(CROISSANCE AFRIQUE)- L’Afrique, véritable géant sur le plan agricole, représente le premier bassin mondial de production de cacao, étant responsable d’environ 70 % de l’offre globale en fèves de cacao, ce qui souligne son importance cruciale dans l’industrie chocolatée à l’échelle internationale.
En tant que source d’approvisionnement préférentielle pour de nombreux traders, entreprises et multinationales de divers horizons, cette région a traversé, au cours de la dernière décennie, une période de forte croissance démographique et économique, suivie d’un net coup de frein qui a impacté les acteurs du secteur.
Entre les saisons de récolte de 2015/2016 et 2020/2021, les deux puissants pays producteurs du continent, à savoir la Côte d’Ivoire et le Ghana, ont enregistré une hausse substantielle de leurs volumes de production, ce qui a eu des répercussions significatives sur le marché mondial du cacao. En Côte d’Ivoire, par exemple, la récolte de fèves de cacao est passée d’environ 1,58 million de tonnes durant la saison 2015/2016 à un pic impressionnant de 2,25 millions de tonnes en 2020/2021, une augmentation favorisée par la distribution efficace de semences de cacao à haut rendement, conçues pour résister à la sécheresse et à diverses maladies qui menacent les vergers.
Cependant, le pays n’a pas pu maintenir ce niveau élevé de production et a connu un repli significatif, atteignant 2,12 millions de tonnes en 2021/2022. Par la suite, il y a eu une légère remontée de la production à 2,24 millions de tonnes en 2022/2023, mais la situation s’est de nouveau détériorée, entraînant une chute alarmante à 1,67 million de tonnes pour la saison 2023/2024, le tout sur fond de conditions climatiques de sécheresse qui menacent l’avenir même de cette industrie essentielle pour l’économie locale et mondiale.
Au Ghana, la filière de production de cacao a affiché une évolution nettement plus en dents de scie, marquée par de nombreux facteurs exogènes. Ces fluctuations s’expliquent par des conditions météorologiques capricieuses, qui peuvent varier d’une saison à l’autre, ainsi que par le vieillissement des plantations qui peut affecter la qualité et la quantité des récoltes. De plus, les producteurs font face à des problèmes récurrents, tels que la maladie virale du cacaoyer, connue sous le nom de Swollen Shoot, qui continue d’impacter négativement les rendements.
Après avoir atteint un niveau impressionnant de 1,05 million de tonnes en 2020/2021, la production a connu une chute drastique, tombant à 683 000 tonnes en 2021/2022. Cette tendance baissière s’est poursuivie, avec une réduction à 654 000 tonnes en 2022/2023, avant d’atteindre un faible niveau de 530 000 tonnes en 2023/2024, suscitant des inquiétudes quant à l’avenir de cette culture essentielle pour l’économie locale.
Dans un contraste marqué, le Nigeria et le Cameroun évoluent sur une trajectoire plus régulière en matière de production de cacao. Bien que leurs récoltes demeurent modestes par rapport à celles du Ghana, elles ont néanmoins progressé lentement et de manière stable au cours des dernières années. Pour être plus précis, la production du Nigeria a connu une augmentation significative, passant d’environ 200 000 tonnes à 350 000 tonnes entre 2015/2016 et 2023/2024. Parallèlement, le Cameroun a également enregistré une croissance, avec ses chiffres de production qui sont passés de 211 000 tonnes à 320 000 tonnes durant la même période.
Notons que dans cette optique, il est essentiel d’examiner en détail l’évolution de l’offre au niveau de ces principaux producteurs, depuis 2015/2016, ainsi que les prévisions pour l’année de production 2024/2025, afin de mieux comprendre les dynamiques qui façonnent le marché du cacao aujourd’hui.
Moussa KONÉ

