(CROISSANCE AFRIQUE)-En Afrique de l’Ouest, une dynamique monétaire fascinante est en cours, comme l’indique l’économiste malien Modibo Mao Makalou.
Dans un message publié sur sa page Facebook, l’économiste malien a souligné l’importance d’une réforme monétaire qui favoriserait une plus grande intégration économique et faciliterait les échanges commerciaux, permettant ainsi aux économies locales de prospérer dans un environnement de marché plus compétitif et dynamique.
Ainsi, il souligne qu’il existe actuellement deux zones monétaires distinctes au sein de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ces zones, qui sont le reflet des divers systèmes économiques en place, sont vouées à disparaître avec l’introduction imminente de la monnaie unique de la CEDEAO, l’ECO, dont le lancement est prévu pour 2027.
Cette transition vers une monnaie unique représente un tournant majeur pour la région, promettant d’harmoniser les échanges commerciaux et de renforcer l’intégration économique. Dans son analyse, l’économiste Modibo Mao Makalou souligne que les huit pays membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) utilisent actuellement le F CFA, qui est en circulation dans des nations telles que le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.
Parallèlement, il existe six autres pays au sein de la Zone Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO) qui continuent d’utiliser leurs monnaies nationales respectives. Ces pays incluent le Ghana avec son cédi, la Gambie avec le dalasi, le Libéria qui utilise le dollar libérien, la Guinée avec le franc guinéen, la Sierra Leone avec le leone, et le Nigeria avec le naira.
Cette diversité monétaire, qui se manifeste à travers les différentes devises en circulation dans la région, souligne non seulement les défis mais également les opportunités qui se présentent à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) alors qu’elle se prépare à adopter une monnaie unique.
Ce projet ambitieux, piloté par CEDEAO et connu sous le nom d’ECO, pourrait transformer en profondeur le paysage économique de l’Afrique de l’Ouest, en favorisant une intégration économique plus poussée et en consolidant les échanges commerciaux entre les États membres. L’adoption de la nouvelle monnaie unique, l’ECO pourrait également contribuer à une plus grande stabilité financière dans la région, en réduisant les fluctuations monétaires et en facilitant les transactions transfrontalières.
Dans ce contexte, il est intéressant de noter que l’escudo, la monnaie nationale du Cap Vert, est arrimée à l’euro à un taux de change fixe, tout comme le franc CFA, mais elle n’appartient à aucune des deux zones monétaires en question. Cela soulève des questions sur l’avenir de cette monnaie dans le cadre de la transition vers l’ECO. En principe, la totalité des monnaies actuellement en circulation dans la CEDEAO devrait disparaître progressivement au profit de l’ECO à partir de 2027, comme l’a expliqué l’économiste Makalou.
Ce changement radical pourrait avoir des implications significatives sur les économies locales, les politiques monétaires et la vie quotidienne des citoyens de la région, qui devront s’adapter à cette nouvelle réalité monétaire. En effet, l’introduction de nouvelles monnaies ou la modification des systèmes monétaires existants pourrait entraîner une réévaluation des ressources financières disponibles pour les entreprises et les particuliers.
Aussi, les petites et moyennes entreprises, essentielles au tissu économique local, pourraient faire face à des défis accrus en matière de gestion des coûts et de planification financière. Les citoyens, quant à eux, pourraient ressentir une pression accrue sur leur pouvoir d’achat, ce qui les obligerait à revoir leurs habitudes de consommation et d’épargne. Les politiques monétaires, qui régulent la circulation de la monnaie et les taux d’intérêt, pourraient également être révisées pour s’adapter à cette nouvelle dynamique, influençant ainsi la stabilité économique de la région.
Modibo Mao Makalou a déclaré que « ces monnaies nationales à l’exception de l’escudo du Cap-Vert sont regroupées au sein de la Zone Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO) ne sont pas convertibles, ce qui augmente les coûts de transactions et tend à défavoriser les échanges commerciaux formels. » Cette observation met en lumière un aspect crucial des défis économiques auxquels font face les pays de la ZMAO.
Notons que l’absence de convertibilité des monnaies complique non seulement les transactions entre les États membres, mais crée également des barrières pour les entreprises cherchant à s’engager dans le commerce interrégional. En conséquence, les coûts de transaction élevés peuvent dissuader les investissements étrangers et limiter les opportunités de croissance pour les entreprises locales.
Daouda Bakary KONÉ

