(CROISSANCE AFRIQUE)-Au Burkina Faso, un moment significatif s’est produit le vendredi 02 octobre, lorsque le gouvernement, en collaboration avec le Groupe de la Banque mondiale, a officiellement lancé le nouveau Cadre de partenariat pays (CPF) pour la période 2026-2031.
Ce cadre ambitieux vise à catalyser des changements profonds dans le pays en se concentrant sur les leviers de la transformation économique, un enjeu crucial pour l’avenir du Burkina Faso. L’objectif principal de cette initiative est d’accompagner les priorités stratégiques définies par le gouvernement burkinabé, en mobilisant des financements adéquats, des compétences techniques et un savoir-faire précieux. La ministre déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako/Traoré, a souligné l’importance de cette coopération en affirmant que « la coopération au développement prend tout son sens lorsqu’elle vient accompagner cette ambition nationale et non s’y substituer ».
Le premier axe de ce cadre se concentre sur des domaines essentiels tels que la santé et l’éducation, avec pour but d’améliorer l’accès aux services sociaux fondamentaux et de renforcer le capital humain du pays. En effet, le Burkina Faso fait face à d’importants défis sociaux qui entravent son développement. Selon le rapport sur le développement humain 2025 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le pays est classé au 186e rang sur 193, ce qui met en lumière les obstacles considérables à surmonter pour garantir un avenir meilleur à sa population. Cette initiative, en visant à renforcer les infrastructures sociales et à promouvoir l’éducation, pourrait jouer un rôle déterminant dans l’amélioration des conditions de vie des Burkinabés et dans la construction d’une société plus résiliente et prospère.
Le deuxième axe porte sur l’accès à l’électricité, considéré comme un levier pour le développement des entreprises, la transformation des matières premières, l’industrialisation et la création d’emplois. L’accès à l’électricité demeure limité : environ 34 % de la population y avait accès en 2024, contre 55 % en moyenne en Afrique subsaharienne, selon la Banque mondiale. Le troisième axe vise à accroître la productivité agricole et à renforcer la sécurité alimentaire, avec l’objectif de faire de l’agriculture un moteur de transformation économique.
Le nouveau cadre, tout en étant structuré, prévoit également une flexibilité appréciable dans les modalités d’intervention, permettant ainsi une adaptation rapide et efficace à l’évolution du contexte national et aux besoins variés des populations. Cette approche dynamique est essentielle dans un environnement où les défis peuvent changer rapidement, nécessitant une réactivité accrue des institutions.
L’insécurité, un frein aux ambitions économiques, constitue un véritable obstacle au développement du Burkina Faso. En effet, cette situation précaire pèse lourdement sur l’économie nationale, entraînant non seulement des pertes d’emplois significatives, mais aussi des périodes de chômage technique qui exacerbent la vulnérabilité des travailleurs. Les difficultés d’accès aux services sociaux essentiels, tels que l’éducation et la santé, se multiplient, aggravant ainsi les conditions de vie des citoyens. Face à cette crise, le gouvernement burkinabé met résolument l’accent sur les enjeux sécuritaires, économiques et sociaux dans son budget pour l’année 2026. Les priorités clairement définies incluent des investissements dans les secteurs cruciaux tels que l’éducation, la défense, la santé et le développement rural, visant à restaurer la confiance et à stimuler la croissance.
De plus, en septembre, Ouagadougou a annoncé un projet ambitieux d’un montant de 104 milliards FCFA, soit environ 184 millions de dollars, destiné à renforcer les capacités opérationnelles de la Société nationale d’électricité du Burkina Faso (SONABEL). Ce projet s’inscrit dans une volonté plus large de moderniser les infrastructures énergétiques du pays et de garantir un accès fiable à l’électricité pour tous.
Notons qu’en parallèle, l’Agence Faso Vêenem, une nouvelle structure publique, a été créée pour se concentrer spécifiquement sur le développement de l’accès à l’électricité, un élément clé pour favoriser le développement économique et social dans un pays où l’énergie est un levier fondamental pour l’essor des activités productives et l’amélioration des conditions de vie des populations.
Abdoulaye KONÉ

