(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Cameroun, l’État nourrit une ambition fervente et visionnaire de métamorphoser en profondeur la gestion de ses données relatives au commerce extérieur, un secteur crucial pour l’économie nationale.
D’après un appel à manifestation d’intérêt émis par Joseph Tedou, Directeur Général de l’Institut National de la Statistique (INS), le pays se prépare activement à engager un consultant spécialisé dont la tâche sera d’accompagner la mise en œuvre d’un Système d’Information Statistique Intégré et Intelligent (SISII), un outil destiné à optimiser les opérations du commerce extérieur. L’objectif fondamental de cette initiative est d’établir une plateforme unique et sophistiquée, capable de collecter, centraliser, traiter et analyser de manière efficace les flux d’échanges commerciaux avec le reste du monde, ce qui pourrait non seulement améliorer la transparence, mais également favoriser des décisions économiques éclairées.
Ainsi, la mission du consultant consistera spécifiquement à réaliser un diagnostic minutieux des dispositifs existants afin de cerner les points faibles, de proposer une architecture cible adaptée au système intégré, et surtout de faciliter l’interopérabilité entre les systèmes d’information des différentes administrations concernées. Parmi celles-ci figurent, en premier lieu, les Douanes, qui jouent un rôle essentiel dans la régulation des échanges, suivies du Guichet Unique du Commerce Extérieur (Guce), des ports de Douala (PAD) et de Kribi (PAK), ainsi que de la Société Générale de Surveillance (SGS) et des services rattachés au ministère des Finances, tous devant collaborer pour assurer le succès de ce projet ambitieux et essentiel pour l’avenir commercial du Cameroun.
Bien que le coût global de cette implémentation ne soit pas encore communiqué de manière détaillée au grand public, le statisticien gouvernemental, manifestant un certain enthousiasme pour ce projet prometteur, a affirmé avec assurance que le financement nécessaire pour mener à bien cette initiative sera inévitablement déduit du Projet d’harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (Hiswaca).
Ce dernier, qui représente un enjeu crucial pour le développement et la modernisation des systèmes statistiques dans la région, bénéficie déjà d’un soutien significatif et substantiel de la Banque mondiale, témoignant de l’importance accordée à l’amélioration de la collecte et de l’analyse des données afin de mieux répondre aux besoins socio-économiques des pays concernés.
Il est important de souligner qu’un accord de crédit d’une somme conséquente de 63,5 milliards de FCFA avait été signé en janvier 2025, un acte majeur entre le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, l’Institut national de la statistique (INS) et cette prestigieuse institution de Bretton Woods. Cet accord vise principalement à moderniser et à renforcer l’efficacité du Système national d’information statistique (SNIS).
Notons qu’à travers cette réforme ambitieuse et nécessaire, le Cameroun entend non seulement « améliorer son système statistique pour le rendre performant et durable », mais également veiller à l’adoption des normes internationales reconnues afin de produire des indicateurs critiques, qui sont indispensables pour le suivi rigoureux et efficace des programmes de développement nationaux qui visent à propulser le pays vers un avenir prospère et durable.
Daouda Bakary KONÉ

