(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, un événement marquant a eu lieu le 29 janvier, lorsque les autorités du pays ont officiellement adopté ce qui est désormais connu sous le nom de « Plan RELANCE », un nouveau référentiel national de développement qui s’étendra sur la période cruciale de 2026 à 2030.
Ce projet ambitieux, qui a été présenté avec passion par le ministre burkinabè en charge de l’Économie et des Finances, le Dr Aboubakar Nacanabo, est évalué à une impressionnante somme de 36 000 milliards de FCFA. Le Plan RELANCE se positionne non seulement comme un instrument essentiel pour le redressement économique, mais aussi comme un catalyseur pour la transformation structurelle, et il vise à renforcer la souveraineté économique du pays, un objectif fondamental dans un monde en perpétuel changement.
D’après les déclarations faites par le gouvernement, il est prévu que près des deux tiers du financement nécessaire pour la mise en œuvre du Plan RELANCE proviennent de ressources souveraines. Ce choix stratégique constitue un signal fort et sans ambiguïté, surtout dans un contexte où les marges budgétaires sont particulièrement contraintes, et où la question de l’autonomie financière est devenue une priorité centrale dans les choix économiques déterminants pour l’avenir du Burkina Faso. Ainsi, ce plan semble non seulement être une réponse aux défis actuels, mais également un pas vers une meilleure indépendance et résilience économique face aux incertitudes futures.
Le Plan RELANCE, véritable feuille de route pour le développement, s’articule autour de quatre piliers structurant, soigneusement élaborés pour s’attaquer aux défis multidimensionnels complexes auxquels le Burkina Faso fait face dans le contexte actuel. Le premier de ces piliers, qui est d’une importance cruciale, concerne la consolidation de la sécurité, la promotion de la cohésion sociale et le maintien de la paix, des éléments essentiels considérés comme des préalables indispensables à toute dynamique de développement durable et à long terme. En effet, la reconnaissance que la sécurité et la paix sont les fondations sur lesquelles repose toute société fonctionne comme un moteur propulsant les initiatives de progrès. Ainsi, la reconquête et la stabilisation du territoire font partie intégrante de l’approche mise en avant par ce programme, soulignant l’importance d’une gouvernance efficace et d’une forte mobilisation des ressources, tant nationales qu’internationales, pour assurer un retour à la normalité et offrir aux citoyens un cadre de vie sûr et serein.
Le deuxième pilier de cette ambitieuse initiative vise non seulement la refondation de l’État, mais également l’amélioration significative de la gouvernance à tous les niveaux, avec pour objectif fondamental de renforcer l’efficacité de l’action publique, ainsi que d’accroître la transparence et la redevabilité des institutions qui sont au service des citoyens. L’enjeu principal consiste à restaurer la confiance fragile entre l’État et les citoyens, car cette confiance est une condition essentielle pour mobiliser l’ensemble de la population nationale autour des réformes nécessaires et des changements concrets à mettre en œuvre. Dans ce cadre, le développement du capital humain constitue le troisième pilier de cette stratégie, où l’éducation, la santé et la protection sociale se voient accorder une attention particulière. À travers ce volet crucial, le gouvernement ambitionne d’améliorer de manière significative l’espérance de vie, qui devrait passer de 61 à 68 ans, tout en visant à renforcer la résilience des populations face aux éventuels défis économiques et sociaux.
Toutefois, le quatrième pilier est entièrement consacré au développement des infrastructures et à la transformation structurante de l’économie nationale. L’objectif est de poser les bases pour une croissance plus inclusive et plus compétitive, capable de générer de la valeur ajoutée substantielles et de créer des emplois durables qui permettront de soutenir le développement de la société dans son ensemble.
Au-delà de son architecture stratégique, le Plan RELANCE ne se contente pas d’afficher des objectifs macroéconomiques ambitieux; il se veut également être un vecteur de changement profond, visant à améliorer le cadre de vie des citoyens et à stimuler un développement équilibré et harmonieux dans toutes les régions du pays.
Moussa KONÉ

