(CROISSANCE AFRIQUE)-En République démocratique du Congo, le gouvernement a liquidé une part substantielle de sa dette gigantesque. Cette initiative devrait restaurer la confiance des investisseurs internationaux envers le régime de Denis Sassou Nguesso.
Avec un montant considérable de 4 418,03 milliards FCFA, représentant une part impressionnante de 61,11% du portefeuille total, la dette intérieure est désormais au centre des préoccupations croissantes de la politique budgétaire congolaise. Cette situation alarmante se traduit par une préoccupation marquée face à la manière dont la dette intérieure surpasse significativement la dette extérieure, créant ainsi une dynamique qui soulève des interrogations sur la soutenabilité et la gestion des finances publiques.
En conséquence, le risque souverain est placé au cœur du marché domestique, suscitant des débats parmi les économistes et les décideurs quant à l’impact potentiel sur la croissance économique, la stabilité financière et, par extension, le bien-être des citoyens congolais dans un environnement économique souvent instable.
Ainsi, la structure de dette du Congo est actuellement caractérisée par une dominance marquée des Obligations Trésor à court terme, particulièrement celles d’une durée de 5 à 10 ans, représentant 26,87% de l’ensemble de la dette, ainsi que des créanciers sociaux qui constituent 17,22%, ce qui illustre clairement la centralité et l’importance cruciale du marché régional des titres publics dans le financement des activités et des opérations de l’État congolais.
Cependant, un véritable signal d’alerte émerge dans le contexte du calendrier des échéances de paiement associé à cette dette. Il est alarmant de constater que 15,47% de la dette totale doit arriver à maturité dans les douze prochains mois, ce qui équivaut à une proportion significative de 11,60% du Produit Intérieur Brut (PIB) du pays. Ce volume considérable qui doit être refinancé dans un laps de temps aussi court engendre une contrainte directe et pressante sur la trésorerie de l’État. En conséquence, le risque de défaillance ne se limite pas à une préoccupation théorique ou distant, mais se manifeste désormais sous une forme immédiate et pressante, menaçant la stabilité financière du pays et nécessitant une attention urgente de la part des décideurs économiques et politiques.
Par ailleurs la maturité moyenne de la dette intérieure se chiffre à 5,48 ans, tandis que pour la dette extérieure, elle atteint un total plus conséquent de 7,83 ans. Cette différence souligne un aspect crucial de la gestion de la dette, où le stock d’encours domestique se caractérise par une rotation plus rapide sur le marché, ce qui expose l’État à des conditions fluctuantes non seulement du marché régional, mais également aux capacités d’absorption des banques locales et aux défis liés aux arbitrages de liquidité.
Aussi, ces chiffres illustrent un changement significatif dans le centre de gravité du risque financier, suggérant que les risques auparavant associés à la dette étrangère se déplacent vers des préoccupations plus intérieures. Par ailleurs, la part de la dette en devises étrangères demeure notable, s’élevant à 37,94 %, ce qui accentue encore les dangers liés aux fluctuations monétaires. Toutefois, la tension la plus pressante qui en découle est désormais de nature domestique, remettant en question le modèle classique d’un choc d’endettement pour le rendre plutôt axé sur une nécessité perpétuelle de refinancement.
Néanmoins, il convient de souligner un aspect positif dans cette situation complexe : les marchés financiers ont récemment témoigné d’une confiance renouvelée envers le pays, comme en témoigne le succès éclatant de sa première offre publique d’obligations internationales, réalisant un montant impressionnant de 700 millions de dollars américains, avec une échéance soigneusement fixée à janvier 2035.
Mariam KONE

