(CROISSANCE AFRIQUE)-En Côte d’Ivoire, les lignes de financement et les prises de participation sont soigneusement élaborées pour respecter les principes de la charia, garantissant ainsi une conformité éthique et religieuse dans le domaine financier. À l’issue d’un atelier de formation intensif, spécifiquement dédié aux lignes de financement islamique, l’ICD (Islamic Corporation for the Development of the Private Sector) a pris une décision significative en approuvant des lignes de financement d’un montant total de 123 millions d’euros, (environ 81 milliards de FCFA).
Ainsi, ces fonds ont été intégralement décaissés, représentant une injection de liquidités conforme à la charia qui vient directement irriguer le tissu économique local, stimulant ainsi la croissance et le développement des entreprises. C’est dans cette optique que, pour faciliter l’accès aux entreprises ivoiriennes aux ressources financières nécessaires à leur développement, le Ministère du Plan et du Développement, en collaboration avec la Société islamique pour le développement du secteur privé (ICD), a organisé une rencontre cruciale à Abidjan.
Cet événement a rassemblé les autorités de régulation, les banques ainsi que des acteurs du secteur privé, créant ainsi une plateforme de dialogue et de collaboration. Cette initiative vise à renforcer les synergies entre les différents acteurs économiques, à promouvoir les opportunités de financement islamique et à encourager l’innovation et l’entrepreneuriat au sein du pays. Cet atelier n’est pas une initiative isolée, mais plutôt une étape cruciale dans un processus plus vaste et structuré. Il s’inscrit dans la continuité directe et opérationnelle du Groupe consultatif qui s’est tenu les 8 et 9 juillet 2026.
Lors de cette rencontre, le Groupe de la Banque islamique de développement a fait une annonce marquante : un engagement massif de 3,23 milliards de dollars a été promis pour contribuer au financement du Plan National de Développement (PND) 2026-2030. Cet engagement financier ambitieux vise à transformer les aspirations de développement en actions concrètes, en traduisant cet investissement global en instruments financiers accessibles et adaptés aux besoins du secteur privé ivoirien, qui représente véritablement le poumon de l’économie nationale.
La rencontre a également permis de lever le voile sur l’architecture financière proposée, offrant ainsi une vision claire des mécanismes qui seront mis en place. Deux instruments financiers principaux ont été présentés lors de cet atelier. Le premier consiste en des lignes de crédit octroyées aux institutions bancaires locales, spécifiquement conçues pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME), qui constituent l’épine dorsale de l’économie ivoirienne.
Par ailleurs, ces PME, souvent confrontées à des défis de financement, bénéficieront d’un accès facilité aux ressources nécessaires pour croître et innover. Le second instrument se concentre sur des prises de participation orientées vers le secteur bancaire, visant à accompagner la création de nouveaux établissements bancaires islamiques ou à renforcer les institutions existantes. Ces initiatives sont essentielles pour diversifier le paysage financier et offrir des solutions adaptées aux besoins variés des entrepreneurs et des investisseurs.
Notons que cet atelier représente une avancée significative vers la réalisation des objectifs de développement économique, en favorisant un environnement propice à l’épanouissement du secteur privé en Côte d’Ivoire. Sur le plan réglementaire, le cadre est déjà balisé. La loi n° 2016-589 régissant les activités bancaires participatives en constitue le fondement juridique. Forte de cette assise, les sessions techniques ont porté sur un sujet d’avenir : les échanges en cours relatifs à l’implantation d’une banque islamique en Côte d’Ivoire, notamment en termes d’appui institutionnel, de modèle économique et de gouvernance.
Abdoulaye KONÉ

