(CROISSANCE AFRIQUE)-À l’issue de la 128e réunion de son Comité de politique monétaire, la Banque du Ghana a annoncé une réduction significative de 250 points de base de son taux directeur, désormais fixé à 15,5 %.
Cette diminution radicale du taux d’intérêt est d’une importance capitale, car elle constitue un niveau inédit depuis quatre longues années, ce qui témoigne de la volonté des autorités monétaires de contribuer de manière proactive à la reprise économique du pays. Cette décision intervient dans un contexte où l’inflation, qui avait pesé sur l’économie, connaît un net recul, accompagné d’un environnement macroéconomique plus stable et propice à l’investissement.
Ce recentrage sur une politique monétaire plus accommodante marque la quatrième baisse consécutive du taux directeur, s’inscrivant ainsi dans le prolongement d’un cycle d’assouplissement engagé en 2025, un effort continu visant à revitaliser l’économie nationale. Pour le gouverneur de la Banque du Ghana, le Dr Johnson Pandit Asiama, cette orientation témoigne des progrès considérables réalisés sur plusieurs fronts essentiels, notamment en ce qui concerne la stabilité des prix, la discipline budgétaire rigoureuse ainsi que le renforcement des réserves extérieures, éléments cruciaux pour le maintien d’une croissance économique soutenue et équilibrée.
Si la Banque centrale se montre aujourd’hui plus audacieuse dans ses décisions et ses interventions sur le marché financier, c’est en grande partie parce que le contexte économique général s’y prête particulièrement bien. Selon l’institution financière, les anticipations d’inflation formulées par les ménages, les entreprises ainsi que les divers acteurs du secteur financier demeurent bien maîtrisées et sous contrôle, ce qui lui offre une précieuse marge de manœuvre supplémentaire pour soutenir et dynamiser l’activité économique du pays d’une manière significative.
En effet, l’inflation, qui avait été au cœur des inquiétudes économiques durant une période prolongée, a connu un recul marqué. En décembre 2025, elle s’est établie à un taux de 5,4 %, un chiffre qui représente une chute spectaculaire par rapport aux 23,8 % enregistrés un an plus tôt. Cette évolution réjouissante sur le front de l’inflation rassure autant les décideurs politiques que les acteurs économiques, car elle ouvre la voie à une période de plus grande stabilité.
Sur le terrain, les effets de cette dynamique économique positive commencent déjà à se faire sentir de manière tangible. Les taux des bons du Trésor, instrument clé du financement public, ont fortement reculé, entraînant dans leur sillage une baisse progressive et espérée des taux bancaires. Ainsi, pour les entreprises et les ménages, l’accès au crédit devient un peu moins contraignant, leur permettant de réaliser des investissements, d’acheter des biens, ou tout simplement de respirer financièrement dans un contexte qui leur semble moins oppressant.
La reprise de l’activité confirme cette dynamique. Sur les trois premiers trimestres de 2025, le PIB réel du Ghana a progressé de 6,1 %, contre 5,8 % sur la même période en 2024. Hors secteur pétrolier, la croissance s’est établie à 7,5 %, principalement tirée par les services et l’agriculture.
Sur le front budgétaire, les indicateurs révèlent une orientation nettement plus favorable et optimiste. En novembre 2025, le déficit budgétaire global, qui est un indicateur clé de la santé financière d’une nation, s’élevait à seulement 0,5 % du produit intérieur brut (PIB), un chiffre qui se situe bien en deçà de l’objectif fixé à 3,5 %. Ce résultat témoigne d’une gestion rigoureuse et efficace des ressources publiques. Par ailleurs, le solde primaire, qui constitue une mesure de la capacité d’un pays à couvrir ses dépenses, affichait un excédent impressionnant de 2,8 % du PIB, illustrant ainsi un surplus budgétaire qui pourrait être réinvesti dans des projets de développement ou utilisé pour réduire la dette.
La question de la dette publique, quant à elle, a connu une nette amélioration, comme en témoigne son recul significatif, passant d’un niveau inquiétant de 63,1 % à une proportion beaucoup plus saine de 45,5 % du PIB au cours d’une année seulement. Cette réduction de la dette renforce non seulement la soutenabilité des finances publiques, mais elle contribue également à établir une base solide pour une planification économique future, tout en rehaussant la crédibilité du cadre macroéconomique global et la confiance des investisseurs.
Dans le secteur bancaire, la situation reste globalement stable et encourageante. Bien que le secteur continue d’afficher une rentabilité et une solvabilité satisfaisantes, le taux de créances douteuses demeure élevé, s’établissant à 18,9 % en décembre 2025, ce qui soulève des préoccupations quant à la qualité du portefeuille de prêts. Néanmoins, des mesures proactives sont en cours pour remédier à ce phénomène, y compris des efforts pour gérer efficacement les prêts problématiques hérités du passé et pour renforcer les standards d’octroi de crédit. Ces initiatives visent à améliorer progressivement la qualité des actifs détenus par les institutions financières, ce qui pourrait accroître la confiance des consommateurs et des investisseurs dans le système bancaire.
Pour la Banque du Ghana, la stabilité macroéconomique acquise ces derniers mois ne représente qu’un point de départ prometteur. Le véritable défi qui se présente maintenant consiste à transformer ces acquis en une croissance durable, générant ainsi des emplois et créant des opportunités concrètes pour l’ensemble de la population. Il est essentiel d’assurer que cette stabilité se traduise par des bénéfices tangibles et mesurables pour les citoyens, afin de bâtir un avenir économique solide et prospère.
La prochaine réunion tant attendue du Comité de politique monétaire, qui est planifiée pour mars 2026, sera donc scrutée de près par les analystes, les investisseurs, et les acteurs économiques en général. Cet événement crucial devrait permettre de préciser la trajectoire future de la politique monétaire du pays, une démarche essentielle pour établir un cadre économique stable et prévisible. En effet, alors que le Ghana semble entrer dans une phase plus équilibrée de son cycle économique, il est primordial d’observer comment les décisions qui seront prises lors de cette réunion influenceront les taux d’intérêt, l’inflation, ainsi que les investissements étrangers.
Notons que les attentes à propos de cette réunion sont donc très élevées, car elles pourraient déterminer le cap économique du Ghana pour les années à venir, en apportant une clarté nécessaire dans un contexte financier en constante évolution.
Mariam KONE

