( suite à l’article publié dans le même journal avec pour titre : Pastef, entre rupture patriotique et contradictions du néo-souverainisme le 27/12/2025).
 dire vrai l’ article de Pape Touty semble obéir à un exercice de déconstruction plutôt qu’à une volonté de faire parler le réel politique en toute objectivité .
Nous nous accordons sur le contexte dans lequel nous est apparu le Pastef , sur la violence exercée sur les militants et sympathisants de Pastef et sur le comment on est arrivé à avoir une candidature surprise en la personne de Bassirou Diomaye choisi par Sonko.
Cependant sur beaucoup de considérations l’auteur dudit article s’est limité à présenter Pastef comme étant l’unique protagoniste de l’écosystème politique. L’Apr et ses violences sont gommés de l’échiquier qu’il présente.
Son analyse sur la séquence temporelle allant de 2021 à 2024 n’a pas expliqué le pourquoi de ces violences imposées à Pastef, n’a pas non plus donné les objectifs visés dans l’acharnement en voulant à tout prix faire capoter la candidature de Sonko.
L’auteur ne s’est pas appesanti sur l’utilisation de la justice pour arriver à cette fin de non-candidature de Sonko. Est-ce un oubli ? Dire oui est plus raisonnable. Il a affirmé dès l’entame que la candidature est empêchée juridiquement sans donner les raisons qu’il n’ignore pas du reste.
La communication de Pastef à travers les réseaux critiquée fait appel à la contribution de Mme Henriette Kandé de Sud quotidien. Celle-ci a qualifié, selon ses propres certitudes, la communicateurs pastefiens dans les réseaux par ce qu’elle appelle chroniqueurs de Pastef. Ces communicateurs ont été des acteurs décisifs de la victoire du 24 Mars. Et ils ne sont pas des intellectuels tapis dans les bureaux pratiquant narratif bien à leurs intérêts.
Comment veut-il que Pastef maintienne ses promesses alors qu’il sait que cette difficulté est liée par le fait que Bassirou Diomaye militant de Pastef s’est donné une nouvelle trajectoire et de nouveaux contenus. L’article est volontairement muet sur cette réalité.
L’effort fourni pour comprendre le non-respect des promesses aurait également suffi pour nous donner une explication de la contradiction principale qui est devenue la seule importante pour analyser le contexte politique actuel. Contradiction au cœur de certains blocages.
Celle ci oppose la ligne politique d’une dynamique concertée qui veut la restauration du système à celle qui veut répondre à l’appel du peuple : justice, reddition des comptes, gestion sobre, emplois etc.
Peut-être même Diomaye serait le maillon faible pour restaurer alors que la ligne de la radicalité est incarnée par Sonko qui voudrait que la promesse soit réalisée.
Au lieu d’analyser cette confrontation on veut nous imposer une analyse qui porterait uniquement sur Pastef. PPastef seul n’est pas le problème et les accointances et acteurs vont au-delà de ce qu’il nous présente.
L’auteur ne nous propose pas une solution de sortie de crise, il se limite à faire porter tout à Pastef alors qu’il sait que beaucoup de causes résident dans ce qu’il appelle hyper- présidentialisme.
Faire anéantir les espoirs que les masses portaient sur Pastef sans désigner un coupable est coupable de dénigrement. L’auteur voit tous les jours que la dynamique concertée de restauration fait appel aux anciens du régime qui avaient ruiné le pays.
Parler de deuxième mandat et d’éligibilité ou non de Sonko n’est pas le plus intéressant dans l’analyse parce que la confrontation des deux lignes politiques et la désignation du principal investigateur sont très importantes.
Quelle est la ligne que l’auteur a choisie comme il se désigne analyste politique dont la neutralité est très contestable ? Se limiter au diagnostic sans nous donner les remèdes reste problématique dans le contexte actuel.
Quand Pape Touty nous parle nous qui sommes militants de périphérie, peu avertis politiquement,nous nous attendions à des réponses plus concrètes quand le pays connaît des difficultés telles qu’il les fait ressortir.
Parler du leadership de Sonko comme celui d’un marabout et avoir soi- même un marabout est assez facile et aberrant. Et que dire de ce leadership quand il a permis en grande partie le départ de Macky Sall et tout son pouvoir. Ce leadership n’est pas tombé du ciel. Il est construit dans les luttes, dans l’emprisonnement, la répression, le salaire coupé, sa fidélité aux masses. Il n’est pas un leadsheap derrière un bureau. Il est une confiance que lui ont accordée des millions de jeunes surtout. Des jeunes pas dupes parce qu’ils sont à l’affût de dénonciations de toutes les trahisons de leur projet. La vérité finit toujours par triompher.
Ndiamé THIAM
Technicien Supérieur en Agriculture.

