Cameroun:  le Trésor Public envisage de mobiliser 400 milliards de FCFA sur le marché des titres publics en  2026

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Cameroun, dans un contexte économique en constante évolution, la direction générale du trésor et de la comptabilité publique met en place une stratégie ambitieuse visant à mobiliser progressivement un montant impressionnant de 400 milliards FCFA sur le marché des titres publics en  2026. 

Pour atteindre cet objectif financier, cette institution prévoit de recourir à une combinaison astucieuse d’émissions étalées dans le temps, d’un dialogue renforcé avec les investisseurs afin de bâtir des relations de confiance solides, ainsi qu’à une ouverture à des montages financiers innovants qui pourraient élargir significativement la base de financement nécessaire. Cette démarche proactive a été mise en lumière par les déclarations éclairantes de Samuel Tela, le directeur de la Trésorerie au ministère camerounais des Finances, qui a partagé ces informations lors d’une interview accordée à la télévision nationale, soulignant ainsi l’importance cruciale de cette initiative.

Cette levée de fonds s’inscrit parfaitement dans le cadre d’un décret présidentiel, signé le 21 janvier 2026, qui donne mandat au ministre des Finances, Louis Paul Motaze, d’engager des emprunts pouvant atteindre jusqu’à 1 650 milliards FCFA sur les marchés, tant intérieur qu’extérieur. Selon ce texte officiel et stratégique, il est stipulé que 1 000 milliards devraient être recherchés à l’international, tandis qu’une somme de 400 milliards sera obtenue par le biais d’émissions d’obligations du Trésor sur le marché domestique. 

De plus, 250 milliards de financements sont prévus pour être levés auprès d’organismes privés locaux, ce qui témoigne de la volonté du gouvernement camerounais de diversifier ses sources de financement et de sécuriser des ressources financières essentielles pour le développement socio-économique du pays.

Pour préparer efficacement cette opération d’envergure, le gouvernement a l’intention de commencer par formaliser un dialogue constructif avec les investisseurs locaux, qui jouent un rôle essentiel dans le financement de nos projets nationaux. Samuel Tela, qui est le responsable de la coordination de cette initiative, a annoncé avec anticipation une rencontre dédiée à la présentation exhaustive de la stratégie d’endettement prévue pour les mois à venir. 

Il est attendu que le ministre des Finances, une figure clé dans cette opération, rencontre en personne les investisseurs locaux, selon mes informations, le 19 février, afin de leur exposer en détail son plan de financement ambitieux qui devra être mis en œuvre pour l’année à venir. Cette rencontre sera une occasion privilégiée d’exposer la stratégie méticuleusement élaborée qui sera mise en place pour mobiliser la somme colossale de 400 milliards sur les marchés financiers, en plus des 250 milliards déjà négociés auprès des banques commerciales.

Au-delà de cette concertation initiale, il est important de souligner que la méthode choisie repose également sur un calendrier précis des émissions. En effet, le Trésor a clairement exclu toute possibilité de réaliser une levée massive en une seule opération. Cette approche prudente vise à limiter les tensions de liquidité sur le marché et à adapter les appels au marché au rythme des besoins budgétaires, qui peuvent évoluer au fil de l’année.

 « Par ailleurs, concernant ces 400 milliards, nous avons l’intention d’étaler les différentes opérations tout au long de l’année afin de permettre une gestion plus efficace et moins perturbatrice de nos engagements financiers. Nous n’envisageons absolument pas de lever simultanément 200 ou 300 milliards d’un seul coup, car cela pourrait engendrer des complications. Les émissions de titres de dette seront donc soigneusement planifiées et réparties, garantissant une approche équilibrée qui, nous l’espérons, suscitera la confiance des investisseurs. »

Yaoundé, la capitale dynamique du Cameroun, s’engage activement à diversifier ses sources d’investissement, cherchant des partenaires financiers bien au-delà des frontières restrictives du système bancaire national. Le responsable du Trésor, tout en soulignant l’importance croissante de la participation d’acteurs étrangers dans le paysage financier national, évoque également les nombreuses opportunités qui pourraient émerger de la reproduction de certaines opérations financières qui ont déjà fait leurs preuves dans le passé.

 Dans cette quête d’élargissement de la base d’investisseurs, notre équipe collabore étroitement avec la Banque centrale pour non seulement attirer les investisseurs directs étrangers, mais aussi pour créer un environnement propice à leur intégration. Nous avons d’ailleurs eu le privilège de connaître une expérience remarquable en 2025 avec Afreximbank, une institution qui s’est imposée comme un partenaire crucial pour l’État en matière de financement des projets. Cette banque a effectivement participé à une émission sur le marché domestique pour un montant impressionnant de 200 millions d’euros, ce qui équivaut à environ 200 milliards FCFA, un chiffre qui montre bien la portée et l’impact de cette collaboration. Vous comprenez donc à quel point cela revêt une signification importante. Ce modèle d’opération pourrait très bien être étendu à d’autres partenaires économiques, y compris ceux situés au sein de la sous-région, ce qui enrichirait encore davantage notre approche stratégique. Ainsi, nous continuons de travailler inlassablement dans cette direction, en veillant à ce que, s’il existe encore des marges résiduelles dans notre stratégie d’investissement, ce type d’opération puisse être efficacement dupliqué afin de maximiser le potentiel de développement économique.

Si le Cameroun mise sur cette approche graduelle, c’est aussi parce que le marché régional présente des limites structurelles notables après plusieurs années de recours massif et intensif de la part des États membres de la CEMAC, qui ont cherché à mobiliser des ressources financières à travers des instruments variés. D’abord, les États ont énormément sollicité le marché domestique, cherchant à répondre à leurs besoins croissants en financement pour soutenir des projets de développement, des infrastructures et d’autres initiatives prioritaires. Si vous examinez attentivement l’encours des titres entre 2020 et 2025, il est frappant de constater que le montant total a pratiquement été multiplié par cinq, reflétant ainsi une dynamique significative des émissions. 

En effet, on est passé d’environ 1 800 milliards de francs CFA en 2020 à près de 9 000 milliards de francs CFA, ce qui témoigne non seulement d’une volonté d’augmenter l’accès aux capitaux, mais aussi des défis sous-jacents liés à la gestion des ressources financières dans un contexte de croissance économique fluctuante et d’incertitudes sur les marchés régionaux.

Mariam KONÉ

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