(CROISSANCE AFRIQUE)-La Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis a récemment condamné Dozy Mmobuosi, le PDG de Tingo Group, à payer une amende de plus de 250 millions de dollars.
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une enquête sur des pratiques financières douteuses au sein de l’entreprise nigériane, qui se présente comme un leader de l’agri-fintech. En plus de l’amende, Mmobuosi a été banni de toute fonction de direction au sein d’une entreprise cotée. Cette affaire soulève des questions sur la transparence et l’intégrité des sociétés cotées sur le NASDAQ.
Les accusations de la SEC se concentrent sur des mensonges et des exagérations dans les déclarations financières de Tingo Group. Il a été révélé que l’entreprise avait affirmé avoir des fonds substantiels alors que la réalité était très différente. L’enquête de la SEC a également soulevé des doutes sur la validité des opérations commerciales de Tingo au Nigeria et à l’international.
Tingo Group a été accusé d’avoir fourni des informations trompeuses concernant ses revenus. Les rapports financiers indiquaient des chiffres faramineux, alors que ceux-ci étaient en réalité bien inférieurs. Ceci a suscité des interrogations sur les méthodes comptables utilisées par l’entreprise et sur sa capacité à maintenir la confiance des investisseurs.
L’enquête menée par la SEC a été lancée en 2023 et a révélé des irrégularités majeures dans les comptes de Tingo Group. L’une des principales révélations a concerné Tingo Mobile, qui avait annoncé des montants significatifs déposés dans des banques nigérianes. Cependant, les enquêteurs ont constaté que le montant réel était inférieur à 50 USD qui a suscité des soupçons de fraude et de falsification des comptes.
En juin 2023, le rapport d’Hindenburg Research a exacerbé les tensions autour de Tingo Group. Qualifiant l’entreprise d’« arnaque particulièrement flagrante », le rapport a mis en lumière des incohérences dans les déclarations de Mmobuosi. Ce document a attiré l’attention sur les déclarations fallacieuses, y compris l’affirmation selon laquelle Mmobuosi aurait développé la première application de paiement mobile au Nigeria.
Suite à l’action de la SEC, l’action de Tingo a chuté de plus de 50 % sur le NASDAQ. La suspension de la cotation des actions a été justifiée par des préoccupations quant à l’exactitude des informations communiquées au public. Ce décrochage a été un coup dur pour l’entreprise et la confiance des investisseurs a été gravement ébranlée.
Tingo Group a nié toutes les accusations de comportement frauduleux. Toutefois, l’entreprise n’a pas présenté de défense durant le processus judiciaire. L’absence de réponse a conduit à un jugement par défaut et à de lourdes sanctions financières, augmentant l’incertitude parmi les investisseurs et soulignant la fragilité de la réputation de l’entreprise sur le marché.
Avant cette affaire, Dozy Mmobuosi avait attiré l’attention pour sa tentative avortée de rachat de Sheffield United. Son projet visait à établir une réputation internationale dans le monde des affaires. Toutefois, les récents événements nuisent gravement à ses ambitions et à l’image de Tingo Group sur la scène mondiale.
Daouda Bakary Kone