(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le Conseil malien des chargeurs (CMC), une organisation dédiée à la défense des intérêts des divers acteurs du commerce extérieur, comprenant les importateurs et les exportateurs, vient de vivre un moment crucial qui représente une véritable bouffée d’oxygène financière pour l’ensemble du secteur du commerce extérieur malien.
En effet, suite à une récente et significative mesure concernant la levée des pénalités portuaires qui pesaient sur des conteneurs maliens bloqués depuis longtemps au Port autonome de Dakar, au Sénégal, ce sont près de 3 000 conteneurs qui ont finalement été débloqués. Ces conteneurs représentent une valeur impressionnante, estimée à environ 30 milliards FCFA, ce qui souligne l’ampleur de cette opération. L’annonce de cette bonne nouvelle a été faite avec une grande fierté par le président du CMC, Bakissima Sylla, lors de la 16ª assemblée consulaire de l’institution, qui s’est tenue ce 7 février.
Cette opération, qui a été qualifiée de particulièrement décisive par les différents acteurs de la chaîne logistique, met un terme à une immobilisation qui devenait coûteuse pour les chargeurs maliens. Elle marque également une avancée concrète et palpable dans la défense de leurs droits et de leurs intérêts, dans un contexte régional de plus en plus difficile où les coûts portuaires et les délais logistiques pèsent lourdement sur la compétitivité des économies enclavées, rendant d’autant plus cruciale une telle initiative. Cette avancée pourrait donc représenter un tournant significatif pour le commerce extérieur du Mali, en offrant à ses acteurs la possibilité de relancer des activités économiques vitales.
Selon Bakissima Sylla, la levée de ces pénalités, qui représente une avancée significative dans le climat économique, est le fruit de l’implication directe et active des plus hautes autorités de la Transition, agissant notamment à travers le ministère des Transports et des Infrastructures. Au-delà des 3 000 conteneurs concernés par cette initiative, il est important de souligner que cette mesure a également profité à une société minière, entraînant l’annulation de pénalités qui portaient sur pas moins de 200 conteneurs supplémentaires, pour un montant global évalué à environ 1,5 milliard FCFA.
Ce geste constitue un signal fort envoyé aux opérateurs économiques, en particulier ceux du secteur extractif, qui sont souvent fortement dépendants de la fluidité des corridors logistiques nécessaires à leurs activités. En effet, cette réduction des contraintes financières suscite un regain d’optimisme parmi les investisseurs, renforçant ainsi leur confiance dans l’environnement des affaires.
Dans une autre démarche, le président du CMC a également mis en avant une avancée stratégique supplémentaire, à savoir la restitution au CMC de la gestion du Bordereau électronique de suivi des cargaisons (BESC), un outil essentiel qui permet une meilleure traçabilité et un suivi rigoureux des marchandises en transit. Cette réforme, qui a été formellement entérinée par un arrêté interministériel le 31 décembre 2025, marque un tournant important dans la gestion logistique des cargaisons et devrait contribuer à améliorer l’efficacité des opérations portuaires et terrestres, en simplifiant les processus tout en renforçant la transparence et la responsabilité.
Avec une perspective résolument tournée vers l’avenir, empreinte d’une ambition indéfectible, le CMC dévoile des ambitions claires et précises, illustrant son engagement envers le développement économique et logistique. Pour l’année 2026, son programme d’activités met en lumière plusieurs projets stratégiques, dont la création de ports secs à des emplacements soigneusement sélectionnés dans les régions essentielles de Kayes, Ségou et Sikasso.
Par ailleurs, ces ports secs sont conçus pour jouer un rôle crucial dans la décongestion des corridors d’importation, un enjeu majeur qui nécessite une attention particulière pour améliorer l’efficacité du transit des marchandises. En facilitant un accès direct et rapide aux services logistiques, le CMC vise également à rapprocher ces services des opérateurs économiques, leur permettant ainsi d’optimiser leurs chaînes d’approvisionnement et de réduire les coûts logistiques.
Notons que le programme inclut aussi la construction d’aires de repos judicieusement situées pour les chauffeurs routiers, un élément essentiel pour garantir le confort et la sécurité de ces professionnels sur les routes, en particulier aux postes frontaliers, où l’attente peut souvent être prolongée. Ces initiatives s’inscrivent dans une volonté globale d’améliorer l’infrastructure et le réseau logistique du pays, tout en répondant aux besoins croissants du commerce régional et international.
Daouda Bakary KONÉ

