Pour s’imposer face à l’équipe du Sénégal, les Aigles du Mali devront livrer un match de maîtrise, de discipline et d’intelligence collective, bien plus que de domination. Les Lions de la Téranga partent favoris, mais le rapport de force peut s’équilibrer si le Mali impose un plan clair et rigoureusement exécuté.
Le Mali devra jouer intelligent, car les Aigles arrivent avec un paramètre important : 120 minutes de prolongation disputées face à la Tunisie.
La gestion de l’énergie, du tempo et des temps forts/temps faibles sera donc centrale. Il faudra accepter de souffrir par séquences sans se désorganiser, tout en maximisant les moments favorables.
Tout se jouera d’abord au milieu de terrain.
Le Sénégal devient dangereux lorsqu’il installe son rythme. Le Mali devra donc éviter les pertes rapides et rechercher une possession utile.
Le duo Dieng – Lassana Coulibaly devra sécuriser l’axe et absorber les transitions, pendant qu’Yves Bissouma, positionné plus haut, aura la responsabilité d’orienter le jeu et de connecter les lignes. Sangaré, par son volume et sa projection, apportera l’équilibre entre maîtrise et verticalité.
Dans cette bataille, un point sera déterminant : empêcher Idrissa Gana Gueye d’être la rampe de lancement du jeu sénégalais. Le cadrer, l’orienter vers les côtés et l’empêcher de jouer face au jeu permettra de ralentir toute la machine adverse.
Le Mali devra également éviter le piège d’un repli excessif.
Un bloc trop bas expose aux frappes lointaines et à une pression continue. Le choix optimal reste un bloc médian compact, dans lequel le repli défensif des joueurs offensifs sera essentiel. Les attaquants maliens devront défendre, coulisser et fermer les lignes de passe, notamment dans les couloirs.
Sur le plan défensif, le message est clair : bloquer les couloirs sénégalais. Il faudra empêcher Sadio Mané de s’exprimer, non seulement par sa percussion, mais aussi par la qualité de ses passes et centres.
La même vigilance devra s’appliquer à Ismaïla Sarr, avec une couverture systématique à deux.
Les arrières latéraux maliens auront un rôle clé. Leur appui offensif est nécessaire, mais il devra être maîtrisé, chaque montée devant être sécurisée par une couverture au milieu.
Offensivement, la clé résidera dans la verticalité contrôlée.
Le Mali est plus dangereux lorsqu’il attaque rapidement après récupération, en exploitant les espaces dans le dos de la défense sénégalaise. El Bilal Touré, malgré des performances irrégulières, reste un profil adapté pour attaquer la profondeur, tandis que Sinayoko apportera une solution d’appui essentielle. Sa force de percussions et ses qualités dans les apels / contre appels couplés à ses facultés de dribbles demeurent l’atout numéro 1 des Aigles : les sénégalais tenteront de le couper de ses adversaires. À lui de savoir se démarquer régulièrement en permutant avec un de ses partenaires pour tromper leur vigilance.
Enfin, une attention particulière devra être portée aux centres en retrait du Sénégal, souvent à l’origine de tirs dangereux. Le Mali devra protéger la zone devant sa surface et sortir rapidement sur le porteur.
Le banc peut faire la différence. Néné Dorgeles et Gaoussou Diakité apportent percussion et imprévisibilité dans les moments clés sans oublié Doumbia qui doit être plus régulier .
Pour gagner, les Aigles devront conjuguer rigueur défensive, justesse technique et audace maîtrisée. S’ils parviennent à contrôler l’axe, à verrouiller les couloirs et à être cliniques dans leurs temps forts, ce match peut basculer en faveur du Mali.
Mahamet Traoré
Expert en communication – Consultant football
Fondateur de www.malifootball.com

