(CROISSANCE AFRIQUE)- Au Maroc, la Société financière internationale (SFI) est sur le point d’approuver, le lundi 11 mai, un prêt substantiel pouvant atteindre 95 millions d’euros, soit environ 111 millions de dollars.
Ce financement est destiné à l’Office chérifien des phosphates (OCP) pour la construction d’une installation de stockage de phosphogypse, qui aura une capacité impressionnante de 22 millions de tonnes. Cette installation sera intégrée au complexe industriel de Jorf Lasfar, un site stratégique pour l’industrie phosphatée du pays.
Le coût total du projet est estimé à 190 millions d’euros, ce qui témoigne de l’ampleur et de l’importance de cette initiative. Le prêt, qui sera structuré sous forme de dette d’entreprise, couvrira ainsi la moitié de l’enveloppe financière nécessaire à la réalisation de ce projet ambitieux. L’installation, qui se dressera majestueusement à une hauteur de 60 mètres, est conçue pour permettre au groupe OCP de gérer de manière durable les volumes croissants de phosphogypse générés par ses unités de production d’acide phosphorique. Ce sous-produit, souvent perçu comme un déchet industriel, représente un défi environnemental majeur, mais également une opportunité de valorisation.
Au-delà de l’aspect purement technique du stockage, cette opération comprend également un mandat de conseil stratégique. La SFI joue un rôle crucial en accompagnant l’OCP dans l’identification de filières de valorisation économique du phosphogypse. Ce matériau, dont le potentiel est de plus en plus reconnu, suscite un intérêt croissant dans divers secteurs, notamment la construction, l’agriculture et même l’industrie chimique. En transformant ce qui était autrefois considéré comme un simple déchet en une ressource précieuse, l’OCP et la SFI ouvrent la voie à des pratiques plus durables et innovantes, contribuant ainsi à la transition vers une économie circulaire au Maroc.
Ce financement s’inscrit dans une séquence d’engagements accélérés de la SFI, la Société Financière Internationale, auprès du groupe marocain, qui joue un rôle clé dans le développement économique du pays. Depuis le début de l’année 2023, l’institution a déployé plus de 300 millions d’euros en prêts spécifiquement dédiés à des projets innovants dans les domaines du solaire, de la désalinisation et des infrastructures hydrauliques du groupe. Ces investissements visent non seulement à soutenir la transition énergétique du Maroc, mais aussi à renforcer la résilience des infrastructures face aux défis environnementaux croissants.
Pour l’OCP, l’Office Chérifien des Phosphates, qui est détenu à 94,12 % par l’État marocain, l’enjeu dépasse largement la simple conformité environnementale. En effet, alors que sa capacité de production d’engrais doit passer de 12 à 20 millions de tonnes d’ici 2027, la gestion du phosphogypse, un sous-produit de la fabrication d’engrais, conditionne directement la montée en puissance industrielle du site de Jorf Lasfar. Ce site, qui est l’un des plus importants au monde pour la production de phosphates, doit non seulement augmenter sa production, mais également le faire de manière durable, en minimisant l’impact environnemental et en intégrant des pratiques de gestion des déchets plus efficaces.
Notons que la SFI joue un rôle crucial dans l’accompagnement de cette transition, en apportant non seulement des ressources financières, mais aussi une expertise technique pour garantir que ces projets respectent les normes environnementales les plus strictes tout en répondant aux besoins croissants du marché mondial des engrais.
Moussa KONÉ

