(CROISSANCE AFRIQUE)–Au Burkina Faso, la société minière canadienne Iamgold prévoit un investissement substantiel d’environ 165 millions de dollars dans le développement et la modernisation de sa mine d’or d’Essakane, une initiative imminente prévue pour l’année 2026. Ces fonds, conséquents et stratégiques, seront principalement orientés vers la réalisation de travaux de maintenance essentiels, dans un contexte où la production annuelle de ce site, qui est le plus grand complexe d’exploitation aurifère du pays, est anticipée à atteindre une performance remarquable de 440 000 onces d’or.
Selon les informations fournies par la société, ce budget alloué ne se limitera pas seulement aux aspects généraux de l’entretien, mais couvrira également des opérations spécifiques telles que le décapage des stériles. Il convient de souligner que les stériles, qui sont des minerais dépourvus de valeur commerciale pour une mine, sont des matériaux dont l’extraction est nécessaire pour faciliter l’accès précieux aux gisements exploitables, permettant ainsi d’optimiser les rendements. En plus de cette opération cruciale, le plan d’investissement inclut également la mise en œuvre de travaux d’exploitation pour une nouvelle fosse sur le site, visant à accroître la capacité d’extraction. De plus, le remplacement de certains équipements miniers vétustes est prévu afin d’optimiser l’efficacité opérationnelle, garantissant ainsi que la mine d’Essakane puisse continuer à fonctionner à un niveau optimal tout en répondant aux exigences modernes de l’industrie minière.
À travers ces investissements stratégiques et ciblés, Iamgold entend maintenir une production d’or comprise entre 400 000 et 440 000 onces pour l’année 2026, un niveau qui s’avère comparable aux ambitieux objectifs qu’elle a fixés pour l’année 2025. Il est important de noter qu’à l’issue de cet exercice financier, la compagnie a en effet déclaré une production totale de 427 000 onces d’or, ce qui représente une baisse significative par rapport aux 454 000 onces enregistrées l’année précédente, en 2024. Cette diminution de la production suscite néanmoins des interrogations sur la stratégie de l’entreprise et sur les défis auxquels elle pourrait faire face dans un secteur minier en constante évolution. À ce stade, et malgré une attention particulière de la part des investisseurs et des parties prenantes, Iamgold n’a pas encore précisé les modalités de financement des investissements annoncés, laissant planer un certain flou quant à l’origine des fonds nécessaires pour soutenir ses projets futurs.
Dans l’attente de précisions supplémentaires qui pourraient apporter des éclaircissements importants, il est essentiel de rappeler que l’État burkinabé détient désormais 15 % des parts du projet depuis juin 2025, conformément aux exigences et dispositions du code minier qui a été révisé en 2024 afin d’encadrer les activités minières dans le pays. Cela représente une évolution significative du paysage minier national, avec une volonté manifeste de l’État d’augmenter son influence et sa participation dans les projets d’extraction. Iamgold conserve ainsi les 85 % restants, mais cette dynamique pourrait impacter les futures décisions stratégiques de l’entreprise et son approche sur le terrain.
Abdoulaye KONÉ

