Médias: Béchir Ben Yahmed, de « Jeune Afrique » est décédé à l’âge de 93 ans

Par croissanceafrique

Un monument de la presse panafricaine tire sa révérence. Le fondateur du groupe panafricain Jeune Afrique, Béchir Ben Yahmed, est décédé dimanche soir (2 mai 2021) à l’âge de 93 ans. A la tête du groupe Jeune Afrique depuis sa création, le 17 octobre 1960, Béchir Ben Yahmed fut éphémère ministre du premier gouvernement de Habib Bourguiba, en 1953, à peine âgé de 28 ans, avant de traverser la Méditerranée. A Paris, il va des décennies durant livrer son point de vue dans son éditorial « Ce que je crois », ouverture d’un journal devenu plus qu’un journal au sein des élites de l’Afrique francophone. L’hebdomadaire dont le premier numéro est paru le 21 novembre 1961 a survécu à toutes les épreuves et à su s’adapter aux mutations technologiques.

Jeune Afrique a fêté ses 60 ans en octobre 2020 sous la houlette de son capitaine, un homme de médias exceptionnel mort presque la plume à la main. « Fondée par un Africain du nord qui, en 1960, ne connaissait presque rien de l’Afrique subsaharienne, Jeune Afrique a été peu à peu accepté par nos frères subsahariens qui le considèrent aujourd’hui comme leur journal. C’est là pour moi un grand motif de satisfaction et même de fierté », disait-il dans un entretien paru en octobre dans « Leader« . Entretien où BBY sa plus grande frustration: « Ma plus grande frustration est de voir que le continent africain n’a pas encore pris le chemin du développement et de la démocratie. Et surtout que les systèmes éducatifs et de santé y fonctionnent si mal, sauf exception. Or nous savons tous que si les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas bien éduqués et bien soignés, leurs pays ne se développeront pas demain ». Et de conclure, « Peut-être aurai-je, si Dieu le veut, la force et le temps d’écrire ce que j’aurai vu, entendu et appris au cours des cinq ou six dernières décennies : le témoignage d’un acteur dont le parcours professionnel a débuté avec les années 1950 ».

Parti, la plume à la main, ce monument de la presse laisse derrière lui un grand journal avec, aux manettes, Amir Ben Yahmed, en charge du développement, son frère Marwan et l’éditorialiste François Soudan, un trio appelé à faire un pour égaler son mentor.

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