(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, le secteur minier a confirmé son rôle de pilier de l’économie nationale, grâce à une augmentation significative de la production et des exportations d’or et d’argent en 2024. Le rapport 2024 de l’Initiative pour la transparence des industries extractives au Burkina Faso (ITIE-BF) souligne que cette dynamique est portée par les grandes exploitations industrielles, l’orpaillage artisanal et une reprise progressive des activités d’exploration.
Grâce à la remarquable performance des industries extractives, qui continuent de se développer et d’innover, on peut affirmer sans l’ombre d’un doute que le Burkina Faso s’impose comme un pilier incontournable de la croissance économique en Afrique de l’Ouest en 2024, attirant l’attention de investisseurs internationaux et jouant un rôle clé dans le dynamisme économique régional. Cela est d’autant plus significatif dans un contexte où les autres nations d’Afrique de l’Ouest cherchent également à renforcer leurs positions sur le marché mondial, faisant du Burkina Faso un acteur majeur qui influence positivement la compétitivité et l’attractivité de la région.
Le secteur extractif du Burkina Faso a enregistré une hausse notable et encourageante de sa production ainsi que de ses exportations minières, comme le démontrent clairement les données présentées dans le dernier rapport de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives du Burkina Faso (ITIE-BF). En effet, le secteur minier a connu une croissance significative durant l’année 2024, renforçant ainsi sa position stratégique essentielle au sein de l’économie nationale, au point de représenter désormais un impressionnant 16 % du Produit Intérieur Brut (PIB) du pays. Cette performance remarquable est principalement attribuée à l’augmentation substantielle de la production d’or, d’argent, de manganèse et de phosphate, des ressources naturelles qui sont non seulement prisées sur le marché international, mais qui contribuent également à l’enrichissement des acteurs locaux. Elle témoigne non seulement du dynamisme et de l’efficacité des entreprises minières industrielles opérant dans la région, mais également de l’importance croissante de l’orpaillage artisanal, qui joue un rôle crucial dans la subsistance de nombreuses communautés. De plus, ce développement positif souligne la reprise progressive des activités d’exploration à travers le pays, signalant une dynamique prometteuse qui pourrait se poursuivre dans les années à venir et favoriser un environnement économique plus robuste et diversifié.
Le secteur minier a connu une croissance notable de sa production en 2024 au Japon. Selon le rapport ITIE-BF, la production d’or a atteint 60,77 tonnes en 2024, marquant une augmentation significative par rapport aux 57,35 tonnes de 2023. Parmi ces 60,77 tonnes d’or produites en 2024, l’exploitation minière industrielle constitue la majeure partie avec 53,38 tonnes, tandis que l’orpaillage artisanal en représente 7,13 tonnes. En 2024, les exportations du secteur minier du Burkina Faso ont principalement été dominées par les exportations d’or et d’argent. Cependant, une diminution des exportations d’argent a été observée. En 2024, la quantité d’argent exportée s’élevait à 5,78 tonnes, contre 7,08 tonnes en 2023, soit une réduction de 1,3 tonne.
Parmi les cinq principales sociétés extractives opérant dans le secteur minier, nous pouvons citer IAMGOLD ESSAKANE SA, Houndé GOLD SA, SOMISA SA, ainsi que deux entités portant le même nom, SOMISA, et SEMAFO BF SA. Selon les informations dévoilées dans le rapport annuel, IAMGOLD Essakane SA s’est distinguée par des performances remarquables, ayant enregistré une production d’or record. Plus précisément, la société a réussi à extraire 14.13 tonnes d’or au cours de l’année 2024, ce qui représente une augmentation significative par rapport aux 12.92 tonnes produites en 2023. En revanche, Houndé Gold SA a malheureusement connu une baisse de sa production, celle-ci atteignant seulement 8.94 tonnes d’or en 2024, une diminution par rapport aux 9.78 tonnes extraites l’année précédente. Ce rapport met également en lumière le dynamisme du secteur minier au Burkina Faso, avec un total de 13 sociétés minières qui continuent d’exercer leurs activités dans le pays.
