(CROISSANCE AFRIQUE)-En Afrique, un atelier technique de trois jours dédié au renforcement des compétences des Autorités de l’aviation civile du continent s’est conclu à Nairobi, marquant une avancée significative dans la mise en œuvre du Marché unique du transport aérien africain (SAATM).
C’est ce que rapporte la Commission économique pour l’Afrique dans un article publié le 5 février 2026 sur son site internet.
Cette rencontre a rassemblé des experts nationaux de l’aviation autour d’un objectif commun : améliorer l’élaboration et l’exécution des plans d’actions correctives issus des audits basés sur les indicateurs clés de performance (KPI) du SAATM.
L’atelier visait à doter les États audités des outils nécessaires pour finaliser, mettre en œuvre et suivre efficacement leurs plans d’actions correctives, en veillant à ce que chacun des participants soit bien préparé pour affronter les défis à venir. Cet événement a offert une plateforme d’échange dynamique, permettant un important partage d’expériences et de bonnes pratiques, notamment à partir des enseignements tirés de l’application de l’Accord multilatéral sur les services aériens du Groupe de l’Accord de Banjul (Bag/Masa). Les échanges entre les différentes délégations ont révélé une riche variété de stratégies et d’approches, promouvant ainsi un apprentissage collectif qui pourrait influencer positivement le secteur aérien à travers le continent.
Dans son allocution d’ouverture, Robert Lisinge, qui occupe le poste de directeur de la technologie et des infrastructures à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (Cea), a souligné l’importance stratégique du suivi des engagements continentaux en matière d’aviation, en insistant sur le rôle crucial que cela joue dans le développement durable des infrastructures aériennes. « Un suivi efficace de la Décision de Yamoussoukro est la pierre angulaire d’un marché aérien transparent et unifié. La concrétisation du Saatm n’est pas seulement un objectif du secteur aérien, mais également un catalyseur essentiel pour la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecafe) », a-t-il déclaré avec conviction, soulignant ainsi le lien indissociable entre la progression du secteur aérien et l’intégration économique régionale en Afrique.
M. Lisinge a, par ailleurs, souligné l’importance cruciale de la digitalisation pour optimiser l’efficacité des mécanismes de suivi. À cet égard, la CEA s’associe étroitement à la Commission africaine de l’aviation civile (AFCAC) dans le but de numériser le système de suivi, rendant ainsi son accès en ligne possible pour l’ensemble des États membres.
Pour sa part, Abderahmane Berthe, secrétaire général de l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), a réitéré l’engagement de son organisation à jouer un rôle prépondérant dans l’application complète de la Décision de Yamoussoukro. Représentant l’AFCAC, Octavio Oliveira a, quant à lui, exhorté les gouvernements africains à soutenir activement le processus d’audit et à garantir la mise en œuvre effective des plans d’actions correctives, condition sine qua non pour une prise de décision éclairée par des données probantes et pour le succès du marché unique du transport aérien africain.
À la clôture des travaux, les représentants africains de l’aviation civile, provenant de diverses autorités nationales, ont affirmé leur détermination à intensifier la coopération régionale et à exploiter pleinement les cadres harmonisés ainsi que les outils élaborés par l’Afcac, l’agence chargée de la mise en œuvre de la Décision de Yamoussoukro. Ils ont également mis en avant l’importance d’une collaboration renforcée entre les États membres afin de favoriser l’intégration rapide du transport aérien sur le continent africain.
Korotoumou Sylla

