UEMOA: la balance des paiements globale des pays membres affiche un excèdent de 15,8 milliards de F CFA en 2020

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Le solde global de la balance des paiements des pays membres de l’UEMOA (Union Economique Monétaire Ouest Africaine) est ressorti excédentaire de 15,8 milliards F CFA en 2020 après un excédent de 1.635,1 milliards F CFA enregistré un an plus tôt selon le rapport Annuel 2019-2020 de la  Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

La Banque Centrale Ouest Africaine explique que cet indicateur économique touchant les pays membre de l’Uemoa est dû  à  un environnement marqué par la crise sanitaire mondiale de la Covid-19.

Cette évolution dit-elle est liée à la baisse des entrées nettes de capitaux au titre du compte financier, conjuguée avec une aggravation du déficit courant, dont les effets ont été atténués par la consolidation de l’excédent du compte de capital.

Par ailleurs, le solde courant est ressorti à -5.101,9 milliards, soit une dégradation de 16,7% en un an, en lien essentiellement avec l’aggravation du déficit de la balance des biens et services (-1.017,7 milliards), atténuée par un redressement des entrées nettes au titre des comptes des revenus primaire et secondaire (+288,8 milliards).

La BCEAO précise dans son rapport annuel que  le déficit de la balance commerciale est ressorti en hausse de 14,7%, en raison d’une baisse des exportations (-6,9%) plus prononcée que celle des importations (-5,2%). L’évolution des exportations résulte essentiellement du recul des réexportations (-46,0%), ainsi que des ventes de pétrole (-38,6%), de coton (-16,0%), de cacao (-5,3%) et de noix de cajou (-0,4%) dans un contexte de repli de la demande mondiale.

En outre, l’effet de la baisse de ces ventes est toutefois atténué notamment par la bonne tenue des exportations d’or (+15,6%). Plus spécifiquement, le repli des expéditions de pétrole et de noix de cajou a été induit par la chute des cours de ces produits sur les marchés internationaux.

S’agissant des importations, La banque centrale a indiqué que  leur contraction est notamment imputable à l’allègement de la facture pétrolière (-21,5%) et, dans une moindre mesure, à la baisse des acquisitions de biens d’équipement et intermédiaires (-1,5%), dont les effets sont modérés par la hausse des achats à l’extérieur des biens de consommation courante (+3,8%).

Toutefois, l’atténuation dit-elle de la facture pétrolière est en ligne avec la chute des cours internationaux, consécutive au repli de la demande mondiale. S’agissant de la baisse des acquisitions de biens d’équipement et intermédiaires, elle s’explique par le ralentissement des travaux relatifs aux grands chantiers prévus en 2020.

Il s’agit principalement du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) de British Petroleum (BP) prévu entre le Sénégal et la Mauritanie ainsi que de la construction du pipeline de transport du pétrole au Niger et au Bénin. Quant aux importations des biens de consommation, elles ont poursuivi la hausse tendancielle observée depuis 2012 (chiffres officiels de la BCEAO).

Cependant, le déficit de la balance des services s’est accentué de 22,3%, en raison principalement du repli des flux touristiques (-40,3%), consécutif à l’adoption des mesures barrières dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la Covid-19. Toutefois, la réduction de la facture du fret (-2,2%), subséquente à la baisse des importations, a contribué à atténuer l’aggravation du déficit des services.

Quant au solde du compte de revenu primaire, la BCEAO a indiqué qu’il s’est établi à -2.281,7 milliards, en dégradation de 2,7%, sous l’effet de la hausse des paiements d’intérêts au titre de la dette publique et des dividendes aux investisseurs étrangers.

Pourtant, l’institution financière a tablé sur un excédent du compte de revenu secondaire a enregistré une hausse de 11,9%, en lien avec le rebond des aides budgétaires reçues par les pays de l’Union et, dans une moindre mesure, la progression des transferts de fonds des migrants dont les flux à destination de l’UEMOA sont apparus résilients face à la crise sanitaire mondiale. Rapporté au PIB, le déficit courant est ressorti à 5,6% en 2020 contre 4,9% en 2019.

Notons que l’excédent du compte de capital s’est renforcé de 42,8% par rapport à l’année précédente, en relation notamment avec la hausse des dons-projets dans la plupart des Etats membres de l’Union. En tenant compte des transactions en capital, le besoin de financement s’est établi à 3.337,6 milliards, en hausse de 6,4%.

Daouda Bakary koné

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