(CROISSANCE AFRIQUE)-La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) félicite le gouvernement et le peuple de la République du Kenya, sous la direction du Président William Samoei Ruto, à l’occasion de la pose de la première pierre de la raffinerie de pétrole Dangote à Lamu. Cet investissement majeur pourrait accroître considérablement les capacités de raffinage de l’Afrique, renforcer la sécurité énergétique régionale et accélérer la transition du continent, passant de l’exportation de matières premières au commerce de produits à valeur ajoutée.
Cette raffinerie, dont le coût est estimé à environ 16 milliards de dollars américains, devrait avoir une capacité de traitement de 700 000 barils de pétrole brut par jour et créer environ 60 000 emplois. Son implantation régionale et son potentiel commercial soulignent son importance en tant qu’atout industriel pour l’Afrique de l’Est. La raffinerie devrait traiter du pétrole brut provenant de producteurs africains, notamment d’Ouganda, et fournir des produits pétroliers raffinés au Kenya et à l’ensemble du marché régional.
L’importance économique de la mise en place d’une capacité de raffinage à grande échelle est considérable. Un projet de cette envergure offre l’opportunité de valoriser davantage les produits au sein des économies kényane et africaine, de renforcer les chaînes d’approvisionnement industrielles locales, de créer des emplois et des services associés, de réduire la dépendance aux importations de produits raffinés et de créer une nouvelle plateforme pour les exportations régionales.
Ce projet intervient à un moment crucial pour la sécurité énergétique de l’Afrique. Les récentes perturbations du détroit d’Ormuz et l’instabilité persistante autour de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb ont une fois de plus mis en évidence la vulnérabilité des économies africaines fortement dépendantes de chaînes d’approvisionnement lointaines pour leurs matières premières stratégiques. Dans ce contexte, le développement des capacités de raffinage africaines est essentiel à la promotion de l’industrialisation, au développement du commerce intra-africain et à la résilience économique.
Le Dr George Elombi, président et directeur général d’Afreximbank, a déclaré : « L’importance de cet investissement dépasse largement la simple construction d’une raffinerie. Il témoigne de la capacité de l’Afrique à concevoir, financer et construire d’importants actifs industriels répondant directement aux besoins de nos économies. En raffinant davantage ce que nous produisons sur le continent, nous valorisons davantage nos ressources naturelles, créons des emplois et renforçons les liens commerciaux entre les économies africaines. »
Il a poursuivi : « Les récentes perturbations des routes énergétiques et maritimes mondiales nous ont rappelé le coût de la dépendance. L’Afrique dispose des capitaux, des entreprises et des marchés nécessaires pour réduire cette dépendance. Des investissements comme celui-ci nous donnent la capacité de production de raccourcir les chaînes d’approvisionnement, de préserver nos réserves de change, de renforcer la sécurité énergétique régionale et de développer une plus grande résilience de nos économies. »
La pose de la première pierre de la raffinerie de Lamu s’inscrit dans un contexte de développement plus large des infrastructures industrielles et commerciales du Kenya, un programme dans lequel Afreximbank est devenu un partenaire important et de long terme du gouvernement kényan. En 2023, Afreximbank a lancé un programme pays de 3 milliards de dollars américains pour le Kenya afin de soutenir des projets prioritaires des secteurs public et privé. Ce programme englobe le développement industriel et la production destinée à l’exportation, l’adaptation au changement climatique et l’irrigation, les infrastructures commerciales, le soutien aux petites et moyennes entreprises et des initiatives visant à mieux connecter les entreprises kényanes aux marchés régionaux et continentaux. Il comprend un mécanisme d’adaptation au changement climatique de 800 millions de dollars américains pour le Kenya, destiné à soutenir le développement de l’irrigation et l’amélioration de la productivité agricole.
