Mali : Loulo-Gounkoto annonce une production aurifère de 260 000 à 290 000 onces d’or en 2026

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(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, le groupe minier canadien Barrick Mining, reconnu pour son expertise et son influence dans l’industrie aurifère internationale, anticipe ambitieux une production attribuable qui devrait se situer entre 260 000 et 290 000 onces d’or pour l’année 2026 à la mine de Loulo-Gounkoto. Cette prévision a été révélée dans un rapport financier détaillé publié le jeudi 5 février, fournissant ainsi des informations significatives sur les perspectives de l’entreprise.

Au-delà de ce chiffre prévisionnel, cette annonce revêt une importance particulière car elle marque le retour tant attendu de cet actif essentiel dans les plans de production du groupe, après qu’il ait été écarté l’année précédente de ces mêmes projections en raison de tensions persistantes et complexes avec l’État malien, qui ont considérablement impacté les opérations dans la région. La mine de Loulo-Gounkoto, qui représente la plus grande et prestigieuse source d’or du Mali, a été au centre d’un bras de fer qui s’est intensifié au fil des années entre Barrick et les autorités gouvernementales basées à Bamako. Ce conflit, qui découle de la volonté affichée de l’État d’appliquer rigorusement les nouvelles dispositions du Code minier de 2023, a franchi une étape cruciale en janvier 2025, lorsque la compagnie a décidé de fermer temporairement le site suite à la saisie par l’État d’un stock d’or significatif. Dans cette dynamique tendue, Barrick a été contraint de retirer le projet de Loulo-Gounkoto de ses prévisions de production pour l’exercice, une décision qui souligne les défis considérables rencontrés par l’entreprise dans sa quête pour maintenir une opération stable et rentable dans un climat incertain.

Le site, qui avait été en sommeil et n’avait pas connu d’activités depuis plusieurs mois, est ensuite resté à l’arrêt jusqu’à la période de juin. À ce moment-là, une demande formulée par le gouvernement a conduit à le placer sous administration provisoire, en prévision d’une relance imminente des opérations. Cependant, une nouvelle dynamique a eu lieu en novembre lorsque les parties ont réussi à conclure un accord crucial, visant explicitement à mettre un terme au litige qui perdurait. Cet accord stipulait, entre autres éléments essentiels, que Bamako devait renoncer à toutes les charges pesant sur les filiales maliennes de Barrick, ce qui représentait un tournant non négligeable dans les relations entre les deux entités. De plus, il était prévu que le stock d’or saisi ainsi que le contrôle opérationnel du site soient restitués à la compagnie, permettant ainsi une normalisation de la situation.

En contrepartie de ces concessions significatives, la société Barrick a pris l’engagement ferme de retirer les procédures d’arbitrage international qu’elle avait engagées contre le Mali, en plus de verser la somme considérable de 253 millions de dollars américains à l’État malien. Ce montant, d’une ampleur remarquable, est destiné à soutenir les relations futures et à assurer un climat de confiance rétabli. Selon la note d’information publiée récemment par Barrick, ce cadre de résolution a été effectivement mis en œuvre, permettant à la société de reprendre le contrôle opérationnel du site tant attendu le 18 décembre 2025. Avec cette reprise, la relance de la production a pu être envisagée dans les derniers jours de l’année, marquant ainsi un nouveau départ prometteur pour les opérations sur le site et une relance économique attendue pour la région.

En prenant en considération la production réalisée avant la fermeture des opérations ainsi que celle enregistrée durant les derniers jours de l’année, la société minière Barrick annonce une production attribuable correspondant à un total de 29 000 onces pour l’année 2025, cette estimation étant fondée sur sa participation de 80 % dans les activités. Si l’on ajoute les 20 % de la production qui sont détenus par l’État malien, cela équivaut donc à environ 36 200 onces d’or qui devraient être livrées au cours de l’année complète. Il convient de noter que, malgré les récents rapports qui ont évoqué une potentielle reprise des activités extractives sous l’administration provisoire actuelle, aucune production n’a été enregistrée pour cette période à ce stade, laissant planer des incertitudes quant à l’efficacité de cette reprise.

