(CROISSANCE AFRIQUE)-En Guinée, le gouvernement et les États-Unis ont accompli une avancée significative en paraphant à Washington un protocole d’accord sur les minéraux critiques, en marge de la réunion ministérielle dédiée à ce secteur, le jeudi 5 février 2026
Ce document a été signé à l’issue d’une entrevue entre le secrétaire d’État américain Marco Rubio et la délégation guinéenne dirigée par le ministre des Mines, Bouna Sylla. Cet accord a pour objectif de consolider la coopération bilatérale concernant les chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques.
Avec cette signature historique, la Guinée franchit une étape marquante en devenant le troisième pays africain à établir un protocole d’accord sur les minéraux critiques avec les États-Unis, rejoignant ainsi les rangs de la République Démocratique du Congo (RDC) et du Kenya, qui ont déjà amorcé ce type de collaboration stratégique. Ce partenariat ambitieux se concentre spécifiquement sur des ressources naturelles vitales telles que la bauxite, l’alumine, le fer, le graphite et le lithium, qui sont non seulement prisées pour leur utilisation dans la fabrication de technologies avancées et d’énergies renouvelables, mais également considérées comme essentielles pour soutenir l’expansion des industries, tant technologiques qu’énergétiques, ainsi que celles du secteur manufacturier.
Il est important de noter que bien que le protocole d’accord ne stipule pas d’engagement financier immédiat, il offre néanmoins une opportunité précieuse en ouvrant la voie à plusieurs axes de coopération prometteurs. Parmi ceux-ci figurent le développement de projets miniers et industriels qui respecteront les standards internationaux en matière de sécurité et de durabilité, le renforcement nécessaire de la gouvernance ainsi qu’une transparence accrue au sein du secteur extractif, ce qui est crucial pour la confiance des investisseurs et des citoyens. De plus, le protocole envisage un soutien technique pour la transformation locale des minerais, facilitant ainsi non seulement la valorisation des ressources nationales mais aussi la création d’emplois et de richesses sur le territoire. Enfin, il pourrait également engendrer d’éventuels investissements dans des infrastructures logistiques et énergétiques, éléments déterminants pour le développement économique à long terme du pays.
La Guinée, de son côté, est actuellement en train d’opérer un virage à 360 degrés, un changement stratégique radical qui vise à accélérer le développement et la mise en œuvre de projets de raffineries afin de favoriser la transformation locale des ressources minérales. Ce tournant revêt une importance capitale dans le contexte économique du pays, car il pourrait non seulement stimuler la création d’emplois, mais aussi renforcer la capacité de la Guinée à valoriser ses ressources sur place, plutôt que de les exporter sous forme brute. Dans ce cadre, la capitale, Conakry, se trouve dans l’obligation de convaincre l’administration Trump de s’engager à investir directement sur le territoire guinéen, en mettant en place des infrastructures industrielles de transformation localisées.
Notons qu’en contrepartie de cet investissement, le gouvernement guinéen espère obtenir un accès préférentiel et avantageux aux ressources de minerais critiques qui sont essentielles pour les États-Unis, notamment pour sécuriser ses chaînes d’approvisionnement stratégiques. Cette démarche pourrait ainsi engendrer une dynamique d’interdépendance économique entre la Guinée et les États-Unis, apportant des bénéfices mutuels dans le domaine des échanges commerciaux et industriels.
Zangouna KONÉ

