(CROISSANCE AFRIQUE)-En Côte d’Ivoire, le gouvernement s’engage résolument à renforcer son soutien au tissu entrepreneurial national, un enjeu crucial pour le développement économique et social du pays. Au 31 décembre 2025, l’État a effectué un paiement significatif s’élevant à 1 556,8 milliards FCFA, ce qui équivaut à près de 2,4 milliards d’euros, destiné à 6 721 fournisseurs et prestataires divers.
Cette opération est présentée comme un levier majeur et stratégique pour dynamiser le secteur privé, tout en consolidant la confiance économique parmi les acteurs du marché. Cette importante annonce a été faite ce 18 février par le ministre de l’Économie et des Finances, Adama Coulibaly, qui exerce également la fonction de président du Comité technique de Concertation.
L’annonce a eu lieu lors d’un déjeuner d’échanges, soigneusement organisé à Abidjan-Plateau, rassemblant un large éventail d’acteurs économiques. Cet événement s’inscrit dans le cadre du Comité de Concertation État Secteur Privé, une plateforme essentielle pour le dialogue entre le gouvernement et le secteur privé.
Ce volume de paiements massifs témoigne de la détermination des autorités ivoiriennes à atténuer les tensions de trésorerie auxquels font face de nombreuses entreprises, souvent affaiblies par des délais de règlement publics qui peuvent s’avérer longs et contraignants. En agissant de la sorte, le gouvernement s’efforce de créer un environnement économique plus sain et de favoriser une meilleure circulation de la liquidité dans l’économie réelle, ce qui pourrait à long terme contribuer à une croissance durable et à un renforcement de la résilience des entreprises locales.
Au-delà du règlement financier, qui joue un rôle crucial dans l’équilibre économique et la stabilité budgétaire du pays, le gouvernement ivoirien s’efforce de mettre en avant les résultats concrets et tangibles du dialogue permanent instauré avec le secteur privé, un acteur incontournable dans la dynamisation de l’économie nationale. Selon les déclarations du ministre en charge de ce dialogue, cette concertation très régulière et structurée a permis d’enregistrer des avancées notables et significatives sur plusieurs dossiers structurants, témoignant d’une volonté sincère d’améliorer le climat des affaires et de favoriser un partenariat fructueux entre les deux entités.
Parmi les nombreux progrès cités par le gouvernement figurent, entre autres, l’amélioration substantielle du système de métrologie, qui garantit la fiabilité des mesures commerciales et industrielles, la décongestion du Port autonome d’Abidjan, un enjeu majeur pour le commerce maritime, ainsi que des ajustements réfléchis liés à la fiscalité des entreprises, des enjeux qui ont souvent été identifiés comme de véritables freins à la compétitivité et à l’attractivité des investissements étrangers dans le pays. Cette approche collaborative devient progressivement un pilier fondamental de la gouvernance économique ivoirienne, dans un contexte où l’on attend de la contribution du secteur privé qu’elle s’intensifie et s’élargisse pour mener à une croissance durable et inclusive.
De plus, l’année 2026 marque également le lancement très attendu du nouveau Plan national de Développement 2026-2030, un projet ambitieux qui fixe des objectifs élevés et des ambitions soutenues pour l’économie ivoirienne, qui aspire à renforcer son réseau d’infrastructures, à diversifier ses secteurs économiques, et à améliorer le bien-être de sa population à travers des initiatives ciblées et innovantes.
Par ailleurs, le programme mis en place prévoit une croissance moyenne annuelle impressionnante de 7,2%, accompagnée d’un volume global d’investissements estimé à un monumental total de 114 838,5 milliards FCFA. Ce qui est particulièrement marquant, c’est que près de 70% de cet effort significatif d’investissement devrait provenir du secteur privé, tandis que le secteur public ne contribuera qu’à hauteur de 29,8%.
Cette répartition des contributions financières est perçue par les autorités comme un indicateur de la mutation progressive et essentielle du modèle économique de la Côte d’Ivoire, qui évolue vers un modèle de croissance de plus en plus tiré par l’initiative et les investissements privés.
« Nous restons convaincus que la poursuite du dialogue sera indispensable, » a souligné le ministre, mettant en lumière la nécessité cruciale d’établir un partenariat durable et synergique entre les entreprises, l’État, et la société civile. En effet, le gouvernement aspire désormais à franchir une nouvelle étape décisive dans cette dynamique. L’objectif affiché consiste à transformer le dialogue public-privé, qui a longtemps été perçu comme un simple cadre consultatif, en un véritable outil stratégique orienté vers des résultats économiques tangibles et mesurables.
Notons que « le dialogue public-privé doit passer d’un cadre consultatif à un dialogue stratégique capable de mobiliser toutes les parties prenantes autour d’objectifs communs et d’initiatives concertées, » a-t-il précisé, soulignant l’importance d’une collaboration étroite et active pour soutenir le développement économique et renforcer la compétitivité du pays sur la scène mondiale.
Moussa KONÉ

