(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le secteur du cinéma, depuis l’acquisition de son indépendance en 1960, s’est progressivement forgé une identité unique et distincte sur la scène cinématographique mondiale, marquée par des œuvres mémorables et puissantes de réalisateurs de renom tels que Souleymane Cissé, célèbre pour ses films emblématiques comme « Baara » et « Yeelen, » ainsi que Cheick Oumar Sissoko, connu pour son œuvre « Guimba. ».
C’est pourquoi notre rédaction a décidé de vous dresser une fiche technique approfondie et très informative de l’industrie cinématographique du Mali, qui joue un rôle crucial dans le paysage culturel et artistique du pays. Ainsi, l’Afrique, un continent riche d’une diversité culturelle impressionnante et d’une histoire cinématographique vibrante, s’efforce encore de structurer une industrie cinématographique fragmentée, souvent entravée par des défis économiques et logistiques. Elle se distingue néanmoins par un potentiel immense qui ne demande qu’à être pleinement exploité.
Le Mali Émergent – Hebdo, une publication reconnue pour ses analyses approfondies et ses perspectives éclairées, vous présente une analyse technique méticuleuse de l’industrie cinématographique malienne, un secteur riche en créativité et en talent. Dans cette étude, il s’agit de retracer l’historique fascinant des œuvres cinématographiques réalisées par des figures culturelles de renommée nationale qui ont contribué à façonner l’identité et la représentation du Mali sur la scène internationale. Parmi ces personnalités emblématiques, on trouve, Cheick Oumar Sissoko, Souleymane Cissé, dont les films ont captivé des audiences tant au niveau local qu’international, ainsi que Habib Dembelé, dont les récits et la passion pour le cinéma ont également marqué des générations. En outre, d’autres artistes incontournables et leurs contributions notables seront également abordés, afin de mettre en lumière l’impact significatif de l’industrie cinématographique sur la culture et la société maliennes. Cette analyse vise non seulement à célébrer ces réalisations, mais également à examiner les défis actuels et les opportunités qui se présentent à cette industrie dynamique, en soulignant l’importance du cinéma en tant qu’outil de narration et de réflexion sociale au Mali. Dans ce contexte, la ville de Bamako se positionne comme un phare de créativité en accueillant une initiative dédiée spécifiquement au documentaire, un genre qui, bien qu’il ait été longtemps marginalisé et souvent négligé sur le continent, revêt aujourd’hui une importance stratégique pour la narration intime des réalités africaines et pour la création de valeur culturelle significative.
Du vendredi 16 au dimanche 18 janvier 2026, le prestigieux Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ, un symbole de l’identité culturelle malienne, ainsi que le Centre national de la cinématographie du Mali, ont ouvert leurs portes pour accueillir la première édition tant attendue du Festival international de documentaire africain de Bamako (FIDAB). Cet événement marquant a permis la projection de douze films documentaires africains soigneusement sélectionnés, répartis entre longs et courts métrages, devant une audience composée de professionnels du secteur ainsi que de membres du public bamakois, avides de découvrir de nouvelles œuvres. Ces projections, selon les informations officielles disponibles, ont non seulement permis de mettre en lumière la diversité des histoires racontées à travers le continent, mais ont aussi contribué à renforcer l’engagement envers une industrie cinématographique qui fait face à un avenir riche en possibilités.