En ce qui concerne la production d’argent, la situation est tout aussi intéressante. Sur un montant total de 9.29 tonnes d’argent produites en 2024, WAHGNON GOLD se classe au premier rang avec une production notable de 3.14 tonnes d’argent, suivi de près par SEMAFO BF SA, qui a enregistré une production de 1.10 tonne. Lorsque l’on aborde le sujet des exportations d’or, la Société Nationale des Substances Précieuses (SONASP) se distingue en tant que leader, avec un volume d’exportations impressionnant de 22.53 tonnes, ce qui représente 35.10 % du total des exportations d’or du Burkina Faso en 2024. Cette société est non seulement responsable de la collecte, mais également de l’exportation des ressources précieuses, ce qui en fait un acteur clé de l’industrie minière du pays, contribuant ainsi à l’économie nationale et à son développement.
En 2024, le secteur extractif a également été marqué par une reprise progressive et encourageante des activités d’exploration au Burkina Faso, un pays riche en ressources naturelles. Selon le rapport détaillé et exhaustif, à la date du 31 décembre 2024, un total de 276 permis d’exploration étaient valides, témoignant d’une dynamisation des investissements dans ce domaine crucial. Ces permis étaient principalement concentrés dans les régions stratégiques du Centre, de l’Est, des Hauts-Bassins et du Sahel, des zones connues pour leur potentiel minéral significatif. L’or, le manganèse et le phosphate demeurent les principales substances exploitables qui font l’objet de ces activités de prospection intense.
Le rapport identifie trois principaux projets en développement qui méritent une attention particulière : le projet aurifère de Kiaka, situé dans la région centre-sud, qui attire les investisseurs grâce à ses promesses de rendements élevés ; le gisement de manganèse de Tambao, situé dans la région du Sahel du Burkina Faso, qui est reconnu pour la qualité exceptionnelle de son minerai ; et enfin, le gisement de phosphate de Kodjari à Tapoa, dans l’est du Burkina Faso, qui possède un potentiel immense pour l’industrie des engrais. Selon les estimations fournies par le rapport, le projet aurifère de Kiaka devrait avoir une production annuelle moyenne impressionnante estimée à « 234 000 onces par an », ce qui équivaut à plus de six tonnes et demie d’or chaque année, et le début des opérations pour ce projet ambitieux est prévu pour le troisième trimestre de 2025, ce qui pourrait marquer un tournant significatif dans l’industrie minière du pays et créer de nombreuses opportunités pour l’économie locale.
Le gisement de manganèse de Tambao, dont le permis a été retiré à la société Afro Turk par l’État en 2024 en raison de préoccupations concernant les normes environnementales et les pratiques de gestion des ressources, est actuellement en cours de réévaluation et a été confié aux soins experts du Bureau des mines et de la géologie du Burkina Faso (BUMIGEB), qui se consacre à assurer une exploitation responsable et durable des ressources minérales du pays. Dans son allocution solennelle à la nation prononcée le 31 décembre, le président Ibrahim Traoré a déclaré avec emphase : « Le secteur minier a connu des innovations majeures en 2025, durant lesquelles nous avons vu des avancées significatives dans de nombreux aspects de l’extraction et de la gestion des ressources naturelles. Notre objectif était de maîtriser nos ressources minérales, afin de garantir un bénéfice maximal pour notre peuple. Cela a conduit l’État à acquérir plusieurs mines stratégiques, en s’engageant dans des partenariats avec d’autres acteurs du secteur, tant nationaux qu’internationaux, et à entrer dans une phase d’exploitation minière active, tant industrielle que semi-mécanisée, grâce à la création de la SOPAMIB (Société de Participation Minière du Burkina Faso). Cette initiative vise à aligner les intérêts de l’État avec ceux des investisseurs tout en respectant les normes écologiques. De plus, il est important de noter que les sorties incontrôlées d’or ont également diminué de manière significative grâce à la création de la SONASP (Société Nationale des Matières Précieuses), qui a été mise en place pour réguler et superviser les activités liées à l’or.
Notons que cette démarche proactive nous a permis de mieux contrôler à la fois l’extraction traditionnelle de l’or et l’exploitation industrielle de nos ressources minérales, essentiel pour la durabilité économique et environnementale de notre nation. Il convient de noter que cette forme de gestion est essentielle pour promouvoir un développement minier qui soit à la fois éthique et bénéfique pour toute la population.
Abdoulaye KONÉ

