Nigeria: l’État d’Ogun participe à la réorganisation du réseau portuaire national pour améliorer la connectivité des infrastructures

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Nigeria, dans le cadre d’une cérémonie marquante qui s’est tenue à Paris, le gouvernement de l’État d’Ogun au Nigeria a officialisé un partenariat stratégique avec DP World en signant des protocoles d’accord, le jeudi 24 septembre 2026.

Ainsi, ces accords portent sur le développement ambitieux du Gateway Deep Seaport, un port en eaux profondes qui promet de transformer le paysage maritime du pays, ainsi que sur la création de la Blue Marine Special Economic Zone, une zone économique spéciale qui vise à stimuler l’innovation et l’industrialisation. 

Selon les déclarations des autorités nigérianes, ces deux projets d’envergure devraient mobiliser plus de 7 milliards USD d’investissements initiaux, une somme qui témoigne de l’importance et de l’impact potentiel de ces initiatives sur l’économie locale et nationale. L’objectif de ces projets est de constituer un ensemble cohérent, conçu pour renforcer les capacités logistiques et industrielles du Nigeria, facilitant ainsi le commerce international et améliorant l’accès aux marchés mondiaux. 

Ce développement stratégique est perçu comme un catalyseur essentiel pour la croissance économique de la région, promettant de créer des milliers d’emplois et d’attirer davantage d’investissements étrangers, tout en positionnant le Nigeria comme un acteur clé dans le secteur maritime et industriel en Afrique.

Le futur port, qui doit être implanté à Ogun Waterside, est conçu avec un tirant d’eau impressionnant de 18 mètres et un linéaire de quai de 4 kilomètres, offrant ainsi une capacité d’accueil sans précédent pour des navires de plus grande envergure. Ce projet ambitieux vise à alléger la pression croissante sur les infrastructures portuaires historiques de Lagos, notamment celles d’Apapa et de Tin Can Island, qui ont longtemps été saturées par un trafic maritime intense. En permettant l’accueil de navires plus grands, le nouveau port ne se contente pas d’augmenter la capacité de transport, mais il se positionne également comme un acteur clé dans la modernisation des échanges commerciaux au Nigeria.

Le choix stratégique d’implanter ce port à Ogun revêt une importance particulière, car cet État se trouve dans l’orbite économique dynamique de Lagos. Ogun est déjà reconnu comme l’un des principaux pôles manufacturiers du Nigeria, abritant une multitude d’industries, notamment des cimenteries et d’autres secteurs générant des besoins logistiques considérables pour le transport de marchandises. En intégrant directement l’infrastructure portuaire à une zone économique spéciale de 10 000 hectares, le projet vise à créer un écosystème industriel intégré. Cette zone économique permettra non seulement de transformer des intrants importés, mais également de valoriser les matières premières locales nigérianes, favorisant ainsi la production pour les marchés domestiques et internationaux. Ce développement portuaire promet de catalyser la croissance économique régionale, en stimulant l’emploi et en renforçant la compétitivité du Nigeria sur la scène mondiale.

Cette articulation entre le port et l’industrie s’inscrit dans une logique de rapprochement stratégique entre les lieux de production, les infrastructures d’import-export et les marchés, un processus essentiel pour optimiser les chaînes logistiques. Dans un contexte où les coûts et les délais logistiques demeurent des enjeux cruciaux pour les entreprises nigérianes, cette initiative vise à renforcer l’efficacité des opérations commerciales. Le gouvernement fédéral, conscient de ces défis, prévoit de renforcer les connexions routières, ferroviaires et électriques nécessaires au bon fonctionnement du corridor logistique. En particulier, la section de 28 km de l’autoroute côtière Lagos-Calabar, située dans l’État d’Ogun, est présentée comme un maillon essentiel de cette connexion, facilitant ainsi le transit des marchandises entre le port et les zones industrielles environnantes.

