(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burundi, les autorités s’engagent résolument dans la mise en place d’un système d’information sanitaire (SIS) interopérable, un projet ambitieux qui vise à transformer le paysage numérique de la santé dans le pays.
Un atelier technique national, qui s’est tenu du mardi 7 au vendredi 10 avril, a rassemblé les principaux acteurs du numérique en santé, y compris des experts en informatique, des professionnels de la santé et des représentants gouvernementaux.
L’objectif principal de cet atelier était de discuter et de concevoir des stratégies pour rendre interopérables les différentes plateformes de gestion des données sanitaires qui existent actuellement au Burundi. Le ministère de la Santé publique et de la lutte contre le Sida a souligné que le paysage numérique de la santé au Burundi est actuellement fragmenté et désorganisé.
Des outils tels que DHIS2, SIDAInfo et OpenClinic coexistent, mais ils ne communiquent pas efficacement entre eux. Cette situation engendre non seulement des duplications de données, mais aussi des incohérences qui compliquent la prise de décision et augmentent la charge de travail pour les agents de santé, qui doivent naviguer à travers plusieurs systèmes sans avoir accès à une vue d’ensemble cohérente des informations sanitaires. Les discussions lors de l’atelier ont porté sur plusieurs points cruciaux, notamment la cartographie des outils existants, ce qui permettra d’avoir une vision claire des ressources disponibles.
L’identification des flux d’échange de données prioritaires a également été un sujet central, afin de déterminer quelles informations doivent être partagées en priorité pour améliorer la qualité des soins. De plus, les participants ont travaillé sur la définition de standards techniques communs, en se basant notamment sur la norme internationale HL7 FHIR, qui est reconnue pour sa capacité à faciliter l’échange d’informations entre différents systèmes de santé.
Des solutions de médiation ont également été explorées, visant à faciliter l’interconnexion des systèmes et à garantir que les données puissent circuler de manière fluide et sécurisée entre les différentes plateformes. Cette initiative représente un pas significatif vers l’amélioration de la gestion des données sanitaires au Burundi, avec l’espoir qu’elle contribuera à renforcer l’efficacité des services de santé, à améliorer la qualité des soins offerts aux patients et à optimiser les ressources disponibles dans le secteur de la santé.
Les autorités burundaises sont déterminées à faire de cette interopérabilité une réalité, consciente que cela pourrait transformer positivement la santé publique dans le pays.
À terme, l’interopérabilité visée devrait non seulement améliorer la qualité des données, mais aussi transformer la manière dont les professionnels de santé accèdent et utilisent ces informations cruciales. En facilitant un échange fluide et efficace entre différents systèmes de santé, on s’attend à ce que les décisions cliniques soient plus éclairées et basées sur des données complètes et précises, ce qui pourrait potentiellement sauver des vies et optimiser les traitements.
De plus, cette interconnexion pourrait alléger considérablement la charge administrative qui pèse sur les professionnels de santé, leur permettant de se concentrer davantage sur les soins aux patients plutôt que sur des tâches administratives fastidieuses. Cependant, il est important de noter que, malgré ces promesses, ni le calendrier ni le budget du projet n’ont été rendus publics, laissant ainsi planer une certaine incertitude quant à la mise en œuvre de ces améliorations tant attendues.
Notons que cette opacité soulève des questions sur la transparence du processus et sur la manière dont les ressources seront allouées pour atteindre ces objectifs ambitieux.
Mariam KONE

