Kenya: Fin de la fusion du projet Telkom-Airtel pour contrer Safaricom

L’opérateur de téléphonie mobile Telkom Kenya, détenu à 60% par Helios Investment Partners LLP et à 40% par le gouvernement kenyan, a annoncé que le projet de fusion avec le concurrent Airtel ne se fera finalement plus. L’initiative engagée depuis janvier 2019,  visant à contrer Safaricom, l’opérateur télécoms qui se fait de plus en plus dominant sur le marché télécoms kenyan, a été abandonné sur une décision commune des deux parties, a annoncé Mugo Kibati le PDG de Telkom le 5 août.

Dans  un communiqué, il a expliqué que la société, « après avoir soigneusement examiné les options disponibles, a choisi d’adopter une direction stratégique alternative ». Telkom veut en fait profiter de la forte demande en connectivité à haut débit et en services numériques à valeur ajoutée suscitée par la pandémie de coronavirus pour renforcer son positionnement sur le segment entreprises et particuliers.

La compagnie – qui a lancé ses offres de connectivité 4G via les ballons stratosphériques de Loon (filiale du groupe américain Alphabet et consoeur de Google) le 7 juillet 2020 – voit ses chances de mieux s’en sortir tout seul grimper au regard de la forte demande actuelle en Internet de qualité. La société télécoms a en effet désormais le pouvoir de toucher aussi bien les zones les plus reculées que les centres urbains du pays. C’est la garantie d’un parc client en croissance.

Suite à l’arrêt du projet de fusion, Telkom a déclaré que l’avis de licenciement émis par la société le 31 juillet 2019 est retiré et que les licenciements envisagés précédemment ne s’appliquent plus. La société télécoms qui avait compressé son personnel, afin d’éviter des postes de travail redondants dans la nouvelle entité fusionnée, avait ainsi mis 575 employés à la porte.

Le projet de fusion entre Telkom et Airtel s’essouffle finalement 20 mois après avoir tenu bon face à divers obstacles, notamment l’enquête de la commission anticorruption et d’éthique (EACC) du Kenya contre Telkom sur des allégations de détournement de fonds publics dans le processus de privatisation, de recapitalisation et de restructuration du bilan de la société ; la pression de Safaricom qui réclamait à Telkom le remboursement d’une dette de 12,5 millions USD auquel l’opérateur leader demandait d’ailleurs l’Autorité des communications (CA) du Kenya de conditionner son accord de fusion.

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