(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Zimbabwe, un événement notable a eu lieu récemment, car le gouvernement, sous la direction de George Guvamatanga, le secrétaire permanent du ministère des Finances, a officiellement annoncé la conclusion d’un Programme de Suivi par les Services du Fonds (SMP) en collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI).
Cette annonce a été faite ce vendredi 6 février, soulignant l’importance de cette initiative pour l’avenir économique du pays. Ce programme informel, bien qu’il ne s’agisse pas d’un pacte contractuel dans le sens traditionnel, représente néanmoins une première étape significative vers un soutien financier potentiel à l’échelle internationale. Son objectif principal est de permettre la mise en œuvre et le soutien des réformes budgétaires et monétaires en cours, qui sont essentielles pour stabiliser l’économie zimbabwéenne.
D’une durée de dix mois, ce SMP a été conçu pour commencer le mois prochain, mais cette mise en œuvre dépendra de la rapidité avec laquelle toutes les formalités administratives seront complétées, comme l’a précisé avec soin M. Guvamatanga. Bien qu’il soit crucial de noter que ce programme n’inclut pas de financement immédiat ni d’approbation explicite par le Conseil d’administration du FMI, il représente tout de même une belle opportunité pour relancer la coopération entre le Zimbabwe et le FMI.
En effet, le SMP permettra d’établir un historique de réformes crédible, ce qui est indispensable pour préparer l’accès futur à des financements, qu’ils soient conventionnels ou concessionnels, renforçant ainsi la résilience et la viabilité de l’économie nationale à long terme.
Pour Wojciech Maliszewski, qui occupe le poste stratégique de chef de mission du Fonds Monétaire International (FMI), cet accord récent s’inscrit parfaitement dans la stratégie élaborée par le Zimbabwe pour la régularisation de ses arriérés financiers et la restructuration de sa dette. En effet, le pays africain avait déjà tenté de mettre en œuvre un Programme de Mesures de Soutien (SMP) en 2019, initiative qui fut finalement abandonnée à cause du non-respect des recommandations cruciales émises par le Fonds, soulignant ainsi les défis complexes auxquels le Zimbabwe est confronté dans sa volonté de stabiliser son économie.
Malgré ces diverses initiatives et efforts, le Zimbabwe demeure englué dans des défis économiques endurcis et persistants. L’inflation, bien que la situation semble s’être légèrement stabilisée, a affiché une baisse à 4,1 % en monnaie locale en janvier. Parallèlement, l’inflation en dollars américains a également enregistré une chute significative, atteignant seulement 1 % sur l’année, ce qui indique une dynamique de marché en mutation.
De plus, les réserves d’actifs étrangers, qui sont vitales pour soutenir la monnaie locale, ont atteint un niveau de 1,2 milliard USD en décembre 2025. Ceci est particulièrement important pour la Zimbabwe Gold (ZiG), la nouvelle monnaie lancée en 2024, qui vise à renforcer la confiance des investisseurs et des consommateurs.
Cependant, malgré ces progrès apparents, le pays doit encore faire face à la lourde tâche de régler ses arriérés extérieurs, qui sont estimés à un impressionnant total de 7,4 milliard USD, dus auprès de créanciers officiels depuis le début des années 2000. Ce défi colossal doit être surmonté avant que le Zimbabwe puisse véritablement profiter d’un programme de soutien financé par le FMI, qui pourrait potentiellement offrir une bouffée d’air frais et une relance nécessaire à son économie en difficulté.
Abdoulaye KONÉ

