(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Nigeria, Proparco, qui est une filiale du groupe AFD spécialisée dans le soutien au secteur privé, a pris une initiative importante en accordant, la semaine dernière, une garantie de portefeuille d’une valeur de 9 milliards de nairas, ce qui équivaut à environ 6 millions de dollars, à la Wema Bank.
Cette garantie a pour objectif de faciliter l’accès au crédit pour les micro, petites et moyennes entreprises (MPME), qui jouent un rôle essentiel dans l’économie locale malgré les défis souvent rencontrés pour obtenir du financement.
La mise en œuvre de cette couverture s’effectue grâce à l’outil ARIZ, qui propose une garantie de perte finale aux institutions financières partenaires de l’AFD. Cette initiative couvre 50 % du risque de perte finale sur les prêts accordés, ce qui représente un levier considérable pour encourager les banques à prêter aux entreprises qui sont traditionnellement laissées de côté. Grâce à ce mécanisme, Wema Bank aura la possibilité de constituer, sur une période de deux ans, un portefeuille de crédits qui pourrait atteindre un total impressionnant de 18 milliards de nairas, au bénéfice d’un grand nombre de PME nigérianes. Ces entreprises, souvent exclues des circuits bancaires classiques, pourront ainsi bénéficier d’un soutien financier indispensable pour leur croissance et leur développement, favorisant ainsi une dynamique économique positive dans le pays.
Les financements prévus viseront des secteurs stratégiques qui sont jugés cruciaux pour le développement durable et l’économie nigériane, tels que l’agriculture, qui est le pilier de la sécurité alimentaire, la santé, pour améliorer le bien-être de la population, l’éducation, afin de garantir un avenir meilleur aux jeunes générations, l’industrie pharmaceutique, qui joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement en soins médicaux, et la finance verte, qui est de plus en plus reconnue pour son importance dans la lutte contre le changement climatique. De plus, des lignes de crédit à court terme seront également mobilisées pour répondre aux besoins en fonds de roulement des entreprises, ce qui est indispensable pour leur fonctionnement quotidien.
« En partageant les risques avec Wema Bank, nous contribuons de manière significative à accroître les volumes de financement destinés aux petites et moyennes entreprises (PME) nigérianes, qui sont souvent considérées comme le moteur de l’économie nationale. Cette opération répond à un enjeu majeur, à savoir soutenir l’entrepreneuriat et l’emploi dans un pays qui se caractérise par une forte croissance démographique, ce qui crée d’importants défis, ainsi que d’importants besoins en financement », a déclaré Xavier Echasseriau, directeur régional de Proparco pour le Nigeria. Il a également mis en exergue que ce partenariat, qui représente une première collaboration entre Proparco et Wema Bank, s’inscrit dans une perspective à long terme, avec l’ambition de bâtir un écosystème financier plus robuste et inclusif pour l’avenir.
Cette initiative privée intervient dans un contexte où les PME nigérianes, comme c’est le cas dans de nombreux pays africains, continuent de rencontrer des difficultés majeures pour accéder aux sources de financement nécessaires à leur développement. Selon les experts, ces obstacles à l’accès aux capitaux peuvent freiner l’innovation et limiter la capacité des entreprises à se développer et à créer des emplois, renforçant ainsi le besoin d’initiatives telles que celle-ci pour stimuler la croissance économique et améliorer les conditions de vie dans le pays.
En 2025, le gouvernement nigérian a décidé de mettre en place la National Credit Guarantee Company Limited (NCGC), une initiative qui s’inscrit dans un effort plus large pour soutenir la croissance économique du pays. Avec un capital initial substantiel de 100 milliards de nairas, cette société vise non seulement à atténuer le risque associé à l’octroi de prêts, mais aussi à élargir considérablement l’accès au financement pour un large éventail d’acteurs économiques, y compris les micro, petites et moyennes entreprises (MPME), les industriels, ainsi que les grandes entreprises. Cette démarche est essentielle dans le contexte économique nigérian, où l’accès aux ressources financières demeure un obstacle majeur pour de nombreux entrepreneurs, limitant ainsi le potentiel d’innovation et de développement.
Notons que grâce à la NCGC, le gouvernement espère favoriser un environnement propice à la création d’emplois, à l’encouragement de la compétitivité et à la stimulation de la croissance durable au sein des différentes branches économiques du pays.
Daouda Bakary KONÉ

