Problématiques de la flambée des prix du ciment dans les marchés Maliens: L’état sur le banc des accusés.

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C’est au cours d’une conférence de presse organisée par la Société DIAMOND CÉMENT MALI S.A que les administrateurs se sont penchés sur les problématiques de la flambée des prix du ciment aux marchés maliens. Selon les administrateurs de DIAMOND CÉMENT, les prix du ciment n’ont pas varié depuis qu’ils ont été fixés en 2012 en accord avec le Gouvernement de la République du Mali soit : 87 500 F CFA la tonne de ciment à Dio pour approvisionner le marché de Bamako et 74 500 F CFA à Astro dans la Région de Kayes. Notons que
l’objectif de cette rencontre avec la presse était d’informer l’opinion nationale et internationale sur  la montée historique des prix du ciment au Mali.

Dans son allocution le PDG de DIAMOND CÉMENT n’a pas que de dire que « malgré les tentatives de hausses illicites de prix sur le marché par les revendeurs de ciment, les prix défini au paragraphe 3 sont restés inchangés et ont permis de maintenir la stabilité du prix de la tonne de ciment jusqu’au 30 mars 2019« , a – t – il dénonce, car Selon lui, « A partir de la première semaine du mois d’avril, DCM a constaté une augmentation inhabituelle de ses ventes sur ses 2 sites d’Astro et de Dio. Cette situation perdure encore.  Avec une production moyenne journalière de 875,5 tonnes en décembre 2018, DCM a atteint des pointes de plus de 1 300 tonnes jours. DCM s’est posé plusieurs questions à savoir :Cette situation est-elle ponctuelle, ou va-t-elle durée dans le temps ; Quelles en sont les vraies raisons ; Quelles sont les réponses à apporter face à une telle situation » dans la mesure ou sa seule production de ciment soit un million deux cent mille tonnes ne couvre pas tous les besoins du Mali, estimés à  3 millions de tonnes« , s’interroge monsieur PRASAD.

Les réponses à ces questions nous interpellent tous : Etat du Mali, Importateur de ciment, Associations de Consommateurs du Mali, Société Civile, Presses etc.

La pénurie actuelle de ciment sur le marché malien a créé un vide, une opportunité dont profitent certains commerçants pour réaliser une marge bénéficiaire très confortable au détriment des consommateurs. Une équipe de la Direction Nationale de la Concurrence et du Commerce effectua deux visites de suite sur le site de Dio, pour une collecte d’informations sur la hausse soudaine du prix du sac de ciment sur le marché. La presse est également en quête d’informations sur cette hausse. Plusieurs questions nous ont été posées notemment:des informations sur le prix actuel de la tonne de ciment au départ de nos usines; la capacité de production de la cimenterie ; la source d’alimentation électrique de l’usine, compte tenu de coupure d’électricité ; et d’ajouter que la réponse de DIAMOND CÉMENT a été très claire : l’administrateur Ibrahim DICKO affirme que « nos prix n’ont pas varié depuis qu’ils ont été fixés en 2012 en accord avec le Gouvernement de la République du Mali soit : 87 500 F CFA la tonne de ciment à Dio pour approvisionner le marché de Bamako et 74 500 F CFA à Astro dans la Région de Kayes« , rassure – t – il. Ce qui veut dire que cette politique à permis après l’implantation de la cimenterie intégrée de DCM, de faire un gain d’économie pour le Mali de plus de 87,5 milliards de francs CFA tous les ans.

L’Impact de la pénurie d’électricité sur la production de DCM :

Selon un des administrateur Mamadou SIDIBE « la société DIAMOND CÉMENT MALI est raccordés sur le réseau EDM à partir du poste de Lafiabougou en passant par Kati. Par lettre n° 19 0215/AD/ en date du 12 février 2019, EDM notifia nous une restriction journalière d’approvisionnement en électricité à partir du 1er Mars 2019 jusqu’au 31 Octobre 2019, de 08 heures allant de 18 heures à 02 heures du matin. Depuis ce jour, DCM s’en ai conforméà ce programme. En Avril, soudainement les importations de ciments en provenance du Sénégal ont baissé de façon très significative. Ces unités de production faisant du dumping sur le marché malien, ont dû limiter leurs exportations sur le Mali du fait de l’augmentation de leur propre besoin, pour la réalisation de certaines infrastructures importantes. Ainsi, le besoin intérieur du Mali s’est fortement accéléré, pendant que les 2 unités de production de ciment du Mali étaient confrontée à la restriction de EDM », a – t il précisé avant de dire que  « Le déficit de production à Dio est estimé à 75 tonnes par heure, soit une perte de production quotidienne de 600 tonnes. Récemment, EDM nous a accordé une concession de deux (02) heures ».

En plus de ce qui précède, DCM subies coupures de courant au moins 2 à 3 fois par jour dues à des baisses de tension, ce qui ne facilite pas à chaque fois le redémarrage des machines. DCM entretemps utilise son groupe électrogène au niveau de l’ensachage pour charger les camions afin de mieux répondre aux attentes et satisfaire une partie de la clientèle.

