Kristalina Georgieva au FMI: les dessous d’une nomination

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Le Fonds monétaire international (FMI) a une nouvelle directrice générale. Il s’agit de la Bulgare Kristalina Georgieva, depuis 2017 directrice générale de l’Association internationale de développement (IDA), institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète, et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD).

Titulaire d’une maîtrise de politique économique et sociologie au Haut institut d’économie Karl-Marx de Sofia, où elle obtint un doctorat en sciences économiques, elle a enseigné avant de rejoindre le Massachusetts Institute of Technology (MIT) pour accomplir des recherches en politique environnementale et enseigner au sujet des économies en transition. En 1993, elle intègre la Banque Mondiale pour un poste d’économiste en environnement. En 2004, elle devient directrice de la BM pour la Russie et en 2008, vice-président de l’institution. En 2010, elle s’éloigne temporairement de la Banque Mondiale hérite du portefeuille de commissaire de l’Union Européenne à la Coopération internationale, à l’Aide humanitaire et à la Réaction aux crises. Elle est ensuite nommée vice-présidente, chargée du Budget et des Ressources humaines dans la commission Juncker. Le 28 octobre 2016, elle démissionne de sa fonction de commissaire européenne pour retourner à la Banque mondiale, en tant que directrice générale.

uneCette dame de fer au parcours exemplaire s’est illustrée dans la restructuration de la Banque Mondiale et, s’agissant de l’Afrique, en 2017, dans le déblocage de 1,6 milliard de dollars pour lutter contre la famine au Nigeria et en Afrique de l’Est. Appartenant à la même école néolibérale pro- Trump, celle pour qui un poste de CEO de la Banque Mondiale fut créée sur mesure est, comme David Malpass, l’actuel président de ladite banque, issu des petites fiches du bureau oval de la Maison Blanche. Quand Jim Yong Kim fut forcé de démissionner, c’est elle qui assura l’intérim entre février et avril 2019 , le temps que Malpass s’installe. Depuis, nous le remarquons, la Banque Mondiale est engagée dans une entreprise de rajeunissement des effectifs de manière parfois violente. Les démissions s’accumulent. Les mises au placard aussi,cas du sénégalais Mahtar Diop, exilé à la vice-présidence de la Banque mondiale pour les Infrastructures depuis le 1er juillet 2018 mais sans emprise réelle sur les décaissements. Le département Afrique a subi beaucoup de secousses par ailleurs. D’ailleurs, l’on s’interroge sur le recyclage de certains cadres de la Banque Mondiale, aux CV légèrement gonflés pour certains, casiers judiciaires égratignés pour d’autres, à la Banque Africaine de Développement.

Du reste, Kristalina Georgieva, experte en environnement, n’en est pas moins néo-libérale, partisane de la “vérité des prix”, doctrine du FMI qui a mis l’Argentine à genoux et qui menace aujourd’hui l’Afrique. Envoyée sur les traces de Christine Lagarde, qui a démissionné pour aller présider la Banque centrale européenne (BCE), celle qui lorgnait l’ONU vient accorder les violons du multilatéralisme avec le nationalisme à la Trump. «Avec Kristalina, le FMI et la Banque Mondiale vont travailler étroitement au service du développement comme ils ne l’ont jamais fait auparavant », a déclaré David Malpass en prélude au pot de départ de la fonctionnaire bulgare. Faut-il le rappeler, David Malpass fut soutien de première heure du candidat Donald Trump, durant l’élection présidentielle américaine de 2016. Celui-ci le nomme sous-secrétaire du Trésor des États-Unis pour les affaires internationales en septembre 2017 et impose sa candidature en 2019. Sa feuille de route est, au delà de littérature des institutions internationales, de ramener la Banque Mondiale sous le giron de la doctrine “America First” si chère à l’actuel locataire de la Maison Blanche.

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