(CROISSANCE AFRIQUE)-À Mining Indaba, la mine ne se gagne plus seulement sur la géologie : elle se gagne sur les flux, la confiance et la capacité d’exécution.
Ouvert le 9 février 2026 à Cape Town, Mining Indaba concentre, en quatre jours, l’essentiel : projets en quête de partenaires, investisseurs en quête d’actifs, États en quête de retombées, opérateurs en quête de stabilité… et surtout de vitesse d’exécution.
Cette édition confirme une évolution majeure : les banques actives au Mali ne viennent plus observer le secteur minier, elles viennent l’organiser. Elles se positionnent comme des acteurs capables de transformer une ambition en projet “bancable”, puis en chantier, puis en production — avec des retombées locales.
Car le secteur minier est désormais un écosystème complet (fournisseurs, logistique, énergie, sous-traitance, fiscalité, contenu local, communautés, conformité, exigences ESG). Dans cette équation, la banque devient un levier de performance : elle structure les montages, sécurise les flux, rassure les investisseurs et accélère l’exécution.
Le vrai sujet n’est pas le potentiel : c’est l’exécution. Et l’exécution suit une chaîne simple :
bancarité/bancabilité → financement → exécution → flux → retombées.
À Cape Town, trois approches se distinguent :
- La banque-pivot, au cœur du deal-flow : le Groupe BDM-SA, conduit par son Directeur Général Oumar KONTE , affiche une posture de terrain (réseau, rencontres ciblées, partenaires). Les échanges annoncés avec Resolute Mining, Corica Mining Services, Barrick Gold et le passage au stand du Mali traduisent une ambition : être là où se décident financements, contrats et chaînes d’approvisionnement.
- La verticalisation “mining”, avec des capacités dédiées : AFG Bank-Mali, représentée par son Directeur Général Sayouba Ouédraogo, met en avant une logique sectorielle structurée, notamment à travers le programme LCCP (100 milliards FCFA dédiés au secteur privé malien). Son Mining Desk illustre une continuité de traitement (structuration, garanties, trade finance, cash management, conformité), renforcée par l’adossement AFG Holding (effet réseau et cofinancement).
- L’effet réseau “top management” comme accélérateur : Coris Bank International illustre une méthode simple à Indaba : présence décisionnelle = délais réduits, crédibilité renforcée, mises en relation intensifiées. Sur un salon où tout se joue vite, l’arbitrage au bon niveau fait la différence.
Pourquoi ces banques deviennent-elles si décisives ?
Parce qu’une banque “orientée mine” ne se limite pas à ouvrir des comptes : elle bancarise les projets (structuration, syndication, cofinancement), sécurise l’exploitation (trésorerie, garanties), finance le contenu local (leasing, affacturage, supply-chain finance), facilite le commerce international (trade finance, import d’équipements) et gère les risques (change, conformité, gouvernance). Sans ces briques, une mine peut être rentable sur le papier… mais inexécutable dans la réalité.
Au-delà du salon, un sujet ressort : les flux et la liquidité.
Les orientations récentes du cadre minier malien, autour de la domiciliation/rapatriement des recettes, peuvent renforcer le rôle des banques opérant au Mali. Si davantage de flux transitent localement : plus de liquidité, donc plus de capacité de crédit, plus d’investissement et un effet d’entraînement sur l’économie réelle.
Reste le test décisif : l’après-Indaba.
Pipeline, priorisation, term sheets, calendrier de conversion : la crédibilité se mesure à la capacité de transformer des contacts en décisions, puis des décisions en décaissements.
Indaba 2026 met ainsi en lumière une ambition : les banques actives au Mali veulent peser non seulement comme financeurs, mais comme architectes de l’écosystème, à l’interface entre l’État, les opérateurs, les investisseurs et la sous-traitance.
Au fond, l’offensive est là : transformer la mine en industrie, et l’industrie en valeur durable.
Mahamet Traoré
Expert en communication stratégique.