En outre, en collaboration avec le gouvernement kényan et ARISE Integrated Industrial Platforms (Arise IIP), Afreximbank soutient le développement du parc industriel intégré de Dongo Kundu à Mombasa et de la zone économique spéciale II de Naivasha. Un montant d’environ un milliard de dollars américains a été alloué au développement de ces deux parcs industriels intégrés, qui devraient renforcer la production destinée à l’exportation, attirer les investissements nationaux et internationaux et consolider la position du Kenya comme porte d’entrée industrielle et logistique vers l’Afrique de l’Est et centrale. Selon les projections gouvernementales, ces deux projets devraient créer environ 140 000 emplois une fois pleinement opérationnels.
La Banque a également renforcé son soutien à la Zone économique spéciale de Vipingo, dans le comté de Kilifi. En 2025, Afreximbank et le groupe KCB ont annoncé un accord de financement de 800 millions de dollars américains, dont 500 millions provenaient d’Afreximbank et 300 millions de KCB, afin d’accompagner les entreprises s’implantant dans la zone. Afreximbank avait déjà débloqué 40 millions de dollars américains pour le développement de la ZES. Ce financement cible les entreprises des secteurs de la production manufacturière, de l’agroalimentaire, de la logistique et d’autres secteurs à forte valeur ajoutée.
Afreximbank félicite également M. Aliko Dangote, président-directeur général de Dangote Industries Limited, et le groupe Dangote , pour leurs engagements continus et importants en faveur du développement industriel de l’Afrique.
Afreximbank et le groupe Dangote ont bâti un partenariat de longue date axé sur l’industrialisation, la valorisation des ressources et le développement des capacités de production en Afrique. Depuis 2015, Afreximbank a investi environ 15 milliards de dollars américains dans le groupe Dangote. Ce soutien a notamment consisté en un financement majeur pour le complexe de raffinage et de pétrochimie de Dangote au Nigéria. En 2025, Afreximbank a signé un accord de financement de 1,35 milliard de dollars américains dans le cadre d’un financement syndiqué d’environ 4 milliards de dollars américains pour Dangote Industries Limited. En 2026, la banque a ensuite garanti 2,5 milliards de dollars américains d’un prêt syndiqué senior à terme de 4 milliards de dollars américains pour la raffinerie, représentant ainsi la plus importante participation au sein du syndicat. Depuis le début des opérations de raffinage, Afreximbank a également fourni une ligne de crédit de fonds de roulement d’un milliard de dollars américains et a agi en tant que conseiller financier pour l’initiative « Naira contre pétrole brut ».
Ces interventions complètent les efforts plus vastes déployés par Afreximbank pour développer un marché africain pour les produits pétroliers raffinés en Afrique. En 2025, la Banque a mis en place un programme de financement renouvelable des importations intra-africaines de pétrole d’un montant de 3 milliards de dollars américains, destiné à faciliter des importations intra-africaines de pétrole d’une valeur d’environ 10 à 14 milliards de dollars américains et à permettre aux acheteurs africains de s’approvisionner davantage en produits raffinés auprès des raffineries opérant sur le continent.
Le Dr Elombi a déclaré : « Des entreprises africaines comme Dangote Industries démontrent ce qu’il est possible d’accomplir lorsque l’ambition africaine se conjugue à des investissements d’envergure. Elles transforment nos ressources naturelles en capacités de production – raffineries, usines, chaînes d’approvisionnement, emplois et produits commercialisables sur les marchés africains. Afreximbank est fière d’avoir soutenu l’expansion industrielle du groupe Dangote, notamment son important investissement dans une raffinerie au Nigéria. Sa décision d’étendre son influence industrielle en Afrique de l’Est est cruciale, car la transformation de l’Afrique dépendra de plus en plus des investissements transfrontaliers des entreprises africaines, du soutien des institutions financières africaines et de la mise en place par les gouvernements des conditions propices à la réussite de ces investissements. »
Afreximbank estime que le développement d’entreprises africaines compétitives à l’échelle mondiale et de chaînes de valeur régionales sera essentiel à la réalisation des objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Des investissements tels que la raffinerie de Lamu, conjugués aux parcs industriels et zones économiques spéciales émergents du Kenya, peuvent contribuer à faire évoluer le continent, actuellement dépendant des exportations de matières premières et des importations de produits manufacturés, vers une économie africaine de plus en plus autonome en matière de production, de transformation et de commerce.