Des propositions de solution à court terme

Que l’État autorise à DCM d’importer du ciment à partir du marché international 

Elle permet de satisfaire ponctuellement la demande tout en stabilisant sur le marché le prix de la tonne de ciment au même niveau que celui des 2 unités de production en toute indépendance.

Le permis d’exploitation de la Mine de BEMA a été accordé à DCM suivant Arrêté No 1903 daté du 10 juillet 2012 pour une superficie de 432 km². Cet arrêté contenait plusieurs erreurs qu’il fallait corriger à la demande de DCM, suite à des difficultés d’accessibilité sur le site en question. Il ne put être renouvelé sous le numéro 2607 que le 07 juillet 2016. Le Maire et la Jeunesse de la Commune de Guélébiné a interdit l’accès du site à DCM du fait que le permis d’exploitation ne ressortait le nom de sa Commune et qu’elle ne relevait pas du cercle de Nioro du Sahel mais de Diéma. Nous avons perdu beaucoup de temps et d’énergie pour effectuer cette correction. Il a fallu plus de 4 ans pour le faire.

  • SOLUTION A MOYEN TERME :

Réaliser une nouvelle cimenterie d’une capacité de 2 millions de tonnes

Le 19 juillet 2016, DCM a adressé la lettre 144 /DCM/16/F&A au Ministre de la Promotion Industrielle et des Investissements, en vue d’obtenir l’approbation pour la construction d’une deuxième cimenterie intégrée à Bema. DCM a alors été conviée à une réunion le 09 mai 2018 pour des échanges à propos de son projetavec les conseillers techniques du Ministre. Il a été demandé à DCM de leur soumette un Projet de Convention. Le projet leur a été transmis le lendemain10 mai précisant que le Groupe WACEM, s’engageait à créer une nouvelle société qui sera dénommée Compagnie Malienne de Ciment avec un capital social de 25 milliards de CFA reparti comme suit :Etat et privés malien : 30%

Partenaire stratégique : 70% et l’Etat du Mali se réservant d’acquérir 10% supplémentaire.Le budget prévisionnel du financement étantde 75 milliards de CFA.

DCM a déployé des équipements professionnels pour démarrer les activités de dynamitage et d’exploitation du site de Béma, effectué des forages, prélevé des échantillons de calcaire à des fins d’analyse. Actuellement, un bureau et un service de sécurité sont sur le site pour la protection des équipements. Malheureusement l’ordonnance N° 2019/785/MMP-SP du Ministre des Mines et du Pétrole en date du 28 mars 2019 vient d’annuler le permis d’exploitation de DCM sur le site de BEMA. Pour l’instant DCM n’a reçu aucune notification officielle. DCM a pris acte de cette décision, et estime qu’elle est due plutôt à une mauvaise communication. Après la mise en place du nouveau Gouvernement de Mission, DCM s’engage à rétablir le dialogue avec l’ensemble des acteurs du Gouvernement de la République du Mali : Ministère des Mines et du Pétrole ; Le Ministère de l’Industrie et du Commerce ; et le Ministère de l’économie et des Finances.

  • CONCLUSION :

A titre de rappel, de 1997 à 2012 soit pendant 15 ans, le Mali a importé la totalité de ses besoins en ciments ur cette période pour plus de 1 000 milliards de francs cfa,qui sont allés enrichir les industries de ciment des pays voisins.En 5 ans DCM n’a pu produire que 3 600 000 tonnes de ciment (sur une capacité de 5 000 000 de tonnes) avec un chiffre d’affaire d’environ 300 milliards de francs cfadont la plus grande partie a été réinvestie au Mali. Il est indispensable de créer une nouvelle cimenterie intégrée au Mali.

L’Etat du Mali a pris une décision historique en 2018 d’implanter une cimenterie intégrée à Astro. Pour que DCM existe, il est vrai, le Mali lui a consenti des avantages exceptionnelsafin qu’elle puisse produire du ciment à un prix abordable pendant au moins quarante ans, créer des emplois et de la valeur ajoutée et rendre son produit accessible à toute la population.C’est la société qui a le plus grand capital social en République du Mali,soit 22 milliards de francs cfa.

Le Groupe WACEM, remercie l’ensemble du Gouvernement de la République du Mali et s’engage fermement à poursuivre ses démarches avec le nouveau Gouvernement, et dans la plus grande transparence, quelques soient les difficultés actuelles pour qu’une nouvelle cimenterie intégrée voit le jour à Béma.Le Mali est très vaste et enclavé avec ses ressources naturelles. Il n’y a que la création d’industries telles que le Groupe WACEM l’envisage qui puissent permettre le développement d’un pays. L’Etat du Mali doit promouvoir et encourager l’investissement privée.

Daouda Bakry KONE

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