(CROISSANCE AFRIQUE)-Les données officielles tirées du « Bulletin mensuel des statistiques » révèlent que la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a procédé à une analyse approfondie de l’état actuel du marché interbancaire au sein de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Selon les informations fournies dans cette note, il ressort que, sur le plan régional, la Bceao a décidé de maintenir le statu quo en ce qui concerne sa politique monétaire.
Il est important de préciser que le taux minimum de soumission aux appels d’offres d’injection de liquidité, ainsi que celui du guichet de prêt marginal, sont respectivement fixés à 3,25% et 5,25%, et ce, depuis le 16 juin 2025, témoignant ainsi d’une volonté de stabilité sur le marché financier régional.
Sur le marché monétaire, la Bceao précise que le montant total des financements accordés par les institutions financières a connu une hausse notable de 2,4%, pour atteindre un chiffre impressionnant de 8.368,6 milliards de francs CFA en décembre 2025, en comparaison avec 8.171,4 milliards de francs CFA en novembre 2025. Cette augmentation indique une dynamique positive et un regain de confiance parmi les acteurs du marché. Par ailleurs, le taux moyen pondéré des adjudications hebdomadaires de liquidités, quant à lui, s’est établi à 4,6774%, marquant une légère diminution par rapport à 4,7593% un mois auparavant, ce qui pourrait refléter une évolution dans les conditions de liquidité et les attentes économiques des banques participantes. «Au niveau du marché interbancaire, une progression significative de 1,4% du volume des échanges a été observée au cours de la période sous revue, ce qui témoigne d’une certaine dynamique et d’une activité accrue entre les établissements financiers. Toutes maturités confondues, le volume moyen hebdomadaire des opérations est ressorti à 1.005,4 milliards en décembre 2025, ce qui représente une hausse notable par rapport aux 991,7 milliards enregistrés en novembre 2025.
Une telle augmentation suggère un regain de confiance parmi les banques, permettant ainsi une meilleure interconnexion des marchés financiers. Le taux d’intérêt moyen de référence, calculé sur le compartiment à une semaine, s’est accru pour ressortir à 4,16%, contre 3,90% un mois plus tôt, indiquant des ajustements potentiellement nécessaires en réponse aux conditions économiques fluctuantes», révèle la Bceao.
Par ailleurs, le taux d’inflation, en glissement annuel, est ressorti à -0,8% en décembre 2025, après une réalisation de -0,5% le mois précédent, ce qui se traduit par une baisse de 0,3 point de pourcentage (pdp) et témoigne d’une tendance déflationniste qui pourrait avoir des implications sur la consommation. Quant à l’inflation sous-jacente, qui mesure la tendance de fond des prix, c’est-à-dire l’évolution des prix hors produits frais et énergie, elle s’est également réduite pour se situer à 0,1% en décembre 2025, reflétant ainsi un ralentissement général des pressions inflationnistes.
Notons que l’accentuation de la baisse des pressions sur les prix à la consommation s’explique essentiellement par la diminution des prix des produits alimentaires, un facteur clé dans le panier des ménages et déterminant pour le pouvoir d’achat des consommateurs. Ces développements suggèrent une réévaluation des attentes économiques à court terme et un besoin potentiel d’interventions de la part des autorités monétaires pour stabiliser la situation.
Zangouna KONÉ

