(CROISSANCE AFRIQUE)-La Guinéenne Aissatou Diallo, dont le visage rayonnant est désormais associé à sa nouvelle fonction, a été officiellement nommée directrice-pays de la Banque mondiale pour la Sierra Leone. Dans ce rôle crucial, elle aura la responsabilité de gérer un portefeuille d’opérations impressionnant, s’élevant à près de 1,2 milliard de dollars, un montant qui témoigne de l’importance des projets à venir pour le développement du pays.
Annoncée le mardi 1er septembre par l’institution, cette nomination stratégique vise à garantir la mise en œuvre efficace du programme-pays, tout en renforçant la résilience économique de la Sierra Leone. Aissatou Diallo se concentrera sur la promotion d’une croissance inclusive, essentielle pour le bien-être de la population, tout en stimulant l’investissement privé, un levier fondamental pour dynamiser l’économie locale.
Dans ses déclarations, Aissatou Diallo a exprimé son enthousiasme à l’idée de collaborer étroitement avec le gouvernement sierra-léonais, les partenaires au développement, la société civile, le secteur privé, ainsi que les citoyens de chaque région du pays. Elle a souligné l’importance de promouvoir des opportunités qui non seulement créent des emplois, mais qui renforcent également le capital humain, développent la résilience face aux défis économiques et améliorent les conditions de vie de tous les Sierra-Léonais. Sa vision est claire : transformer les ressources et les atouts du pays en bénéfices tangibles pour sa population. Cependant, elle se retrouve face à des défis considérables, car la croissance économique de la Sierra Leone reste confrontée à des obstacles majeurs, notamment des infrastructures insuffisantes et des fluctuations sur les marchés mondiaux. Dans ce contexte, Aissatou Diallo devra naviguer avec habileté pour réaliser les ambitions de la Banque mondiale et apporter un changement significatif dans la vie des citoyens.
Cette nomination intervient alors que l’économie sierra-léonaise affiche des perspectives de croissance favorables, offrant un souffle d’espoir aux citoyens et aux investisseurs. Selon les prévisions optimistes de la Banque mondiale, la croissance du pays devrait atteindre 4,5 % en 2025, marquant une légère augmentation par rapport à 4,4 % en 2024. Cette dynamique positive est principalement portée par la vigueur des secteurs agricole et des services, où les activités de commerce de détail et de gros jouent un rôle crucial en compensant le ralentissement observé dans la production minière, un secteur traditionnellement vital pour l’économie du pays. Parallèlement, l’investissement privé et la consommation des ménages ont également stimulé la demande, créant un environnement économique plus dynamique, dans un contexte marqué par une inflation plus faible qui allège la pression sur les ménages. Cependant, il est à noter que la consommation publique a reculé, conséquence d’un assainissement budgétaire nécessaire pour stabiliser les finances de l’État.
Toutefois, plusieurs défis demeurent à relever pour assurer un développement durable et inclusif. Le taux national de pauvreté, bien qu’il ait diminué, passant de 62,4 % en 2011 à 56,8 % en 2018, reste alarmant et témoigne des inégalités persistantes au sein de la population. De plus, la migration irrégulière est devenue une stratégie de survie pour de nombreux jeunes, désespérés face au manque d’opportunités d’emploi et de perspectives d’avenir. Le chômage des jeunes, qui s’établit autour de 60 %, selon les données du Fonds monétaire international, souligne l’urgence d’une intervention ciblée pour créer des emplois et favoriser l’insertion professionnelle. Avec près de 30 ans d’expérience dans la gestion des défis économiques, il est impératif que le gouvernement et les partenaires internationaux collaborent pour mettre en œuvre des politiques efficaces qui répondent à ces enjeux cruciaux et favorisent une croissance inclusive et durable pour tous les Sierra-léonais.
Avant sa nomination, elle a notamment occupé des postes clés en tant que représentante résidente au Gabon et en Guinée équatoriale, où elle a su naviguer avec aisance dans des environnements politiques complexes et diversifiés. Au Gabon, elle a travaillé en étroite collaboration avec les autorités locales et les organisations non gouvernementales, s’engageant dans des initiatives de développement durable qui visaient à améliorer les conditions de vie des populations locales tout en préservant la biodiversité unique de la région.
Notons qu’en Guinée équatoriale, elle a également joué un rôle crucial dans la facilitation du dialogue entre les différentes parties prenantes, contribuant à des projets qui favorisaient la coopération régionale et le développement économique. Ces expériences enrichissantes ont non seulement renforcé ses compétences diplomatiques, mais ont également élargi sa compréhension des enjeux socio-économiques qui touchent ces pays d’Afrique centrale.
Mariam KONE

