(CROISSANCE AFRIQUE)-La deuxième édition du Forum des unités PPP du continent se penche sur les PPP du secteur social, de l’ambition politique à la prestation de services efficace, alors que la CEA, la BAD et l’ALSF réunissent des ministres, des unités PPP et des praticiens de toute l’Afrique.
Salle Afrique, Addis-Abeba, Éthiopie, 29 septembre 2026 (CEA) – Le deuxième Forum des unités de partenariat public-privé (PPP) en Afrique s’est ouvert aujourd’hui à Addis-Abeba, sous le thème « Faire fonctionner les PPP dans le secteur social : de l’ambition politique à la prestation de services efficace ». Ce forum hybride de deux jours est co-organisé par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), la Banque africaine de développement (BAD) et le Mécanisme africain d’appui juridique (MAA). Il réunit des unités de PPP de tout le continent et fait suite à un forum inaugural organisé en 2024, qui avait rassemblé plus de 30 unités de PPP autour des infrastructures résilientes au climat et avait préparé le terrain pour l’orientation de cette édition vers les secteurs sociaux.
Ce forum répond à un problème persistant de mise en œuvre : les PPP d’infrastructures demeurent essentiels à l’agenda du développement africain, mais les progrès sur le terrain sont en deçà des ambitions politiques, freinés par des capacités de préparation de projet limitées, des contraintes de coût et des lacunes institutionnelles et techniques. Les PPP du secteur social, dans les domaines du logement, de la santé, de l’éducation, de l’assainissement et de l’énergie, présentent un défi particulier. Contrairement aux projets à vocation économique, ils génèrent rarement des recettes suffisantes pour être autonomes financièrement, dépendant plutôt de paiements de disponibilité, de subventions publiques, de financements pour combler le déficit de viabilité ou de financements mixtes. De ce fait, la question centrale de la structuration passe du risque lié à la demande à la viabilité financière, à l’accessibilité financière et à la responsabilité en matière de performance.
Les organisateurs ont défini cinq objectifs pour ces deux journées : instaurer un dialogue et un engagement de haut niveau entre les ministères des finances et les ministères sectoriels ; échanger des enseignements pratiques et des études de cas entre les secteurs ; renforcer la préparation et la bancabilité des projets en amont ; développer les capacités réglementaires et institutionnelles pour des modèles de PPP localisés et axés sur la performance ; et établir une communauté de pratique durable qui continue de traduire les politiques en projets opérationnels après la fin du forum.
Les sessions, réparties sur deux jours, abordent l’identification et la répartition des risques dans les PPP du secteur social, les mécanismes de financement tels que les paiements de disponibilité et le financement du déficit de viabilité, les modèles de PPP aux niveaux infranational et communautaire, ainsi que les systèmes de gestion et de suivi des contrats nécessaires pour garantir la responsabilité des projets dans le temps. Le forum s’est ouvert par un dialogue entre ministres et hauts fonctionnaires et se poursuit par des ateliers et des consultations pratiques sur des cas concrets, où les praticiens analysent des transactions réelles.
La séance d’ouverture a été marquée par les interventions d’Olivier Pognon, directeur du Mécanisme africain d’appui juridique ; de Josephine Ngure, responsable pays de la Banque africaine de développement ; de Hanan Morsy, secrétaire exécutive adjointe de la CEA chargée des programmes ; et de Semereta Sewasew, ministre d’État éthiopien des Finances pour la coopération économique, qui a accueilli les délégués au nom du gouvernement hôte. Hanan Morsy a souligné que les partenariats public-privé (PPP) dans le secteur social ne doivent pas être jugés uniquement sur les capitaux mobilisés : leur succès se mesure à l’accessibilité, à l’abordabilité et à la pérennité des services, qui améliorent véritablement la vie des populations. Elle a ajouté que la concrétisation de cette ambition repose sur une préparation rigoureuse des projets et des partenariats solides.
Les conclusions du forum alimenteront un cadre de suivi axé sur l’action. Les pays participants désigneront des référents chargés de suivre les progrès accomplis, et des échanges périodiques entre pairs sont prévus afin de pérenniser les travaux menés conjointement. Le forum se poursuit jusqu’au 30 septembre avec des sessions consacrées à la structuration et au financement des PPP dans le secteur social et à des ateliers de formation au niveau national. Il se clôturera par une session sur les prochaines étapes.

