(CROISSANCE AFRIQUE)- En Chine, les données officielles publiées par l’Administration générale des douanes indiquent qu’au cours des onze premiers mois de 2025, l’excédent commercial de la Chine a atteint 1 080 milliards de dollars, franchissant pour la première fois le seuil des mille milliards de dollars.
Cette performance témoigne de la forte résilience du commerce extérieur chinois. Pourtant, certains en profitent pour agiter la prétendue « deuxième vague de choc chinois » et accusent la Chine de « mener une stratégie d’appauvrissement des pays voisins ». Une observation attentive révèle que, de manière récurrente, diverses versions de la « théorie du choc chinois » refont surface, avec des discours sans cesse renouvelés, mais toujours empreints de la vieille rhétorique de la « menace chinoise ».
S’agit-il d’un « dumping de surcapacités » ou d’échanges commerciaux mutuellement bénéfiques ? D’un point de vue économique, la notion de « surcapacités » est un faux problème. À l’ère de la mondialisation économique, les différents pays participent au commerce international en vertu de leurs avantages comparatifs, permettant une optimisation des ressources à l’échelle mondiale. Il s’agit là d’une avancée majeure dans les modes de coopération économique humaine. Un pays adapte sa production à la demande tant intérieure qu’extérieure, et les exportations chinoises relèvent d’échanges normaux fondés sur des avantages comparatifs.
Sur le plan international, le dumping se caractérise par un prix de vente inférieur à la valeur normale, causant ou menaçant de causer un préjudice important à une branche de production du pays importateur, avec un lien de causalité entre les deux. Or, la Chine dispose de la chaîne industrielle la plus complète du monde, d’un réseau logistique performant, d’une abondante main-d’œuvre qualifiée et d’investissements soutenus en R&D. La compétitivité des produits chinois repose sur les économies d’échelle, la chaîne intégrée et le progrès technique. Dès lors que le marché est demandeur et que le rapport qualité-prix est avantageux, toutes les parties trouvent leur compte.
S’agit-il d’« empiéter sur l’espace de développement » ou de « favoriser une montée en compétence collaborative » ? En ce qui concerne la structure des exportations chinoises, ce sont les produits intermédiaires et les biens d’équipement qui contribuent principalement à la croissance des exportations globales. Par ailleurs, les entreprises chinoises favorisent activement la localisation de leurs chaînes d’approvisionnement. De grands constructeurs automobiles chinois comme Great Wall Motors et SAIC Motor ont successivement implanté des usines en Thaïlande et en Indonésie. Le taux de production locale de l’usine de BYD en Thaïlande atteint déjà 54 %. L’« effet de retombée technologique » de la Chine contribue efficacement à élever le niveau de l’industrie locale. Le groupe Midea a construit en Thaïlande la première usine de climatisation entièrement connectée en 5G d’Asie du Sud-Est, dont la technologie d’inspection qualité par 5G+AI a nettement amélioré l’efficacité de production.
La Chine promeut résolument une ouverture de haut niveau. Les salons internationaux comme la CIIE et la CIFTIS, organisés chaque année, profitent à de nombreux pays voisins. Au cours des dix premiers mois de 2025, les échanges de produits agricoles et alimentaires entre la Chine et l’ASEAN ont atteint 51,3 milliards de dollars, en hausse de 8,9 % sur un an. La Chine a notamment importé des pays de l’ASEAN plus de 10 milliards de dollars de fruits frais et secs, représentant plus des deux tiers du total de ses importations mondiales de ces produits. Deuxième importateur mondial de services, la Chine affiche une demande particulièrement soutenue dans le secteur du tourisme. Elle demeure depuis longtemps un marché émetteur important pour ses voisins tels que la Thaïlande, la Malaisie et le Vietnam.
Les investissements et échanges commerciaux de la Chine offrent aux jeunes des pays concernés des perspectives de carrière plus diversifiées et porteuses. La Chine adhère au principe selon lequel « l’éducation suit l’industrie, et les établissements accompagnent les entreprises », contribuant ainsi de manière significative à l’amélioration des compétences de la main-d’œuvre locale. Le Luban Workshop en Thaïlande, par exemple, propose une formule combinant « formation diplômante et perfectionnement professionnel ». Ses six filières ont toutes été validées par la Commission de l’éducation professionnelle thaïlandaise et intégrées au système éducatif national. Les étudiants qui terminent leur cursus obtiennent un diplôme reconnu par les autorités éducatives compétentes.
Il apparaît clairement que la coopération entre la Chine et les pays voisins est une synergie gagnant-gagnant. Toute lecture unilatérale de l’excédent commercial, toute confusion délibérée entre avantages comparatifs et concurrence déloyale, toute diabolisation des échanges normaux et de la coopération industrielle reviennent à nier les réalités du marché mondial et les lois de l’économie de marché. Ces discours visent en réalité à fragmenter artificiellement la chaîne de valeur mondiale, à entraver la montée en gamme industrielle des pays du Sud, et servent surtout des calculs de « priorité nationale ».
La communauté internationale est globalement confiante dans les perspectives de développement de la Chine. Le FMI, Standard Chartered Bank et d’autres institutions ont révisé à la hausse leurs prévisions de croissance pour l’économie chinoise en 2026. Les propositions pour le 15e plan quinquennal chinois dessinent un avenir prometteur fondé sur le développement partagé et l’avenir commun. La Chine continuera de promouvoir une coopération de qualité dans le cadre de l’initiative « Ceinture et Route », de construire un réseau d’interconnexion régionale plus efficace, de réduire les coûts logistiques et commerciaux, et d’aider les pays voisins géographiquement avantagés à mieux jouer leur rôle de pivot régional. Une Chine ouverte, engagée dans l’innovation et en quête d’un développement de qualité, constitue le plus puissant moteur de la prospérité commune de l’Asie.
(L’auteur est observateur des questions internationales.)
Source:https://hqtime.huanqiu.com/share/article/4PwpD0i0Owm
Gong Rong : « Choc chinois » ou« opportunité pour la Chine » ?
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