(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Mali, la direction générale du trésor et de la comptabilité publique continue d’inspirer la confiance des investisseurs, un fait encourageant qui souligne la solidité et la résilience de l’économie malienne dans un contexte régional parfois tumultueux.
En effet, le pays a récemment entrepris une intervention sur le marché des titres publics de l’UMOA le 21 janvier, marquant ainsi une étape significative dans ses efforts pour mobiliser des ressources financières. Cette opération combinée visait initialement à lever un montant de 50 milliards de FCFA, mais à l’issue de l’adjudication, les résultats ont dépassé les attentes avec 55 milliards de FCFA, soit l’équivalent de 83,84 millions d’euros, amassés avec succès. Ce résultat se traduit par 5 milliards de plus que l’objectif initialement annoncé, témoignant d’une demande nettement supérieure à l’offre disponible sur le marché.
L’opération concernait une émission simultanée d’un Bon assimilable du Trésor (BAT) d’une durée de 364 jours, ainsi que de deux Obligations assimilables du Trésor (OAT) avec des maturités respectives de 3 ans et 5 ans. Cette diversité dans les instruments financiers témoigne d’une stratégie bien pensée pour répondre aux besoins variés des investisseurs. Les soumissions globales ont atteint un impressionnant montant de 66,52 milliards de FCFA, traduisant ainsi un taux de couverture confortable de 133,04%. Ce taux est un gage d’un intérêt soutenu et croissant de la part des investisseurs de la région, qui manifestent une confiance renouvelée dans les opportunités offertes par le Mali.
Dans le détail, le Trésor malien a retenu une somme considérable de 43 milliards FCFA sur le BAT à 364 jours, un instrument qui concentre réellement l’essentiel des montants levés dans le cadre de la stratégie de financement public. Ce segment, qui est particulièrement prisé par les investisseurs institutionnels et privés, a affiché un taux de rendement moyen pondéré de 7,23%, ce qui vient confirmer l’appétence des investisseurs pour les maturités courtes, celles-ci étant perçues comme moins risquées dans un environnement régional qui reste encore profondément marqué par des incertitudes budgétaires et sécuritaires. Ce contexte incertain, souvent dominé par des enjeux économiques et politiques, pousse naturellement les investisseurs à privilégier des options qui offrent une plus grande sécurité.
Du côté des maturités plus longues, les Obligations Assimilables du Trésor (OAT) ont également joué un rôle crucial, permettant de lever 5 milliards FCFA sur une période de 3 ans, avec un rendement moyen pondéré affichant un taux de 8,57%. De plus, 7 milliards FCFA ont été levés sur une période de 5 ans, à un taux de 7,83%. Ces niveaux de rendement, significativement plus élevés, illustrent à la fois la prime de risque exigée sur le long terme par les investisseurs et la volonté stratégique du Mali d’allonger progressivement la maturité de sa dette intérieure, cherchant ainsi à assurer une gestion de la dette qui soit plus durable et moins sujette aux fluctuations économiques à court terme. Cette manœuvre est essentielle pour renforcer la stabilité financière du pays tout en naviguant à travers un paysage économique complexe.
Les offres retenues proviennent de six pays sur les huit États membres de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), ce qui confirme de manière éclatante le rôle central et essentiel que joue le marché régional dans le financement des États de cette zone. En particulier, la Côte d’Ivoire s’est positionnée comme le premier contributeur à cette initiative avec une impressionnante somme de 21,25 milliards de francs CFA, illustrant ainsi sa capacité à mobiliser des ressources financières pour soutenir des projets communs.
Notons que le Mali, en suivant de près avec une contribution de 20,51 milliards de francs CFA, témoigne également d’une mobilisation significative de l’épargne domestique, essentielle pour le développement économique. Par ailleurs, d’autres contributions notables proviennent de la Guinée-Bissau avec 5 milliards de francs CFA, du Burkina Faso qui a apporté 3,2 milliards de francs CFA, ainsi que du Sénégal avec 2,53 milliards de francs CFA et du Togo avec 2,5 milliards de francs CFA, toutes ces contributions cumulées renforçant l’idée d’une solidarité régionale forte et d’un engagement collectif vers une prospérité économique partagée au sein de l’UMOA.
Mariam KONÉ

