Analyse: Devrions-nous en vouloir aux enseignants grévistes du Mali ?

La République du Mali est le pays de la sous-région francophone où les salaires des fonctionnaires sont restés parmi les plus bas.

Nos fonctionnaires ont accepté ce niveau de salaire pendant plusieurs décennies au nom du nécessaire sacrifice à consentir pour la construction nationale tant les défis étaient énormes et le sentiment nationaliste était très aiguë. En effet, l’option socialiste des premières années de notre indépendance, les dévalutions successives du franc CFA qui sont intervenues par la suite et l’imposition des programmes d’ajustement structurels par les institutions de la Bretton Woods (FMI et Banque mondiale) exigeaient de la part de tout un chacun un énorme sacrifice pour le Mali. Ce sacrifice se comprenait, tant que l’exemple venait d’en haut. Malheureusement, en cette période de guerre, le train de vie du chef de l’État, de sa famille et de ses gouvernements successifs a amené les fonctionnaires de ce pays à réaliser qu’ils ne doivent plus sursoir à leurs revendications corporatistes face à des dirigeants qui n’ont d’autres soucis que leur propre confort et leur propre sécurité. Ces immeubles et autres voitures de luxe qui circulent à Bamako ont aiguisé les appétits de tout le monde. Pourquoi faudrait-il continuer à se sacrifier pour le pays quand ceux qui auraient dû donner l’exemple ne se privent de rien ? Les syndicats des différentes corporations en arrivent à la conclusion que les caisses de l’État ne sont pas vides mais qu’ils sont tout simplement victimes de la mauvaise gestion et de la mauvaise répartition des revenus entre les fils d’un même pays. Ainsi, chacune des corporations de l’administration publique, en fonction de la clairvoyance et de la détermination des leaders syndicalistes, s’est mise à réclamer des augmentations de salaire et d’amélioration de conditions de travail les unes à la suite des autres.
En partie, voilà ce qui explique la multiplication et la longue durée des grèves dans l’administration publique (magistrats, enseignants, médecins, etc. ). Pour que la donne change il faut que l’exemple vienne d’en haut. Tant que des scandales financiers continueront à défrayer les chroniques dans ce pays, les revendications corporatistes iront crescendo. Il n’y a pas deux types de maliens comme le stipule notre devise: Un Peuple – Un But – Une Foi…

Smbou Sissoko

Source: Croissanceafrique.com

Commentaires

    Dignité

    (20 janvier 2020 - 12 h 42 min)

    Je pense que les gens ont intérêt à se méfier. Pourquoi comparer notre pays aux autres pays de la Sous Région où la vie est plusieurs fois plus difficile que chez malgré leur gros salaire la majorité d’entre eux n’arrivent pas à joindre les deux bout. Pour cause la vie est excessivement chère, les subventions des États sont presque inexistantes contrairement à chez nous ici. Sachez que 98% des maliens scolarisés ne payent leur frais de scolarité, c’est dans plusieurs domaines que l’État malien intervienne pour que nous vivions beaucoup plus mieux que ces supposés cousins de la Sous Région avec leurs GROS SALAIRES. Certes nous voulons une amélioration de nos salaires, mais raison garder . Vive le Mali que Dieu nous assiste et bénisse notre pays.

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