(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Cameroun, le Trésor public doit procéder, le mardi 17 février 2026, à une émission d’obligations du Trésor assimilables (OTA) d’une maturité de 15 ans sur le marché des titres publics piloté par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), l’institut d’émission des six pays de la Cemac, à savoir le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad, et la République centrafricaine.
Cette opération, qui s’inscrit dans un calendrier prévisionnel très attentivement établi pour les émissions de titres publics de l’État camerounais au premier trimestre 2026, vient tout juste d’être publiée par la BEAC et soulève l’intérêt des investisseurs.
L’enjeu de cette émission ne se limite pas strictement au financement que le gouvernement camerounais peut en tirer pour ses projets, mais constitue également un événement significatif dans l’histoire des marchés de titres publics de la région. Cette opération marque en effet la toute première émission d’OTA à 15 ans réalisée dans la zone Cemac depuis le lancement, en décembre 2011, du marché des titres publics de la BEAC, un jalon qui vient avec son lot de défis et d’opportunités.
À travers cette initiative, le Trésor public camerounais entend engager une véritable évaluation de la capacité du marché à absorber des titres de maturité supérieure à 10 ans, une durée qui a jusqu’ici été le plafond observé lors des émissions de valeurs du Trésor. Ce test pourrait ouvrir la voie à une diversification des offres et des maturités, permettant ainsi d’envisager des stratégies d’investissement plus variées et adaptées aux besoins des investisseurs sur le long terme, tout en renforçant la confiance dans les capacités du marché financier régional.
Le test est d’autant plus significatif que, sur ce marché, les OTA les plus souscrites sont généralement celles dont la maturité n’excède pas 5 ans, a rapporté un habitué de ces opérations. Cette préférence des investisseurs pour les horizons courts peut éclairer le volume relativement modeste recherché sur la tranche 15 ans : 20 milliards FCFA (environ 36,2 millions $).
À titre de comparaison, il convient de noter que le calendrier prévisionnel de l’État du Cameroun, qui est un outil essentiel pour prévoir les flux financiers et orienter les décisions économiques, mentionne une émission d’Obligations de Trésor Assimilables (OTA) d’une maturité comprise entre 1 et 5 ans, prévue le 10 février 2026, dans le but ambitieux de mobiliser un montant significatif de 250 milliards FCFA.
Ce niveau d’émission illustre une confiance plus marquée des autorités économiques camerounaises dans les maturités de 5 ans au plus, ce qui reflète une stratégie de gestion proactive visant à soutenir les investissements à long terme tout en maintenant une certaine flexibilité financière.
Au demeurant, il est important de souligner qu’une part essentielle des opérations financières annoncées pour le premier trimestre de l’année 2026 doit passer par des émissions de bons du Trésor assimilables (BTA). Ces derniers, qui demeurent un instrument privilégié pour gérer la liquidité à court terme, présentent une maturité n’excédant généralement pas 52 semaines. Ils sont couramment utilisés pour mobiliser des financements destinés à résorber des tensions ponctuelles de trésorerie qui peuvent surgir au sein des administrations publiques.
À l’inverse, les OTA, avec leurs caractéristiques distinctes, se distinguent par des maturités plus longues — souvent de 10 ans et plus — et sont en général mobilisées pour financer des projets d’envergure, tels que des infrastructures critiques ou des initiatives de développement, lesquels nécessitent un engagement financier sur le long terme.
Selon le calendrier minutieusement élaboré et récemment publié par la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), le Trésor public camerounais a fixé un objectif ambitieux concernant le financement public, visant une enveloppe globale impressionnante d’un peu plus de 619 milliards de francs CFA sur le marché monétaire au cours du premier trimestre de l’année 2026.
Notons que ce montant substantiel est stratégiquement réparti, avec environ 300 milliards de francs CFA devant être mobilisés à travers des émissions d’Obligations de Trésorerie Autorisées (OTA), qui constituent un instrument clé pour soutenir les objectifs financiers de l’État.
Pour rappel, il est prévu que le Trésor public obtienne un peu plus de 319 milliards de francs CFA par le biais d’émissions de Bons du Trésor Assimilables (BTA), soulignant ainsi une approche diversifiée et proactive pour répondre aux besoins de financement de l’État tout en renforçant la liquidité sur le marché monétaire.
Zangouna KONÉ

