(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Cameroun, un événement financier significatif s’est récemment produit, marquant une étape précieuse dans la gestion des ressources budgétaires du pays. Le trésor public a réussi à lever une somme impressionnante de 750 millions USD, ce qui équivaut à environ 415 milliards de FCFA, lors d’une émission d’euro-obligations sur les marchés internationaux.
Cette opération, bien que réussie, ne représente en réalité qu’une partie d’un programme d’emprunts internationaux beaucoup plus vaste, totalisant 1000 milliards de FCFA, qui a récemment été approuvé par le président de la République dans le cadre du budget pour l’exercice 2026. Pour assurer le financement du montant restant, les autorités financières camerounaises ont annoncé qu’elles travaillent activement à l’obtention de garanties financières auprès de la Banque africaine de développement ainsi que de l’assureur africain Atidi, dans l’espoir d’assurer une levée de fonds supplémentaire.
Dans un contexte où les enjeux économiques sont cruciaux, un responsable du gouvernement a déclaré : « Oui, effectivement, le chef de l’État a habilité le ministre des Finances à emprunter, je disais tantôt, 400 milliards sur les marchés financiers domestiques, à négocier auprès des banques 250 milliards et à émettre 1000 milliards sur l’international. » Il a souligné que l’étape actuelle de la mobilisation a été couronnée par la récolte de 415 milliards à l’international, et il a exprimé l’espoir que les conditions de marché vont s’améliorer pour permettre une mobilisation réussie du reliquat nécessaire, qui reste sur le marché international.
Cette déclaration met en lumière l’engagement du gouvernement à poursuivre des stratégies visant à renforcer l’économie nationale à travers des emprunts diversifiés tout en naviguant dans un paysage financier complexe. Pour sécuriser cette seconde phase cruciale du projet, le ministère des Finances du Cameroun s’efforce activement d’améliorer les conditions de financement en se basant sur des institutions financières qui bénéficient d’une notation de crédit supérieure à celle du pays.
Samuel Tela, un responsable au sein du ministère, a révélé que des discussions constructives sont en cours avec la Banque africaine de développement, visant à établir un partenariat solide où cette institution pourrait jouer le rôle de garant pour les futures opérations financières. Nous avons ainsi engagé des discussions approfondies avec la Banque africaine de développement dans le but d’obtenir un prêt garanti. Cela signifie que, dans le cas où il ne serait pas possible de nous octroyer un prêt directement à des taux concessionnels favorables, la Banque africaine de développement, qui dispose d’une notation de crédit bien plus avantageuse, ayant une classification de AA par exemple, pourrait se porter garant de notre endettement. Ce soutien nous permettrait alors d’accéder à des conditions de financement beaucoup plus intéressantes auprès des investisseurs, facilitant ainsi notre capacité à réaliser des projets ambitieux pour le développement économique du pays.
Par ailleurs, la même approche est suivie avec Atidi, un organisme panafricain d’assurance spécialisé dans la gestion des risques liés aux prêts souverains, dont le Cameroun est un membre actif et engagé. « Nous avons engagé la même démarche avec Atidi, qui est un organisme d’assurance pour les prêts du Cameroun, étant membre, et qui assure d’ailleurs la présidence du conseil d’administration, ce qui témoigne de son importance et de son influence dans le domaine.
Dans ce cadre, nous avons commencé des discussions constructives avec Atidi, en collaboration avec diverses compagnies d’assurance, afin qu’elles puissent également nous fournir leurs garanties nécessaires pour mobiliser tout ou partie des montants qui restent à financer, ce qui est crucial pour le développement économique de notre pays. »
Ces démarches s’inscrivent dans le cadre du décret significatif qui a été signé le 21 janvier 2026 par le président Paul Biya, un acte qui témoigne de sa volonté de dynamiser l’économie nationale et de soutenir le développement infrastructurel et social du pays. Ce décret autorise le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, à mobiliser jusqu’à 1 650 milliards de FCFA sur les marchés intérieur et extérieur. L’objectif principal de cette mobilisation financière est de fournir un financement adéquat pour divers projets de développement qui sont cruciaux pour l’amélioration du bien-être des citoyens, ainsi que pour le règlement des restes-à-payer de l’État. Selon les données gouvernementales, ces impayés, qui constituent une source d’inquiétude majeure, atteignaient déjà un montant impressionnant de 485,4 milliards de FCFA à la fin du mois de septembre 2025. Cette accumulation d’impayés, si elle n’est pas rapidement résolue, menace non seulement de fragiliser la trésorerie des fournisseurs publics, qui dépendent de manière critique des paiements ponctuels pour maintenir leur fonctionnement, mais elle pourrait également freiner l’activité et la croissance des entreprises qui sont particulièrement vulnérables et dépendent des commandes publiques pour leur survie et leur prospérité à long terme.
Notons que le décret présidentiel, un document stratégique de haute importance, répartit de manière détaillée et précise les sources de financement nécessaires pour soutenir les divers projets et initiatives gouvernementales envisagées. Sur le marché intérieur, une somme significative de 400 milliards de FCFA doit être levée, principalement à travers l’émission d’Obligations du Trésor ainsi que des Obligations du Trésor assimilables, permettant ainsi de garantir une stabilité financière et un accès aux fonds requis.
À cela s’ajoutent 250 milliards de FCFA, qui sont attendus sous forme de prêts directs provenant d’organismes privés domestiques, renforçant ainsi la participation du secteur privé dans le soutien aux finances publiques. En ce qui concerne le volet international, il est prévu d’attirer une somme impressionnante de 1 000 milliards de FCFA, ce qui témoigne d’une stratégie de financement ambitieuse et d’une volonté de s’appuyer sur des ressources extérieures pour compléter le financement nécessaire au développement national.
Korotoumou Sylla