Dans ce cadre, on observe une multiplication des projets autour de Lagos, qui se positionne comme un pôle névralgique du développement économique du pays. Le projet de port en eau profonde Gateway, par exemple, intervient dans un contexte où Abuja cherche à élargir progressivement l’architecture portuaire du pays pour répondre à la demande croissante de transport maritime. La stratégie nationale de développement de l’économie maritime et bleue prévoit plusieurs nouveaux ports, notamment à Badagry, Ilaje, Olokola, Agge, Ibaka, Burutu, Snake Island et Bakassi. Ces projets visent non seulement à améliorer l’infrastructure portuaire, mais aussi à stimuler l’économie locale en créant des emplois et en attirant des investissements étrangers. En somme, cette dynamique de développement portuaire et industriel est essentielle pour renforcer la compétitivité du Nigeria sur le marché international et pour soutenir la croissance de son économie maritime.

Plusieurs de ces projets ont connu des avancées récentes, témoignant d’un dynamisme croissant dans le secteur portuaire nigérian. Début septembre, APM Terminals et Badagry Port Development Ltd. ont signé un protocole d’accord qui ouvre la voie à des négociations exclusives pour le développement du Badagry Deep Seaport, situé à l’ouest de Lagos. Ce projet ambitieux vise à accueillir de grands porte-conteneurs, renforçant ainsi la position stratégique du Nigéria dans le commerce maritime international. En plus de cela, il prévoit le développement d’activités de transbordement, ce qui pourrait transformer Badagry en un hub logistique majeur dans la région. Cependant, il est important de noter que ce projet reste soumis à la conclusion des négociations et aux étapes réglementaires et d’investissement ultérieures, ce qui souligne les défis bureaucratiques souvent rencontrés dans ce type d’initiatives.

À Lagos, un autre développement significatif a eu lieu lorsque MSC a signé, en mars, une concession de 45 ans avec Nigerdock pour le développement d’un terminal à conteneurs à Snake Island. Ce terminal, une fois achevé, devrait disposer d’un quai de 910 mètres et d’une profondeur pouvant atteindre 18 mètres, conçu spécifiquement pour accueillir des navires de haute mer. Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser et à étendre les infrastructures portuaires du pays. Parallèlement, le gouvernement d’Abuja poursuit la modernisation de ses plateformes existantes, notamment Apapa et Tin Can Island, dans le cadre d’un programme d’investissement ambitieux annoncé à environ 1 milliard USD. Ces efforts visent à améliorer l’efficacité logistique et à stimuler le commerce, tout en répondant aux besoins croissants d’une économie en pleine expansion.

Reste toutefois la question cruciale de l’exécution, qui se révèle souvent être le véritable défi dans la mise en œuvre de projets d’envergure. Les précédents projets portuaires nigérians, tels que celui de Badagry, ont parfois connu des calendriers prolongés et des retards significatifs, avec des initiatives qui remontent à plus d’une décennie sans aboutir à des résultats concrets. Ce constat soulève des inquiétudes quant à la capacité du pays à mener à bien des projets similaires dans un délai raisonnable.

Pour le projet portuaire Gateway, plusieurs facteurs clés devront être pris en compte pour garantir son succès. La mobilisation effective des capitaux est primordiale, car sans un financement adéquat, même les meilleures intentions peuvent rester lettre morte. De plus, la réalisation des accès routiers et ferroviaires est essentielle pour assurer une connectivité fluide entre le port et les principales voies de transport, facilitant ainsi le transit des marchandises. 

La disponibilité de l’électricité, souvent négligée dans les projets d’infrastructure, jouera également un rôle déterminant. Un approvisionnement énergétique fiable est indispensable pour faire fonctionner les installations portuaires modernes et attirer des entreprises qui dépendent de l’énergie pour leurs opérations. En outre, l’attraction d’investisseurs dans la zone spéciale est cruciale pour stimuler l’activité économique et créer des emplois, ce qui pourrait transformer la région en un pôle d’attractivité.

Notons que la coordination entre les différents nouveaux ports sera un facteur décisif pour éviter les chevauchements et maximiser l’efficacité des opérations. Une approche intégrée et collaborative entre les parties prenantes, y compris le gouvernement, les investisseurs et les entreprises locales, sera nécessaire pour transformer ces annonces prometteuses en capacités opérationnelles tangibles et durables.

Moussa KONÉ 

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Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

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