Favoriser les échanges fructueux entre réalisateurs, producteurs et diffuseurs
Le FIDAB, Festival International des Documentaires et des Arts Visionnaires, a proposé un riche programme comprenant des projections de films, des débats passionnants, des ateliers interactifs et des rencontres professionnelles qui visent à favoriser les échanges fructueux entre réalisateurs, producteurs et diffuseurs venant de divers horizons culturels. Parmi les longs métrages en compétition qui ont captivé l’attention des participants se trouvaient des œuvres significatives telles que « I Boyoro » d’Abraham Kamara originaire du Mali, une réflexion poignante sur les réalités sociales, ainsi que « Loin de moi la colère » de Joël Akafou, représentant la Côte d’Ivoire, et « IN Transit » de Tomisin Samuel, dont les racines plongent au Burkina Faso. En ce qui concerne les courts métrages, la sélection incluait « Foura ou le mariage » du Togo, mettant en lumière des traditions locales, « TakalaKoyos, les Gardiennes du fleuve » du Niger, qui illustre le lien profond entre la culture et l’environnement, ainsi que « Izuran » d’Algérie, une œuvre artistique envoyant des messages puissants sur des thématiques contemporaines.
Selon les rapports de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), l’industrie cinématographique et audiovisuelle africaine connaît une dynamique significative en générant aujourd’hui près de 5 milliards USD de valeur ajoutée et environ 5 millions d’emplois, constituant ainsi un pilier essentiel de l’économie régionale. Cependant, des analyses suggèrent que ce potentiel pourrait être multiplié pour atteindre 20 milliards USD et plus de 20 millions d’emplois robustes si le secteur était mieux structuré et soutenu par des politiques favorables. Le FIDAB s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large visant à valoriser et à promouvoir le savoir-faire africain, dans un secteur riche en diversité et en créativité, cherchant à porter la voix des cinéastes au-delà des frontières du continent.
Cette édition survient alors que le documentaire africain connaît une dynamique croissante de structuration et de visibilité au sein d’un paysage cinématographique en pleine évolution. Le projet IMPALA, soutenu par l’Agence française de développement (AFD) ainsi que par des partenaires locaux africains engagés, joue un rôle fondamental en formant de jeunes réalisateurs, monteurs et producteurs. Ce projet inclut une forte composante d’inclusion, avec la particularité qu’environ 50 % des participants sont des femmes, ce qui reflète une volonté d’égalité des genres dans un domaine souvent masculinisé. Ces formations couvrent toutes les étapes de la création, allant de l’écriture jusqu’à la coproduction internationale, et touchent directement près de 100 000 spectateurs dans dix pays francophones, ce qui témoigne de l’impact significatif de ces initiatives sur le public.
Les festivals, tels que Saint-Louis’Docs, qui se déroulera en avril 2025 au Sénégal, jouent également un rôle essentiel pour valoriser ces œuvres et favoriser une meilleure compréhension des enjeux contemporains en Afrique. Lors de cette 16ᵉ édition, 55 films documentaires provenant de 24 pays seront présentés, offrant non seulement des projections de haute qualité, mais aussi des débats enrichissants et des rencontres professionnelles propices aux échanges d’idées et à la collaboration entre créateurs. Ces initiatives ne font que renforcer l’idée que le documentaire africain s’inscrit désormais dans un continuum de professionnalisation, de diffusion et de valorisation culturelle, consolidant ainsi son rôle stratégique au cœur de l’industrie cinématographique du continent, et participant à la promotion d’une identité culturelle riche et diversifiée.
Fiche Technique du Cinéma malien entre 1960 à nos jours
Le cinéma malien, depuis l’acquisition de son indépendance en 1960, s’est progressivement forgé une identité unique et distincte sur la scène cinématographique mondiale, marquée par des œuvres mémorables et puissantes de réalisateurs de renom tels que Souleymane Cissé, célèbre pour ses films emblématiques comme « Baara » et « Yeelen, » ainsi que Cheick Oumar Sissoko, connu pour son œuvre « Guimba. » Ces réalisateurs talentueux ont su explorer des thèmes profonds et complexes, notamment le drame social, l’histoire riche de leur pays, et les traditions culturelles qui façonnent la vie des Maliens. Au fil des ans, le cinéma malien s’est enrichi et diversifié, allant au-delà des frontières nationales pour toucher des audiences internationales. Plus récemment, le réalisateur Abderrahmane Sissako a émergé comme une figure marquante du cinéma contemporain, apportant avec lui une sensibilité artistique et une perspective unique qui lui ont valu plusieurs reconnaissances et distinctions sur la scène internationale. Grâce à ces contributions significatives, le cinéma malien continue de captiver et d’inspirer, tout en reflétant les réalités et les aspirations de son peuple.