Pour l’exercice en cours, Barrick Mining semble s’engager dans une dynamique de reprise progressive au sein de son site d’exploitation de Loulo-Gounkoto. En intégrant la part appartenant à l’État malien, qui s’élève à 20 %, à la production attribuable maximale estimée à 290 000 onces, il est envisageable que la mine atteigne une production totale allant jusqu’à 362 500 onces. Toutefois, il est important de noter que, comparativement aux performances exceptionnelles de l’année 2024, où 723 000 onces d’or avaient été livrées, ce niveau de production reste nettement inférieur. Bien que cette reprise des activités semble encore hésitante et marquée par une progression lente, Loulo-Gounkoto continue de représenter un actif stratégique majeur pour la société, avec un potentiel qui pourrait renforcer son rôle dans l’économie minière du pays dans les années à venir. Après avoir réussi à produire un impressionnant total de 3,2 millions d’onces d’or au cours de l’année 2025, le groupe a fixé un objectif ambitieux visant à atteindre une performance quasi similaire en 2026. Pour cela, il compte grandement sur la contribution significative de la mine de Loulo-Gounkoto, qui, après la cession des mines Hemlo et Tongon l’année précédente, revêt une importance stratégique accrue dans le portefeuille de l’entreprise. Il est à noter que le portefeuille de la compagnie se compose d’une dizaine de mines, soigneusement réparties sur plusieurs continents, incluant une concentration notable en Afrique. Parmi ces opérations minières figurent des sites de grande notoriété tels que Kibali en République Démocratique du Congo, ainsi que North Mara et Bulyanhulu, tous deux localisés en Tanzanie, qui contribuent également de manière substantielle à la production d’or de l’entreprise.

En ce qui concerne le Mali, un pays dont la production industrielle a connu une chute préoccupante de 22,9 % l’année dernière, la relance de Loulo-Gounkoto représente un passage essentiel vers une reprise économique significative. Cette situation est d’autant plus pertinente dans le contexte actuel, où les prévisions évoquent une augmentation prolongée des prix de l’or tout au long de l’année 2026, renforçant ainsi les attentes des investisseurs et des parties prenantes. Après une remarquable progression annuelle de 67 % des prix de l’or en 2025, il est capital de garder un œil attentif sur les prochaines mises à jour concernant la stratégie opérationnelle à moyen terme de Barrick concernant la mine et les performances qui en résulteront, afin de mieux cerner les impacts sur l’ensemble de la région. Parallèlement à d’autres démarches essentielles, les discussions se poursuivent activement entre les deux parties concernées concernant le renouvellement tant attendu du permis minier de la mine Loulo, un élément clé du complexe minier Loulo-Gounkoto qui joue un rôle crucial dans l’économie régionale. Ce bail, qui est censé expirer ce mois-ci après une période d’exploitation significative, est actuellement en instance de prorogation pour une durée additionnelle de dix ans, selon les indications fournies par Barrick, bien que la société n’ait pas précisé si ces négociations prennent en compte les stipulations du nouveau code minier récemment promulgué.

Pour rappeler le contexte, ce régime rénové permet désormais à l’État malien de posséder jusqu’à 35 % d’une mine, dont 5 % sont réservés spécifiquement aux investisseurs locaux, une augmentation notable par rapport aux 20 % de détention permis auparavant. Cette évolution réglementaire pourrait également influencer considérablement les dynamiques commerciales et les relations entre les parties prenantes impliquées dans l’exploitation minière au Mali.

Mariam KONE

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Croissance Afrique (sarl) est un Média multi-support qui propose plusieurs rubriques axées sur l’actualité économique du continent. Le magazine est un journal (en ligne dont un mensuel disponible dans les kiosques à journaux) qui traite spécialement les informations financières dédiées à l’Afrique. Il est également le premier média malien spécialisé dans la production d’Informations Économiques, financières, Stratégiques, et orienté vers le reste du monde. Le Magazine a été fondé en Novembre 2017 à Bamako.

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