(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, l’année 2024 a marqué un tournant significatif dans la dynamique économique du pays, avec un excédent de 347,5 milliards de FCFA enregistré dans sa balance des paiements. Ce chiffre impressionnant contraste fortement avec le déficit de 555,3 milliards de FCFA observé l’année précédente, en 2023.
Selon les analyses fournies par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), cette amélioration notable s’inscrit dans un contexte de reprise de l’activité économique, particulièrement stimulée par la vitalité du secteur agricole, qui a su tirer parti des conditions climatiques favorables et des efforts de modernisation.
Les transactions économiques et financières entre le Mali et le reste du monde ont ainsi connu une transformation positive, se traduisant par une amélioration marquée de la position extérieure du pays en 2024. Les données publiées par la Bceao révèlent que le solde global de la balance des paiements a affiché un excédent de 347,5 milliards de francs CFA, une évolution qui témoigne d’une gestion plus rigoureuse des ressources et d’une stratégie d’importation plus ciblée, en comparaison avec le déficit de 555,3 milliards de francs CFA de l’année précédente.
Cette évolution favorable peut être attribuée à plusieurs facteurs clés. Tout d’abord, une diminution significative des importations a joué un rôle central, permettant ainsi de réduire la pression sur la balance commerciale. Parallèlement, le pays a bénéficié d’une augmentation des investissements directs étrangers, qui ont afflué dans divers secteurs, notamment l’agriculture et les infrastructures. De plus, les emprunts et les crédits commerciaux ont également contribué à renforcer la position économique du Mali, facilitant ainsi le financement de projets essentiels pour le développement.
Cependant, malgré cette embellie, le compte des transactions courantes demeure déficitaire. Ce déficit, bien qu’en réduction, souligne les défis persistants auxquels le pays fait face. La nécessité d’une diversification économique et d’une amélioration des exportations reste cruciale pour assurer une stabilité à long terme. Les autorités maliennes continuent de travailler sur des politiques visant à renforcer la résilience économique, tout en s’efforçant d’attirer davantage d’investissements et d’améliorer les conditions de vie de la population. Cette réduction significative du déficit courant représente l’un des éléments cruciaux qui contribuent à l’amélioration de la position extérieure du Mali, un pays en quête de stabilité économique et de développement durable. En effet, cette contraction des importations a des répercussions profondes sur les échanges commerciaux avec le reste du monde, illustrant ainsi comment les choix économiques internes peuvent influencer les relations internationales et la balance commerciale.
Dans ce contexte, il est essentiel de noter que le compte de capital a enregistré un excédent impressionnant de 131,4 milliards de francs CFA, une hausse marquée par rapport aux 64,8 milliards de francs CFA observés en 2023. Cette dynamique renforce non seulement la contribution des opérations en capital à l’équilibre extérieur, mais elle témoigne également d’une confiance croissante des investisseurs dans l’économie malienne.
Parallèlement, les flux financiers ont connu une progression remarquable, le compte financier affichant des flux nets de 907,5 milliards de francs CFA en 2024, en nette augmentation par rapport aux 368,7 milliards de francs CFA de l’année précédente. Cette hausse spectaculaire est étroitement liée à l’évolution des investissements directs étrangers ainsi qu’à d’autres formes d’investissements, soulignant l’importance des capitaux étrangers pour le développement économique du pays.
L’amélioration du solde global de la balance des paiements ne se limite pas à ces chiffres impressionnants ; elle se manifeste également par une augmentation des créances nettes des institutions de dépôt sur les non-résidents. En effet, ces créances ont connu une hausse significative de 339,2 milliards de francs CFA entre 2023 et 2024, illustrant ainsi la solidité croissante du secteur bancaire malien et sa capacité à attirer des ressources financières internationales. Cette évolution positive est un indicateur clé de la résilience économique du Mali et de son potentiel à renforcer sa position sur la scène économique mondiale.
Cette progression économique remarquable résulte non seulement de la situation florissante de la Banque centrale, dont les créances ont connu une augmentation significative de 118,3 milliards de francs CFA, mais également de celle des autres institutions de dépôts, qui ont enregistré une hausse impressionnante de 220,9 milliards de francs CFA. Cette dynamique témoigne d’une confiance croissante dans le système financier, renforçant ainsi la stabilité économique du pays.
Dans ce contexte, l’année 2024 se distingue par une croissance économique soutenue, particulièrement alimentée par le secteur agricole. En effet, le Produit Intérieur Brut (PIB) réel du Mali a progressé de 5,0 % en 2024, marquant une légère augmentation par rapport à la croissance de 4,7 % observée en 2023. Cette amélioration des comptes extérieurs s’inscrit dans un cadre où l’activité économique s’accélère, offrant des perspectives encourageantes pour l’avenir.
La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) attribue principalement cette performance à la robustesse du secteur primaire, en particulier à la bonne tenue de l’agriculture. Cette dernière a été favorisée par des conditions climatiques globalement favorables, ainsi que par des initiatives publiques novatrices destinées à soutenir la production agricole. Ces efforts ont permis de dynamiser le secteur, augmentant ainsi la production et la rentabilité des exploitations agricoles.
Cependant, cette dynamique de croissance s’est accompagnée d’une remontée de l’inflation, un phénomène qui mérite d’être souligné. Le taux d’inflation moyen annuel a en effet grimpé de 2,1 % en 2023 à 3,2 % en 2024, dépassant légèrement la norme communautaire de 3 % établie par l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Cette hausse des prix, notamment des produits alimentaires et des services de transport, soulève des préoccupations quant à son impact sur le pouvoir d’achat des ménages et sur la stabilité économique à long terme. Les autorités devront donc naviguer prudemment entre la nécessité de soutenir la croissance et celle de maîtriser l’inflation pour garantir un développement économique équilibré et durable.
Sur le front budgétaire, le déficit global, incluant les engagements et les dons, a montré une amélioration significative, passant de 3,9 % du PIB en 2023 à 2,6 % en 2024. Cette réduction du déficit témoigne d’une gestion financière plus rigoureuse et d’efforts accrus pour stabiliser l’économie, ce qui pourrait potentiellement renforcer la confiance des investisseurs et favoriser un climat économique plus favorable.
Cependant, malgré ce progrès sur le plan budgétaire, la position extérieure globale du Mali reste préoccupante et continue d’afficher un déficit. En effet, bien que le pays ait réussi à revenir à un excédent de la balance des paiements, la position extérieure globale s’est établie à -9.941,9 milliards de francs CFA en 2024, une détérioration par rapport à -9.373,6 milliards en 2023. Cette situation souligne la fragilité de l’économie malienne face aux fluctuations des marchés internationaux et aux pressions extérieures.
Notons que la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) attribue cette détérioration à l’augmentation du stock de passifs financiers envers les non-résidents, ce qui indique une dépendance croissante du pays vis-à-vis des financements extérieurs. Cette dynamique pourrait poser des défis à long terme pour la stabilité économique du Mali, rendant nécessaire une attention particulière aux politiques économiques et aux stratégies de développement visant à réduire cette vulnérabilité.
Moussa KONÉ