Cette fiche technique de votre journal, « Le Mali Emergent-Hebdo » couvre une sélection minutieuse et pertinente des films notables produits au Mali depuis 1960 jusqu’à nos jours, en mettant en lumière divers mouvements et évolutions du septième art malien. Ainsi, dans la période des années 1960 à 1970, souvent considérée comme les débuts de cette industrie, nous avons des œuvres marquantes comme « Demain à Nanguila » (1960) réalisé par le célèbre Joris Ivens, qui a captivé un public avide de récits poignants. En outre, nous pouvons citer « Cinq jours d’une vie » (1970) du talentueux Souleymane Cissé, qui commence à poser les bases d’un cinéma engagé et significatif, ainsi que « Baara » (Le travail, 1978), une véritable réflexion sociale sur la condition humaine, également de Souleymane Cissé.
Puis, les années 1980 à 1990 sont souvent référencées comme l’âge d’or du cinéma malien, où plusieurs chefs-d’œuvre ont émergé, tels que « Finyé » (Le vent, 1982) de Souleymane Cissé, qui témoigne d’une exploration d’histoires personnelles et communautaires d’une grande résonance, et « Yeelen » (La lumière, 1987) qui a été salué tant sur la scène nationale qu’internationale pour son esthétique et sa profondeur narrative. D’autres films emblématiques de cette époque incluent « Finzan » (1989) de Cheick Oumar Sissoko, « Ta dona » (Au feu, 1991) d’Adama Drabo, « L’Enfant terrible » (1993) de Kadiatou Konate, « Guimba, un tyran, une époque » (1995) de Cheick Oumar Sissoko, ainsi que « Waati » (Le Temps, 1995) et « Taafé Fanga » (Pouvoir de pagne, 1997) de Souleymane Cissé, qui ont tous contribué à l’essor du film malien en tant que moyen d’expression culturelle unique. Enfin, en ce qui concerne les années 2000 jusqu’à nos jours, nous pouvons noter des œuvres contemporaines telles que « Bàttu » (2000) de Cheick Oumar Sissoko, « Bamako » (2006) d’Abderrahmane Sissako, qui a reçu une reconnaissance mondiale, et « Faro, la Reine des Eaux » (2007) de Salif Traoré, qui continuent à faire écho aux réalités sociopolitiques du Mali tout en embellissant le patrimoine cinématographique du pays. Ce parcours à travers le temps révèle non seulement des jalons importants de l’histoire du cinéma malien, mais aussi le talent exceptionnel des créateurs et la richesse des récits qui continuent de marquer les esprits et d’enrichir la culture cinématographique.
Selon les données officielles fournies par Research Gate, une organisation scientifique réputée qui regroupe plus de 160 millions de pages de publications académiques et de recherches diverses, il est souligné que « Cette liste reflète la richesse de la production cinématographique malienne, qui a connu un essor important malgré le déclin des salles de cinéma à Bamako depuis les années 1990 ». En effet, malgré les défis que représente la fermeture progressive de nombreuses salles de projection dans la capitale malienne, la créativité et la passion des cinéastes maliens ont permis l’émergence d’une industrie cinématographique dynamique, capable de raconter des histoires profondes et de mettre en lumière la culture et les préoccupations sociales du pays. Cette situation témoigne non seulement d’une résilience face à l’adversité, mais aussi d’un désir collectif de faire perdurer et évoluer l’art cinématographique au Mali, offrant ainsi aux nouvelles générations d’artistes la possibilité d’explorer des thèmes variés et d’atteindre un public tant local qu’international.
Daouda Bakary KONE

