surprise, le Chef de l’Etat pointe directement la responsabilité de toute la hiérarchie militaire, car l’armée, c’est avant tout une bonne coordination des actions. Le Président a également évoqué la négligence.

Difficile d’interpréter ce terme dans un contexte de guerre qui fait chaque année, plus de 1000 personnes morts.

Les deux mots les plus graves en période de guerre, ont été prononcés par le chef suprême des forces armées. Dur aveu en direction des parents des disparus, dont les enfants ont été tués par négligence.

Le mieux que le Président puisse faire à présent, c’est de doter l’armée de chefs non négligents, consciencieux et proactifs.

En temps de guerre et de menace persistante d’un effondrement possible de l’Etat, l’on ne peut pas traiter les ministères régaliens de manière normale. Aucun jeu politique ne doit l’emporter. Les prétendant aux postes régaliens doivent passer devant plusieurs commissions afin d’exposer leur vision et leur plans pour le futur.

C’est sur la base de la compétence et de la capacité à mettre en œuvre de vraies évolutions que les choix doivent se faire, ni le calcul et encore moins le sentiment ne doit l’emporter.

Quant à l’armée, elle a ses règles, qu’il faut tout simplement connaître et respecter, il faut connaître le personnel militaire, leur parcours depuis l’EMIA et leurs capacités.

Ces dernières années de nombreuses frustrations se sont installées, l’armée compte de grands oubliés compétents. Le lien entre les officiers et les soldats, est devenu distant, les officiers supérieurs ne connaissent plus le monde des sous-officiers.

Au sein de l’armée, il existait plusieurs dispositifs, qui permettaient de reconnaitre les véritables officiers de commandement. A défaut de pouvoir restaurer ces dispositifs, comme « l’ordinaire », il faut créer de nouvelles méthodes. J’avais proposé la création dans les camps, de la journée du soldat, en faisant en sorte que chaque mois, les officiers supérieurs passent au moins un dimanche dans leur camp d’origine, dans le but de fraterniser. Et par la suite d’avoir des activités interarmées.

Il faut une armée renouvelée avec des femmes et des hommes de conviction à sa tête. Les chefs actuels peuvent difficilement représenter l’avenir. Le soupçon est le pire poison pour une personne en charge de conduire la guerre.

Le chef d’état-major doit être celui qui donne l’assurance d’être le premier responsable en cas d’engagement des troupes sur le théâtre d’opération, son uniforme de combat doit être à portée de main. Le Ministre de la défense doit être une personnalité forte, capable d’imposer ses idées et il doit surtout avoir de fortes convictions.

Le Président doit être le Commandant en Chef, sur lequel le peuple peut compter à tout instant. Il est celui qui protège et qui rassure. Il doit être celui qui peut rétablir la confiance entre la nation et son armée.

Pour l’instant, l’issue de la situation malienne est très incertaine, car malgré les mauvaises nouvelles, le dispositif reste toujours le même, sans aucune volonté d’évolution, dans le fond.

Boubacar Salif Traoré experts en sécurité et défense

Source : croissanceafrique.com

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