L’hydroélectricité africaine à l’épreuve du changement climatique

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Principale source d’énergie renouvelable au monde, les barrages hydroélectriques fournissaient 61,7 % de l’énergie propre en 2016. Il existe aujourd’hui 2,8 millions de barrages dont 60 000 de plus de 15 mètres de haut. En outre, 3700 infrastructures supplémentaires sont prévues ou en construction.

Mais leurs impacts environnementaux et sociaux, et leur vulnérabilité aux changements climatiques, posent la question de la pertinence de l’hydroélectricité sous sa forme actuelle, particulièrement en Afrique. S’il n’est aucun doute qu’elle est une source d’énergie renouvelable et stable, il est également certain que l’hydroélectricité doit être repensée dans un cadre plus global et plus actuel pour tenir toutes ses promesses.

Les barrages constituent une menace pour la biodiversité abritée et alimentée par les bassins et cours d’eau dans lesquels ils sont implantés. Les plus grands fleuves et leurs bassins abritent 18 % de la diversité mondiale en termes de poissons d’eau douce et sont une source importante de protéine pour les populations.

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La construction du Grand Renaissance Dam en Ethiopie, soulève de vives tensions en Egypte.

Aujourd’hui, 2/3 des fleuves de plus de 1000 kilomètres, sur le globe, sont déjà entravés par des barrages. Les études ont démontré que la mise en place d’un barrage diminue sensiblement la population des poissons, principalement à cause du blocage de l’immigration de certaines espèces de poissons.

Aujourd’hui, 2/3 des fleuves de plus de 1000 kilomètres, sur le globe, sont déjà entravés par des barrages. Les études ont démontré que la mise en place d’un barrage diminue sensiblement la population des poissons.

Les barrages perturbent également le transport des sédiments de l’amont vers l’aval. Ils constituent des pièges à sédiment qui peuvent retenir entre 70 et 90 % des volumes de gros sédiments, appauvrissant ainsi les écosystèmes aquatiques en aval et favorisant l’enfoncement des cours d’eau au fil du temps.

Les sédiments jouent en outre un rôle important dans la préservation des côtes, des estuaires et des zones humides littorales, et par conséquent dans la lutte contre l’élévation des niveaux des mers.

Les sédiments fins qui sont également retenus ont un impact sur l’apport d’éléments nutritifs en aval pour la biodiversité, mais également pour la fertilisation des terres agricoles. Les sédiments jouent en outre un rôle important dans la préservation des côtes, des estuaires et des zones humides littorales, et par conséquent dans la lutte contre l’élévation des niveaux des mers.

Un coût social grandement minimisé par les développeurs

Le coût humain des grands barrages est également conséquent, bien que souvent minimisé. Ces perturbations sont d’ordres sociales, comportementales, culturelles, économiques, voire politiques.

Pour les pêcheurs qui dépendent des ressources de la pêche, les modifications de l’écosystème ont un impact significatif sur leur moyen de subsistance. Des millions de personnes (entre 40 et 80 millions) ont été déplacées dans le cadre de la construction des barrages et réinstallées dans des conditions rarement équivalentes à celles de leurs milieux initiaux. Après réinstallation, elles sont privées de leurs réseaux sociaux et d’autres avantages sociaux, ce qui a des conséquences économiques, culturelles, sociales et sanitaires. Même les populations qui ne sont pas déplacées parce qu’en aval et qui ne reçoivent aucune compensation sont affectées en raison des répercussions du barrage sur leurs moyens de subsistance. Un problème d’autant plus important lorsque l’on considère que les personnes affectées par les barrages sont des communautés autochtones et traditionnelles, très dépendantes de leurs environnements et parmi les plus vulnérables.

https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/3008-68790-l-hydroelectricite-africaine-a-l-epreuve-du-changement-climatique


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