(CROISSANCE AFRIQUE)-L’union Nationale des travailleurs du Mali a célébré la fête du travail le 1er Mai 2023 à travers une conférence débat dans l’enceinte de la bourse du travail. Cette édition 2023 est placé sous le signe « de la paix et de la cohésion sociale ». Elle était dirigé par le secrétaire administratif du bureau M. Issa Bengaly en présence de nombreux militants.
M. Bengaly a d’entrée de jeu souligné que le Mali, célèbre la journée internationale du travail, dans un contexte particulièrement rude pour les travailleuses et travailleurs, mais aussi pour le peuple Malien << Si depuis la 2 ème République jusqu’aux années 90 et 2000, les acquis du peuple c’est à dire nos sociétés et entreprises d’État ont disparu à coup de mesures de bradages , de privatisation quasiment improvisées, encore les effets de cette politique de désindustrialisation endeuillent de nombreuses familles.
À ces victimes sont venus s’ajouter des milliers de jeunes diplômés, soit un total au chômage des villes et des campagnes, la morosité dans l’économie nationale, dans la prise des affaires par une jeunesse bien formée, bien éduqué >> a t- il martelé avant d’ajouter que leur centrale a pourtant appuyé tous les gouvernements par des conseils, par des suggestions, afin d’éviter au pays l’implosion.
Aux dires de M. Bengaly, le 1er Mai a cessé d’être une revendication des 08 heures de travail. Il incarne la volonté des travailleuses et travailleurs d’accéder à des conditions de travail, de vie propre au statut d’hommes. Voilà pourquoi dit – il , partout l’on réclame une autre politique, une plus forte participation des travailleurs à l’élaboration du destin de leurs pays.
Cette quête ne peut se réaliser qu’au terme d’une réelle volonté politique de rédemption de la production, d’où la nécessité de relancer fortement l’agriculture, l’élevage et la pêche ; la reprise en main de nos entreprises industrielles victimes de mauvais choix politiques ; l’obligation d’aménager des institutions financières adaptées à nos besoins ; la révision du système éducatif à tous les niveaux entre autres.
Il a aussi mis l’accent sur l’une des particularités de la fête du 1er Mai 2023 , qui est la non confection des tenues de fête. Il a invité les militants à comprendre que les deux usines des textiles la COMATEX – SA et la BATEX -CI sont confrontées à des difficultés d’ordre économiques.
L’autre particularité selon lui, c’est qu’il n’y aura pas de défilé. Cela est dû en partie au contexte sécuritaire du pays. Une façon pour l’ UNTM d’exprimer sa compassion envers les victimes civiles et militaires tombées sous le champ de d’honneur.
M. Bengaly a également fait savoir qu’avec l’insécurité permanente de plus d’une décennie, les séquelles de la pandémie du COVID 19, et de l’embargo illégitime de la CEDEAO, le Mali traverse une situation socioéconomique et de développement critique. Il a cité des points en souffrance comme la restitution et la protection des parcelles d’expérimentation de l’IER ; l’intégration des enseignants ECOM qui pose problème ; la situation des travailleurs compressés et des partants volontaires ; la violation de la liberté syndicale, les camarades syndicalistes au niveau de la mine d’or de SOMOSY à SYAMA qui sont licenciés pour avoir observé une grève entre autres.
Notons que le secrétaire administratif n’a pas manqué d’accentuer que l’ UNTM suit avec intérêt la situation de litige qui oppose les opérateurs téléphoniques ( orange, sotelma- Malitel ) au REMACOTEM. Il a conclu par dire que l’UNTM note avec satisfaction la montée en puissance de notre vaillante armée et lui témoigne toute sa solidarité et invite les pouvoirs publics à prendre toutes les mesures pour mettre fin aux multiples délestages d’eau et d’électricité qui commencent à causer préjudice aux populations.
Kadidia Doumbia